ALLEMAGNE
Un petit rassemblement contre la guerre dans le Golfe a eu lieu le 20 octobre 1990 à Berlin, à l'appel du Groupe des socialistes révolutionnaires (membres est-allemands de la IVe Internationale), de la Gauche unie, de certains secteurs du Parti du socialisme démocratique (PDS) et d'autres organisations.
Les organisateurs ont publié une déclaration commune qui dit, entre autres : « Les conservateurs du Parti chrétien-démocrate (CDU) désirent modifier la Constitution afin de permettre aux troupes allemandes de participer à l'invasion. Grâce à leur "logique de guerre", ils veulent justifier une réduction prochaine des droits sociaux et démocratiques et aussi encourager le racisme. Chacun d'entre nous sera touché — en premier lieu, les étrangers et les femmes, mais aussi toute opposition démocratique à l'unité de l'Etat allemand. Avec cette "logique de guerre", le gouvernement pourra justifier une hausse des impôts, même si, pour le moment, il prétend qu'elle n'aura pas lieu. Comme d'habitude, le poids de la guerre reposera sur le dos des travailleurs. Ce n'est pas notre guerre ! Si Kohl veut faire la guerre, il n'a qu'à partir la faire tout seul!»*
FRANCE
A l'appel d'un collectif de 75 personnalités et de nombreux partis politiques et syndicats dont le Parti communiste français (PCF), les Jeunesses communistes (JC), la Confédération générale du travail (CGT), d'organisations proches du PCF, des Verts et des formations d'extrême gauche (dont la Ligue communiste révolutionnaire, LCR, section française de la IVe Internationale), une manifestation de plus de 12 000 personnes a eu lieu à Paris, le 20 octobre 1990, pour le retrait des troupes françaises du Golfe.
Un cortège dynamique et coloré a traversé les rues de la capitale aux cris de « Le pétrole ne vaut pas une goutte de sang », «Non à la guerre », «Nous n'irons pas mourir pour Esso », etc. D'autres actions unitaires du même type se sont déroulées dans les principales villes françaises, avec notamment environ 1 000 personnes à Rouen et à Lyon, et plus de 700 à Lille.
Ces mobilisations, malgré leur importance, ne représentent que la partie émergée de l'iceberg : en effet, d'après les derniers sondages, l'opinion publique française est de plus en plus hostile à la présence de ses troupes en Arabie saoudite et, a fortiori, au déclenchement d'une guerre. L'annonce, le 22 octobre, par le ministre de la Défense, que cette expédition allait coûter la bagatelle de 3 milliards de francs "au moins", pour 1990, risque de renforcer ce sentiment anti-guerre, au moment où les mobilisations sociales contre l'austérité se multiplient dans la Fonction publique. * ITALIE La traditionnelle "marche de la paix" internationale entre Pérouse et Assise, organisée tous les ans par les organisations pacifistes italiennes, a dépassé cette année toutes les prévisions: plus de 100 000 personnes se sont retrouvées le 7 octobre 1990 pour protester contre la "logique de guerre" que le gouvernement italien
Aux côtés de nombreux comités pacifistes et d'organisations religieuses, les membres du Parti communiste italien (PCI) s'étaient déplacés en masse (derrière leurs dirigeants Achille Occhetto et Aldo Tortorella) pour manifester leur refus de l'engrenage belliciste
Le comité organisateur demandait une solution pacifique et négociée du conflit, le retrait de l'Irak du Koweit et une action efficace et réelle de l'ONU pour résoudre la crise dans le Golfe, mais aussi la question palestinienne.
De nombreuses personnalités étrangères étaient également présentes et ont pris la parole, dont un député du Parti social-démocrate (SPD) allemand, le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en Italie, un objecteur de conscience nord-américain, etc. *
REACTIONS GOLFE
ETATS-UNIS
Les rues de New York, Washington, Atlanta, Boston, San Francisco, Chicago, Los Angeles, etc. ont résonné aux accents des slogans anti-guerre, le 20 octobre 1990 : à l'appel de syndicats, d'associations d'anciens combattants et d'organisations religieuses, des manifestations étaient organisées dans 18 villes des Etats-Unis pour protester contre l'intervention militaire américaine dans le Golfe.
Environ 20 000 personnes (dont de nombreux vétérans de la guerre du Viêt-nam et des militants des mouvements de solidarité avec l'Amérique centrale) ont manifesté à New York aux cris de « Non, nous ne nous battrons pas pour Texaco ! ». Ils étaient 8 000 à San Francisco, 1 000 à Boston, etc., à avoir répondu à l'appel de la coalition "Contre un nouveau Viêt-nam", exigeant le retrait des 200 000 militaires américains cantonnés dans les sables d'Arabie saoudite. *
JAPON
Plus de 23 000 personnes ont formé une chaîne humaine autour d'une base américaine, à Tokyo, le 21 octobre 1990, en protestation contre l'envoi éventuel de troupes japonaises dans le Golfe. Les manifestants réclamaient que le projet de modification de la Constitution, envisageant l'envoi de soldats japonais à l'étranger, soit retiTé. *