Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Une situation difficile

Inprecor n° 309, 18 mai 1990 · p. 18 · 346 mots

La gauche et l'extrême gauche colombiennes sont secouées par d'importants changements fond de répression et de vacillations d'une partie, certes minoritaire mais néanmoins significative (à savoir le M-19) de la guérilla. Le 9 mars 1990, à grand renfort de publicité, le M-19 déposait les armes. En échange, il obtenait le droit de participer aux élections et réussissait à mordre électoralement sur l'Union patriotique (UP), organisation dominée par le Parti communiste. A Bogota, les candidats du M-19 pour la mairie remportaient le double des voix obtenues par l'UP. L'appui donné par un secteur de la bourgeoisie libérale aux candidats du M-19, notamment en terme d'écho dans les médias, n'y est pas étranger.

Depuis lors, l'UP est entrée en crise : huit de ses douze principaux dirigeants l'ont quittée pour constituer un bloc avec le M-19 et d'autres forces politiques - le Front populaire (dirigé par le Parti communiste marxiste-léniniste), Colombie unie, et Socialisme démocratique. Ce bloc appuyait la candidature de Carlos Pizarro, le leader historique du M-19, avant qu'il ne soit assassiné le 24 avril 1990 et remplacé par Antonio Navarro. Face à ce nouveau bloc, qui affiche une ligne réformiste, TUP et la coalition A Luchar semblent dans une situation assez difficile. L'UP, si elle paraît en mesure de garder l'essentiel de sa base, voit son espace politique se réduire dans la mesure où sa ligne politique est fort proche de celle du bloc constitué autour du M-19. A Luchar, de son côté, qui subit des coups très durs au niveau de la répression, maintient à courant une ligne radicale. Malgré les divergences politiques, l'UP et A Luchar vont certainement entrer dans un processus de discussion.

Les déplacements en cours au sein de la gauche colombienne se réalisent dans un contexte de reflux des luttes. La Centrale unique des travailleurs (CUT), qui comptait en 1988 près de 700 000 affiliés et dans laquelle se retrouvent toutes les forces de gauche, est elle-même en pleine crise et s'avère incapable d'organiser la riposte des travailleurs face à la politique d'austérité du gouvernement Barco. *

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