Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TURQUIE

Un faucon sur le Besphore

· Inprecor n° 314, 14 septembre 1990 · p. 14 · 390 mots

Grèce et Turquie Golfe et Irak

commerciales, oléoduc pétrolier, etc. Turquie doit jouer un rôle actif afin de pouvoir s'asseoir à la table des vainqueurs, lors du partage du gâteau (la Turquie a toujours eu des visées expansionnistes sur les régions pétrolières de Mossodl et de Kirkouk). Cette attitude lui permet, par ailleurs, de s'attirer la reconnaissance et les faveurs des Etats-Unis et de la Communauté économique européenne (CEE). n° 307 du 20 avril). se faire tuer pour les beaux yeux de l'émir du Koweit ou de Bush. fidèle allié. *

TURQUIE

Un faucon sur le Besphore Sous la pression du président Ozal, le gouvernement turc a fait voter au Parlement, le 5 septembre 1990, un décret l'autorisant à envoyer des troupes à 1'"'étranger" (dans le Golfe ?) et à permettre à des troupes étrangères de stationner sur son territoire (l'utilisation par les Nord-Américains des bases aériennes turques près de la frontière irakienne ?). Si l'on ajoute à cela le fait que la Turquie a été l'un des premiers pays à appliquer l'embargo économique contre l'Irak, il apparaît clairement que le régime d'Ozal s'est résolument rangé aux côtés des puissances impérialistes dans

Pourtant, l'Irak de Saddam était le voisin le plus arrangeant de la Turquie. Pas d'ingérence dans les affaires internes, solidarité dans la répression des Kurdes, bonnes relations économiques et

Mais le calcul d'Ozal est le suivant : le conflit avec l'Irak va aboutir à une refonte de la carte de la région ; par conséquent, la

Ozal a également peur qu'un effondrement du régime de Saddam ne créé un vide politique qui permettrait aux Kurdes de fonder leur propre Etat au Kurdistan d'Irak, ce qui ne manquerait pas de déstabiliser encore plus le Kurdistan de Turquie (voir Inprecor

La Turquie n'a cependant pas les moyens (ni économiques, ni militaires) de remplir ce nouveau rôle de "faucon" que lui a assigné Özal qui n'a pas hésité à abandonner la politique traditionnelle de non-ingérence de la Turquie dans les "affaires inter-arabes". De plus, l'opposition parlementaire s'oppose pour le moment à une telle politique et le Turc moyen ne semble nullement pressé d'aller

On peut surtout s'attendre à un durcissement du régime, car il est difficile d'imaginer que le faucon à l'extérieur devienne une colombe à l'intérieur... d'autant plus que les "démocraties occidentales" vont fermer les yeux devant les possibles exactions d'un si

Erdal TAN, Ankara

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