Aucune alternative de gauche en vue. Les travailleurs zambiens vont payer...
John BLAIR
Depuis notre dernier article sur la
Zambie (Inprecor, 9 décembre 76, ancienne série No64), la plupart des tendances que nous avions mises en lumière alors, se sont accélérées de telle sorte qu'en cette première moitié de 1978, la crise politique et économique dans ce pays est bien plus profonde et beaucoup moins susceptible de se résoudre à court terme qu'à cette époque.
L'élément décisif, pour déterminer l'ampleur de ces problèmes, est comme toujours le prix du produit qui compte, pour les neuf premiers mois de 1977, pour 92% des exportations. Après une brève et légère remontée au milieu de 76 et au début de 77, le cuivre a retrouvé le prix du marché qu'il avait il y a 13 ans. Par conséquent, le problème consiste à savoir comment les prix des produits importés vont varier durant la même période. Pendant le 4e trimestre de 1977, le prix du cuivre, sur le marché de Londres, était de 55 dollars 18 la livre, au lieu de 58,51 en 1965. Mais d'autre part, le prix des produits importés s'est élevé de presque 150% entre 65 et 75. Bien évidemment, il en est résulté un énorme déficit de la balance des paiements. Tous les secteurs de l'économie sont, en récession. Malheureusement - et peut-être opportunément pour le gouvernement -les statistiques sont indisponibles en ce qui concerne les indicateurs-clé de l'emploi et de l'épargne après 1976. Même alors, nous trouvons une baisse de 8% de l'emploi par rapport à l'année précédente (de 398.840 à 368.360), 26% pour ce qui est du principal indicateur, le
Zambie en faillite
Une économie en faillite, de plus en plus dépendante de l'impérialisme. Les critiques du gouvernement ne proposent que des mesures d'austérité bâtiment, 8% dans l'agriculture, 5% dans l'industrie manufacturière. Presque chaque jour, parviennent des nouvelles de fermetures, de licenciements, de reductions de production... etc, confirmant bien que la tendance au déclin n'a fait que s'accélérer. Présentant le budget le ministre des Finances, John Mwanakatwe, donna au moins des chiffres pour la production manufacturière qui connait, dit-il un déclin réel de 4,2% en 76 et 5% en 77. Pour ceux qui conservent un emploi, les salaires nominaux ont stagné ou même décliné tandis que l'inflation a rogné une partie de leur pouvoir d'achat. Mais, là encore, les chiffres ne sont pas disponibles. Ceux dont on dispose jusqu'au milieu de 1976 indiquent que la moyenne des salaires avaient baissé l'année précédente de 5%. Même si l'on accepte la thèse du gouvernement zambien selon laquelle les salaires auraient monté de 5%, cela ne permet en aucun cas de rattrapper la hausse du coût de la vie. De même, malgré des années de propagande pour la «révolution rurale», l'agriculture n'a pas assez progressé pour permettre de réduire la facture des importations alimentaires, sans parler d'être à même de répondre à l'objectif, souvent mis en avant, de faire de l'agriculture le poste essentiel des exportations zambiennes.
Le budget 78 reflète la condition désespérée de l'économie zambienne et l'aggravation constante des conditions de vie de la population. Les mesures qu'il prévoit comprennent la réduction de la subvention au mais, ce qui entraîne sa hausse
Un Etat-néo-colonial
de 21,6% et la fin des subventions à la production d'engrais, ce qui implique une hausse de tous les produits agricoles. La situation économique de la Zambie a été à l'ordre du jour des grandes institutions financières du monde capitaliste. Cet état de choses est relié à l'évidence au fait que le gouverement zambien constitue l'un des instruments les plus efficaces de stabilisation du capitalisme en Afrique du Sud. En particulier, sa situation d'Etat frontalier le mêle inévitablement à tout ce qui touche le Zimbabwe et la Namibie. Toutes ces dernières années, le pays a bénéficié de prêts périodiques et de tranferts de fonds purs et simples de la part des principales économies capitalistes. 1978, la « coopération» fait un nouveau pas en avant avec la négociation d'un programme de deux ans avec le Fonds monétaire international, envisageant un crédit de 390 millions de dollars et réactualisant un prêt antérieur de 46,6 millions de dollars. Le gouvernement zambien est donc lié par de sévères conditions : a. dévaluation immédiate de 10%.
Elle va engendrer d'autres augmentations de prix. b. Tentative de réduire le déficit budgétaire. Ceci ne peut être atteint que par des coupes sombres dans les subventions à la consommation. Et, c. Un gel des salaires de deux ans.
Le fonds monétaire international a clairement annoncé qu'il fera en sorte de s'assurer que ces con-
ditions soient bien respectées en ne payant que 99 millions de son fonds spécial immédiatement. Les autres 216 millions ne parviendront que par tranches trimestrielles et seront fonction de la « bonne conduite ». Mais tout cela reste encore insuffisant à en croire le Financial
Times de Londres du 24 avril, selon lequel des sources proches du gouverement zambien estiment elles-mêmes qu'il faudrait 800 millions de dollars (4 milliards de Francs) pour tirer la Zambie d'affaires. Et donc d'autres négociations ont été entreprises avec la Banque mondiale pour un nouveau prêt s'élevant à 400 millions de dollars. LA SITUATION POLITIQUE : DES DIVERGENCES AU SEIN DE LA « BOURGEOISIE BUREAUCRATIQUE»
On parle assez justement de la classe dominante zambienne en termes de « bourgeoisie bureaucratique ». Parce que, lors de l'indépendance en 1964, presque toute l'industrie, le commerce et l'agriculture capitalistes étaient entre les mains de compagnies ou d'individus étrangers, la seule voie du pouvoir, pour cette couche ambitieuse, était la machine d'Etat. Les 13 ans et demi écoulés depuis l'indépendance ont vu, par conséquent, s'opérer une vaste expansion du secteur étatique de l'économie. C'est, à présent, plus de la moitié de la main-d'œuvre zambienne qui travaille pour
Ice secteur. Les bénéficiaires essentiels de ce processus - que la propagande décrit volontier comme « socialiste » ou « humaniste » - sont les plus hauts administrateurs du Cabinet et leurs subordonnés du Comité central chargés de l'administration machine d'Etat et de l'économie. C'est à la fois leur salaire élevé et leur position bureaucratique leur permettant d'exercer la corruption à grande échelle, qui explique que ces individus se servent de leur fonction pour accumuler le capital. Pour eux, ce processus est d'autant plus urgent qu'ils ont dans les pays voisins les multiples exemples leurs collègues dépossédés du pouvoir politique par les militaires. De systèmes, pratiquement, ne sont stables qu'en période d'expansion économique, lorsque la bureaucratie dominante ne rencontre que peu de problèmes pour s'auto-enrichir. Une tendance économique du type de celle constatée en Zambie depuis la fin de 1974, avec la chute. du cours du cuivre, produit de sérieuses tensions et des fissures au sein d'une élite en quête de prébendes. Il est possible de distinguer plusieurs tendances au sein de la bourgeoisie bureaucratique. L'AILE DROITE
Ses représentants sont les principaux politiciens exclus du devant de la scène politique dans la période
ZAIRE YANGOLA Bande de Caprivi OVAMBOLAND o Maun SUD-QUEST Windhoek "Serowe, BOTSWANA AFRICAIN •Gaberones ( RÉPUBLIQUE SUD-AFRICAINE récente, bien que certaines de leurs propositions aient été soutenues largement par la bourgeoisie bureaucratique. Le plus connu de ces hommes est Arthur Wina, dirigeant de premier plan de l'époque de l'indépendance. Outre des scandales financiers, la raison pour laquelle d'autres hommes tels que Sefelino Mulenga, Axon Seko, Aaron Milégalement été récemment «démissionnés» semble bien être leur association au Parlement, avec Arthur Wima, dans une critique du gouvernement, qui première alternative claire à la politique de Kaunda : a. Ils font constamment référence à la fermeture de la frontière rhodésienne (effective depuis janvier 1973), mettant en lumière les conséquences économiques, le fait que cette fermeture affecte largement la Zambie, la Rhodésie, et le Bostwana pour gagner l'Afrique du Sud d'où il est embarqué. Pratiquement tous les produits miniers et de consommation courante, y compris alimentaires de cette province du Zaïre, font le voyage inverse... A long terme, une telle politique - qui ne fait que se préciser depuis le début de 1978 (aggravation des rapports économiques
Lac Tanganyika Dar es Salaam 1 TANZANIE L.Malawi "ZAMBIE
Mozambic Lusaka® •Zomba
Salisbury RHODÉSIE
MOZAMBIQUE: • Bulawayo Pretoria Johannesburg •Lourenço-Marques
SWAZILAND
%Durbar LESOTHO
To km 500 avec la Tanzanie) - peut, bien sûr, contribuer a rendre plus difficile encore la situation des industries zambiennes. A l'époque de l'indépendance, 40% des importations zambiennes provenaient de Rhodésie et 21% d'Afrique du Sud. En somme, la divergence peut se résumer ainsi: la bourgeoisie bureaucratique, majoritairement, voudrait confirmer l'industrie zambienne tandis que l'aile droite de Wilma exprime davantage les intérêts du capital interational qui passent par la mise sur pied d'une production très concentrée incompatible avec la fermeture des frontières biennes.
b. De la même façon, les partisans de Wilma sont favorables à l'ouverture la plus large possible de la
Zambie aux investissements étrangers et ils accusent le gouvernement de décourager les investisseurs éventuels par les nationalisations, les contrôles bureaucratiques, etc. Sur ce point, ils ont obtenu une victoire en faisant voter par le Parlement la loi du 11 août 1977 sur le développement industriel qui contient un code d'investissement garantissant le rapatriement des profits et du capital pour les investisseurs prives. Un a peu cache le tait que ceci représente un tourant manifeste dans la politique du gouvernement; par contre, on a bruyamment annoncé qu'il n'y aurait plus de vagues de nationalisations du type de celle de 1968. On explique moins honnêtement les raisons de ce tournant. Non seulement il est contradictoire avec les professions de foi sur la « construction du socialisme», mais c'est aussi un début de ré gression pour une classe dominante dont le pouvoir se fonde sur le contrôle de l'entreprise étac. Visant plus directement les membres de la bureaucratie, le groupe Wima propose avec insistance de réduire le nombre des fonctionnaires. Son feu se concentre sur les structures du parti unique de Zambie, le Parti uni de l'indépendance nationale (UNIP). Il a un comité central de 2o personnes (gagnant chacune 12000 K - Kwacha, monnaie nationale zambienne - par an, sans les frais). Chose plus importante encore, le Comité central se compose généralement, tout comme l'administration du parti sous ses directives, de membres qui doivent leur position à une loyauté de longue date vis-à-vis de l'appareil. Beaucoup de ces bureaucrates ont un niveau culturel minimal et sont regardés avec mépris par les autres secteurs de l'élite qui estiment devoir leur poste à leur talent: sans avoir dû «ramper». Lié à tout ceci, le fait que le Comité central a tendu à devenir un organe parallèle au gouvernement, non responsable devant le Parlement mais largement sous le contrôle du Président. Il est élu lors de conseils nationaux où les positions de Kaunda ne sont pas réellement disputées. L'exigence d'une diminution de ses pouvoirs s'est accompagnée de celle de élection de son secrétaire général qui est appointé par Kaunda.
Sur deux points, les positions de l'aile droite trouvent une plus grande audience auprès des bureaucra-
La position financière catastrophique de la Zambie a conduit à exiger que des économies soient faites en restaurant les droits d'inscription dans les écoles et les hôpitaux. Cette évolution, prétend-on, permettrait l'amélioration de la qualité de ces services, qui ne cessent de se dégrader de façon désastreuse. Bien entendu, cela implique que ceux qui en auraient les moyens, pourraient en bénéficier. La position financière de la plupart des membres du Parlement se voit claiau soutien que dans leur écrasante majorité ils ont apporté à ces mesures.
Les fonctionnaires zambiens se sont vu interdire, en principe, tout revenu d'origine privée. Le 9 septembre 1977, les dirigeants de la Corporation industrielle cière, qui rassemble toutes les entreprises paraétatiques, ont demandé que cette règle ne soit appliquée qu'aux seuls responsables politiques. Ils mettent en avant que l'application de la règle en question à des gens comme eux, c'est-à-dire disposant de capitaux prêts à être investis, ne peut que freiner le taux de croissance de l'économie ! Et là encore leur plaidoirie trouva une réponse dans le soutien ultramajoritaire du Parlement, particulièrement au sein du groupe Wina.
Aussi longtemps que ces revendications en restaient au stade du parlementaire, pouvait largement les ignorer. Une menace potentiellement plus dangeureuse survint lorsque la plupart de ces revendications, regroupées dans le rapport d'un comité restreint du Parlement et présenté le 29 novembre de l'an passé, fut votée le jour suivant à l'unanimité.
Entre autres choses le rapport proposait:
- Un système de contribution institué pour les services sociaux; - Encouragements aux investisseurs étrangers privés; • révision du règlement sur les fonctionnaires; - élection du Comité central à partir des assemblées régionales du parti; - élection du secrétaire général du parti.etc.
Malgré la vive réaction de Kaunda contre le Parlement coupable d'outrepasser ses prérogatives, fixées par la constitution, en se mêlant de modifier les structures du parti et malgré son affirmation devant le Conseil national de l'UNIP qu'il «considérait le Parlement comme un comité du conseil national», il est clair qu'en réalité, il n'est pas assez fort pour prendre des mesures contre les trois ministres membres du comité parlementaire et que le gouvernement s'oriente, pour ce qui est des questions économiques et sociales, dans la direction indiquée dans le rapport. LE RETOUR DE L'UFP : UN COURANT «POPULISTE»
Le 9 septembre dernier, on apprenait sans surprise, au cours d'une conférence de presse, que trois dirigeants de premier plan de l'ex-UPP (Parti progressiste unifié) allaient rentrer dans l'UNIP: On avait déjà eu un signe de la popularité des membres de l'ex-UPP lors d'élections partielles tout au long de l'année. L'un d'eux, Chambeshi, en dépit d'empêchements de tous ordres vote et malgré l'intervention de dernière minute de Kaunda, fut élu, ce qui montre bien la baisse indéniable de popularité de ce der nier. Malheureusement, on ne peut pas en conclure pour autant que cé vote reflète une radicalisation politique et l'amorce d'une alterative de gauche. Avant son interdiction en 1972, l'UPP était célèbré pour son opportunisme et pour sa tentation chronique de s'appuyer sur le tribalisme.
D'un côté il recevait un soutien considérable dans la ceinture du cuivre en exploitant le méconten-
tement dû à la récession des années 1970, en protestant contre le gouvernement imposant le gel des salaires; d'autre part, il s'alignait sur le Congrès national africain nettement orienté à droite, essentiellement basé dans les provinces de l'ouest et du sud et qui se plaignait systématiquement des effets nocifs de la perte des contacts avec le Sud blanc. Le discours de Chambeshi, prononcé au Parlement le 29 mars 1978, montre que l'UPP entend bien faire à nouveau appel à sa base ouvrière de la ceinture du cuivre. En effet, Kaunda a fréquemment insinué que les problèmes économiques de la Zambie provenaient de la préférence marquée de ses habitants pour les luxueux produits étrangers aux bons aliments traditionnels. Il appelle à revenir au Maïs bouilli (nshima), le plat de base national. Chambeshi remarque que les dirigeants qui, aujourd'hui, proposent de manger du mais à la place du pain, proposeront, demain, d'en revenir à la pratique de nos ancêtres de ne prendre qu'un seul repas par jour. Au lieu de mettre en avant de telles «solutions» aux problèmes économiques, le gouvemement devrait en trouver les causes réelles et reconnaître que nombreux sont ceux, même parmi les non chômeurs, qui parviennent difficilement à consommer, ne serait-ce que le nshima.
Kaunda étant attaqué sur deux fronts, on peut assurer que l'une des voies vers la victoire électorale, lors des élections générales qui auront lieu cette année, sera la critique croissante et explicite de la politique gouvernementale. Et donc, que ceux qui ont depuis le plus longtemps fait preuve d'opposition, lUPP, progresseront le plus. Kapwepwe ne dispose pas encore d'une base assez large pour être à cette heure un rival totalement crédible de Kaunda. De leur point de vue, les masses laborieuses n'ont aucun avantage à attendre d'un soutien à un seul de ses candidats aux privilèges bureaucratiques. C'est en l'absence totale d'alternative réelle qu'il est certain qu'un nombre considérable de votes de protestation iront à ces « rivaux», lors des élections au Parlement, en particulier.
Le situation serait moins grave s'il y avait quelque signe de revitadans le mouvement syndical dont la direction est largement intégrée au parti et à l'appareil d'Etat. Malheureusement, l'année passée nous a fourni la triste image d'une classe ouvrière défaite quasiment lors de chaque lutte. Et non seule-. ment des ouvriers, « meneurs de grèves» sont licenciés mais encore, comme à l'usine mécanique de Livingstone, les initiatives patronales ont été cautionnées par le Conseil exécutif du syndicat. Etant donné le taux de chômage, la bureaucratisation totale des directions syndicales et l'absence de traditions de luttes notables, la classe ouvrière zambienne est désarmée au point de ne pouvoir mener quelque combat revendicatif que ce soit. Même les travailleurs des mines de cuivre dont la tradition de grèves remonte à 1935 sont conjoncturellement affaiblis. Et tout cela pose de gigantesques problèmes aux révolutionnaires car ce n'est que lorsque la classe ouvrière sera sensible à des revendications telles que l'échelle mobile des salaires contre l'inflation, le contrôle ouvrier face à la bureaucratie d'Etat que l'on pourra sortir de l'impasse actuelle.
Nous n'avons pas traité ici, spécifiquement, des événements survenus en Afrique du Sud bien qu'ils aient tenu une place essentielle et qui le sera sans doute davantage sur la scène politique zambienne. Nous sommes convaincus que la révolution prolétarienne zambienne n'éclatera en dernière analyse que dans le cadre du soulèvement de la région tout entière, dans lequel le rôle essentiel reviendra au prolétariat noir d'Afrique du Sud. POST-SCRIPTUM
L'article ci-dessus a été rédigé fin avril 1978. Un article publié dans Le Monde du ler juillet confirme entièrement ses données essentiel les : une réunion du «groupe consultatif de la Banque mondiale pour la Zambie» s'est tenue à Paris du 27 au 29 juin. Elle a mis au point une aide «à court et à long terme au régime de Lusaka... Les besoins de la Zambie (étant) estimés pour les trois prochaines années à un milliard de dollars». On apprend aussi qu'alors qu'en 1976, le cuivre assurait 55% des recettes de l'Etat, « cette année, pas un Kwacha ne tombera dans lescarcelle de l'Etat, les compagnies n'ayant fait aucun bénéfice».