Qui aurait pu prévoir la crise du Golfe ? Personne ? Pas si sûr. En effet, Richard Nixon, ancien président des Etats-Unis, dont la clairvoyance en matière de politique intérieure était nulle, aurait, par contre, prévu l'actuelle crise du Golfe, dans un livre publié en 1983, La vraie guerre. Dans un chapitre intitulé "La jugulaire du pétrole", Nixon annonce la crise du Golfe, des années avant que le conflit éclate,
« La puissance militaire et économique dépend aujourd'hui du pétrole. Cette vérité élémentaire fait du Golfe persique l'œil de la tempête en ces dernières décennies du XXe siècle...
« Plutôt que de remplacer la présence britannique par une présence américaine directe, les Etats-Unis choisirent de compter sur les puissances locales, principalement l'Iran et l'Arabie Saoudite, pour la sécurité dans le Golfe, en les aidant par des fournitures d'armes et d'autre
« Toute l'économie industrielle et toute la machine de l'Occident dépendent aujourd'hui du pétrole. Jamais la région du Golfe persique n'a été aussi vitale pour l'avenir du monde. Jamais les nations du Golfe n'ont été aussi vulnérables à une puissance agressive qui cherche à imposer sa volonté au monde.
«L'Irak extrémiste représente maintenant la plus puissante force militaire du Golfe. Ses effectifs sont écrasants, en termes strictement régionaux. Même sans soutien supplémentaire des Soviétiques, l'Irak pourrait avancer impunément au Koweit, en Arabie saoudite ou en Iran.
« Les forces militaires irakiennes ont déjà été déployées contre le Koweit en 1961, et de nouveau en 1973. Au cours de l'incident de 1961, les Britanniques et les pays Arabes forcèrent les Irakiens à retirer leurs
JoN
GUERRE
Parti communiste irakien.
le même sort que le Chah.
roles de prophète ! * troupes de la frontière du Koweit. Mais, en 1973, les Irakiens ne cédèrent pas et s'emparèrent d'une partie du territoire koweitien. L'Irak a, depuis, réglé ses différends territoriaux avec le Koweit mais il est probable que l'avenir réserve des problèmes.
«L'Irak se place aujourd'hui sur les rangs pour la prédominance politique dans le Golfe. Bien que son régime autoritaire et extrémiste ait été anti-américain, il ne veut pas voir les Russes établir leur hégémonie et pourrait par conséquent modérer sa prise de position passée.
Nous avons donc de bonnes raisons de chercher à améliorer nos relations avec l'Irak. De leur côté, les Soviétiques tiennent toujours à acquérir le contrôle de l'Irak, bien que les Irakiens se fussent montrés vigilants, en coupant les ailes au
« Comme le pétrole n'est pas un luxe pour l'Occident mais une nécessité, les Etats-Unis et leurs alliés d'Europe et du Japon doivent, en priorité, fournir une aide économique et militaire aux gouvernements de cette région qui sont menacés d'agression intérieure ou extérieure. Ils doivent être prêts et consentir à prendre les mesures qui s'imposent pour protéger leurs intérêts, y compris une forte présence militaire et même
« Par dessus tout, les dirigeants d'Arabie saoudite, d'Oman, du Koweit et d'autres Etats clefs doivent avoir l'assurance claire que, s'ils sont menacés par des forces révolutionnaires, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, les Etats-Unis les épauleront fortement afin qu'ils ne subissent pas
« Les Américains ne doivent pas seulement avoir la volonté d'employer la force, s'il le faut, mais de démontrer qu'ils le feront, ils doivent aussi posséder les forces nécessaires. Ils courront peut-être des risques en défendant leurs intérêts dans le Golfe persique. Ils en courraient de bien plus graves s'ils ne défendaient pas ces intérêts. »
Le président américain, Bush, a sûrement largement méditer ces pa-