Au début de juin 1977, un représentant du Comité central, Klimov, a donné un coup de téléphone à l'appartement de A.M. Larina, la veuve de Boukharine et a demandé qu'elle se mette en rapport avec lui. Le 9 juin, comme A.M. Larina était partie de Moscou, Yuri Larine, son fils, et fils de Boukharine, a appelé le numéro donné par Klimov. Il lui a demandé si ce coup de téléphone avait un rapport avec les lettres envoyées par la veuve et le fils de Boukharine, la veille du 25e congrès du PCUS, au congrès lui-même, au Présidium du CC du PCUS et au Secrétaire général du PC, Brejnev, personnellement, lettres appelant à la réhabilitation de Boukharine.
Klimov confirma que son coup de téléphone était en effet en rapport avec cette affaire et déclara ce qui suit : «J'ai reçu l'instruction de vous informer que nous ne pouvons donner suite à votre appel pour la réintégration de Boukharine dans le parti et le rétablissement de son appartenance comme membre de plein droit de l'Académie des Sciences, puisque le verdict de culpabilité en rapport avec les crimes pour lesquels il a été poursuivi n'a pas été levé.».
Y. Larine a répondu que beaucoup de co-accusés de Boukharine ont déjà été réhabilités, notamment Krestinsky, Ikramov et Khodzhaiev. Klimov a répondu que Larine ignorait manifestement que la majorité des accusés de ce procès n'avait pas été réhabilités. Y. Larine demanda alors : « Croyez-vous réellement que Nicolas Ivanovitch ait assassiné Gorki ? » Klimov répondit : «Cette question tombe sous la juridiction de la Cour et du bureau du procureur».
Larine ayant demandé : « Cela signifie-t-il que vous pensez que je dois m'adresser à ces instances ?», s'est entendu répondre par Klimov : «C'est votre droit», mais il a précisé qu'il croyait que ce n'était pas opportun en ce moment-ci : « Vous devez savoir combien la situation est compliquée actuellement».
A.M. Larina et Y. Larine avaient adressé un premier appel pour la réhabilitation de Boukharine en 1961, le rejet est donc venu seize ans après ce premier appel. Deux amis de Lénine, E.D. Stassova (ancienne secrétaire du Comité central) et V.A. Karpinsky, avaient lancé un appel analogue en 1965 mais ils sont morts entre-temps et n'ont jamais reçu de réponse. Note de la rédaction :
Au congrès des historiens en 1964, le secrétaire du CC, Ospelov avait publiquement afiirmé que ni Boukharine, ni Rykov n'avaient été des espions ou des saboteurs. Les autres accusés du procès de 1938 pleinement réhabilités sont Grinko, Ivanov, Tchernov et Zelensky.