Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RDA

Rudolf Bahro : sur la bureaucratie

Inprecor n° 33, 20 juillet 1978 · p. 32 · 322 mots

Stalinisme

SUR LA BUREAUCRATIE ex traits de « La solution de rechange »

C'est moins par parti-pris haineux que par bétise que les propagandistes bourgeois font l'erreur de déduire de la propagande socialiste pour une meilleure utilisation qualitative, et surtout quantitative, du temps de travail dans nos entreprises, à un gros effort pour augmenter leur rendement.

En réalité, non seulement l'intensité de notre travail, mais encore sa discipline sont moindres que dans les pays capitalistes. Notre ordre social laisse davantage de place à la paresse et à l'indolence humaine, «naturelles», que celui du capitalisme, et ceci non seulement ren bas», mais aussı «en naut». l'indolence des bureaucrates répond à l'absence d'intérêt du travailleur pour sa tâche, à l'aversion des spe cialistes pour leur travail

Presque tout ce qui est entrepris chez nous porte le sceau caractéristique d'un rapport vicié entre l'énergie déployée et le résultat obtenu. Dans le cadre des rapports économiques et sociaux qu'il a lui-même institués, seul le parti peut jouer le rôle de moteur du progrès industriel et social. Mais il est totalement empétré, par son propre appareil, dans la toile d'araignée omniprésente du bureaucratisme qui n'épargne aucun domaine de la vie sociale, aussi éloigné soit-il des centres de décision.

Toutefois, si nous considérions que la sclérose bureaucratique de l'appareil du pouvoir est une tendance sans contradiction, que son effet incontestablement inhibiteur agit de façon absolue, nous ne pourrions expliquer qu'existe rythme de croissance économique, tout de même relativement élevé, qui caractérise les pays non-capitalistes travaillant sous la coupe de partis de tradition marxiste-léniniste (...) Aujourd'hui encore, la forme bureaucratique de notre superstructure porte moins préjudice à la croissance quantitative que qualitative; et, dans le cadre des mapports existants, cet état de choses ne peut être corrigé.

Mais si l'on est attaché à la recherche d'une alternative, il est important de comprendre comment et pourquoi notre appareil d'Etat n'est pas complètement emporté dans son cercle infernal...

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