Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PEROU

Une victoire de l'internationalisme prolétarien

· Inprecor n° 32, 6 juillet 1978 · p. 11-12 · 922 mots

Argentine et Chili Pérou et Bolivie

Le 25 mai dernier, Hugo Blanco et onze dirigeants politiques et syndicaux péruviens, candidats à l'Assemblée constituante, plus un journaliste de droite, ont été exilés. Mais si cette déportation dans un pays étranger était par elle-même une grossière violation des garanties démocratiques face à l'élection qui devait avoir lieu quelques jours plus tard, beaucoup plus grave était le fait que l'endroit choisi pour les déporter était... l'Argenti-

Après les assassinats du général Prats du Chili, du général Torres de Bolivie et des sénateurs urugayens - et si l'on compte qu'au cours des dix dernières années, il y a eu, par jour, une moyenne de disparus ou morts en Argentine -cette mesure ne pouvait être interprétée que comme une intention du gouvernement péruvien d'éliminer physiquement les douze opposants en recourant à la solidarité de la dictature argentine.

C'est précisément cela qu'Hugo Blanco a expliqué aux soldats, officiers et policiers qui l'embarquèrent de force : « Derrière tout cela il y a la main de la CIA et vous êtes en train de devenir les complices de l'assassinat de péruviens par la main de militaires argentins. Si nous devons mourir, nous voulons mourir au Pérou, et que le gouvernement de Morales Bermudez soit rendu responsable de notre assassi-

UNE VICTOIRE DE

L'INTERNATIONALISME PROLETARIEN

Cette ferme attitude fut le premier pas d'un combat qui s'est terminé par une victoire éclatante : bien que l'avion militaire ait atterri de nuit sur le petit aéroport de Jujuy dans le nord de l'Argentine, «quelqu'un » avait donné la nouvelle et le lendemain dans les journaux locaux fut publiée une photo de la descente d'avion des exilés. Une campagne internationale commença alors qui, combinée avec la résistance des exilés eux-mêmes, a fait plier la dictature de Videla.

La IVe Internationale a été au centre de cette campagne et ses organisations dans le monde entier se mirent à exiger que se prononcent des syndicats, des partis, des parlementaires, etc. et à organiser des actions de protestation et des manifestations, même dans les pays les plus lointains. Quelques exemples suffisent à montrer la dimension, la rapidité et l'ampleur politique de cette campagne : en Australie un comité spécifique de défense des exilés s'est formé qui a exigé du gouvernement australien qu'il offre l'asile politique aux douze déportés et a obtenu le soutien de plusieurs sénateurs, d'institutions et d'organisations politiques et syndicales. Des ministres, des parlementaires et des dirigeants politiques et syndicaux ont envoyé des télégrammes à Videla pour exiger que les déportés puissent sortir immédiatement d'Argentine. La campagne était dirigée par le journal de notre section australienne Direct Action et notre camarade Dick Nichols présidait le Comité de défense.

La Brèche, organe de la section suisse de la IVe Internationale a mené une campagne pour que le gouvernement du pays exige du gouvernement argentin la garantie du respect de la sécurité des prisonniers. Elle organisa des piquets et une conférence de presse à laquelle participèrent la FTMH, la FOBB, Sintec, UPOD, le Parti socialiste, le travail et la Ligue marxiste révolutionnaire. Elle appela à «l'unité d'action de toutes les organisations du mouvement ouvrier, syndical et politique» pour s'engager dans cette tâche et elle a obtenu que le Parti socialiste qui tenait son congrès mette cette question à l'ordre du jour et vote, par acclamation, une résolution geant des garanties pour les déportés en Argentine et le retour aux droits démocratiques au Pérou. Cette résolution mentionne explicitement Hugo Blanco « dirigeant paysan, candidat aux élections, qui a déjà passé une dizaine d'années en

Au Costa Rica, les camarades de l'OST ont fait des piquets devant les ambassades du Pérou et d'Argentine et ont envoyé des lettres et des télégrammes de protestation.

Aux Etats-Unis, une intense campagne se développa sous la direction du SWP. De même, le Comité de défense des prisonniers latino-améri-

Page 12

A JUNTA MILI OS A ANGINTINA OST cains (USLA) a organisé des piquets dans les principales villes américaines et a lancé une campagne de soutien aux déportés, envoyant des milliers de télégrammes aux autorités argentines.

En Argentine même, Désafio, périodique trotskyste clandestin a dénoncé la menace contre la vie de Hugo Blanco et des autres prisonniers.

En France, la campagne s'est développée rapidement car elle s'est trouvée liée à la mobilisation du

A las

SOBLANCO DER SIO

CIT. CAMPESINO P HUC

RIC

ARGENTINA

U VIDA CORRE PELIGEN

AO A LA REPRESION

JAR PERUANA

VID

DI

5 BRUANG

COBA contre la répression en Argentine, Rouge a dénoncé jour après jour la répression et informé de tous les développements des événements. Le Comité international a organisé un meeting de plusieurs milliers de personnes contre la répression en Argentine auquel ont pris la parole les déportés qui venaient d'arriver en Europe.

Cette mobilisation a existé dans toute l'Europe et dans la majeure partie de l'Amérique latine.

REPRD-

I CONTRA

O BLANCO,

CARDO NAPURI

RIGENTES PERUA

OS REVOLUCIONA

RIOS DEPORTADOS

Manifestation de solidarité organisée à Costa Rica par l'OST

La dictature militaire argentine après avoir essayé de faire accepter aux prisonniers « l'asile » qu'elle leur offrait, a dû céder et permettre de partir à neuf d'entre eux. Les trois autres décidèrent de rester à

Buenos Aires (deux généraux et un journaliste de droite) mais deux dirigeants syndicaux, Valentin Pacho

Quispe et Justiniano Apaza Ordonez restent exilés dans un village perdu de la Pampa, alors qu'ils voudraient partir dans un autre pays et il faut continuer la lutte pour achever l'œuvre victorieuse de cette manifestation de l'internationalisme prolétarien.

"LAVIDA"

DE LOS DIRIGEN-

TES OBREROS PE-

RUANOS PEIT-

CRA ENARGEN

TINA

OST.

Une erreur sur cette page ?