comme on peut s'en douter, beaucoup d'excitation dans les médias israéliens. Le public, israélien ou palestinien, est beaucoup plus réservé. Rien ne rappelle l'enthousiasme populaire qu'avait provoqué la venue de Sadate à Jérusalem, et la population israélienne est partagée entre le scepticisme et la crainte de se trouver, à Madrid, au banc des accusés, avec un juge vendu à l'advermaintenant et des partis de gauche avaient de la peine à décider s'ils manifestaient pour ou contre Shamir, ce dernier semblant jouer le seul jeu qui compte pour la gauche israélienne — celui d'extrême droite, a certainement les idées plus claires ; elle sait que même si Shamir défend les mêmes objectils qu'elle, elle a tout à gagner à faire de la surenchère et à dénoncer la prétendue capitulation du gouvernement... dont une partie des membres se trouvaient sur l'estrade, alors la population palestinienne, elle, est consciente qu'elle n'a rien à en attendre. Même ceux qui soutiennent la décision du Conseil national palestinien d'accepter les conditions draconiennes, voire humiliantes, des Etats-Unis et de siéger à cette conférence dont l'ordre du jour a déjà exclu toute discussion sur un retrait israélien de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, reconnaissent que les dés sont pipés, et que Madrid n'est pas le début de la fin. En fait, les Palestiniens sont partagés entre la colère et le désespoir, sentiments qui laissent présager une nouvelle vague d'attentats dont l'un des objectifs sera de rappeler à ceux qui négocient aujourd'hui au nom des Palestiniens des territoires occupés qu'ils n'ont aucun mandat pour brader l'Intifada qui, même si elle marque le pas depuis un an, reste le seul moyen pour que les Palestiniens obtiennent enfin la reconnais
Israël : pas d'enthousiasme, peu d'illusions saire.
qui est dicté à la Maison Blanche.
que la foule criait - Mort aux Arabes / -.
sance de leur droit à l'autodétermination nationale. *
L'ouverture de la Conférence régionale sur la paix au Moyen-Orient, à Madrid, provoque, Les quelques 30 000 pacifistes israéliens qui ont répondu, le 26 octobre, à l'appel de la Paix La droite, qui manifestait deux jours après, à l'appel des organisations de colons et des partis Si la population juive se fait peu d'illusions quant aux débouchés de la conférence de Madrid
Michel Warschawski Jérusalem, 29 octobre 1991