Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CHINE

Tchang Kaï Chek et la révolution

· Inprecor n° 327, 29 mars 1991 · p. 27 · 865 mots

Chine URSS et Russie

Tehang Kai Chek et la révolution

Dans l'esprit de beaucoup d'entre nous s'est formé une image bien définie de Tchang Kai Chek. A une époque, celui-ci avait non seulement la réputation d'être de gauche, mais jouait un rôle actif comme partisan de la révolution mondiale. De cela témoignent des documents révélés, il y a peu, par le diplômé en Sciences historiques B. Borodine.

Au début des années 20, un pouvoir populaire s'établit dans le sud de la Chine, dirigé par Sun Yat Sen. Le leader de la démocratie chinoise, admirateur de la révolution d'Octobre et éprouvant un profond respect pour V. I. Lénine, envoya en URSS son compagnon, le général

Tchang Kaï Chek, âgé de 36 ans, à la tête d'une délégation du Kuomintang, pour étudier l'expérience du Parti bolchevique, des Soviets et de l'Armée rouge. La visite eut lieu de septembre à novembre 1923. A cette époque, Lénine était gravement malade. L'envoyé de Sun Yat Sen fut reçu par Trostky, Roudzoutek, Tchichérine et Lounatcharsky. En plus de Moscou et de sa région, les hôtes se rendirent à Pétrograd et

Cronstadt. Ils visitèrent les fabriques et les usines, les académies et les écoles militaires, les corps de troupes, les navires et les aérodromes

Le 25 novembre 1923, sous la présidence de

Zinoviev, le présidium du comité exécutif du

Komintern entendit une communication de

Tchang Kaï Chek sur les activités du Kuomintang. Celui-ci y était présenté commme un des

«facteurs révolutionnaires mondiaux », et son travail comme « une partie de la révolution mondiale.»

Tchang Kai Chek fit des pronostics très optimistes sur la révolution chinoise : «Nous espérons qu'après trois à cinq ans de travail, nous aurons accompli avec succès la première étape de la révolution chinoise : la révolution nationale. Dès que nous l'aurons obtenue, nous passerons à la deuxième étape en propageant les mots d'ordre commu-nistes. Ainsi, il sera plus facile pour le peuple chinois de réaliser le communisme. »

En ce qui concerne la révolution mondiale, Tchang Kai Chek déclara que le Kuomintang considérait que la Russie soviétique en était la

« base fondamentale » et qu'elle devait aider à faire la révolution en Allemagne et en Chine. Au nom du Kuomintang, il proposa, lorsque la ré volution aurait triomphé dans ces pays, de créer une « union des trois grandes puissances », avec l'appui desquelles « nous pourrons plus facilement accomplir la révolution mondiale et en finir avec le système capitaliste sur terre ».

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mero 15. 199)

Inprecor n° 327 du 29 mars au 11 avril 1991

« tout le soutien possible au Kuomintang ».

journal qu'une mauvaise division » dit-il.

internationaliste.

tique dans l'intérêt de la révolution mondiale.

Après avoir discuté de la communication de Tchang Kai Chek, le présidium adopta la résolution « sur le mouvement de libération nationale en Chine et sur le Kuomintang », dans laquelle est recommandé

Lors de sa rencontre avec le représentant de Sun Yat Sen, le 27 novembre 1923, Trotsky souligna que pour le Kuomintang, le travail politique était plus important que le travail militaire. « Il vaut mieux un bon

Trotsky fit comprendre à Tchang Kai Chek que dans son combat, la révolution chinoise devait compter avant tout sur ses propres forces.

«Sans un fort parti révolutionnaire en Chine, sans son travail politique et propagandiste » déclara le président du Conseil militaire révolutionnaire d'URSS, « même si nous vous donnions beaucoup d'argent, si nous vous fournissions un soutien militaire, vous ne pourriez quand

Tchang Kai Chek remercia pour les conseils et donna l'assurance que le Kuomintang « s'efforcerait de mettre en pratique l'opinion des

D'une convers ation avec un des plus proches compagnons d'armes de Sun Yat Sen, Lao Tchoum Kaï, le conseiller politique du Kuomintang, M. Borodine retira l'impression que

Tchang Kai Chek était rentré « avec des senti ments très bienveillants envers nous, rempli d'enthousiasme ».

D'après un des spécialistes militaires soviétiques ayant travaillé en Chine, « le séjour de

Tchang Kai Chek à Moscou et sa rencontre avec les soldats rouges et leurs chefs, l'ont favorablement influencé ».

Tchang Kai Chek collabora avec les communistes chinois, profita des services des conseillers militaires soviétiques, parmi lesquels V.

Blücher occupait une place éminente. Mais peu à peu, son comportement à l'égard du PC soviétiques et de l'URSS se modifia.

A la vérité, il continua pendant un certain temps à se présenter comme révolutionnaire-

Le 7 novembre 1926, il envoya à Staline un télégramme de félicitations à l'occasion du IXe anniversaire de la révolution d'Octobre, où il se prononçait pour le maintien des liens entre la Chine et l'Union sovié-

Le 12 avril 1927, Tchang Kai Chek accomplit son tounant contrerévolutionnaire. Staline fut très chagriné de lui avoir, peu de temps auparavant, adressé sa photo avec une dédicace amicale... *

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Mars 1990

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