Inprecor 1974–2004

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BOLIVIE

Vous avez dit « modèle » ?

Inprecor n° 327, 29 mars 1991 · p. 25 · 413 mots

Pérou et Bolivie

La politique néo-libérale appliquée en Bolivie si elle a permis de limiter l'inflation (20% pour l'année 1990, contre 25 000 % sous le gouvernement de Siles Suazo, entre 1982 et 1985), a aussi entraîné récession et chômage. Le taux de croissance atteint presque 3 % mais 80 000 licencie-

Les salaires sont gelés depuis 1985 malgré de forts mouvements de protestation : en 1989,

80 000 enseignants se sont mis en grève (le gouvernement a répondu en décrétant l'état de siège ;

La Bolivie est aussi un "modèle" dans le traitement du problème de la dette extérieure depuis

1988. Ses créances, qui avaient atteint 5,6 milliards de dollars, se sont réduites à 3,5 milliards en

1990 (ce qui représente quand même 183 % de son Produit national brut de 1990 et 63 % de ses recettes à l'exportation). La Bolivie avait déjà racheté 470 millions de sa dette commerciale en 1990

Le gouvernement a aussi lancé un vaste plan de privatisations (100 entreprises d'Etat sur 157 doivent être privatisées dans les cinq ans qui viennent, ce qui devrait rapporter 500 millions de dollars à l'Etat). Malgré cela, la Bolivie a besoin de 600 millions de dollars pour l'année 1991 — autant

Sept des plus grandes mines d'étain ont été mises aux enchères en décembre 1990 ; elles devraient être cogérées par l'Etat (la COMIBOL) et le secteur privé acheteur (dans ce qui est appelé

Ainsi, la COMIBOL devrait devenir un holding, qui remettra à des entrepreneurs privés, selon les accords de "risque partagé," l'administration des secteurs que l'Etat n'est plus capable de financer.

Le reste des entreprises nationalisées sera directement vendu à des investisseurs privés (cela concerne les branches laitières, le traitement du caoutchouc, les raffineries sucrières, les entrepri-

D'autres entreprises nationales passent sous régime de "contrats de rendement" (l'Etat garde le contrôle de ces sociétés, qui ont une plus grande autonomie pour définir leurs programmes). Cela concerne la COMIBOL, mais aussi la compagnie pétrolière (YPFB), les postes et télécommunicaments ont déjà eu lieu — ce qui touche 25 % de la population active.

en arrêtant et en déportant 858 syndicalistes).

par la "cession" de biens nationaux par le biais de privatisations à grande échelle.

que le produit annuel des exportations de cocaïne, cultivée sur 140 000 hectares.

le système des "risques partagés").

ses de ciment, les entreprises agro-industrielles, la métallurgie, etc)

tions, l'électricité, l'eau, les aéroports et les chemins de fer...*

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