Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

YOUGOSLAVIE

Le boomerang du Kosovo

· Inprecor n° 332, 7 juin 1991 · p. 3-5 · 3 043 mots

Ex-Yougoslavie Europe de l'Est

Le boomerang du Kosovo lieu à cette occasion a confirmé les lignes de division fondamentales : rales sont devenus illégi

D'

APRES la Constitution yougoslave, la présidence fédérale à huit têtes est composée d'un représentant de chacune des six républiques et des deux provinces, élu lors d'un vote secret dans son assemblée républicaine ou provinciale respective, devant laquelle il est responsable. Le 15 mai de chaque année, la présidence élit un nouveau président selon une rotation stricte.

Ainsi, le 15 mai 1989, le poste est revenu à la Slovénie (Janez

Drvnosek), le 15 mai 1990 à la Serbie

(Borisav Jovic) et ce 15 mai, il devait être occupé par la Croatie (Stipe Mesic). Ce système de rotation a été établi au début des années 70, pour matérialiser l'égalité entre les membres de la fédération yougoslave.

avait été

Cette Constitution quand la Yougoslavie était encore une fédération de nations égales ;

or, un an à peine après son arrivée au pouvoir en Serbie,

Slobodan Milosevic a commencé à la démolir. En 1988, l'Assemblée serbe a ajouté un amendement à sa Constitution, supprimant l'autonomie politique des provinces du Kosovo et de Vojvodine

(1). De plus, des mobilisations nationalistes ont été organisées pour renverser les de

Vojvogouvernements dine et du Monténégro et les remplacer par des comparses serbes (2).

Bien qu'il ait été abandonné par le reste de la Yougoslavie, le Kosovo a résisté : début 1988, les Albanais ont manifesté massivement et une grève générale a été déclenchée par les mineurs. Le Kosovo a alors été occupé militairement (3). Quelques mois plus tard, dans une Assemblée encerclée par des tanks et survolée par des avions de l'armée, les députés du Kosovo ont finalement approuvé l'amendement constitutionnel litigieux. En juillet 1990, cependant, après l'éclatement de la Ligue des

Inprecor n° 332 du 7 au 20 juin 1991 écrite

YUGOSLAVIA tant encore que celui des municipalités.

La dernière crise yougoslave en date a débuté le 15 mai

1991, quand la Serbie et ses satellites ont détourné la Constitution yougoslave en empêchant Stipe Mesic, représentant de la Croatie à la présidence fédérale (la direction collective de l'Etat yougoslave), d'assumer la présidence qui lui revenait pour un an. Le vote qui a eu les représentants de Macédoine, de Bosnie-Herzégovine, de

Slovénie et de Croatie ont voté pour Mesic; la Serbie, la Vojvodine, le Kosovo et le Monténégro contre. Mais les délégués qui ont voté au nom de la Vojvodine et du Kosovo n'avaient aucun droit politique ou légal de siéger dans cette instance.

Michele LEE temps.

communistes de Yougoslavie (LCY), les élections pluralistes en Slovénie et en

Croatie et — plus important —l'instauration de la terreur au Kosovo, l'Assemblée de cette province a déclaré l'indépendance du Kosovo par rapport à la Serbie.

Cette dernière a répondu en dissolvant le

Parlement et le gouvernement provinciaux, puis sa propre Assemblée a voté une nouvelle Constitution serbe, qui donne aux provinces un statut moins impor-

Avec l'adoption de cette nouvelle

Constitution serbe, la fédération telle que la définissait la Charte yo goslave a cessé d'exister. I l'absence d'une assembl qui fonctionne, les représe tants du Kosovo au Parl ment et à la présidence féc mes - tout comme le t vail de ces instances. L autres républiques, uniqu ment préoccupées de le propres intérêts, ont tok situation d'illégal cette jusqu'au

15 mai

19% quand il est devenu imp sible d'ignorer cette question plus lor

La fédération en sursis

En effet, maintenant que la Serbir réussi à empêcher l'accession à la pré dence du représentant croate, il est ma feste que c'est cette république et non

Yougoslavie qui décidera de l'avenir pays. La présidence fédér a disparu. Le boomerang l cé au Kosovo en 1988 est venu, trois ans plus tard, séner un coup mortel à

Yougoslavie. La décision gouvernement serbe de débarrasser de la préside fédérale yougoslave prot qu'il considère tous les ganes fédéraux échappan son contrôle comme des o tacles à sa propre survie (4

Début 1991, Milose semblait être au faîte de pouvoir. Bien que la dissc tion de la LCY ait échouer son plan initial qui consistait à utiliser l' pareil du parti pour faire trouver à la Serbie l'hégér nie dont elle bénéficiait d la Yougoslavie de l'avant-guerre — pouvait continuer à penser qu'il parvi drait à ce but, à cause de l'hostilité ‹

1) Voir Inprecorn° 307 du 20 avril 1990

2) Voir Inprecorn° 316 du 12 octobre 1990.

3) La population du Kosovo est composée à 90% d nais ; on y trouve aussi des Serbes et des Monténégrins

4) Voir Inprecorn° 327 du 29 mars 1991.

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dente de l'armée aux nouveaux régimes de Slovénie et de Croatie. Etant donné qu'elle contrôle quatre unités fédérales, la Serbie jouit aujourd'hui d'une influence disproportionnée au sein des institutions fédérales. A la présidence, qui détient aussi le commandement en chef de l'armée, Milosevic dispose maintenant de quatre voix sur huit. De plus, soutenu par des renégats tels Mihailo Markovic (5), il a encouragé la rébellion armée des Serbes qui vivent dans certaines régions de Croatie (la prétendue Krajina) et de Bosnie-Herzégovine, afin de miner la capacité de résistance de ces républiques. Enfin, et ce n'est pas négligeable, en remportant une large majorité lors des élections de 1990 en Serbie, il avait marginalisé sa propre opposition.

La stratégie de la déstabilisation

Les manifestations de mars 1991 en Serbie ont cependant représenté un moment de vérité pour Milosevic (6). Celuici est ainsi entré dans l'histoire yougoslave comme le premier dirigeant d'une république à avoir demandé l'intervention de l'armée pour régler un problème local. Il a d'ailleurs fait pression sur l'armée pour qu'elle instaure l'état d'urgence dans tout le pays. Mais cette dernière • en général zélée, mais craignant une rupture de discipline dans ses propres rangs — a refusé d'obtempérer sans l'assentiment de la présidence de la fédération. Celle-ci, soutenue par le Premier ministre de la Yougoslavie, Ante Markovic, a rejeté la requête de Milosevic. Le représentant du Kosovo a rompu les rangs pour voter avec les républiques indépendantes. Le haut-commandement de l'armée, par les manifestations serbes, s'est rallié à Markovic — bien que certains de ses membres l'aient fait de ma-

A partir de cette date, Milosevic, battu à la présidence fédérale et contesté en Serbie, a choisi une nouvelle stratégie visant à paralyser le fonctionnement des institutions fédérales. Il a commencé par accuser la présidence fédérale d'être un agent de destruction de la Yougoslavie, et Markovic d'être un suppôt de l'Occident. Le 16 mars 1991, les représentants de Serbie, du Monténégro, et de Vojvodine ont démissionné de la présidence. Milosevic a déclaré que cette instance n'existait plus et que la Serbie ne la reconnaissait plus. Lors d'une réunion secrète convoquée à la hâte, il a annoncé aux dirigeants des gouvernements locaux de Serbie que leur république était, de fait, en état de guerre. Mais son bluff a échoué et, deux jours plus tard, il a repris sa place à la présidence comme si de rien n'était — mais, en fait, il a reculé pour mieux sauter. Le représentant du Kosovo a été sommairement placé aux arrêts chez lui et remplacé par un personnage nommé par l'Assemblée serbe, Sejdo Bajramovic. C'est un choix saugrenu, même dans le contexte récent de la politique serbe : élu avec 0,03 % des votes dans sa circonscription du Kosovo (les Albanais ont unanimement boycotté les élections serbes), ce sergent à la retraite n'est réputé que pour sa passion du jeu. La Vojvodine et le Monténégro ont aussi changé leurs représentants à la présidence fédérale.

Entre la mi-mars et la mi-mai 1991, la Yougoslavie a connu les affres d'un pays vacillant entre la guerre civile et le coup d'Etat militaire, tandis que sa "politique" devenait jour après jour une coquille vide. A plusieurs reprises, en mars et en avril, les dirigeants des différentes républiques se sont réunis, en compagnie d'un essaim de journalistes, sous prétexte de forger un nouveau consensus. Ces rencontres, qui se sont toutes soldées par des échecs, n'ont servi qu'à permettre à Milosevic de retrouver une position de force en Serbie. Sa stratégie de déstabilisation lui a au moins donné un nouveau délai.

Voici un bref résumé de certains des éléments clefs de la période allant de la fin mars à la mi-mai 1991, qui illustre la stratégie de Milosevic.

• Le 31 mars, une unité armée venue de Krajina (la partie de la Croatie où les Serbes sont majoritaires) a essayé d'occuper le parc national de Plitvice, en Croatie, et a été repoussé par la police croate. A la demande de Borisav Jovic (un Serbe, alors président de la fédération), et malgré les protestations des Slovènes et des Croates, la présidence fédérale s'est réunie en session extraordinaire et a ordonné à l'armée fédérale d'occuper le parc.

• Le 16 avril, 750 000 travailleurs serbes ont lancé une grève générale et le gouvernement de cette république a rapidement accédé à leurs revendications au nom de « l'unité nationale serbe ».

• Le 2 mai, à Borovo Selo, en Croatie orientale, des militants serbes ont tendu une embuscade à un bus transportant des policiers croates, faisant douze morts. Les Chetniks serbes — membres du Parti radical serbe, formation nationaliste fascisante — se sont vantés publiquement d'avoir participé au massacre ; le fait que certaines des victimes aient été gravement torturées ajoute foi à leurs propos. Ces événements ont été suivis par une nouvelle réunion extraordinaire de la présidence fédérale, et d'une autre menace de coup de force militaire — une nouvelle partie de la Croatie a été occupée par l'armée.

• En Bosnie-Herzégovine, les partisans serbes de Milosevic ont proclamé l'existence de deux nouvelles "Krajina", considérées comme de futures parties de la Serbie, et ont refusé de continuer à reconnaître l'autorité du gouvernement de la république.

•Un sentiment d'hostilité envers l'armée s'est profondément développé en Croatie, atteignant son point culminant le 6 mai, à Split, quand 30 000 travailleurs regroupés à l'extérieur du centre de commandement de la marine ont demandé la levée du blocus des villages croates par la milice de Krajina (avec la complicité de l'armée). La mort d'un soldat, survenue à cette occasion, a provoqué une troisième réunion extraordinaire de la présidence fédérale durant laquelle l'armée a obtenu des pouvoirs de police supplémentaires en Croatie.

• En Bosnie-Herzégovine, la population de plusieurs villes et villages peuplés par des Croates, redoutant une intervention militaire imminente en Croatie, a occupé les rues afin de bloquer le passage des tanks se dirigeant vers la Croatie. L'armée y a envoyé une unité de parachutistes pour "libérer" ses troupes. Ce conflit a finalement été résolu grâce aux efforts combinés des présidents de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

• Cependant, après l'assassinat d'un Dalmate par un militant de Krajina, des émeutes anti-serbes ont éclaté dans les ports de Zadar et de Sibenik en Dalmatie (région de la Croatie), et des propriétés serbes ont été mises à sac. Cela a été suivi d'émeutes anti-croates et de la destruction de biens croates en Krajina.

• Comme le soldat tué à Split était Macédonien, il y a eu des manifestations en Macédoine, durant lesquelles Milosevic et le président croate Tudjman ont été accusés de vouloir la guerre.

• La Slovénie a répondu à toutes ces turbulences en accélérant les procédures législatives pour préparer son indépendance.

• A l'Assemblée serbe, certains ont demandé que la Serbie puisse lever une armée pour faire la guerre à ses ennemis. Comme cela a été rejeté (de manière formelle car, en réalité, la Serbie dispose déjà d'une force paramilitaire bien armée), un conseil national serbe, comprenant le parti au pouvoir et les principales formations de l'opposition, a été mis sur pied, avec comme objectif principal « la créa-

5) Dans les années 60, Mihailo Markovic appartenait à la rédaction de la revue Praxis ; il a exercé une grande influence philosophique et politique sur la gauche yougoslave. Banni de Yougoslavie au début des années 70, il y est mainteant revenu et est devenu l'un des plus fidèles soutiens de la politique nationaliste de Milosevic. Il est actuellement vice-président du Parti socialiste de Serbie (la formation de Milosevic).

6) Voir Inprecor n° 328 du 12 avril 1991.

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tion d'un Etat pour tous les Serbes » — le slogan de l'extrême droite serbe.

• L'effervescence politique s'est aussi manifestée au Monténégro, où l'op position a définitivement quitté l'Assemblée de la république.

• Dans la partie serbe du Sandjak, qui est principalement musulmane, un conseil national musulman a été créé, dans le but d'obtenir une autonomie locale.

• En mai également, les autorités serbes ont distribué des armes à feu à tous les Serbes du Kosovo, qui s'entraînent en tirant sur des civils albanais désarmés.

Milosevic veut la guerre

A la mi-mai, une crise constitutionnelle est venue s'ajouter à ce mélange explosif. Le 10 mai, une session de l'Assemblée fédérale s'est terminée dans la confusion quand les délégués de Croatie, de Slovénie et du Kosovo ont refusé de reconnaître Bajramovic comme représentant du Kosovo à la présidence fédérale. La Vojvodine et le Monténégro ont alors retiré leurs propres candidats. Le 15 mai, aux côtés de la Serbie et du Kosovo (temporairement représenté par le vice-président de l'Assemblée serbe !) ont voté contre le Croate Mesic. Le pays s'est soudain retrouvé sans chef d'Etat.

Le Premier ministre fédéral, Ante Markovic, soutenu par l'armée, a proposé un compromis : la Slovénie et la Croatie devraient accepter Bajramovic si, en échange, la Serbie votait pour Mesic. La Slovénie a refusé cet ignoble marché, mais la Croatie, désespérée, l'a accepté — et s'est faite piéger. Une autre victime de ces manœuvres a été l'ambassadeur des Etats-Unis à Belgrade, à qui Milosevic avait personnellement assuré que la Serbie voterait pour Mesic si Bajramovic était confirmé dans son poste à l'Assemblée fédérale. Au sein de cette dernière, les délégués du Kosovo ont protesté contre le cynisme avec lequel étaient traités leurs droits -— les Serbes leur ont répondu en remettant en cause le droit des Albanais à siéger dans cette Assemblée. En définitive, bien que les délégués slovènes et albanais, suivis par de nombreux Croates et musulmans, aient voté contre Bajramovic, sa candidature est passée.

Mais la farce a atteint son paroxysme quand, lors d'une nouvelle réunion de la présidence, la Serbie, le Monténégro, la Vojvodine et le Kosovo ont solennellement voté à nouveau contre Mesic. Les représentants slovènes, croates et macé= Inprecor n° 332 du 7 au 20 juin 1991 doniens ont plié bagage et sont rentrés chez eux. La seconde tentative de Milosevic pour détruire la présidence fédérale avait réussi. Sa prochaine cible sera le gouvernement fédéral.

La logique qui sous-tend cette combinaison de crise au sommet et de développement du chaos à la base a été exposée par la branche serbe de l'Alliance des forces pour la réforme (qui appuie Ante Markovic) : « En faisant barrage à l'élection du représentant de la Croatie au poste de président, le régime personnel de Milosevic a révélé ses véritables intentions quant à l'avenir de la Yougoslavie Nous assistons à l'acte final de la destruction de la fédération, qui a été poursuivi pendant les dernières années à partir d'un plan précis : obliger la Slovénie à quitter le pays ; causer le chaos et la désintégration territoriale de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine ; transformer la Macédoine en province méridionale de la Serbie ; provoquer une intervention militaire au nom de la protection de la Yougoslavie — comprise comme une propriété serbe ; arrêter toutes les réformes et empêcher tout changement politique et économique qui pourrait question le régime personnel de Milose-

» Par leur refus d'accepter la procédure prévue par la Constitution pour l'élection du président fédéral, les représentants de la prétendue "Serbie unifiée", agissant comme les exécutants personnels de Milosevic, ont montré qu'ils ne reconnaissaient pas l'égalité et la souveraineté des autres républiques, et qu'ils n'acceptaient pas les règles élémentaires de la procédure démocratique. En d'autres termes, ils ont montré qu'ils ne reconnaissaient plus la Yougoslavie. »

Si tel est le cas, la guerre reste la seule perspective. Depuis les manifestations de le régime de Milosevic a rapidement évolué à droite, allant jusqu'à coo-

= pérer avec les Chetniks. Ses partisans dans tout le pays — Milan Babic dans la Krajina croate et Radovan Karadzic, son homologue en Bosnie-Herzégovine — collaborent ouvertement avec le dirigeant chetnik, Vojislav Seselj. A en juger par l'occupation croissante de la Croatie, par la désintégration de l'autorité du gouvernement de Bosnie-Herzégovine, par la multiplication des incidents auxquels sont mêlés des civils armés, et par le nombre croissant des victimes, il serait juste de dire que la guerre civile a déjà commencé en Yougoslavie.

En outre, la destruction de la présidence yougoslave laisse l'armée sans commandement en chef civil, ce qui renforce les courants putschistes en son sein. Il est évident, cependant, qu'un coup d'Etat militaire ne ferait qu'accélérer la désintégration de l'armée — c'est pourquoi ses dirigeants, qui travaillent avec Markovic, ont soutenu l'élection de Mesic. Le jeu de l'extrême droite Mais le temps presse pour la Yougoslavie. Seul un miracle Témergence d'une alternative démocratique en Serbie, assez. forte pour déposer Milosevic pourra maintenant la sauver. Une telle situation s'est presque matérialisée, début mars, quand la démocratie serbe a montré ses énormes potentialités. A ce moment-là, la jeunesse de Serbie demandait une alternative à la politique belliciste de Milosevic. Elle a été mise de côté, cependant, par les principaux partis de l'opposition, désireux de suivre Milosevic dans sa quête mégalomaniaque d'une "Grande Serbie".

Voilà la tragédie serbe. Ladite opposition démocratique semble ne pas se rendre compte que Milosevic fait la part belle aux Chetniks non seulement pour les utiliser comme force de combat contre les Croates, les musulmans, les Albanais, les Slovènes, les Macédoniens, etc., tous ces « ennemis de la nation », mais aussi parce qu'il les considère comme une garantie contre toute "révolution de velours" en Serbie — ce n'est qu'à la suite des manifestations de mars que le régime a décidé de légaliser le Parti radical serbe de Seselj. Les démocrates serbes feraient bien d'écouter les paroles qu'Ibrahim Rugova, dirigeant du Parti démocratique albanais, a adressé à ses compatriotes slaves : « Vous êtes tous des Albanais en puissance.» *

3 juin 1991

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