Les Nouvelles de Moscou n° 12 (du 23 au 29 mars 1990)
ont publié un article de Youri Korolev intitulé "L'échec économique d'Allende". Youri Korolev, qui a travaillé au ministère de l'Economie sous le gouvernement d'Allende, revient sur les raisons économiques qui, selon lui, ont conduit à l'échec de l'Unité populaire et qui ont conduit le Chili dans une « impasse [d'où] est sorti Pinochet ».
En opposant le choix des politiques économiques et sociales mises en œuvre par le gouvernement Allende à "l'ordre naturel" du système d'organisation internationale de la production, Korolev condamne toute alternative aux modèles économiques "néo-libéraux" qui sévissent dans la plupart des pays d'Amérique latine et ailleurs, imposés par le Fonds monétaire international (FMI).
Selon lui, « la renaissance nationale, opposée à l'impérialisme en tant que système d'organisation internationale de la production, constituait l'idée fondamentale du concept chilien. Et c'est aussi ce qui en constituait le danger principal. »
Korolev, qui n'a rien à envier aux meilleurs défenseurs des Chicago boys dont s'est entouré le général Pinochet pour bâtir le fameux chilien", affirme que, contrairement à d'autres dictatures militaires dont les dirigeants « ne comprennent rien en économie et [qui], dans le meilleur des cas, (...) ne pensent qu'au bien-être de leur corporation... Pinochet a invité de jeunes scientifiques doués de l'école économique de Chicago, et les a mis à la tête du ministère de l'Economie et des Finances. Dix ans plus tard, il était parvenu à son objectif».
Pour lui, il ne fait aucun doute que la réussite du Chili, dont la croissance économique « l'année dernière s'est même élevé à 10 % », en fait « un concurrent puissant sur le marché mondial». Les
"omissions"
concernant le domaine social sont- elles, là-aussi, volontaires ? *