Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MAROC

Le point de vue d'Ila Al-Aman

· Inprecor n° 313, 13 juillet 1990 · p. 32 · 725 mots

Maghreb Syndicalisme

Maghrebi, militant marxiste révolutionnaire marocain de l'intérieur, sur la situation dans son pays. Décrivant le panorama de la gauche marocaine, le camarade Karim formulait des critiques à l'égard d'Ila Al-Amam, organisation se définissant comme "marxiste-léniniste" et

Ces derniers ont réagi aux critiques de notre camarade marocain et nous ont fait parvenir solidarité avec des révolutionnaires subissant larépression d'un régime autocratique, nous avons décidé de publier l'essentiel de la lettre des camarades d'Ha Al-Amam. Cependant, nous n'avons pas l'intention d' ouvrir nos pages à un débat, fort utile il est vrai, mais dont

Notre organisation a eu, au début des années 70 et jusqu'en novembre 1972, une position gauchiste à l'égard de l'appareil syndical marocain, mais non à l'égard des luttes de la classe ouvrière qu'elle a, au contraire, toujours soutenues par tous ses moyens. Elle a rectifié cette position gauchiste, à partir de la fin de 1972, publiant d'octobre 1974 à janvier 1976, et malgré les difficultés de la répression, un journal ouvrier clandestin consacré aux luttes ouvrières Al-Charara (l'Etincelle).

Mais surtout, en 1979, procédant à un examen autocritique approfondi de l'expérience des années 70, notre organisation a fixé comme tâche centrale, à nos camarades et militants, le travail dans la classe ouvrière et dans ses organisations syndicales. Tout en déplorant la scission syndicale intervenue en 1978 avec la création de la Confédération démocratique du travail (CDT), elle a considéré les deux centrales syndicales, l'Union marocaine du travail (UMT) et la CDT, comme "deux syndicats militants" - sans estomper pour autant le caractère bureaucratique de la direction de la première, ni l'hégémonie du courant droitier de la petite bourgeoisie sur la direction de la deuxième. Elle a appelé nos camarades et militants à y œuvrer et à participer concrètement, de l'intérieur et par "l'établissement" en usine, aux luttes de la classe ouvrière. C'est ce qu'ont fait, depuis cette date, un certain nombre de nos camarades (hommes et femmes) qui furent arrêtés à l'automne 1985, quelques-uns d'entre eux ayant dans ce cadre, été élus par leurs camarades de travail à des conférences syndicales. (...)

Notre organisation a publié du début 1983 à l'automne 1985 un bulletin clandestin spécialement destiné à la formation de cadres ouvriers révolutionnaires, notamment aux fondements du marxisme, Al-Kadih (Le travailleur). Les arrestations de l'automne 1985 nous ont amené à suspendre provisoirement

MAROC Dans notre numéro 309 du 13 mai 1990, nous avons publié une interview de Karim dont de nombreux militants et dirigeants sont encore emprisonnés au Maroc après de longues années de détention. une réponse écrite dont nous avons pu vérifier l'authenticité. A titre exceptionnel, etpar Inprecor ne saurait être le lieu. Nous laissons aux lecteurs avertis le soin de juger par eux-mêmes les propos du camarade Maghrebi comme la réponse ci-dessous.

cette publication, mais nous persévérons dans notre effort en direction de la classe ouvrière malgré les conditions difficiles du quadrillage policier. Il est aussi faux d'affirmer que notre organisation « n'évolue pas du point de vue théorique » (à moins que Karim Maghrebi n'entende par là notre attachement au marxisme-léninisme, lequel est pour nous tout autre chose qu'un dogme figé). Non seulement nous avons corrigé dès novembre 72 le spontanéisme du début, mais nous avons également corrigé, en 1979, notre thèse initiale qui considérait la jeunesse scolarisée comme l'avant-garde tactique" des masses laborieuses pour mettre l'accent sur le travail direct au sein de ces masses et, en premier lieu, la classe ouvrière. Mais au cours de ces années 80, et plus encore à la suite des arrestations de l'automne 1985, un intense travail théorique et de discussions démocratiques a permis à notre organisation de préciser et d'approfondir ses analyses sur : • la structure de classes de la société marocaine et les contradictions qui la traversent (...) ; • le contenu social de la révolution nationale démocratique et populaire au Maroc, ce qui nous permet aujourd'hui d'élaborer un programme plus précis pour cette révolution, donnant ainsi un contenu plus concret au concept de pouvoir des conseils populaires ; • dans ce cadre, et tenant le plus grand compte des insurrections populaires de 1984, nous avons intégré aux objectifs de cette révolution, la réalisation des aspirations des masses laborieuses d'importantes régions de notre pays pour la restauration et l'épanouissement de leurs spécificités régionales, notamment en ce qui concerne l'ethnicité amazigh (berbère), (...) 5 juin 1990 Organisation marxiste-léniniste marocaine, lla Al-Amam

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