Depuis les élections présidentielles de 1989, Lula s'est consacré à la coordination du "gouvernement parallèle" mis en place par le PT. Il s'est efforcé, en même temps, de développer les relations internationales de son organisation, et a été
Le «gouvernement
parallèle*
Dans cet entretien, réalisé en décembre 1990 par la revue du Parti des travailleurs(PT), Teoria e Debate, dont nous reproduisons de larges extraits, Luis Inacio da Silva (Lula) traite d'une série de questions qui le préoccupent. réélu à sa présidence, en juin 1990. Le PT prépare son premier congrès (1).
TEORIA E DEBATE : Après un an de gouvernement de Fernando Collor, quelle est la situation au Brésil?
Luis Inacio DA SILVA : La société brésilienne a découvert que la politique néo-libérale du président Collor est un échec ; contrairement aux promesses, rien n'a été résolu. L'inflation est passée de 84 % à 20 % par mois, au prix d'un coût social important en termes de chômage, de politique agraire, de salaires, de santé et d'éducation.
Il nous faut donc présenter de façon urgente une proposition alternative qui aille dans le sens de la croissance économique du Brésil, de la redistribution des richesses, et qui indemnise les travailleurs des préjudices causés par ce plan. Le PT doit prouver qu'il est possible de réduire l'inflation tout en créant des emplois, dans le cadre d'un autre modèle de développement.
Tout cela doit s'accompagner d'un sérieux travail d'organisation du mouvement populaire, car s'il se limite à la lutte institutionnelle, le PT deviendra très vulnérable. Les chances pour qu'une riposte alternative aboutisse dépendent beaucoup de nos capacités à organiser le mouvement social, et à établir des alliances politiques pour affronter le gouvernement avec ce qu'on appelle les partis progressistes.
La société dispose de nombreux mécanismes de défense. Il s'agit donc d'aller à la porte des usines et d'appeler les travailleurs à se battre ; de montrer, dans la rue, qu'il est possible de faire une autre politique, un autre modèle de développement et de société.
• Votre décision de ne pas participer au Parlement fédéral, alors que vous auriez été élu, était-elle correcte [Lula n'avait voulu se présenter aux der= Inprecor n° 331 du 24 mai au 6 juin 1991 nières élections législatives de 1990, ndlr] (2)?
Je continue de penser que j'ai eu raison. En ce qui me concerne, pour affronter un gouvernement comme celui de Collor, il est préférable de se trouver en dehors du Congrès — qui m'aurait pris beaucoup de temps — et d'agir dans la rue, en essayant d'organiser la population. Il y a 500 élus au Congrès ; les gens ne font pas la différence entre les uns et les autres — on ne critique pas tel ou tel homme politique, mais l'ensemble de l'institution.
Je donne donc la priorité à la structuration du PT ; malgré sa percée électorale, celui-ci n'a guère fait de progrès du point de vue organisationnel. Il faut que les gens aient de nouveau confiance dans le noyau de base d'un parti qui prône une participation politique réelle de la classe ouvrière. Je compte beaucoup sur le "gouvernement parallèle" (3) ; il peut démontrer à la société qu'autre chose est possible ; et montrer les projets réels et les contradictions qui existent dans la politique officielle — or ce ne sera viable que si je m'y consacre presque entièrement.
• Lors du deuxième tour des élections de 1990, à Sao Paulo, le PT a appelé à voler nul. Pourtant, de toute évidence, la majorité de l'électorat du
PT, y compris une partie importante de ses membres, n'a pas appliqué
1) Voir Inprecorn° 317 du 26 octobre 1990.
2) Des élections législatives se sont tenues en octobre-novembre 1990 au Brésil. Le PT avait obtenu 10 % des voix : 35 députés fédéraux et 80 députés nationaux.
3) Après les élections présidentielles de 1989, en juillet 1990, c'est Lula lui-même qui a proposé de mettre sur pied un "gouvernement parallèle" pour continuer à rassembler les forces populaires qui avaient soutenu sa candidature et proposer une politique alternative à celle de Collor.
Il est composé de coordonnateurs de secteurs de travail — qui correspondent plus ou moins à certains ministères. On y
Luis Inacio Da Silva (Lula). (DR).
cette consigne et a voté pour Luiz Antonio Fleury [le candidat du Parti du mouvement démocratique brésilien,
PMDB, formation de l'opposition bourgeoise libérale, ndlr] pour écraser
Maluf [candidat du Parti démocratique social, PDS, droite, ndlr).
Lorsque j'étais dirigeant syndical, les propositions de la direction n'étaient pas toujours approuvées dans les usines. Combien de fois ne suis-je pas arrivé dans une assemblée ouvrière pour m'entendre dire : « Non, nous ne voulons pas ça ! Nous voulons autre chose. » De telles réactions ne diminuaient en rien le rôle du dirigeant, bien au contraire, celui-ci sortait renforcé car il avait le courage de dire aux gens ce qu'il pensait vraiment ; il avait l'humilité de présenter une proposition sans avoir peur d'être battu.
La même chose s'est produite dans le PT. La direction et la rencontre nationale ont eu le courage de dire : « Aucun des candidats ne prend en compte les intérêts des travailleurs. Nous ne voulons donc pas assumer le risque d'appeler à voter pour untel ou untel. Nous voulons expliquer aux habitants de Sao Paulo et des autres Etats que la meilleure attitude, aujourd'hui, c'est de voter nul. » C'était une décision morale. Cependant, personne ne contrôle les votes, qui sont secrets. Mais nous pensons qu'une bonne partie des militants du PT a suivi ces consignes. Le fait que de nombreux affiliés et sympathisants aient voté pour Fleury ne remet en cause ni la conférence nationale ni la direction.
Nous avons commis une seule erreur : une semaine après le premier tour, la ditrouve surtout des militants du PT et quelques autres personnes issues d'autres partis, ou sans affiliation (il a été impossible d'y maintenir l'ensemble des forces qui avaient participé à la campagne électorale).
Le "gouvernement parallèle" a déjà élaboré des projets d'éducation, de santé, de développement du Nord-Est, d'agriculture, sur les salaires, etc. Il cherche à être un point permanent de repère de toute l'opposition aux projets gouvernementaux et à montrer qu'une autre politique est possible. Mais la popularisation de son travail dépend beaucoup des médias — qui, évidemment, rendent très peu compte de ses projets.
rection a commencé à parler publiquement du vote nul. Nous aurions dû expliquer que nous ouvrions un débat à ce sujet et proposer une consultation préalable dans le PT.
Mais le PT n'a, en aucun cas, de responsabilité vis-à-vis des candidats des autres partis. S'il n'est pas clair là-dessus, il ne parviendra jamais à faire avancer l'éducation du peuple, et il développera une politique suiviste.
Le premier congrès du PT doit aussi discuter de ce que nous entendons par démocratie. Nombreux sont ceux qui disent : « Mon choix, à l'heure de voter , est une question personnelle. Et donc je vote pour qui je veux. » Mais alors, à quoi sert le parti ? Je crois que la liberté individuelle se termine là où commence la volonté collective. Mais il faut avoir des garanties pour que la liberté collective soit gérée le plus démocratiquement possible, avec un maximum de débats et beaucoup de transparence.
Je pense qu'avant toute prise de décision nationale, n'importe quel membre du PT peut exprimer son avis et le défendre publiquement ; mais dès lors que le parti a voté et adopté une position, nous sommes tous obligés de la défendre.
• Publiquement aussi ?
Evidemment. Si je continuais à dire que, malgré la décision prise par le PT, je pense toujours que telle autre serait meilleure, cela ne servirait à rien que le parti prenne position ; ce serait une affaire individuelle. Le parti n'aurait plus aucune raison d'être. Je pense qu'il ne s'agit pas de sanctionner ceux qui ne respectent pas les décisions prises, mais qu'il faut avant tout établir une discussion avec eux, pour les former à la coexistence démocratique interne.
Je suis partisan, par exemple, de la tenue d'une réunion entre la direction nationale et les élus du PT pour établir une politique de relations entre l'exécutif et le parti.
• Il existe un certain éloignement entre les gens qui militent dans le mouvement syndical et ceux qui sont actifs dans le PT.
Récemment encore, la Centrale unique des travailleurs (CUT) a adopté une position contraire à celle volée par le PT, et a décidé de participer à ce qu'on appelle l"accord national"
[les discussions en vue de négociations entre le patronat et les syndicats, ndlr]. Qu'en pensez-vous ?
Je pense qu'il y a eu des divergences à certains moments, d'autant plus que la CUT n'est pas le PT. Cette centrale est plus large que le parti ; on y trouve des camarades issus du Parti communiste du Brésil (PC do B, pro-albanais) et du Parti communiste (PCB, pro-soviétique). Nous voulons que la CUT représente la classe ouvrière brésilienne dans son ensemble. De plus en plus, il faut se donner les moyens pour que les camarades du PT liés à la direction exécutive de la CUT puissent participer aux réunions de la direction du parti avec droit de vote, de façon à ce qu'ils portent nos propositions
EN MOINS D'UN AN, ET MOI, J'AI J'AI GROSSI PERDU 57 % DE 57 % dans la CUT. Ce rapport n'existe pas et nous avons du mal à l'établir — nous devrons traiter clairement de ce problème au congrès du PT.
La CUT s'est rendue à une rencontre avec les patrons ; mais lorsqu'elle a essayé de faire des propositions, le caractère de farce de la réunion est clairement apparu. Le patronat veut imposer une capitulation à la classe ouvrière face au gouvernement et à la crise. La CUT a fait des critiques et élaboré un autre document, c'est important.
• Vous avez fait allusion à l'importance du "gouvernement parallèle"
Mais en réalité, ce projet a rencontré de nombreuses difficulles avant de se concrétiser et de prouver sa validité.
Je suis heureux de voir que cette initiative commence à éveiller la curiosité des membres du PT. Les gens attendent beaucoup de ce "gouvernement parallèle". Mais il faut savoir que le PT traverse, comme le Brésil, une crise économique sans précédent ; toutes les semaines nous sommes obligés d'aller chercher des prêts pour le parti. Ceci a des répercussions sur le "gouvernement parallèle" qui dispose, du coup, d'une structure très réduite — nous ne disposons que de quatre permanents et nous n'avons pas les moyens de nous occuper des différentes coordinations par thèmes. Ce "gouvernement parallèle" a été mis sur pied le 15 juillet 1990, en pleine campagne électorale.
Nous avons besoin de faire des projets pour chaque secteur et de suivre plus systématiquement la politique officielle, en devenant un contrepoids au gouvernement Collor. Vers juin 1991, le "gouvernement parallèle" sera consolidé et deviendra une alternative concrète pour la société brésilienne, une référence.
Ceux qui y participent doivent devenir de véritables agents politiques, ce sont des personnalités extraordinaires du mouvement social ou intellectuel, mais ils ne sont pas habitués à faire de la politique. • Quel est le rôle international du PT ? Depuis deux ans, vos initiatives extérieures ne cessent de se multiplier. Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour parler de cela car je suis très prétentieux : je crois que le PT constitue la grande nouveauté politique des années 80 au niveau international. Avant de connaître certaines déviations, au début des années 80, le syndicat polonais Solidarité avait aussi constitué une première politique et éveillé une grande curiosité ; mais on ne peut pas le comparer au PT. En effet, on a rarement vu apparaître dans l'histoire politique d'un pays un parti avec les caractéristiques du PT : sa capacité à rassembler des pensées d'origine si différente, des communistes et des chrétiens, des camarades qui défendent le modèle de Cuba et d'autres qui sont partisans d'autre chose. Le PT est un grand espace politique ; il a fini par tous nous former à la coexistence démocratique. En Europe de l'Ouest, ou de l'Est, il existe une grande curiosité envers notre expérience.
Mais nous ne savons pas travailler correctement notre image vis-à-vis de l'étranger : nous devrions envoyer de façon régulière des informations sur le PT dans le monde entier, pour que les gens puissent suivre de plus près notre évolu-
Le PT avait abattu le Mur de Berlin dès 1980, à sa naissance. A l'époque,
Inprecor n° 331 du 24 mai au 6 juin 1991 =
déjà, nombreux étaient ceux qui disaient qu'il était impossible de créer un parti qui ne respecte pas le droit d'organisation syndicale, le droit de grève, le pluralisme politique, et qui ne s'efforce pas d'impliquer la société dans tout ses débats. Cette conception a permis au PT de discuter des problèmes de la gauche internationale. Malgré cela, nous conservons une certaine humilité par rapport aux partis des autres pays — c'est peut-être un reste de colonialisme...
Le fait de ne pas être lié à une internationale est aussi important ; le maintien de rapports avec des forces démocratiques de tous les continents nous donne une grande crédibilité.
Le PT ne se rend pas encore compte de l'importance d'avoir un département des relations internationales, de lui donner des moyens et de le renforcer. Plus il pèsera sur la scène internationale, et plus le PT pourra occuper un espace sans précédent dans l'histoire du Brésil.
• Quelle analyse faites-vous des différents courants de la gauche latinoaméricaine ? Quels seront nos principaux compagnons de route ?
Il est difficile de le prévoir, car aujourd'hui il existe des courants très hétérogènes en Amérique latine — en Argentine, par exemple, il y a treize partis de gauche ; c'est donc difficile de choisir un allié privilégié. Nous avons, par exemple, des rapports fraternels avec le Front large en Uruguay, le Front sandiniste au Nicaragua ou le Front Farabundo Marti au Salvador.
En Argentine, au Mexique ou au Venezuela, nous avons décidé d'entretenir des liens avec le plus grand nombre possible de forces de gauche. Nous sommes ainsi plus crédibles ; nous ne fermons la porte à personne et nous rendons possible une unification de la gauche et du mouvement syndical latino-américain.
• Actuellement, à votre avis, quels sont les défis auxquels doit faire face la gauche sur la scène internationale ?
La gauche est perplexe ; après la chute du Mur de Berlin et l'avènement de la perestroika, elle réfléchit à ses erreurs. Nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre que le peuple [d'Europe de l'Est, ndlr] désirait de réels changements. Le socialisme, dans ces pays, était devenu bureaucratique, rance ; il ne répondait ni aux défis de la modernité, ni à ceux de la productivité, ni aux questions démocratiques. Là-bas, la gauche n'a pas été capable de proposer des changements; c'est donc la droite qui a su capitaliser et tirer = Inprecor n° 331 du 24 mai au 6 juin 1991 profit des modifications qui auraient pu être faites par une partie de la gauche.
Au Brésil, et en Amérique latine, l'heure est grave, car de nombreux partis étaient, en réalité, des satellites de groupes de l'Est ou du Parti communiste soviétique. La gauche doit comprendre que c'est aux masses d'élaborer leur projet de socialisme; elle devra apprendre qu'il est impossible de créer un parti d'avant-garde si les masses ne deviennent pas elles-mêmes l'avant-garde.
• Etes-vous satisfait de la victoire de
Lech Walesa, en Pologne ?
Il est difficile d'avoir une opinion sur cette question sans connaître le polonais ; je ne veux pas porter un avis précipité. Néanmoins, il est très possible que Walesa n'ait plus aujourd'hui la même position de défense des aspirations et des conquêtes des travailleurs. Il est vrai que le socialisme n'existait pas en Pologne, et qu'il y avait une bureaucratie incrustée au pouvoir, mais de là à choisir l'économie de marché ou à proposer un retour au capitalisme comme solution aux problèmes de ce pays... Je crois que Walesa devrait se promener un peu, pour connaître non pas le capitalisme européen, mais celui qui existe en Afrique, en Asie ou en Amérique latine et se rendre compte qu'ici nous ne jouissons pas de la belle modernité de l'Europe, mais de la misère. Quoi qu'il en soit, Walesa est un ouvrier qui est arrivé où il est aujourd'hui ; j'espère qu'il fera preuve de sérénité et de maturité pour contribuer à améliorer la situation du peuple polonais.
• En 1991, nous allons tenir le ler
Congrès du PT ; un des thèmes centraux de la discussion sera la question du socialisme et de la stratégie à mettre en œuvre pour l'atteindre.
A mon avis, lors de ce congrès, nous devons être beaucoup plus pragmatiques que ce nous avons été jusqu'à présent, car le PT a la perspective d'arriver au pouvoir en 1994. Je pense que nous devons formuler cette "utopie" à partir de bases concrètes, et de l'accumulation de dix ans d'expérience. Il faut que nous réfléchissions à un projet de socialisme qui corresponde à notre réalité ; et donc discuter avec maturité de la manière la plus approfondie possible. Pour les différents courants du PT, le moment est venu de cesser de vouloir imposer telle ou telle vision du socialisme et de réfléchir au socialisme que veut le PT, un parti qui dirige des villes importantes (4), qui gouvernera peut-être de grands Etats et qui peut même accéder à la présidence.
Le PT doit arrêter de faire des propositions pour un avenir très lointain et présenter des solutions pour le présent. Il faut avoir cette discussion sur le socialisme avec des secteurs sociaux qui ne sont pas au PT — dans le mouvement syndical et populaire; autrement nous n'aurons qu'un projet "avant-gardiste" ; généralement, de tels projets ne sont pas compris des masses.
Le congrès peut réaliser cette tâche et je pense qu'il constituera un événement extraordinaire qui permettra au parti une discussion très large sur des sujets importants.
• Comment analysez-vous la situation actuelle du PT ?
Pour une organisation qui a dix ans, le PT est extrêmement mûr. Cependant, nous avons encore une sorte de culture anti-alliances, anti-accords politiques, incapable de discerner les différents niveaux de discussion.
En ce qui concerne les alliances, par exemple, le PT a besoin d'y être toujours disposé ; c'est une question tactique, qui n'impose pas de transgresser les principes et en gardant comme but la prise du pouvoIr.
Même si notre discours est "basiste" nous devons améliorer la participation de la base, dans les noyaux du PT ou dans les mouvements sociaux. En fait, la base a peu participé à nos décisions parce que nos organismes locaux ne fonctionnent pas bien et que de nombreux secteurs organisés de la société vivent dans une dynamique qui ne leur permet pas de participer efficacement à la vie du PT.
Nous n'avons pas encore réussi à mettre sur pied les Conseils populaires dans les mairics, alors que nous en gérons certaines depuis deux ans. Nous avons mené une campagne sur le pouvoir populaire, sur la participation, mais, jusqu'à présent cela s'est très peu concrétisé.
Comment faire participer la population ? Justement par le biais de ce conseil et de la collaboration du mouvement syndical et des instances du PT. Nous avons besoin de dépasser toutes ces contadictions et ces difficultés ; l'importance du PT ne peut pas seulement se mesurer à ses scores électoraux, elle est surtout fonction de son insertion dans le mouvement social, de sa capacité d'organisation et de sa formation politique. *
Teoria e Debate n° 13, Février 1990 Propos recueillis par Joao Machado et Paulo Vanucchi
2) Voir Inprecorn° 325 du ter mars 1991.