Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MADAGASCAR

« Après moi, le chaos »

· Inprecor n° 337, 27 septembre 1991 · p. 25-27 · 2 990 mots

France Économie mondiale Syndicalisme

populaire sans précédent par son ampleur et sa durée. L'activité économique du paiements. Les transports aériens intérieurs sont suspendus, tandis que les liaisons internationales l'ont été par intermittence. A Tamatave, sur la côté Est, l'agitation a donné lieu à une grève des dockers et à des heurts violents avee l'armée, faisant

« Après moi, le chaos »

Depuis quatre mois maintenant, la "grande île" connaît un mouvement pays est fortement perturbée. La grève générale, largement suivie par les fonctionnaires, a bloqué une bonne partie de l'appareil administratif et les banques ne peuvent plus officier — Madagascar est d'ailleurs en cessation de plusieurs morts.

Mais cette contestation risque fort de déboucher sur un compromis boiteux, terriblement frustrant pour la population.

Franeis CAZALS

LA CONTESTATION s'est focalisée sur la demande du départ du président Didier Ratsiraka, qui avait été porté au pouvoir par un directoire militaire, en 1975. Ce mouvement, le plus important que l'île ait jamais connu, est probablement aussi l'une des mobilisations pacifiques antigouvernementales les plus impressionnantes du continent africain.

L'agitation a démarré par une manifestation de l'opposition, lors de l'ouverture de la session parlementaire, début mai 1991. Depuis des mois, et notamment lors de deux grands rencontres sous l'égide des Eglises chrétiennes, l'opposition avait multiplié les initiatives pour réclamer une conférence nationale afin de réviser la Constitution, le Code électoral et de préparer de nouvelles élections.

La Constitution en question

A aucun moment, les autorités goun'avaient attaché vernementales la moindre attention à ces revendications.

Trop sûr de son pouvoir, le président

Didier Ratsiraka s'est même cru en mesure d'organiser un modeste toilettage constitutionnel, comme il l'avait promis en janvier 1991. Ainsi, proposa-t-il, début juin, à l'Assemblée nationale (où ses partisans regroupés dans le front pro- gouvernemental MMSM - à l'origine

Parti des petits ; Ratsiraka essaye actuellement de modifier ce nom qui convient

= Inprecor n° 337 du 27 septembre au 10 octobre 1991 mal à l'image libérale qu'il cherche à avoir — sont largement majoritaires et votent ses textes sans rechigner) des amendements constitutionnels qui supprimaient certaines références "socialistes" dans la Constitution, tout en renforçant le caractère présidentiel du régime. Par ailleurs, cette réforme garantissait la pérennité d'institutions fort décriées, comme le Conseil suprême de la révolution (CSR), émanation de la hiérarchie militaire.

La population interpréta l'attitude présidentielle comme un déni de justice. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'appel du cartel de l'opposition, le Comité des forces vives, Heri Velona, à manifester contre le projet constitutionnel, déclencha, début juin, les manifestations à répétition sur la Place du 13 mai, à Antananarivo, et dans plusieurs villes de province.

De retour du sommet de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) au Nigéria, où il s'était fait accompagner par une quarantaine de gardes du corps, et après une escale en France (où il rencontra le président François Mitterrand et assista en sa compagnie au salon aéronautique du Bourget), le président Ratsiraka traita la volonté populaire par le mépris. Sans doute aurait-il réagi plus violemment, en faisant donner les forces armées, comme à l'accoutumée (de nombreuses révoltes ont ainsi été réprimées ces dernières années), s'il n'avait été alors convaincu que ce mouvement serait un simple feu de paille dont il saurait garder le contrôle. Très vite pourtant, les manifestations gagnèrent en ampleur. A ce moment, un certain nombre de dignitaires du régime réclamèrent une mise au pas des protestataires. Mais il était déjà trop tard. L'ampleur même des rassemblements populaires avait très sérieusement élevé le coût d'une intervention répressive. Dès lors, l'état-major militaire fit savoir qu'il refuserait une répression frontale contre un tel mouvement. D'autant plus qu'à Paris on avait aussi discrètement mis en garde le président malgache contre une telle issue, tant que le mouvement populaire serait

Comme tétanisés, les partisans du régime étaient totalement désorientés. Le gouvernement malgache, qui n'a jamais eu aucune autonomie politique par rapport au président n'était pas en mesure de jouer un rôle indépendant. Retranché dans son bunker, un palais présidentiel construit par les Nord-Coréens, décoré par les Français et situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale, le président malgache ne cherchait plus qu'à durer. Refusant tout compromis, il pariait sur l'essoufflement du mouvement gréviste et les divisions de l'opposition. Le temps jouant essentiellement en sa faveur, il attendait le moment adéquat pour tenter de reprendre l'initiative politique.

Une sorte de révolution bourgeoise

Mais malgré le mutisme des autorités, les manifestations se sont poursuivies, prenant rapidement un rythme quotidien dans la capitale et dans plusieurs autres villes. Loin de s'essouffler, la contestation allait crescendo, gagnant chaque jour de nouvelles couches. A plusieurs prises, ces rassemblements sur la Place du 13 mai ont réuni 400 000 personnes (soit environ le tiers de la population de la capitale). Les fonctionnaires en grève ont rapidement formé le noyau dur de la protestation (la capitale en compte 50 000). Mais un large éventail d'autres catégories sociales (couches moyennes, chômeurs, vendeurs de rue, salariés du privé, etc.) participent à l'action. Ce véritable mouvement multiclassiste urbain, centré sur quelques mots d'ordre démocratiques (conférence nationale, nouvelles élections, révision de la Constitution), s'est focalisé rapidement sur le rejet du président Ratsiraka et de son gouvernement. Cette sorte de révolution bourgeoise a d'ailleurs reçu l'appui explicite d'une bonne partie du patronat local.

L'impuissance relative de l'armée, dont certains gradés partageaient les objectifs de l'opposition, et l'attitude légaliste des responsables de l'opposition ont alimenté un temps dans les médias l'impression d'une "révolution tranquille", et des références au renversement de la dictature stalinienne en Tchécoslovaquie.

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Mais le conflit durant, aujourd'hui, la presse s'en est presque totalement désintéressée.

On assiste, en fait, à l'effondrement d'un système politique dont l'autoritarisme avait été jusque là masqué par un nationalisme qui disposait de l'appui de certains couches populaires. Le soulèvement populaire de mai 1972, qui avait contraint l'ancien régime néocolonial du président Tsiranana à céder la place, avait été largement initié par la jeunesse scolarisée. La bourgeoisie malgache se fit un temps petite devant la tempête. L'ancienne classe politique — pro-française et corrompue — était totalement discréditée. Dès lors, une équipe de jeunes militaires nationalistes fut en mesure de se hisser au pouvoir en détournant à son profit les thèmes anti-impérialistes du Mai malgache. Attaché militaire à l'ambassade de France au moment de ces événements, Didier Ratsiraka se vit porter à la présidence par un directoire militaire.

Le contexte international permettait alors à ce type de courant nationaliste petit-bourgeois de faire son trou en s'alignant sur certaines positions internationales de Moscou (l'océan Indien "zone de paix", par exemple) et en se donnant un profil "anti-impérialiste" dans les tribunes internationales (les Nations-Unies ou le Mouvement des non-alignés). Choyés par LAIRE

_ Nosy-Bé. 1 de MADAGASCAR: Алатаса Mahajanga, *Besalampy Mantrano Tsiroanomandity Q Trintiming Beld * Antsirabe

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(Tulear)

vakoaly Amparine Faradofay Androks Q Fort Dauphia 100 Cap S" Marie_ le régime dont ils étaient le pilier, les mililaires se voyaient accorder des stages de formation dans les pays de l'Est. ment de reconnaître qu'à la fin des années 70, le président irakien Saddam Hussein lui avait donné, à titre personnel, plusicurs millions de dollars, d'après lui investis dans la création d'une société commerciale, la Procoops, que l'on retrouve au centre de nombreuses transactions et trafics impliquant de hauts dignitaires du régime dont la femme et la belle-sœur du président. Un système en erise construire une base sociale en distanciant les liens avec Paris, en quittant la zone franc, en malgachisant l'enseignement, en nationalisant les banques et les assurances et en mettant en œuvre une politique de création d'entreprises Comme c'est assez classique en Afrique, cette étatisation a servi pour que des petits-bourgeois liens avec la bourgeoisie locale et internationale et accumulent un magot qui leur permet ensuite de devenir d'autenthiques capitalistes. Hausse du pétrole, baisse des prix des produits exportés (café, vanille, etc.), corruption, manque de devises, Cap d Amore Antseranana

Massif Ambanja du Tsaratanana

Antaisha ont été obligés d'adhérer. 3 Fenerven ibatondrazaka

Toamasina TANTANANARIVO (Tamatave) TANANARVE relles. -• Faratangana T

Tropique du i Capricorne

200 300 km des réformes libérales.

Le président malgache vient égalequi furent Le régime de Ratsiraka va ainsi se nationales (1). désargentés tissent des gime vieillissement du parc industriel : autant de facteurs qui amènent l'économie au fond du gouffre.

L'opposition au régime a été mise au pas, puis intégrée dans les rouages du pouvoir, dans le Front national démocratique de la révolution (FNDR) auquel tous les partis

A partir de 1982, Madagascar, dont les comptes sont au rouge, entreprend ses premières discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Puis viennent les plans de restructuration (dévaluation, desétatisation) de la Banque mondiale et la libéralisation progressive de l'économie. Malgré quelques réticences, Rastiraka est un bon élève du FMI. A tel point que la Banque mondiale, pour l'exercice 1991, qui s'est terminé en juin, salue encore l'engagement du gouvernement malgache à mener des réformes économiques structu-

Mais, pendant que les militaires et les apparatchiks se recyclent dans le privé, et que Paris reprend ses aides financières, la population est appelée à payer la double note de la gabegie étatiste et

La potion du FMI a fait son effet : les réductions budgétaires ont entraîné une diminution de 40 % des dépenses de santé et, en dix ans, les salaires réels ont chuté de 50 % alors que les prix des denrées de première nécessité se sont envolés. Les magasins ne sont plus vides, mais les produits (maintenant importés d'Afrique du Sud) sont hors de prix pour la grande majorité des habitants de la "grande île". Le salaire minimum malgache dépasse aujourd'hui à peine les 100 francs français par mois, et les entreprises en zone franche proposent quelques francs par jour.

Les couches moyennes et les fonctionnaires, qui avaient longtemps bénéficié du système, ont également été frappés par cette évolution. Tout comme les basses strates de l'armée. Ne parlons pas des paysans qui ont toujours été les laissés-pour-compte du régime et qui son demeurés la proie des dahalc, des bandes organisées de voleurs de zébus qui ont partie liée avec de hautes personnalités et des gradés des forces armées.

La détermination des manifestants antigouvernementaux de ces derniers mois est à la mesure de la crise sociale du ré-

Pourtant, les revendications proprement sociales ne s'expriment que de façon secondaire dans ces mobilisations. Les dirigeants de l'opposition se gardent bien d'ailleurs d'encourager leur expression. Tous partagent, de fait, les options libérales du FMI et se soucient peu de leurs conséquences sociales.

C'est sur la pression de la rue que cette opposition a radicalisé son discours et ses propositions d'action. Ainsi, le Comité des forces vives a-t-il institué un gouvernement transitoire, dirigé par un chirurgien, leader d'une petite formation démocrate-chrétienne, Zafy Albert (Premier ministre), et par le général Rakotoharison (président). Ce dernier est un ancien chef d'état-major de l'armée, évincé par le président Ratsiraka parce qu'il avait refusé, en 1985, de mettre au pas les jeunes adeptes du club de Kung-Fu de la capitale. Ces derniers étaient proches de l'opposition et avaient massacré, quelque temps auparavant, une milice gouvernementale. Les ministres de ce "gouvernement-bis" de l'opposition ont même été installés dans les locaux des différents ministères par la population, avec l'accord des comités de grève. Mais le palais présidentiel, les bureaux du Premier ministre, les casernes et les principales institutions bancaires constituent des lieux inviolables : au-delà de cette ligne rouge, l'armée est prête à intervenir.

Cette délimitation montre bien les li-

1) Voir Inprecorn° 328 du 12 avril 1991.

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mites de la "révolution tranquille" malgache et du pouvoir conquis par les masses. En fait, les ministères en grève ont été rapidement désertés. Là ne résidait plus, en effet, l'essentiel du pouvoir, dans cette dictature présidentielle fortement militarisée. Mais lorsque le 10 août, l'opposition a appelé la population à une marche en direction du palais présidentiel, un régiment chargé de la protection du chef de l'Etat, le RESEP, entraîné par des instructeurs français, a tiré sur la foule plusieurs kilomètres avant qu'elle n'atteigne son objectif. Le bilan officiel est de 32 morts, mais les chiffres les plus crédibles de l'opposition et de certains milieux médicaux font état d'une centaine de victimes supplémentaires. La "révolution" malgache avait fini d'être tranquille.

Une opposition en quête de pouvoir

Pour l'état-major de l'opposition, ce vaste mouvement de protestation ne sert que de marche-pied à des ambitions politiciennes. Cette lutte pour le pouvoir, au sens le plus trivial et le plus individualiste du terme, n'a donc que peu de chances de faire apparaître une nouvelle couche de dirigeants populaires, dégagés du populisme verbal, démagogique et mystificateur dans lequel excellent la plupart des leaders du Comité des forces vives. Ceux-ci mènent une double stratégie : discours radicaux et enflammés sur la Place du 13 mai, d'une part, et discrètes négociations au sommet pour se hisser au pouvoir, de l'autre.

Outre les Eglises chrétiennes, qui sont fort influentes et ont longtemps été les seules à se soucier de la misère sociale du plus grand nombre, les partis d'opposition se divisent grossièrement en deux catégories : les anciens alliés du président Rastiraka en rupture de ban et les rescapés de la première république (partisans du régime néocolonial de Philibert Tsiranana, jeté à bas par la révolution malgache de 1972 ou fils d'anciens dignitaires du gouvernement).

Ainsi, le MFM, apparu au début des années 1970 dans la jeunesse scolarisée comme une formation d'extrême gauche, avait vu ses dirigeants, dont Manandafy Rakontonirina, réprimés par le gouvernement militaire mis en place après le mai malgache de 1972. Il s'est ensuite rallié au "livre rouge" du président Ratsiraka et accepté le carcan du Front national démocratique de la révolution, auquel devaient participer tous les partis légaux. Ses dirigeants ont donc occupé des postes de responsabilité sous ce régime et participé à l'embrigadement des populations en faveur de la politique du président mal= Inprecor n° 337 du 27 septembre au 10 octobre 1991 gache. Au début des années 80, ils ont accompagné le tournant vers la libéralisation et les accords avec le FMI, pour rompre ensuite avec le régime parce que ce programme économique d'ouverture n'était pas assez profondément appliqué à leurs yeux.

Le MFM a ensuite poursuivi sa trajectoire droitière, jusqu'à devenir le principal défenseur du crédo libéral. Ainsi, des liens étroits ont été tissés entre ses dirigeants et une partie du patronat local, qui, après avoir bénéficié du protectionnisme économique de l'époque nationaliste, veut maintenant accélérer l'ouverture au

L'AKFM-Renouveau du pasteur Richard est une autre formation ayant soutenu le régime. Courant nationaliste petit-bourgeois, fondé sur un électoral Mérina (appartenant à l'ethnie majoritaire des hauts plateaux) dans la capitale, il a été parfois présenté comme un groupe stalinien pour ses relations avec Moscou. Aujourd'hui, ce parti s'est scindé en deux : une aile restant avec le président Ratsiraka, et l'autre passant à l'opposition.

Le Parti social-démocrate (PSD) se veut l'héritier de la formation de l'ancien président Philibert Tsiranana. Il est animé par d'anciens partisans du régime néolibéral ou des enfants d'anciens dignitaires. Le fils de l'ancien président Tsiranana en est d'ailleurs membre. Médecins, hommes d'affaires, hauts fonctionnaires marquent la composition sociale de sa direction. De plus, une partie de ses responsables sont d'origine aristocratique Mérinas et possèdent de nombreux liens familiaux ou d'affaires avec certains hommes du régime. C'est ainsi que l'actuel Premier ministre de Ratsiraka, Guy Razanamasy, est un proche du numéro deux du MFM.

Bien qu'il ait fait sentir sa pression a plusieurs reprises, le mouvement syndical malgache ne semble guère en mesure de se substituer à cette direction politique défaillante et limitée. Il est à la fois trop cartellisé et encore trop caporalisé par les différents partis politiques.

Les éléments parmi les plus radicaux qui demeuraient encore ces dernières années au sein du MFM ou au parti Monima (ancienne formation populiste implantée surtout dans le Sud, dont le leader historique, longtemps en opposition intermitente au régime, l'a aujourd'hui rallié), sont actuellement totalement désorientés, voire à contre-courant des masses ; certains d'entre eux, opposés à l'évolution libérale de leur direction, ont même été récupérés ces dernières années par le président Ratsiraka, qui en a fait son "aile gauche".

Aujourd'hui, ceux-ci se trouvent à des postes de responsabilité dans des institutions dont la population ne veut plus.

Dans l'immédiat, ce mouvement politique de masse n'offre donc que peu d'espoir de voir émerger une nouvelle génération politique et de déboucher sur autre chose qu'un changement d'équipe gouvernementale. Et ce, même si une bonne partie des salariés en grève aspirent à ce que l'arrivée au pouvoir des dirigeants de l'opposition soit l'occasion de satisfaire les cahiers de doléances qu'ils présentent dans les manifestations populaires et dont la revalorisation salariale constitue le point clé.

Les ambiguités de Paris

La France est le premier bailleur de fonds bilatéral de Madagascar. A ce titre, Paris a entretenu des relations privilégiées avec le président Ratsiraka, considéré comme un assez bon élève des préceptes de "démocratisation" des régimes africains en vogue dans l'administration française.

Aussi la diplomatie française a-t-elle adopté, dans un premier temps, un discret silence sur les événements, qui s'est fait de plus en plus embarrassé au fil des semaines. La position officielle française est que seule une nouvelle consultation électorale offrirait une solution acceptable. Paris n'a jamais soutenu la revendication d'une concertation nationale pour réviser la Constitution et a toujours cherché à préserver une porte de sortie honorable au président.

Après la répression du 10 août 1991, la France éleva légèrement le ton. Mais ensuite, elle en revint à l'idée d'une solution de compromis que son ambassadeur tente actuellement de faire accepter par l'opposition sous la forme de la mise en place d'un "comité de salut public", regroupant à égalité partisans du régime et représentants de l'opposition, qui gèrerait la période de transition jusqu'à de nouvelles élections. Ces atermoiements ont facilité la tâche du président malgache qui joue maintenant la carte du « Après moi, le chaos » pour tenter de se maintenir au pouvoir. *

18 septembre 1991

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