radicalement différentes dans chacune de leurs républiques face à une guerre coordination des mouvements anti-guerre des diverses républiques a commencé contexte et parfois d'optique d'une république à l'autre, comme le montrent ces
Le mouvement anti-guerre
Ljubliana, Zagreb, Belgrade, Sarajevo : quatre capitales, quatre situations larvée et non déclarée, qui s'est étendue d'un cessez-le feu à l'autre. Une à s'établir et des premières actions communes ont eu lieu cet été. Mais, il est inévitable que les différents groupes reflètent des différences substantielles de témoignages recueillis par C. Verla durant un récent voyage en Yougoslavie.
Catherine VERLA
A SARAJEVO, en Bosnie-Herzégovine, on se situait encore cet été avant la guerre (1), et il est plus facile de mobiliser contre la guerre avant que ne s'enclenche un engrenage capable de briser les vieilles amitiés et les familles mixtes. Celles- ci sont nombreuses dans cette Bosnie-
Herzégovine, Etat des Croates, des Serbes et des Musulmans — Slaves islamisés reconnus comme ethnie. Les trois nations composantes de cette république ont vécu là, ensemble, depuis des siècles (soit sous domination ottomane, soit soumis à l'empire austro-hongrois) et l'on commence à se déclarer "Bosnian" (ce qui n'était pas prévu dans les recensements ethniques).
La tolérance se voit dans les rues de
Sarajevo, dans les mosquées qui côtoient églises catholiques ou orthodoxes et synagogues. « Si une nouvelle union naît demain, la capitale devrait être là » dit-on souvent ici. Mais si une Grande-Serbie continue à émerger des combats, appuyée sur les territoires autonomes "libérés" par les minorités serbes, la Bosnie-Herzégovine disparaîtra et la haine, si présente désormais en Croatie, se répandra ici aussi. L'angoisse des massacres réciproques de la dernière guerre retient de s'engager dans l'engrenage de la violence. Ici, plus encore qu'ailleurs, les "frontières ethniques" devraient traverser les villages, les immeubles, les familles. Mais déjà, chacun craint de ne pas être le premier à tirer.
Il est donc logique que Sarajevo ait été le siège des plus grandes manifestations contre la guerre : la bien nommée "insurrection pour la paix", en juillet 1991, avait réuni quelques 100 000 personnes sous l'impulsion décisive du mouvement des mères de soldats. Ce fut un lieu de convergences d'initiatives et de groupes (environ une trentaine) de toutes les républiques. Une coordination s'est tenue du 22 au 24 août à Kumrovec, en Croatie, jetant les bases d'un réseau et de principes communs d'action. Fin septembre, une "caravane pour la Paix" (à l'initiative de l'Assemblée des citoyens d'Helsinki) a été co-organisée par les groupes des diverses républiques avec quelques centaines de sympathisants extérieurs. Malgré des forces dérisoires, elle exprimait une réalité qui perdura à l'éclatement de l'ex-fédération: celle de l'étroite interdépendance du sort de chaque nation et nationalité du territoire en question. C'est pourquoi le mouvement contre la guerre se veut actif sur le long terme, très divers, décentralisé et « non politique » (comme l'exprimait un des activistes du "Centre pour la paix" de Sarajevo, par ailleurs animateur d'un nouveau journal, Spektar, et d'une émission de télévision alternative appelée "Bonnes vi-
Ce "non politique" recouvre, en réalité, plusieurs choses : d'une part, le refus de se constituer en parti politique au sens classique, avec le choix de chercher, d'abord et avant tout, à stimuler des initiatives "civiques" larges (mouvements des femmes, journaux indépendants, actions culturelles, religieuses ou sur le cadre de vie, adoptant tous un axe commun antiguerre). La mobilisation des mères a été décisive, « mais elle a été très vite récupérée et détournée de sa logique initiale contre la guerre », affirme Ibrahim Spahic, président du Centre pour la Paix en
Bosnie-Herzégovine : « Les différents pouvoirs ont vite mis en exergue des appels de femmes à servir telle ou telle cause (...). Mais les organisations de femmes continuent à jouer un rôle très actif. Dans l'ensemble, il y a, en dépit de la prolifération des partis, une sorte de révolte des citoyens contre l'impossibilité d'exprimer réellement leur point de vue sur les questions essentielles de leur vie. »
Ibrahim Spahic aborde ensuite un des leitmotiv des activistes rencontrés dans toutes les républiques, la dénonciation de la guerre des médias, de la manipulation des consciences : « C'est de la nécropholie. On ressort les cadavres de la guerre avec une charge politique très forte », poursuit-il, « et l'on joue sur les vies et les morts, tout en accusant les autres d'être la cause de la crise. Le mouvement est né d'un refus de cela. » Le mouvement antiguerre, conclut Ibrahim Spahic « n'a pas pour fonction d'être un tranquillisant, mais d'essayer de reconstituer une confiance en nous, et de rejeter une dynamique folle, où l'on doit être soit gagnant, soit vaincu et où la logique de guerre cache en fait l'absence de réponses aux questions socio-économiques ». Qu'ils soient à Sarajevo, Ljubliana, Zagreb ou Belgrade, bien des militants des mouvements anti-guerre nous ont répété ce même jugement: « La guerre est un moyen d'essayer de serrer les rangs d'une population à laquelle le gouvernement n'apas grand chose à offrir. »
L*apolitisme" en question
Mais le caractère "non politique" du mouvement anti-guerre reflète aussi une difficulté à établir une plate-forme exprimant une vision réellement commune des conflits. Débats et divergences existent (heureusement !) : sur l'interprétation des responsabilités dans la guerre, sur le rôle de l'armée et sa nature, sur la logique des déclarations unilatérales d'indépendance, alors que se menait encore la bataille de quatre des six républiques pour la souveraineté de toutes dans une union démocratique, sur le droit à l'autodétermination et ses modalités d'application, etc.
Certains activistes pour la paix, comme Marko Hren de Ljubliana, ont soulevé ces questions-là : « On ne peut pas mettre sur le même plan agresseur et agressé, ni condamner de façon générale toutes les violences. » L'autodéfense contre une agression n'est-elle pas légitime ? « Il semble parfois que les élites slovènes, qui veulent créer un Etat, ont besoin de la guerre pour faire cet Etat »
1) Voir Inprecorn° 339 du 25 octobre 1991.
dit Marko Hren. Cela ne signifie pas, à ses yeux, qu'elles portent la responsabilité de la rupture. « Aucun véritable dialogue (...) n'a pu s'instaurer entre le gouvernement slovène et les autorités fédérales, d'autant plus que la communauté internationale n'a cessé de prendre position en faveur de la survie aveugle de la fédération préexistante, bloquant ainsi toute possibilité d'une quelconque négociation, et rejetant la Slovénie dans l'impasse », affirme un texte du 4 juillet publié par le Centre pacifiste de Ljubliana. « Dès lors, en l'absence d'autres alternatives, suivant la logique du droit d'un peuple à disposer de lui-même, (...) le gouvernement slovène a lancé le processus de séces-
Dans un tel contexte, « l'intervention de l'armée yougoslave doit être considérée comme un d'agression ». Le droit à l'autodéfense est revendiqué, mais quel type de défense ? Sonja Lokar, une des organisatrices de l'"'insurrection pour la paix", militante féministe et député du Parti du renouveau démocratique (ex-communiste) de l'actuel Parlement slovène, insiste sur la défense territoriale populaire, par opposition à une armée professionnelle : « Lorsque l'armée fédérale est intervenue en Slovénie, après la proclamation d'indépendance du 25 juin 1991, elle s'est heurtée non pas à la force d'une marée aux moyens matériels puissants, mais à l'hostilité populaire exprimée dans la défense territoriale » (2). Les pacifistes slovènes dénoncent la propagande officielle qui a transformé l'intervention de l'armée en une véritable "guerre", justifiant par là l'austérité d'un budget de guerre et des pressions idéologiques considérables contre l'indépendance de pensée et de critique.
L'armée ne s'attendait manifestement pas à la résistance rencontrée en Slovénie, mais elle avait des ordres limités au contrôle des frontières (au moins, dans un premier temps). Dans la cassette vidéo Ljubliana sous les barricades, qui se vend dans les rues, le désarroi des jeunes conscrits est transparent face aux consignes reçues d'aller « protéger les frontières yougoslaves contre les risques d'intervention autrichienne ou italienne » et de remettre en place les panneaux. Il ne s'agissait pas de se battre contre la population : il y a eu trois morts dans la défense territoriale slovène, trois civils, semble-t-il, et quelques dizaines dans l'armée. Une armée qui était encore "yougoslave". Les purges et les désertions qui ont déferlé après l'aventure slovène, la crise ouverte des institurière les projets des pouvoirs serbes.
L'enjeu serbo-croate
La difficulté politique majeure à laquelle est confronté le mouvement antiguerre est la superposition de plusieurs types d'intérêts dans le conflit (3). La souveraineté de la Croatie est bafouée au nom de l'autodétermination serbe. Les privilèges de l'armée sont défendus au nom de la protection des minorités serbes. Le pouvoir néo-stalinien de Slobodan Milosevic se fonde sur une politique grand-serbe menée au nom de la Yougoslavie — une Yougoslavie qui n'était pas une création artificielle et dont l'éclatement dé-
Felix chire de nombreuses familles. Quelles que soient les récupérations et manipulations politiques dont il est l'objet, le soulèvement des villageois Serbes existe contre ce qu'ils perçoivent comme "la menace oustachie" d'un Etat croate indépendant. L'hystérie propagée par les médias serbes à ce propos a été favorisée par le nationalisme réellement existant de Franjo Tudjman et ses déclarations favorables à l'Etat oustachi comme « exprescembre 1990 de la référence explicite à la "nation serbe" comme composante de l'Etat croate, par le sabotage des tentatives de négociation entamées par des représentants des Serbes de Croatie, par de multiples provocations symboliques et, finalement, l'existence de groupes oustachis renforcés par l'émigration croate. Les amendements constitutionnels et les propositions faites ensuite aux Serbes par le Parlement croate, ont été été perçus comme de la poudre aux yeux « visant la communauté internationale ».
Pourtant, les Serbes de Croatie vivent là depuis des siècles, la moitié d'entre eux dans les grandes villes, très mêlés à la population croate. « On ne faisait plus la différence, on utilisait normalement l'alphabet latin; tout à coup, on cherche à accuser les différences (aussi bien en Serbie, qu'ici, en Croatie). Il était stupide hier d'interdire les variantes linguistiques. Il est tout aussi stupide aujourd'hui de les imposer comme des barrières ou d'introduire de façon artificielle et souvent ignorante, le vieux croate dans la presse quotidienne. » Celui qui parle est un jeune écrivain de théâtre, "de sang mêlé", juif, croato-serbe. « Dans mes pièces, j'ai souvent recours aux tournures croates et on doit être totalement libre de le faire ou non » soutient ce militant de la Société pour l'amélioration de la qualité de la vie, une des composantes du mouvement anti-guerre de Zagreb.
Vesna, étudiante croate, milite aussi pour la paix. Son père habite un de ces villages croates de la Banija qui côtoient les villages serbes. C'est un vieux partisan. « Il a acheté un fusil et il veut le départ de l'armée », dit Vesna qui ne peut plus voir son père depuis des semaines, « mais les Serbes sont ses amis et le restent souvent encore : certains sont venus se réfugier chez lui, qualifiés de traîtres par des groupes extrémistes. » La Banija, dans la région de Kordun, est dominée par d'anciens partisans. Le maire de Vrginmost, chef lieu de Kordun est Dmiter
Obradovic. Commandant de la défense territoriale de l'arrondissement, il a été dénoncé comme «communiste extrémiste dans ses options politiques » et « faux Serbe de par sa conscience nationale » dans le journal de Milan Babic, le dirigeant de la Krajina de Knin déclarée "territoire autonome". Il « était et demeure partisan de la cohabitation des deux peuples » et, par cette attitude « paralyse », selon ses détracteurs, « toute la vie de Kordun » (4). C'est l'équiva-
2) Voir Inprecor n° 335, 336, 337 et 338 des 19 juillet, 13 septembre, 27 septembre et 11 octobre 1991.
3) Cette "défense territoriale", créée par Tito après l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, organisait les citoyens (femmes y compris si elles le souhaitaient) des différentes républiques à travers des entraînements militaires réguliers.
Lorsque les élections de 1989 ont reflété la montée des partis nationalistes et des courants indépendantistes, l'armée fédérale a commencé à récupérer les armes laissées à la défense territoriale en Croatie et en Slovénie. Mais la direction slovène a bloqué ce processus.
4) Voir Danas, 8 octobre 1991.
lent d'une déclaration à mort : vouloir la cohabitation, c'est aujourd'hui, selon les nationalistes serbes, « collaborer avec les fascistes ».
Même les plus pacifistes des Croates sont profondément révoltés devant l'identification de tout sentiment national croate à des "positions oustachies" par la propagande serbe, le revanchisme manifeste des extrémistes serbes, et l'attaque même de villes, ports et cités historiques qui n'ont rien à voir avec la cause serbe. Les pressions pour avoir les moyens militaires de mener la guerre sont donc puissantes en Croatie. Mais les plus radicaux partisans d'une lutte armée à mort sont les groupes oustachis.
Comment arrêter les combats ?
Les incohérences de la politique de Tudjman ont polarisé les opinions : d'un côté, renforcement des courants d'extrême droite; de l'autre, critiques de gauche des pratiques non démocratiques du gouvernement Tudjman et recherche d'issues politiques qui visent à gagner les Serbes de Croatie à la cause de la souveraineté de l'Etat croate. C'est pourquoi si, dans l'immédiat, le mouvement antiguerre en Croatie se trouve en porte-à-faux, sa principale portée est dans le soutien à la démarche de Milorad Pupovats, dirigeant en Croatie du Forum démocratique serbe, hostile à la politique de Slobodan Milosevic et à la logique grand serbe. « Si l'on veut s'opposer à cette logique, il faut comprendre le rôle pivot des Serbes de Croatie » insiste Milorad Pupovats qui est, quant à lui, représentatif des intellectuels serbes vivant dans les grandes villes. « Car la solution apportée à leurs droits est un enjeu pour l'autodétermination et l'émancipation Croates autant que pour celles des
Mais comment arrêter les combats? «Nous ne sommes pas en position d'avoir ni les armes ni le commandement des troupes », répond Milorad Pupovats, « nous pouvons seulement aider à transformer une attitude de résistance nationale armée en une activité politique. Ce n'est pas chose facile dans les villages où les Serbes sont, de longue tradition, des guerriers peu enclins à exprimer leurs points de vue de façon politique. »
Le Forum démocratique serbe s'efforce d'être un lieu de confrontation et de politisation large, regroupant des Serbes venant de tous les horizons sociaux, des villes et des villages de Croatie. Des démarches ont été faites en commun avec le = Inprecor nº340 du 8 au 21 novembre 1991 leader du Parti paysan croate, en direction des villages. « C'est long et difficile car nous sommes à la fois considérés comme des traîtres par les partisans de Tudjman et par ceux de Milosevic. »
Les activistes du mouvement antiguerre de Serbie sont, eux aussi, suspects de "trahison" dans un contexte où la propagande officielle, plus que ailleurs, ravage les consciences : la présidence, réduite à son bloc serbe et monténégrin, vient de déclarer explicitement que l'armée fédérale ne se retirerait pas « des territoires de Croatie où vivent des Serbes, car cette mesure les exposerait à un danger de liquidation physique » (5). Elle a justifié l'appel à la mobilisation des réservistes par un « danger de guerre imminente ». Dans ce contexte, c'est sans doute la présence très médiatique d'un représentant de la dynastie royale qui a empêché l'interdiction de la manifestation contre le bombardement de Dubrovnik, le 5 octobre 1991, à Belgrade : 3 000 personnes passibles de "traîtrise", et qui signent une pétition en défense des jeunes qui ne veulent pas mener cette guerre, c'est peu. Mais, à Belgrade, c'est déjà essentiel pour l'avenir.
Certes, des partisans d'une Grande Serbie se trouvent aussi dans l'opposition à Milosevic, voire dans le mouvement anti-guerre de Serbie. C'est le cas de sympathisants de Vuk Draskovic, leader du
Les premiers succès
du cessez-le-feu
Srecko Puntaric Mouvement pour le renouveau serbe, qui proposent une Grande Serbie, mais par la voie des négociations. Mais ces contradictions expriment aussi (au-delà de la volonté de s'opposer à Milosevic) des positions évolutives, sensibles aux effets de la guerre, au refus d'une politique qui dresse les Serbes contre tous, en prétextant faussement que tous sont contre les Serbes. Il est normal, en Serbie autant qu'ailleurs, que le mouvement anti-guerre au sens large soit hétérogène. En contrepartie, il peut devenir un véritable front du refus, essentiel à l'amplification d'un mouvement de désertion des jeunes qui gagne de plus en plus les Serbes eux-mêmes face à une guerre manipulée par des intérêts de pouvoirs. Il favorise aussi l'expression de points de vue pluralistes et la circulation d'informations sur les conflits qui s'efforcent de prendre une distance avec la véritable psychose créée par les médias officiels.
Comme le répète le slovène Marko Hren, pour définir le rôle du mouvement anti-guerre, « il s'agit de mettre en avant, plutôt que les solutions en tant que telles, sur lesquelles nous pouvons avoir des vues différentes, des critères et des mécanismes de démocratie dans la recherche de solutions »: l'expression de tous les intérêts en conflit, sans en valoriser un seul en particulier, la défense donc de l'expression des minorités, la lutte pour des réponses systématiques et cohérentes face à l'ensemble des problèmes imbriqués.
Des méthodes plutôt que des solutions
En dépit de la difficulté de penser à des "solutions" tant que dominent les chauvinismes nationalistes et la logique de guerre, une démarche commune semble exister. En témoignent les revendications mises en avant le 4 juillet 1991 par le Centre pour une culture de la Paix et de la non-violence, en Slovénie, notamment : « La reconnaissance du droit d'autodétermination des citoyens de Slovénie aussi bien que pour toute nation de Yougoslavie (comme les Albanais du Kosovo, les Serbes de Croatie, etc.). La prise en considération simultanée de tous les conflits et la recherche de solutions d'ensemble (pour le Kosovo, les régions serbes de Croatie, la question de la Bosnie) et non pas seulement pour la Slovénie. » Il y a là une convergence manifeste avec les positions défendues par Milorad Pupovats : « Chaque peuple doit pouvoir exprimer son souhait. Mais le fondement de l'autodétermination et de la souveraineté doit être le libre-arbitre » insiste cet universitaire, un des rares Serbes qui remette sur le tapis la question des Albanais du Kosovo dès lors qu'il défend les droits des Serbes de Croatie. « La différence entre les Albanais du Kosovo et les Serbes de Croatie est que les premiers n'ont pas librement formé la Serbie et la Yougoslavie, alors que les seconds étaient une nation constituante de la Croatie et de la Yougoslavie, sur une base volontaire. Mais dans tous les autres domaines, les situations sont semblables et les droits doivent être les mêmes. Si les Albanais sont dans plusieurs Etats, il faut qu'ils aient tous les moyens, politiques, culturels et territoriaux d'une très grande autonomie et de relations entre eux (non
5) Le Monde du 13/14 octobre 1991.