Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TCHECOSLOVAQUIE

La peste brune

Inprecor n° 332, 7 juin 1991 · p. 26 · 457 mots

Fin mai 1991, deux lycéens anarchistes, qui participaient à une manifestation contre l'Exposition générale de Tchécoslovaquie, ont été arrêtés, après une altercation avec la police. Les forces de l'ordre auraient été appelées par les organisateurs 3 de l'exposition, soucieux de se débarrasser de ces turbulents manifestants.

Cette marche d'une centaine de lycéens apprentis, avait été appelée par les groupes anarchistes de

Prague qui refusent cette propagande en faveur de la politique de restauration du capitalisme et cette tentative pathétique d'attirer le capital étranger. La police a violemment chargé les jeunes faisant plusieurs blessés.

des mêmes groupes anarchistes qui voulaient réitérer leur opposition à l'exposition, tout en manifestant contre les brutalités policières. Ils revendiquaient aussi la levée des poursuites judiciaires entamées contre les jeunes qui avaient été arrêtés. Ils ont, dans leur grande majorité, respecté la consigne des organisateurs : pas d'armes, pas de prétexte pour groupe de 150 skinheads, fortement armés de bouteilles de bière, de mutchaka et de bâtons, ont attaqué les manifestants. Les jeunes ont reflué sous l'effet de la panique et de la peur ; nombre d'entre eux ont été cette fois, tardé à intervenir. Les flics se sont tout de suite dirigés vers les anarchistes, effectuant plusieurs interpellations. Le substitut du maire de Prague, Jiri Exner, a même déclaré : « Si j'avais été témoin d'un tel incident il y a deux ans, j'en aurais conclu que les skinheads étaient employés par la police. » dance constatée depuis plusieurs mois, qui consiste à ignorer les agressions skinheads contre les immigrés, les homosexuels et la gauche, alors que les groupes anarchistes sont contrôlés de plus en plus étroitement. En laissant le temps aux skinheads d'agresser des jeunes, la police entend donner un coup d'arrêt à tout mouvement de gauche qui prétendrait ne pas se suffire de discussions dans des cercles étroits.

Les skinheads, aussi jeunes que les anarchistes et parmi lesquels on comptait plusieurs filles, arboraient des insignes fascistes, le drapeau allemand assorti de la formule « Deutschland über alles » et des uniformes militaires américains. Ils veulent « nettoyer » les rues de Prague de « toute cette vermine »,

Tziganes, chômeurs (considérés comme refusant de travailler), gauchistes, homosexuels, apparatchiks, etc.

Les groupes de gauche devraient, en tout état de cause, soutenir le droit des anarchistes, et, au-delà, leurs propres droits, à s'exprimer face à la montée de l'extrême droite et aux brutalités de la police. *

Le 30 mai, une centaine de jeunes ont de nouveau répondu à l'appel

Tout espoir de rassemblement pacifique a été anéanti lorsqu'un

La police, toujours présente lors des manifestations anarchistes, a,

Il semble que la réaction de la police soit le révélateur d'une ten-

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