Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EQUATEUR

Soulèvement indien

Inprecor n° 315, 28 septembre 1990 · p. 28 · 463 mots

Inde et Asie du Sud

En riposte aux festivités du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique, la Confédération des nations indigènes d'Equateur (CONAIE — créée en 1986, elle regroupe 29 organisations indiennes) a rendu public en 1988, les objectifs du programme national intitulé "500 ans de résistance indienne": « Faire de [cette] campagne, la plus forte expression politique de la capacité de mobilisation et de combat des organisations indiennes ».

Cet objectif a été rempli, si l'on en juge par l'ampleur sans précédent du soulèvement national indien qui eut lieu, du 4 ou 10 juin 1990, à une semaine des élections générales partielles en Equateur.

Sous le titre "Mandat pour la défense de la vie et des droits des nations indiennes", une liste de 16 revendications était présentée au mois de mai au gouvernement socialdémocrate de Rodrigo Borge. Celles-ci portent autour de la réforme agraire, de la reconnaissance constitutionnelle de la question nationale indienne, et du dédommagement des dégâts écologiques, provoqués par les compagnies pétrolières, essentiellement, en Amazonie.

Le gouvernement continuant de faire la sourde oreille, 200 dirigeants indiens ont occupé pacifiquement, le 28 mai, l'église Saint-

Dominique, à Quito, avec le soutien d'une partie du clergé. La CONAIE a appelé à poursuivre la mobilisation par des actions les 4, 5 et 6 juin

1990: occupation d'églises, routes barrées, blocus alimentaire des villes, haciendas occupées, manifestations massives... Malgré l'absence notoire des dirigeants syndicaux et populaires, le mouvement a pu compter sur la sympathie et la solidarité des étudiants, des bases syndicales et d'une partie du clergé.

Si le gouvernement Borge n'avait pas l'intention d'accéder aux revendications indiennes, il ne pouvait pas non plus, à une semaine des élections, s'affronter aux Indiens, qui représentent en Equateur, 40 % de la population (80 % des habitants dans les zones rurales), et bénéficient, depuis 1979, du droit de vote dont ils étaient jusque-là privés, prétendant qu'ils étaient analphabètes.

La mise au pas du pays par l'intervention de l'armée avait déjà coûté un mort, des dizaines de blessés et des centaines d'interpellations.

Cédant devant la médiation du président de la Conférence épiscopale et de l'évêque de Riobamba, le gouvernement a accepté d'ouvrir des négo-

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