Inprecor 1974–2004

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EDITORIAL

1938-1978 : 40e anniversaire de la IVe Internationale

· Inprecor n° 34, 21 septembre 1978 · p. 3-6 · 3 468 mots

IVe Internationale Stalinisme

Quatrieme nternationale Ernest MANDEL

I

Il y a quarante ans, la conférence de la IVe Internationale se réunit dans un petit appartement situé dans la région parisienne. Elle rassemble une trentaine de représentants de onze sections, essentiellement européennes et nord-américaines, un seul camarade venu d'un pays colonial ayant pu tranchir les obstacles d'extrême pauvreté et de répression sévère empêchèrent la participation d'autres venant de l'hémisphère sud. Cette conférence fut l'aboutissement de cinq années d'efforts des militants de l'ancienne Opposition de gauche des Partis communistes pour que l'avant-garde ouvrière internationale tire toutes les conséquences de l'effondrement du mouvement ouvrier allemand devant Hitler en 1933 La Ile et la Ille Internationale s'étaient tranformées en gigantesques obstacles bureaucratiques à la révolution socialiste mondiale. Il fallait forger un nouvel instrument indispensable sa victoire : une nouvelle Internationale révolutionnaire du prolétariat.

Il ne s'agissait pas d'une réaction impressionniste d'une poignée d'aigris ou de gens excessivement impressionnés par la défaite historique que l'arrivée au pouvoir d'Hitler représenta pour la classe ouvrière d'Europe. Il s'agissait de l'aboutissement d'un long processus de mûrissement de la conscience de toute une génération de communistes lucides.

Le phénomène Hitler ne pouvait pas être détaché du phénomène de la dégénérescence bureaucratique du premier Etat ouvrier, l'URSS. Staline avait la responsabilité écrasante d'avoir transformé l'Internationale communiste en instrument docile de la diplomatie de cet

Editorial

1938-1978:

40e anniversaire

de la IVe Internationale

d'avoir contribué de manière décisive à la prise du pouvoir des nazis, d'avoir ainsi créé un danger mortel pour l'existence même de l'Union soviétique. Sa politique contre-revolutionnaire allait trouver une confirmation tragique dans le massacre d'un million de bolcheviks en URSS même, dans l'étouftement de la révolution espagnole et française par la politique du Front populaire en 1936 et

Ceux qui avaient compris à quel tourant se trouvait l'histoire mondiale et le destin du mouvement ouvrier interatioincluèrent des dirigeants communistes parmi les plus importants de leurs pays respectifs, souvent fondateurs de leurs partis, membres du Comité exél'Internationale communiste, membres des Comités centraux, voir des Bureaux politiques ou des Secrétariats de leurs partis.Ne mentionnons à ce souffrances sans commune me-

Secrétaire général du PCUS); le Chinois Chen Dousiou, l'Américain James P.Cannnon; les Belges War van Overstraeten et Léon Lesoil; Hollandais Sneevliet; les Espagnols Nin et Andrade; le français Rosmer; l'Italien Blasco (Tresso); l'Autrichien Josef Frey; le Grec Pantelis Pouliopoulos; le Vietnamien Ta Thuthau.

Tous n'ont pas eu la force de poursuivre jusqu'au bout l'œuvre - qui paraissait presque surhumaine - de recommencer construire patiemment une nouvelle Interationale, aprés avoir consacré une décennie de leur vie à la construction de la Ille. Presque tous ont été tués par la terreur fasciste, stalinienne ou impérialiste. Ceux qui ont maintenu sans hésitation la continuité de la pensée et de l'action léniniste en participant a la tondation de la IVe Internationale, apparaîtront devant l'histoire comme les véritables pionniers du monde socialiste de demain, au même titre que les interationalistes de 1914 ou que les dirigeants de la Révolution socialiste d'octobre.

La conférence de fondation de la IVe Internationale se réunit dans des conditions extrê-

Le prolétariat interational était désemparé par la succession de défaites plus lourdes les unes que les autres, dont celle d'Espagne, où il avait fait preuve de tant d'héroïsme et de tant d'allant révolutionnaire, était particulièrement tragique. On était à la vellle d'un nouvelle guerre qui allait infliger à l'humanité des sure, même avec celle de la première. Un pessimisme de plus en plus prononcé envahit les esprits. N'était-ce pas «minuit dans le siècle», comme le disait Victor Serge dans le titre d'un de ses romans? Cette nuit ne durerait-elle pas des siècles ?

Il faut comprendre ce contexte historique pour saisir l'importance que Trotsky et ses compagnons accordèrent à la question apparemment formelle de la « proclamation» de la IVe Interationale (qui ne fut rejetée, lors de la conférence de fondation, que par la seule section polonaise représentée par le camarade Isaac Deutscher). Pratiquement, le «Mouvement Ponctionnait déja comme une la IVe Internationale» organisation internationale, basée sur le centralisme-démocratique, depuis de nombreuses années.

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Mais la « proclamation » était un acte de foi dans la destinée du prolétariat international de la révolution socialiste. EIle avait pour but d'affirmer, si-

La face du monde, moins à la face de l'avant-garde et des membres et militants du mouvement lui-même: «Oui, malgré le triomphe apparent du stalinisme, du tascisme, impérialiste colonies, le cauchemar que nous sommes en train de vivre ne durera qu'un moment dans toire de notre siècle. Oui, cours et à la fin de cette guerre qui s'approche innaora eme révolution renaitra de cendres, les masses laborieuses, les peuples opprimés, se rebelleront par millions et dizaines de millions. Oui, l'avenir est au socialisme, au communisme, malgré toutes les apparences contraires. Et pour forger cet aveil faut construire un parti mondial de la révolution socialiste, une nouvelle Internationale révolutionnaire.»

Aujourd'hui, nous sommes plus que jamais convaincus que sans cette « proclamation» la survie politique et la cohé sion des cadres marxistes-révolutionnaires, dispersés à travers le monde largement coupés entre différents secteurs graphiques par les vicissitudes successives de la Deuxième Guerre mondiale, soumis à des persécutions féroces qui, dans certains secteurs, s'approchè rent de l'extermination pure et simple, auraient été infiniment plus difficiles sinon impossibles. Dans ce sens, la petite poignée des congressistes de septembre 1938, et leur principal inspirateur, Léon Trotsky, ont fait une contribution décisive pour sauver la continuité du léninisme au moment le plus difficile de son histoire.

II

Pourtant, dix ans apres la conférence de fondation, 1948, au lendemain du lle congrés mondial de la Ive interationale, au seuil de la guerre frolde, il pouvait apparaître que l'optimisme révolutionnaire de Trotsky et de ses camarades de 1938 avait été sans fondements. L'énorme essor d'une avant-garde révolutionnaire nouvelle, comparable à celui qui s'était produit après 1917-1918, ne s'était pas vérifié. La IVe Internationale, dix ans après sa fon-

1938-40, sauf dans deux pays semi-coloniaux, Ceylan et Bolivie, où elle avait opéré une percée dans le mouvement ouvrier. Le stalinisme semblait stalinisme triomphant. I s'étendait a un nombre croissant de pays. L'immaintenant ment centralisé à l'échelle interpar la puissance des USA, semblait sur le point de déclencher une troisième guerre mondiale. La fabrication d'arterrifiantes -avant tout les armes nucléaires -donna à cette éventualité une dimension encore plus barbare et plus lourde de conséquences pour l'avenir du genre humain que celles de la Deuxième Guerre mondiale.

40e ANNIVERSAIRE DE LA

IVe INTERNATIONALE souscription !

Les éditions la Brèche ont entre pris la publication de l'ensemble des documents adoptés par les congrès mondiaux de la IVe Internationale depuis sa fondation. Le premier volume couvre la période 1930-1940.

Il contient le texte des conférences de l'opposition de gauche interna de la «conférence d'alarme» de 1940. Certains textes sont publiés pour la première fois en français, d'autres étaient introuvables depuis des années. Ce livre, prévu pour fin novembre 1978, ne paraîtra que si le nombre de sous cripteurs est suffisant pour permettre son financement.

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Il est clair aujourd'hui que contrairement à ce qui prévalait

1938, le pessimisme non moins prononcé qui frappa pas secteurs d'avant-garde étaient bien moins fondés en 1948. Le reflux de la révolution mondiale était terminé, et il l'était bel et bien pour une longue période. Successivement, les masses ouvrières et paysannes de Yougoslavie, de Chine, du Vietnam, allaient infliger des défaites décisives au capitalisme et à l'impérialisme dans leurs pays. L'encerclement capitadation, et son pein heles de la de turis lait remanie.

les empires coloniaux, des réactions en chaîne prolongeant la victoire de la Révolution chiNord, l'Amérique latine (Cuba), l'Afrique noire.

Mais les effets cumulatifs de vingt années de défaites vrières - pas «préconditionnées» ni fatales dès 1923 ou même dès 1933, mais qui devenues un fait au bout de cette période - avaient provoqué conscience de classe du prolétariat tel que la montée révolutionnaire qui commença en 1943-44 put, en gros, être canalisée par les appareils bureaucratiques traditionnels ou par des forces centristes, contrairement à ce qui s'était produit à la fin de la Première Guerre mondiale. Il en résulta un étouffement de cette montée en Europe occidentale par les appareils qui, tous les deux, social-démocratie et celui du stalinisme, s'efforde toutes leurs forces de rétablir l'Etat bourgeois et de restaurer l'économie capitaliste. Ils ne furent point débordés par une vague de combativité ouvrière susceptible de donner naissance à une nouvelle avant-garde suffisamment large pour entraver la réalisation de ce dessein contre-révolutionnaire pendant de longues années, ce qui aurait créé des conditions bien plus favorables pour la construction de partis révolutionnaires bien plus puissants

Au moment où la politique contre-révolutionnaire bureaucraties ouvrières, à une initiative internationale ment centralisée de l'impérialisme, permit une stabilisation re lative du capitalisme en Occident et au Japon, le centre de gravité de la révolution diale se déplaça pendant deux les pays colosemi-coloniaux. poids relatif du proletariat in forcément le dustriel au sein du processus de révolution mondiale, ne pouvait pas ne pas impliquer, lui aussi, bien plus lente que prévue de la IVe Internationale, qui exprime dans son programme classe prolétarienne à son nitelle qu'elle est surtout accessible au prolé tariat de la grande industrie,

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La «percée» attendue pour l'immédiat après-guerre ne s'étant pas produite, la IVe Internationale connut pendant quinze ans une série de difficultés de croissance et de crises internes qui s'exprimèrent par une suite de scissions dont celle de 1953 fut la plus douloureuse, et qui ne fut surmontée qu'avec la réunification de 1963. Ces scissions avaient sans doute un point de départ dans des interrogations, des sensibilités et des réactions différentes de divers secteurs du mouvement en face de développements nouveaux - en partie imprévus - de la situation objective mondiale. Mais là ne résidait pas leur cause profonde ni surtout leur justification. En fait, aucune de ces scissions internationales n'est justifiée programmatiquement, c'est-à-dire n'exprima le fait his toriquement démontrable qu'un quelconque des courants présents au sein de la IVe Internationale aurait franchi la barrière de classe, aurait adopté des positions trahissant le prolétariat (1).

La cause profonde de toutes ces scissions, c'est que dans des conditions d'isolement toujours très prononcées du mouvement d'une obligation de nager contre le courant, le secfractionnisme sont décuplés.

pas seulement vrai arce que des organisations taloles et relativement stagnantes ne dégagent aucune force centripète pour neutraliser les tendances centrifuges inévitablement dégagées par le milieu social ambiant. Cela résulte surtout du fait que dans de telles conditions, la tentation de «mettre à l'épreuve» chaque nouvelle tacprovoquer pour cette raison des scissions sur des bases de divergences purement tactiques et conjoncturelles, c'est-à-dire sur des bases non-programmatiques et non-principielles, devient irpour tous ceux qui sont saisis par l'impatience et la recherche d'un raccourci problème ardu de reconstruire une avant-garde révolutionnaire dans la classe et pour la classe, à contre-courant. 1) A l'exception de la trahison de la majorité du LSSP, passée du côté de l'ordre bourgeois en participant à un gouvernement de coalition avec la bourgeoisie, à Ceylan.

Ajoutons que des groupes ayant des activités essentiellement propagandistes ont tendance à perdre le sens des pro- dance portions, à favoriser le Verbe, à gangrène, le début de révision identifier l'égratignure avec la théorique (ou simplement des interprétations divergentes de phénomènes objectifs nouveaux) avec des comportements politiques pratiques qui entraînent des défaites ouvrières. Ils oublient que Lénine et Rosa n'ont pas rompu avec la Ile Internationale en 1898, lorsque parut le livre révisionniste de Bernstein, mais en 1914, lorsque la Ile Internationale passa lu coté de l'ordre impérialiste et freina de manière décisive la Place de scine dentit appele lutte de classe «trahison» entre une formulation fausse dans un article ou des thèses, et la collaboration avec la bourgeoisie pour étouffer ou écraser des grèves de masse et des révolutions, cela revient finalement à revaloriser les appareils traîtres et réduire singulièrement leur responsabilité dans des défaites réelles (et non seulement idéelles) subies par le prolétariat. L'anticipation injustifiée («puisque» tel ou tel commet telle ou telle erreur théorique il passera « fatalement» dans le camp de l'ennemi de classe) remplace à la fois l'analyse concrète des courants et la capacité de faire jouer la riche dialectique du débat intere et du centralisme démocratique en faveur de l'auto-éducation et du progrès de l'ensemble de l'organisation. Seule l'évolution et la pratique ultérieure de chacun des courants permettent de juger s'il s'est agi de déviations temporaires et limitées, ou de ruptures définitives et pratiques avec la cause de la révolution prolétarienne. Ceux qui n'ont patience d'attendre ce verdict de l'histoire se rendent un bien mauvais service à eux-mêmes, sans parler des obstacles supplémentaires qu'ils placent sur la voie de la construction de la IVe Internationale.

Au milieu des années 60, et surtout avec Mai 68, les conditions de construction de la IVe Internationale commencèrent à se modifier radicalement. Finalement, après deux décennies fut-il déformé, de la révolution mondiale, sur la scène politique une nouvelle avant-garde de masse composition de plus en plus plus en plus prolétarienne qui était de moins en moins contrôlable, pour ne pas dire récupérable, par les appareils traditionnels du mouve ment ouvrier. L'apparition de cette avant-garde exprime en dernière analyse les progrès réalisés par la conscience de classe en fonction des progrès révolutionnaires des deux décennies précédentes, de même que le recul de cette conscience de classe dans les années 40 avait exprimé les effets cumulatifs des défaites antérieures de la révolution.

Il est vrai que cette avant-garde essentiellement ouvrière est encore loin d'être politiquement homogène capable d'opposer une alternative stratégique globale à la stratégie réformiste de collaboration de classe des directions du PS et du PC; elle ne les déborde que ponctuellement, dans l'action, sur quelques questions-clé de la lutte de classe. Il est vrai aussi que les appareils bureaucratiques conservent l'hégémonie dans le mouvement ouvrier organisé, peuvent même se renforcer organisationélectoralement, surtout à des moments de radicalisation quand des couches antérieurement non politisées du prolétariat entrent en mouvement. Il est vrai entin que du fait même de tous ces la crise sociale globale qui a frappé la société impérialiste depuis 1968 est longue, et passe donc inévitablement par des flux et des reflux conjoncturels du mouvement de masse, ce qui signifie que nous n'avons pas encore des conditions à tout instant plus favorables pour le renforcement de nos organisations.

Néanmoins, le bilan global de cette décennie est clair. Une nouvelle époque de croissance accélérée de la IVe Internationale s'est ouverte à l'échelle mondiale, comparée à la période précédente, füt-ce de maniè re inégale dans divers secteurs du prolétariat international et de la révolution mondiale. La IVe Internationale est aujour d'hui dix fois plus forte qu'à la veille de Mai 68 ou au moment de sa conférence de fondation, en nombre de membres. Quant à son influence politique et syndicale, la croissance est encore bien plus prononcée à ce pro-

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L'extension géographique du mouvement pressionnante. Nous avons aujourd'hui des groupes organisés dans plus de 60 pays, sur tous les continents. Nombre d'entre eux ne sont apparus qu'au cours de la dernière année, et ce mouvement continue pour le moment. Il s'agit là d'un phénomène d'une importance bien plus que symbolique, même si un certain nombre de ces noyaux nouveaux core fort petits du point de vue numérique. Car cette expansion n'est que rarement le résultat d'un prosélytisme directement

Pion indera ont de Do amine

géographiquement voisine. Elle résulte le plus souvent d'un processus de «génération spontanée», c'est-à-dire d'une initiative propre de militants ou organisations du pays en question. Ceux-ci arrivent à la conclusion de rejoindre la IVe Internationale sur la base de leur mouvement de masse de leur propre pays. On ne pourrait mieux confirmer le caractère de qu'expression des intérêts du prolétariat mondial, en tant que courant qui est déjà historique ment confirmé comme courant universel du mouvement révolutionnaire, et non tendan ce étroitement limitée à une conjoncture déterminée, dans un ou quelques pays limités.

Il y a trois raisons qui expliquent cette universalité et cette confirmation.

D'abord la validité générale de notre programme. Il suffit de relire objectivement le « Programme de transition» adopte à la conférence de fondation de la IVe Internationale, le Manifeste de la Conférence d'alarme de mai 1940 (le dernier document programmatique rédigé par Trotsky) sans parler de « La Révolution trahie» et de « La Révolution permanente », pour s'apercevoir que dans toutes ses theses tondamentales, ce programme a victoreusement résisté à l'épreuve de 40 années, - et quelles années aux développements tumultueux ! Les axes stratégiques principaux que le prolétariat doit suivre dans les rols secteurs de a révoltion mondiale pour arriver à la victoire - l'axe des revendications transitoires et de l'auto-organisation aboutissant à la dualité du pouvoir dans les pays impérialistes; Taxe de la révolution permanente dans les pays semi-coloniaux; l'axe de la révolution politique dans les Etats ouvriers oureaucratisés - ont ete, pour l'essentiel, établis par la IVe In-* terationale des sa fondation, puis affinés dans son élabora on théorique et politique for riche des congrès mondiaux successifs.

Ensuite, l'identification intégrale avec le prolétariat et le pouvoir ouvrier. La IVe Interationale est le seul courant du mouvement ouvrier et révolutionnaire mondial qui s'affirme clairement pour le pouvoir directement exercé par des conseils de travailleurs démocratiquement élus et démocratique ment centralisés, dans tous les pays du monde. Beaucoup de courants et beaucoup d'individus, de «gauche» comme de

«droite», peuvent taure coup de bruit sur «l'autoritaris-

«loppression», quelquefois justifié, qulequefois confus. Mais à la question claire et simple : «Ceux qui produisent toute la richesse, dont le labeur fait marcher tout cet extraordinaire enchevêtrement de conquêtes scientifiques, techni ques, culturelles en fournissant par leur travail et la consommation et l'outillage de tous, doivent-ils don subir l'autorité d'autrui dans l'organisation de leur travail et de leur ule, sont-ils donc condamnés à rester des commandés, pour quelque raison que ce soit ?» Seule la IVe Internationale répond «non», sans la moindre réserve ni rétisans compromission que nous seuls à incarner tant sur le plan du programme que sur le plan de l'organisation. Pour nous, les intérêts des prolétaires, des exploités et des opprimes de tous les pays. sont uns. Aucun secteur d'entre eux ne doit être sacrifié ou « laissé les rico opterimes ex opprimés et exploités méritent un effort de solidarité et d'appui particuliers bacille n'avons hérité d'aucun du «national-communisme» produit par la théorie du «socialisme dans un seul pays. Ce n'est que pour cela que nous sommes littéralement d'hui la seule organisation qui l'échelle mondiale, alors que la Ille Internationale ment disparue sous la pression de forces centrifuges « nationales » et que la Ile Internationale ne prétend même pas coordonner et unifier les efforts des travailleurs de tous les pays. Et l'importance de ce fait ne peut échapper à personne qui a compris que nous vivons une époque où tout se mondialise, et où plus aucun des problèmes-clé auxquels l'humanité est confrontée - problèmes de vie ou de mort, au sens littéral du terme - ne peut être résolu si ce n'est à l'échelle mondiale.

Certes, nos progrès, s'ils sont impressionnants quand on regarde le handicap que nous avions à surmonter en 1948 autant qu'en 1938, restent encore fort modestes à la lumière des tâches historiques que nous nous sommes fixées. Nulle part encore n'avons-nous atteint le stade de partis révolutionnaire:

de masse. Dans plusieurs pays, d'autres organisations de reme-gauche ont, plus que no sections, récolté les fruits prin cipaux l'expansion l'avant-garde de la dernière décennie. Mais elles l'ont généralement fait au prix d'un éclectisme programmatique et politique qui s'est déjà cruellement vengé au Portugal et en Italie, et qui rend leur propre crise inévitable au fur et à mesure que mûrit la conscience politique de l'avant-garde ouvrière.

Nous devrons encore passer par pas mal de regroupements et d'unifications, tant avec des courants provenant des organi sations traditionnelles qu'avec ceux qui se sont développés à leur gauche, avant de pouvoir dire que des forces suffisantes ont été rassemblées pour engager la bataille pour arracher aux appareils traditionnels le con. trôle sur le mouvement ouvrier Nous saurons le faire en alliant le maximum de souplesse organisationnelle tactique au maxi mum de rigueur programmatique. Mais ce qui paraissait ur espoir fou en 1938, un rêve per du dans les brumes en 1948, commence à prendre des contours de plus en plus précis dans une série moindres.

nous pouvons poursuivre le rythme de notre croissance, continuer la prolé tarisation de nos organisations, construire des équipes de direction collective nationale et internationale, maintenir notre unité, alors, au moment de notre 50e anniversaire, il révolutionnaires douteront encore de la justesse de la prophétie de Léon Trosky : L'avenir est à la IVe Internationale parce que l'avenir est à la révolution sociaii:- mondiale.

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