Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IVe INTERNATIONALE

XIIIe Congrès mondial

· Inprecor n° 325, 1er mars 1991 · p. 26-27 · 1 431 mots

IVe Internationale URSS et Russie Allemagne Femmes

XIlle Congrès mondial

IVe INTERNATIONALE

LE CONGRES a été placé

Environ 200 délégués et observateurs, représentant 80 sous la présidence d'honneur organisations en provenance de 48 pays, ont assisté au XIlle des prisonniers politiques de

Congrès de la IVe Internationale, du 7 au 17 février 1991, en notre mouvement et de l'en-

Italie. En outre, des représentants d'organisations d'une semble du mouvement révoludemi-douzaine de pays — surtout du Moyen-Orient — n'ont pas tionnaire et ouvrier internatiopu y assister à cause de la guerre, mais ont adressé des messages et nal, victimes de la répression bourgeoise ou bureaucratique.

des explications par écrit.

Le Congrès s'est ouvert par un rapport et un débat sur la signification de la guerre du Gol-

Bureau du Secrétariat unifié fe, sur ses antécédents et sur ses répercussions prévisibles. Il a constaté que toutes les sections et organisations sympathisantes de la

IVe Internationale agissent dans leurs pays respectifs contre l'intervention impérialiste et pour le retrait immédiat des troupes de ladite

"coalition" et de ses alliés du Moyen-Orient. Il a adopté un projet d'appel (voir ci-contre) adressé à l'ensemble de la gauche révolutionnaire de par le monde, pour qu'elle amplifie encore l'effort de lutte contre la sale guerre impérialiste, par des mobilisations de masse les plus larges et les plus unitaires possibles.

Il a constaté que si dans le mouvement anti-guerre massif à l'échelle mondiale, les courants révolutionnaires n'ont pas le même poids que lors du mouvement contre la guerre du Viêt-nam, en redes secteurs importants du mouvement syndical et ouvrier organisé se sont mobilisés activement dans divers pays d'Europe capitaliste, dans l'ancienne République démocratique allemande

(RDA), aux Etats-Unis et au Japon.

Le Congrès a entendu des rapports et discuté d'une série de résolutions : sur la situation mondiale ; sur la situation en Union soviétique, en Amérique latine et en Europe capitaliste ; sur les problèmes de la libération des femmes en Amérique latine et dans les pays impérialistes, ainsi que sur l'état du mouvement féministe dans ces derniers ; sur la féminisation des organisations de masse et des organes de direction de la IVe Internationale ; sur la construction et le fonctionnement des organes de direction de la IVe Internationale. Plus de

160 camarades ont pris la parole au cours de ces débats.

Ils ont cherché à interpréter et à expliquer les principaux changements intervenus au cours de la dernière période dans la situation mondiale : l'offensive capitaliste et le rejet de la classe ouvrière sur la défensive ; l'effondrement des régimes staliniens en Union soviétique et en Europe orientale ; les problèmes de la révolution centraméricaine ; le début de recomposition de la classe ouvrière, surtout au

Brésil et en Afrique du Sud ; le réveil de l'activité politique des masses soviétiques et les difficultés et les contradictions auxquelles elles se heurtent dans leur reconquête de l'autonomie organisationnelle et politique.

Conformément à la tradition démocratique de notre mouvement international, à propos de divers points de l'ordre du jour, des contrepropositions de résolutions ont été présentées, correspondant aux positions de camarades qui, organisés en tendances, ont exprimé des points de vue minoritaires. Les résolutions présentées par la direction sortante ont été adoptées à une large majorité.

Le Congrès a discuté d'un premier projet de thèses sur "Ecologie et révolution socialiste" (publié dans la revue Quatrième internationale n° 39, décembre 1990-janvier 1991). Ce document sera plus amplement discuté dans l'Internationale et soumis au vote du XIVe

Le Congrès a également discuté d'un projet de manifeste programmatique, texte tendant à expliquer les causes de la crise de crédibilité du socialisme, qui frappe de plein fouet le mouvement ouvrier et révolutionnaire depuis plusieurs années, et qui s'est accentuée à partir de l'effondrement dudit "camp socialiste" en 1989/90. Ce manifeste a pour but d'apporter, dans la mesure du possible, une réponse cohérente et globale aux nouveaux défis auxquels les révolutionnaires sont confrontés, et qui marqueront certainement leur action durant des années. Le vote sur ce texte aura lieu après un débat ultérieur.

La IVe Internationale ne prétend pas apporter une réponse définitive ni complète aux problèmes nouveaux et angoissants auxquels l'humanité est confrontée. Elle poursuivra le débat sur ces questions avec tous les interlocuteurs disposés à le faire. Mais, c'est pour le moment la seule force internationale qui ait élaboré un premier projet de réponse cohérente qui pourrait être une référence pour divers courants de par le monde.

Le Congrès a adopté différents appels : en soutien aux femmes algériennes menacées par la montée de l'intégrisme réactionnaire; en faveur des prisonniers politiques marocains, oubliés depuis 17 ans dans les géôles d'Hassan II ; pour la défense du mouvement ouvrier bolivien, menacé d'élimination à la suite de la vague de licenciements massifs imposée par le Fonds monétaire international (FMI) ; pour la libération des dirigeants et des militants du "Printemps de Pékin" de 1989 qui viennent d'être sévèrement condamnés par le régime de Deng : pour encourager la solidarité avec le peuple haitien.

Le Congrès a envoyé ses saluts fraternels à deux camarades japonais, qui viennent d'être libérés après avoir passé dix ans en prison pour leur participation à la campagne de défense des paysans de Sanruzuki, lors de la construction du nouvel aéroport de Tokyo. Il a ré. clamé la libération immédiate des camarades du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT) du Mexique et du Nouveau parti socialiste (NSSP) du Sri-Lanka, enlevés et portés disparus par les gouvernements répressifs de ces deux pays.

Les participants les plus âgés au Congrès — que celui-ci a chaleureusement salués — furent le camarade Morris Stein, qui a adhéré au Parti communiste russe, au lendemain de la révolution d'Octobre, puis a été membre fondateur du mouvement trotskyste aux EtatsUnis et de la Ive Internationale; et le camarade d'origine sud-africaine, Charlie Van Gelderen, seul participant de ce XIlle Congrès qui était également présent au congrès de fondation de la IVe Internationale, en septembre 1938.

Le Congrès a entendu un appel de José Dirceu, secrétaire général du Parti des travailleurs (PT) du Brésil, pour examiner la convocation, l'an prochain, d'une conférence mondiale qui discuterait de l'actualité du socialisme à la fin du XXe siècle et la réaffirmerait. Le Congrès s'est prononcé unanimement en faveur de cette initiative et a décidé de contribuer activement à sa réussite.

Parmi les autres organisations représentées par des observateurs au Congrès, il faut mentionner l'organisation Démocratie populaire de la République dominicaine, le Parti démocratique populaire

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(PDP) du Paraguay, le Mouvement communiste (MC) de l'Etat espagnol et le MK d'Euskadi, Lutte ouvrière de France, le Parti socialiste unifié (VSP) d'Allemagne, la Gauche unie de l'ex-RDA, et une organisation socialiste d'Afrique du Sud. Le Parti d'action communiste (PACS) de Syrie et le Mouvement de libération nationale (MLN) d'Uruguay ont envoyé des messages fraternels au Congrès.

Le NSSP, une des principales organisations ouvrières du Sri-Lanka a demandé son affiliation à la IVe Internationale lors du Congrès, qui devrait prendre effet dans quelques mois.

Le salut de Gilles Perrault, qui a réitéré sa condamnation de la guerre impérialiste dans le Golfe, et l'intervention de Christine Serfaty, qui a dénoncé la répression au Maroc, ont marqué un des moments les plus émouvants du Congrès.

Le changement de la situation en Union soviétique et en Europe orientale s'est reflété dans la participation d'une délégation significative d'observateurs venus de ces pays, dont Alexandre Bouzgaline, un des dirigeants de la Plate-forme marxiste au sein du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS), membre du comité central de ce parti depuis son dernier congrès et Kolganov, membre du Comité central du Parti communiste de Russie.

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Ont participé également au Congrès, le camarade polonais Jozef Pinior, un des dirigeants historiques de Solidarité en 1981, et le camarade Petr Uhl, député au Parlement tchécoslovaque et ancien dirigeant de la Charte 77, qui a passé neuf ans dans les prisons de la bureaucratie. En tant que militants de l'Internationale, ils ont pris la parole en illustrant les problèmes qui se posent aux courants révolutionnaires dans leurs pays respectifs.

Le Congrès a enregistré le fait historique que la réhabilitation de Léon Trotsky est presque totale aujourd'hui en URSS et que ses ouvrages y paraissent à un très grand tirage. La IVe Internationale poursuivra sa campagne pour que cette réhabilitation soit parachevée sur le plan juridique.

En constatant que si le mouvement révolutionnaire doit faire face à de graves difficultés à l'étape actuelle, il existe toutefois des possibilités de développement, le Congrès a esquissé des mesures pour renforcer les organismes de direction de l'Internationale et, en même temps, il a réaffirmé notre volonté de consolider et d'élargir les liens avec d'autres courants révolutionnaires, anti-impérialistes et anti-

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