Inprecor 1974–2004

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GOLFE

Pétrole et dollars

· Inprecor n° 315, 28 septembre 1990 · p. 20 · 610 mots

URSS et Russie États-Unis

conséquences économiques d'un embrasement dans le Golfe arabo-persique qui porterait durablement les prix du pétrole à un haut niveau. On sait, en effet, que l'URSS est déjà le principal producteur de pétrole du monde, avec un potentiel encore sous-exploité. L'ambition du Kremlin est de devenir un exportateur majeur de cette précieuse source de devises. soit accrue, ce qui est assuré par un niveau durablement élevé des prix. Il lui faut aussi la coopération technique des Etats-Unis dans ce domaine. Bush s'y emploie. En se rendant à Helsinki, il a déclaré aux hommes d'affaires qui l'accompagnaient qu'il voulait voir «/e meilleur savoir-faire américain en matière de production de pétrole, de forage et de prospection sismique aller en Union sovétique :. sonnellement lié, a, elle aussi, tout naturellement intérêt à ce que les prix se maintiennent durablement à un niveau relativement éle vé. De surcroît ceci réduirait les importations pétrolières américaines, par la combinaison de deux facteurs : une réduction de la consommation interne par effet dissuasif du prix (alors que les EtatsUnis sont aujourd'hui un des pays impérialistes les plus prodigues en matière d'énergie) ; et une augmentation de la production locale par rentabilisation de l'exploitation de puits aujourd'hui désaffectés et du forage de nouveaux. trie américaine de l'armement, autre groupe capitaliste majeur de l'économie des Etats-Unis, à ce qu'un affrontement militaire ait lieu, on comprend aisément l'ardeur belliqueuse d'un George Bush. Certes, ces intérêts entrent en conflit avec ceux d'autres groupes capitalistes aux Etats-Unis mêmes, et cela se traduit par des polémiques entre "consultants" politiques, partagés entre faucons et colombes selon les intérêts auxquels ils louent leurs services un dérapage incontrôlé des prix, préjudiciable au fonctionnement global de l'économie capitaliste mondiale. Même les producteurs texans de pétrole n'y ont pas intérêt : il savent qu'un "choc pétrolier" trop puissant ne peut qu'induire à court ou moyen terme un "contre-choc", ramenant les affaires et les prix à la case départ, sinon en deçà. Tars par baril satisferait les pétroliers américains, tout en restant supportable pour l'économie mondiale. Après tout, celle-ci a vu bien pire, puisqu'en prix constants, en pouvoir d'achat réel, le baril avait atteint, en novembre 1980, 70 dollars d'aujourd'hui. La hausse actuelle des prix était inévitable, selon les experts, avec ou sans Saddam Hussein. La capacité de production de l'OPEP était utilisée à près de 85 %, alors que la demande ne cessait de croître, stimulée par un prix très bas puisqu'inférieur en dollars constants à celui de 1973, avant le premier "choc pétrolier". des prix, profite également à Washington, en particulier grâce aux achats saoudiens réguliers de bons du Trésor américain, qui contribuent à financer le déficit budgétaire fédéral. C'est là un des aspects les plus importants de limbrication du royaume saoudien dans l'économie des Etats-Unis. Le mobile économique principal de la mobilisation de ceux-ci au secours de l'émir du Koweit est précisément de maintenir les Etats de ce type, sous-peuplés par rapport à leur richesse pétrolière, qui "recyclent" leurs capitaux "excédentaires" dans les économies impérialistes (voir Inprecor n° 314 du 14 septembre 1990). *

Pétrole et dollars

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