Inprecor 1974–2004

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FRANCE

[Réactions internationales : France]

Inprecor n° 314, 14 septembre 1990 · p. 13 · 394 mots

Ce texte n'a pas de titre dans la revue ; le titre entre crochets est le nôtre.

France

Depuis le début de la crise du Golfe, il règne en France un véritable climat d'"'union sacrée", renforcé par une très importante campagne médiatique belliciste. Après quelques hésitations, le gouvernement socialiste s'est aligné sur les positions des EtatsUnis tout en laissant entendre qu'il ne les suivrait peut-être pas jusqu'au bout, en cas d'attaque délibérée contre l'Irak. Le porte-avion français Clémenceau et des hélicoptères de combat sont partis vers les eaux du Golfe.

De fait, les principales forces de droite françaises —l'Union démocratique française (UDF) et le Rassemblement pour la République (RPR) — soutiennent la politique de François Mitterrand. Seul Jean-Marie Le Pen, président du Front national (FN, extrême droite), apporte une fausse note au consensus général en condamnant l'intervention militaire et en apportant un soutien critique à la dictature irakienne, au nom du nationalisme français qui "comprend" les autres nationalismes ; il maintient ainsi sa ligne du « chacun chez soi et les immigrés dehors ».

A gauche, le Parti socialiste (PS) soutient le gouvernement mais se déclare préoccupé par les mesures d'austérité annoncées qui ne manqueront pas de mécontenter sa base électorale. Au sein de ce parti, certains militants et dirigeants de courants oppositionnels s'inquiètent timidement de la participation française à l'intervention ; mais, jusqu'à présent, aucune opposition publique ne s'est

Le Parti communiste français (PCF), quant à lui, souffre une fois de plus du mal de mer. Dans un premier temps, il a totalement soutenu le gouvernement (tout en emboîtant le pas à la position soviétique qui mettait en avant le rôle de l'ONU dans le conflit), mais il commence à changer de position. Il dénonce maintenant le caractère impérialiste de l'intervention des Etats-Unis et le ralliement du PS. Il a même, pour la première fois, critiqué l'Union soviétique, s'étonnant que Gorbatsigné la déclaration d'Helsinki avec Bush. Le PCF explique aujourd'hui qu'il s'oppose à la guerre et exige des négociations ; mais il se garde bien de revendiquer le rapatriement des troupes impérialistes.

Seule l'extrême gauche a réellement réagi, ainsi qu'un petit groupe de personnalités qui ont signé un appel exigeant le retrait des troupes. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale) mène un travail d'explication et de propagande ; à son initiative et à l'appel d'une dizaine d'organisations anti-impérialistes, une première manifestation pour le "retrait des troupes" est prévue le 18 septembre, à Paris. *

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