Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PAYS BALTES / URSS

David et Goliath

Inprecor n° 309, 18 mai 1990 · p. 17 · 559 mots

URSS et Russie

En 1989, la production nette en Lituanie a été estimée par le Comité d'Etat soviétique des statistiques (Goskomstat) à 9,3 milliards de roubles contre 8,7 milliards en 1988 — ces chiffres ne prennent pas en compte les services. Le chiffre d'affaires total de toutes les unités de production (regroupant tous les mouvements de capitaux) en 1988 était bien plus élevé : environ 24,8 milliards

La dépendance de la Lituanie en pétrole et en gaz (les 11,6 de tonnes de pétrole importées par la Lituanie proviennent de Biélorussie ainsi que 3,98 milliards des 4,5 milliards de m° de gaz naturel), en métaux, et en produits chimiques en provenance d'autres républiques est élevée. Mais la majeure partie du charbon provient de l'étranger (surtout de Pologne) et la république vend davantage d'électricité à l'extérieur qu'elle n'en importe : en 1985, 2,7 millards de kilowatts/heure - sur les 11,6 milliards qu'exporte la LItuanie - allaient à la république de Russie, tandis que la plupart des importations venaient de Lettonie. Comme de grandes quantités de pétrole et de gaz naturel transitent par la République ou y transformations avant d'être réexportés, le blocus de l'approvisionnement énergétique de la Lituanie causerait des problèmes aux au-

En 1985, la Lituanie importait environ les 4/5e de son énergie brute (le reste provenant d'une centrale nucléaire et de centrales hydro-électriques locales).

La balance commerciale de la Lituanie est relativement bénéficiaire dans le domaine de la production agricole, de l'industrie agro-alimentaire, et des textiles. Mais cet atout n'est cependant pas aussi important que le déclarent certains porte-parole de Sajudis car ces productions nécessitent des importations substantielles de matières premières en provenance de de l'URSS (nourriture pour le bétail, engrais, et machines agricoles).

PAYS BALTES / URSS

Selon le Goskomstat, les importations lituaniennes en provenance de l'Occident équivalent à plus du double de ses exportations. En conséquence, les réserves en devises de la Lituanie sont très faibles et ne suffiraient absolument pas s'il lui fallait tout importer du marché occidental, en cas de rupture totale des échan-

En effet, les principales sources de devises du pays, qui proviennent du tourisme, du passage des ferries et de l'activité portuaire, sont pour l'instant majoritairement envoyées directement à la direction moscovite pourrait causer bien plus de problèmes à l'économie lituanienne en refusant d'importer des produits lituaniens qu'en suspendant certains approvisionnements car la Lituanie exporte en URSS environ le quart de sa production de produits finis. Cette décision aurait évidemment aussi un coût pour l'URSS car elle réduirait l'approvisionnement de certaines régions et provoquerait la pénurie de certains articles qui ne sont produits qu'en Lituanie ; mais le "géant" soviétique se remettrait assurément plus rapidement de cette situation que la "petite" Lituanie qui se trouverait rapidement à court de liquidités.

En fait, il est certain que l'économie d'un pays de 3,8 millions d'habitants, intrinsèquement intégrée depuis des décennies dans une économie beaucoup large (l'URSS a 289 millions tants), souffrirait très rudement de l'arrêt brutal de ses échanges avec les autres républiques soviétiques, et en premier lieu avec la Russie. Un des rares facteurs qui pourrait atténuer la situation serait l'attitude éventuelle des autres républiques de l'Union face au blocus de Moscou. Ainsi, l'aide précieuse : les réserves pétrolières de l'Estonie pourraient venir compléter les quelques ressources énergétiques de la Lituanie et la Lettonie est une importante zone de transit de l'électricité. *

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