Tous les courants issus du PCUS ont mis presque deux mois à encaisser le coup et à rassembler leurs forces pour prendre des initiatives politiques publiques. Ainsi, les 26 et 27 octobre, plusieurs conférences d'anciens communistes se sont tenues à Moscou : les participants du ler Congrès du Parti démocratique des communistes russes, dirigé par le vice-président de Russie, Alexandre Routskoy, se sont retrouvés dans la Maison du cinéma; dans le même temps, plus de 300 délégués suivaient la conférence de fondation d'un Parti des forces de gauche, convoquée, entre autres, par Roy Medvedev, dans la Maison de la culture de l'usine Kompressor. Durant le même week-end, un groupe plus restreint, les Communistes pour un parti du travail, a également tenu sa première réunion.
Dans le même temps, divers projets pour refonder le PCUS sur la base d'un programme conservateur ont proliféré — des néostaliniens et des courants "traditionalistes" avancent des projets concurrents.
Après le décret d'août stipulant la « suspension des activités du PCUS », et la nationalisation de ses propriétés, le Parti — et ce qui restait de sa direction — s'est retrouvé en état d'égarement total et de désintégration rapide. Ce n'est que le 5 septembre (plus de deux semaines après le coup de force) que la direction du comité central (CC) est parvenue à convoquer sa première réunion, qui n'a même pas réussi à développer des orientations politiques pour les militants : « Lors des réunions hebdomadaires du secrétariat du comité central, les seuls problèmes discutés concernent la création d'emplois pour les anciens permanents » (1).
Cela illustre la crise profonde dans laquelle se trouvait le PCUS, y compris avant août 1991, à cause de la désintégration des structures traditionnelles de gestion bureaucratique dans la société soviétique. Ainsi, les comités du Parti (au moins jusqu'au putsch) gardaient une influence considérable aux niveaux local et régional, alors que son appareil central était politiquement obnubilé par la lutte pour le pouvoir au sein de la bureaucraédicté une série impressionnante de décrets, entérinant, en fait, la dissolution des structures du
Parti communiste d'Union soviétique (PCUS), bien
Russie n'a eu lieu qu'après un décret d'Eltsine daté du révolution d'Octobre.
Poul Funder LARSEN portance secondaire depuis le 28e Congrès du PCUS de juillet 1990.
sein de la bureaucratie et l'avènement d'un mouvement démocratique (de plus en plus dominé par les libéraux) se sont
PCUS, par une perte d'influence et de militants, mais aussi par davantage de pluramière fois depuis des décennies, plates-formes remettant ouvertement en cause la ligne de la direction sont apparues. L'émergence de la Plate-Forme démocratique — à l'origine soutenue par des intellectuels libéraux, mais rejointe ensuite par quelques représentants de la
Les 23 et 24 août 1991, Eltsine et Gorbatchev ont que l'interdiction formelle de cette organisation en
6 novembre, à la veille du 74e anniversaire de la tie — l'ancien tout puissant Politburo n'était plus qu'un corps consultatif d'imd'authentiques
L'évolution du rapport de forces au affaiblissement
Au cours du 28e Congrès, pour la pregauche — reflétait, au sein du Parti, l'ampleur du mouvement démocratique de l'ensemble de la société. Dans le même temps, la Plate-Forme marxiste, lancée par un groupe d'intellectuels marxistes de Moscou, dépassait les revendications générales de démocratisation du Parti et de la société, en attaquant l'orientation économique libérale développée par les couches dirigeantes de la nomenklatura. Ces deux plates-formes d'opposition abritaient différentes tendances politiques — la PlateForme démocratique réunissait divers secteurs libéraux et sociaux-démocrates ; la Plate-Forme marxiste regroupait socialistes favorables à l'autogestion socialiste et aussi des courants plus conservateurs. Le dernier congrès Cependant, aucune de ces deux plates-formes n'a réussi à rassembler un nombre significatif de délégués au 28e Congrès, qui fut, encore plus que d'habitude, un congrès d'apparatchiks (2). A la suite de ce congrès, plusieurs dirigeants de la Plate-Forme démocratique — dont son porte-parole, Vladimir Lisenko, et l'ancien président de la plus importante école du Parti, Chostakovsky — ont quitté le PCUS pour former le Parti républicain, qui se situait à la "droite modérée" du paysage politique soviétique. Mais cette initiative n'a pas reçu un appui significatif, ni chez des dirigeants actuels des "démocrates" (comme Eltsine ou Popov), qui jugeaient pré-maturée la formation d'un parti d'opposition bourgeois, ni parmi de larges couches de membres du Parti. Ceux qui sont restés dans la Plate-Forme démocratique ont essayé de créer une alliance large des forces démocratiques "'non libérales" au sein du PCUS, par la formation d'un Mouvement démocratique des communistes, en novembre 1990, lors d'une conférence unitaire avec quelques autres courants -Marxisme 21, les Jeunes communistes et
1) Kommersant, 16 septembre 1991.
2) Voir Inprecorn° 322 du 18 janvier 1991.
Eltsine montre les dents
La tentative ratée du président russe, Boris Eltsine, d'imposer l'état d'urgence à la république autonome russe de Tchetchénie-Ingouchie, dans la seconde semaine de novembre 1991, dévoile deux choses: d'abord que le "démocrate" Eltsine, comme ses prédécesseurs staliniens, est prét à utiliser la force pour préserver lunité de l'Etat ensuite, comme lors de l'échec du coup de force conservateur d'août, qu'il ne dispose pas des moyens nécessaires pour imposer sa volonté. Les forces favorables à l'indépendance de la Tchétchénie ont tout simplement ignoré les décrets d'Eltsine, alors que le Parlement russe rejetait sa dé cision le 11 novembre.
Ainsi, il est apparu clairement qu'Eltsine ne détenait pas le contrôle de l'appareil répressil d'Etat. Son ministre de 'intérieur, l'homme qui aurait été chargé d'écraser la rébellion des Tchétchènes, Barannikov, a déclaré que, à l'image du président soviétique Mikhail Gorbatchev, il voulait résoudre ce conflit par des moyens politiques et non militaires
Dans l'esprit des commentateurs bourgeois, l'humiliation d'Eltsine face à la Tchétchénie-Ingouchie a engendré des doutes quant à sa capacité à faire passer en force de drastiques réformes économiques de marché
Le soutien de Gorbatchev à une pression politique et économique sur les Tchétchènes comme alternative à une intervention militaire directe témoigne de sa volonté de regagner du terrain dans sa lutte contre Eltsine. En effet, les deux hommes s'affrontent pour savoir lequel disposera du soutien le plus important de la part de l'Ouest.
La politique d'Eltsine pour établir un nouvel Etat fort en Russie va se poursuivre. Les partis qui se sont opposés à lui sur la question tchétchène se sont divisés, et des fractions favorables à Eltsine sont apparues. Son vice-président, l'ancien communiste Routskoy, a une réputation de nationaliste Grand-Russe.
Selon un conseiller d'Eltsine, le fait que la Tchétchénie-Ingouchie réussisse à laire sécession préfigurerait • l'explosion de la Russie ». Il faut s'attendre à une multiplication des conflits entre le gouvernement russe et les nombreux peuples non-russes sous sa domination.
La résistance à l'usage de la répression face à ces conflits va devenir centrale dans la lutte contre la volonté d'Eltsine d'établir un Etat fort, capable d'imposer des réformes économiques draconiennes. *
Colin Meade 15 novembre 1991 le Centre de gauche. Mais cette initiative est restée lettre morte, car elle ne se basait pas sur un programme cohérent d'opposition à la direction du PCUS ; elle n'a pas réussi à devenir un pôle d'attraction pour les militants de base qui, durant toute la période, sont demeurés assez passifs à cause des hésitations, de la politique de plus en plus libérale de la direction et du développement de la crise sociale. La Plate-Forme marxiste, pour sa part, est restée paralysée à plusieurs occasions importantes à cause de la contradiction interne constante entre ses ailes "conservatrice" et "démocratique".
La mort lente
Après le 28e Congrès, le déclin du nombre de membres du PCUS s'est accéléré. Lors de la réunion plénière du CC, en juillet 1991 — la dernière avant le putsch —, Gorbatchev a annoncé : « Au ler juillet, le PCUS comptait 15 millions de membres, soit le même nombre qu'en 1973. En un an et demi, le nombre de ses membres a chuté de 4,2 millions » (3). La chute a été particulièrement forte dans les républiques non russes souffrant des politiques centralisatrices de la direction du Parti et de l'Etat, ce qui a provoqué des scissions dans de nombreux PC — mais elle a également été importante dans plusieurs régions industrielles de Russie sévèrement touchées par la crise (4). Il est hautement probable que la perte réelle de militants ait même été plus dramatique que les chiffres donnés par Gorbatchev : durant le premier trimestre 1991, 1,3 million de membres n'ont pas payé leurs cotisations au PCUS, signe de la démoralisation de la base. Durant la dernière année de son existence, le tirage de la presse officielle du Parti a également diminué ; son principal quotidien, la Pravda, a chuté de plus de 10 millions d'exemplaires à environ 3 millions.
Peu avant le putsch, les partisans d'Eltsine se sont acharnés contre l'une des pierres angulaires du PCUS, en interdisant ses organisations dans les entreprises. Il s'agissait d'une attaque contre le PCUS, mais aussi contre le droit d'organiser des activités politiques sur les lieux de travail : « La volonté de bannir la lutte politique des entreprises ne cadre pas très bien avec le "démocratisme" affiché par le président russe. En outre, vu l'étouffement des conseils des collectifs de travailleurs et le caractère corporatiste des syndicats, cette démarche donne encore plus de liberté au pouvoir arbitraire des directions. Malgré le conservatisme, la faiblesse, et même parfois la nature fictive des organisations de base du PCUS, certaines d'entre elles, tout comme les cellules des nouvelles organisations socio-politiques, auraient pu devenir des centres de cristallisation de la protestation des travailleurs dans des conditions de crise croissante. Les tentatives pour empêcher cela tout comme la volonté de saper la base du PCUS furent les motifs premiers de ce décret » (5).
Tournant social-démocrate ?
La décon 1 de plus en plus accélérée du PC. - s'est accompagnée par des luttes de fractions encore plus ouvertes et acharnées entre les intérêts très disparates représentés dans le Parti — avec des expressions politiques allant du néostalinisme au libéralisme favorable au marché libre. Cela a, à son tour, rendu le Parti de plus en plus obsolète, même comme moyen d'expression politique, pour des couches dirigeantes de la nomenklatura qui, dans la conjoncture actuelle (même avant le coup de force), n'avaient pas intérêt à assumer l'héritage idéologique du PCUS. Des membres de la nomenklatura (symbolisés par des personnalités telles Chevardnadze, lakovlev et Volski) ont rompu les ponts — en créant le Mouvement pour la réforme démocratique, au début juillet 1991.
Une ultime tentative de transformation du PCUS en organisation parlementaire, sur une base réformiste, était au cœur même du nouveau projet de programme présenté par Gorbatchev lors de la réunion plénière du CC de juillet, après de très longues discussions dans les écheIons les plus élevés du Parti (on raconte qu'il a été réécrit huit fois !). Le cours social-démocrate du projet de programme a été fortement critiqué lors de la réunion du CC (par exemple, par le dirigeant du PCUS à Léningrad, Boris Gisdapov, et par Andrei Prigarine de la Plate-Forme
Mais Gorbatchev a clairement donné la position des cercles dirigeants Parti : « Cette peur [d'une social-démocratisation du PCUS] se fonde sur des désaccords idéologiques qui existaient déjà durant la révolution et la guerre civile. A cette époque, les communistes et les sociaux-démocrates n'étaient pas du même côté de la barricade. Les historiens doivent faire toute la lumière sur les débats de l'époque, mais il est assez évident que les contradictions apparues alors —
3) Pravda, 26 juillet 1991.
4) Par exemple, dans la région de Tioumen, en Sibérie occidentale (la principale région productrice de pétrole de Russie), 46 000 des 158 000 membres (c'est-à-dire 29 %) ont quitté le PCUS en 1990. Le ter juillet 1991, on comptait 7,5 millions de membres dans la fédération de Russie.
5) Nikolai Preobrajenski, "Le coup et après", Socialist Alternatives, Montréal 1991.
l'attitude face à l'utilisation de la force, la dictature du prolétariat et la démocratie, le rôle de la conscience socialiste et de l'avant-garde politique — ont perdu leur importance initiale. Nous avons changé et les sociaux-démocrates ont aussi changé » (6).
A l'apogée de cette ouverture vers une "refondation" réformiste du Parti, Gorbatchev n'excluait pas de rebaptiser le PCUS, en parti "socialiste" ou socialdémocrate, mais il avait proposé de reporter la décision. La question du programme devait être tranchée à la fin 1991 par un 29e Congrès du PCUS (qui ne sera sans doute jamais convoqué).
Une indication intéressante sur le régime interne du PCUS et de son CC est qu'aucun des futurs putschistes — qui ont lancé leur coup de force à peine trois semaines plus tard, pavant alors la route pour la liquidation du Parti — n'est intervenu lors de la réunion plénière. Anatoli Loukianov, la seule personne directement liée au coup qui se soit exprimée, a insisté dans sa contribution : « Le Parti ne peut pas supporter de perdre le président — tout comme le président ne peut pas admettre de perdre son parti! » (7).
Le coup de poignard
Les développements durant les dernières semaines d'août ont clairement modifié les rapports de forces au sein des appareils bureaucratiques, par un important remaniement de personnel et une redistribution massive d'argent et de propriétés. Mais apparemment, ce processus illustre, en fait, un réalignement des couches dirigeantes de la bureaucratie du Parti (parties intégrantes de l'ancienne nomenklatura) sur les nouvelles élites.
Une de ces nouvelles instances a été décrite ainsi par un socialiste de Léningrad : « Où se rendent les anciens fonctionnaires du Parti maintenant ? Où peuvent-ils trouver un emploi correspondant à leurs capacités ? Dans la direction d'une joint-venture, dans une coopérative, ou dans l'administration locale : c'est la voie tracée pour la plupart. Mais on trouve aussi d'autres variantes. En ce moment l'administration de la mairie de Léningrad se déplace à Smolny (8), mais nombreux sont ceux qui ignorent que beaucoup de membres de l'entourage de Sobtchak n'entrent pas dans cet institut pour la première fois-il suffit, par exemple, de jeter un œil à la composition du conseil qui dirige la zone franche économique, sous les auspices du maire de Léningrad, et de la comparer à la liste des membres des deux dernières assemblées du comité régional du Parti. Il apparaît alors que huit des quatorze membres de ce puissant conseil ont un passé très récent dans la direction du PCUS à Léningrad » (9).
Le Parti démocratique des communistes de Russie dirigé par Alexandre
RUSSIE Routskoy - ancien général et dirigeant de l'association chauvine "Mère-Patrie" qui a effectué une brillante carrière comme laquais d'Elstine — est l'une des manifestations politiques de la couche moyenne et supérieure des bureaucrates du Parti et de l'appareil d'Etat (par exemple de nombreux dirigeants d'entreprises) qui a choisi l'alliance avec les nouveaux cercles dirigeants. Routskoy était le leader du groupe de députés du PCUS au Parlement russe qui, sous le nom de Communistes pour la démocratie, se sont unis aux libéraux, en avril 1991, pour soutenir l'extension des pouvoirs de Boris Eltsine. Il a aussi été cofondateur du Mouvement pour la réforme démocratique et a dirigé la création d'un parti "indépendant" des communistes russes (encore dans le cadre du PCUS), les 2 et 3 août 1991. Lors de cette conférence de fondation, la plupart des rescapés du Mouvement démocratique des communistes a rejoint Routskoy.
Lors de son premier congrès, les 26 et 27 octobre, cette nouvelle formation a pu, dans un certain sens, se poser en "parti dirigeant" de Russie — ou, au moins, en élément clé de la coalition au pouvoir -attirant par là-même de nombreux anciens carriéristes du PCUS. Dans l'ensemble, le congrès a confirmé la trajectoire pragmatique de ce parti — alliant son appui ferme au programme libéral d'Eltsine avec des slogans sur la protection sociale pour faire passer la pilule: « Dans son programme minimum, le parti énumère les tâches suivantes: suppression de toutes les limitations sur l'augmentation des revenus légaux et sur les initiatives économiques des citoyens; privatisation rapide des petites entreprises ; revenu minimum garanti supérieur au niveau de subsistance ; programme gouvernemental pour l'emploi ; réforme militaire comprenant une transition vers une armée professionnelle ; effort pour dépasser la paralysie du pouvoir à travers des élections de corps locaux d'autogestion et d'un parlement russe sur une base de multipartisme » (10). Mais, malgré la revendication d'élections libres et la volonté de se présenter comme un "parti démocratique de gauche", Routskoy a fermement soutenu le cours autoritaire vers "un pouvoir exécutif fort" — dont l'annulation des élections des directions locales des administrations (fixées à l'origine pour novembre 1991) et l'octroi de "pouvoirs d'urgence" très importants à Eltsine, le ler novembre. Afin de faire oublier ses origines dans le PCUS (et tout engagement socialiste), durant son premier congrès, le parti a décidé d'adopter un nouveau nom, le Parti de la Russie libre (PSR).
« Prend l'oseille et tire toi »
Malgré cette décision, le parti de Routskoy n'a pas écarté la possibilité de se poser en "successeur" légal et financier du PCUS, c'est-à-dire de recevoir une part de son immense fortune.
Les biens et les propriétés du PCUS ont représenté une question-clé des manœuvres sur la scène politique dans toute la période qui a suivi le coup de force. Il était évident, depuis le début, que le décret sur la "nationalisation" des propriétés du PCUS était contraire à la législation en cours : « Le décret du président de Russie quant au transfert de la propriété du CC du PCUS au Conseil des ministres russe, en charge de la commission d'évaluation, contredit les lois russes sur la propriété et les organisations sociales. Ces lois pré-
6) Pravda, 26 juillet 1991.
7) Pravda, 29 juillet 1991.
8) Le maire de Léningrad, Anatoli Sobtchak, est une personnalité libérale qui a fait pression pour la création d'une zone franche économique à côté de la ville. Smolny est le fameux ancien institut pour les jeunes filles de la noblesse utilisé par le soviet de Petrograd et les bolcheviques en 1917. Jusqu'au putsch d'août 1991, c'était le quartier général du PCUS à Léningrad.
9) Igor Pikhalov, "Retour communiste à Smolny", article non publié, octobre 1991.
10) Izvestia, 28 octobre 1991.
voient des compensations financières pour les propriétaires des biens nationalisés, si la Cour n'a pas réussi à prouver l'illégalité de l'activité économique du propriétaire ou l'acquisition illégale de la propriété. Il n'est pas certain que l'on arrive à le prouver pour l'ensemble des propriétés du PCUS » (11). Ainsi, tant le parti de Routskoy que celui de Roy Medvedev réclament à grands cris des parties de la fortune du PCUS — alors que les vainqueurs "démocrates" d'août ont immédiatement commencé à se déchirer quant à la distribution des principaux morceaux de la propriété du Parti.
Les enjeux sont d'ailleurs considérables. Lors d'une interview, Iouri Petrov, un proche conseiller d'Eltsine, a tenté d'estimer la fortune du PC : « En janvier 1991, la valeur des principaux biens du PCUS atteignait 5,2 milliards de roubles. Les propriétés immobilières des comités du Parti et de son administration, les établissements économiques, organisationnels et d'éducation se chiffrent à 2,7 milliards de roubles; les comptes en banque courants et la trésorerie du Parti sont estimés à 5,4 milliards de roubles. Il y a 2,4 milliards de roubles à l'abri, alors que différentes sortes de sécurités financières se montent à 5,8 milliards de
Le PCUS était également de plus en plus investi dans des opérations financières à grande échelle : « Les moyens du Parti transférés vers ['"auto-ban-que", la banque des syndicats, la banque commerciale de la jeunesse, la corporation Union-B et d'autres (soit, en tout, 24 organisations commerciales) se montent à 2,7 milliards de roubles » (13). Selon une déclaration récente, ce chiffre pourrait être encore bien plus élevé : « Nous avons été informés que les ressources du PCUS placées sur différents comptes en banque et l'argent investi dans plusieurs petites entreprises, joint-ventures et compagnies par actions ont été gelés. Plus de 5,5 milliards de roubles ont ainsi été recueillis jusqu'à présent » (14).
Cette question est délicate car les opérations commerciales du PCUS chaient plusieurs compagnies, d'éminentes personnalités libérales et d'anciens membres de la nomenklatura, qui condamnent aujourd'hui les crimes du PCUS, qui leur donnait à manger hier... Dans le même temps, l'importance de l'investissement du PCUS dans les affaires privées permet enfin de lever un peu le voile sur l'ensemble du processus d'étroite imbrication entre la nomenklatura et la mafia économique, à travers des privatisations sauvages, des contrats clandestins et la fraude classique.
Un cas, découvert récemment, montre que le comité régional du PCUS de Léningrad participait à une joint-venture avec des investisseurs britanniques, en transférant des parts considérables des propriétés du Parti (dont deux hôtels et un parking) à une nouvelle compagnie privée. Cette transaction a été déclarée illégale par la Cour de justice de la ville de Léningrad comme « infraction aux règlements du PCUS » (15).
Un parti hors-la-loi
La presse libérale soviétique a porté une attention considérable au réseau financier international du PCUS et à sa volonté d'investir des fonds dans des firmes étrangères (dont celles de plusieurs "partis frères"). Dans un document interne du secrétariat du CC, daté du 23 août 1990, la logique de ces opérations est formulée en toute franchise : « Comme les leçons des partis communistes d'Europe de l'Est nous l'ont appris, si nous n'agissons pas à temps pour réorganiser la propriété du Parti selon les demandes de l'activité commerciale, en l'insérant dans une circulation économique normale — surtout dans les conditions d'une transition vers le marché —, le Parti subira inévitablement de sérieuses conséquences » (16).
Dans ce document, une série de méthodes concrètes est proposée pour développer de manière considérable les biens commerciaux du PCUS - dont d'immenses investissements dans des syndicats internationaux, des entreprises mixtes et la fondation d'une « banque contrôlée par le CC du PCUS avec la possibilité de mener des opérations en devises fortes ». La structure de direction envisagée était fortement hiérarchisée (et secrète) et aurait ressemblé à celle d'un trust multinational : « Le but final est, à travers la "commercialisation" des propriétés actuelles du Parti, de fonder systématiquement les structures d'une économie
"invisible" du Parti; seul un cercle restreint sera admis par le secrétaire général du PCUS pour réaliser ce travail » (17).
Durant la période qui a suivi le putsch, la campagne de dénonciation des partisans d'Eltsine contre les transactions clandestines du
PCUS a servi, à l'évidence, un objectif politique : paver la voie de l'interdiction du Parti — en se débarrassant enfin des nostalgiques du Parti et en faisant main basse sur sa fortune. Le fait que les militants de base aient versé pendant des années des sommes importantes au PCUS à travers leurs cotisations ne semble pas intéresser les libéraux. Quand il a été interrogé explicitement sur le montant de cette somme, Iouri Petrov a dû admettre : « Pour 1990, les cotisations payées par les militants se sont montées à 1,245 milliard de roubles. » Quand on lui a demandé:
« Envisagez-vous de rendre cet argent aux militants de base si le PCUS est liquidé? », il a immédiatement répondu :
« Selon moi, ce serait absurde » ! (18)
Afin de justifier l'interdiction du Parti, une prétendue "audition ouverte" sur le rôle du PCUS durant le coup de force des
19 à 21 août a été menée par le Soviet suprême de Russie, les 21 et 22 octobre
1991. Cette audition a été peu fructueuse et certaines de ses accusations semblent assez peu fondées ; ainsi, la une des Izvestia a annoncé que l'ancien défenseur de la ligne dure du bureau politique, Igor Ligatchev, aurait aidé à organiser le putsch dans sa ville sibérienne de Tomsk - insinuation niée par Ligatchev lui-même et par de nombreuses autres sources (19). Le but de cette campagne n'était un secret personne : « Lors de discussions pour avec les correspondants de la Nezavissimaïa Gazeta, des membres de la commission d'enquête (au sein du PCUS) ont af-
11) Kommersant, 30 septembre 1991
12) Argumenti i fakti n° 40, octobre 1991.
13) bidem.
14) Izvestia, 5 novembre 1991.
15) Kommersant, 4 novembre 1991.
16) Ce document signé par Vladimir Ivsilo, le vice-président de Gorbatchev, a été publié en une du journal libéral indépendant, Nezavissimala Gazeta, 31 octobre 1991.
17) bidem.
18) Argumenti i faktin° 40, octobre 1991.
19) Izvestia, 23 octobre 1991.
officiellement la victoire de la révolution d'Octobre. Cependant, dans la capitale, à l'appel de
Union des travailleurs de Moscou (organisation de tendance assez conservatrice), 6 à 8 000 personnes ont manifesté pour rappeler leur attachement à la révolution socialiste de 1917 et leur opsous prétexte d'éviter des affrontements avec d'éventuels "contre-manifestants" — ceux-ci, totalement invisibles, n'auraient rassemblé qu'environ 200 personnes, ce qui illustre bien la difficulté des libéraux à mobiliser et la désorientation de leurs partisans. Cependant, vers 9 heures du matin, une foule animée s'est retrouvée, Place d'Octobre, sur l'un des boulevards entourant le centre de Moscou. Si la moitié des manifestants semblaient avoir plus de 40 ans, les jeunes étaient
L'ambiance du rassemblement était bon enfant et fraternelle et les slogans et banderoles, loin, pour la plupart, de réclamer un retour au passé stalinien, étaient principalement dirigés contre les changements antipopulaires et antisocialistes imposés par décret par Eltsine et son équipe : pridéfi et d'entrain. Après des pourparlers avec les policiers qui gardaient le pont permettant l'accès direct au Kremlin, le service d'ordre de la manifestation l'a détourée pour qu'elle pénètre sur la
Place Rouge par l'arrière. De nombreux manifestants se sont opposés à ce détour, clamant que firmé qu'ils étaient convaincus qu'un décret d'interdiction du Parti serait pris tôt ou tard. Et ce n'est qu'un début ; dans le futur, le principe des auditions dans le Soviet suprême de Russie sera étendu et ne touchera plus uniquement la complicité du PCUS dans les incidents des 19 au 21 août, mais aussi ses responsabilités dans le développement d'une dictature totalitaire dans le pays. Ces auditions, selon les membres de la commission, pourrait déboucher sur l'adoption d'une loi spéciale au Parlement visant à interdire toutes les activités communistes dans le pays » (20). Il est prévisible que les proches d'Eltsine autodésignés juges décideront quels partis et mouvements pourront être taxés de "communistes".
Les habits neufs de Medvedev
Il n'est pas certain que ce qualificatif s'applique à l'initiative pour un Parti des forces de gauche, prise par l'historien antistalinien Roy Medvedev et un groupe d'anciens députés du PCUS, au début octobre. Dans la déclaration appelant à la formation du nouveau parti, ses bases politiques sont décrites en termes extrêmement vagues : « Aujourd'hui, surgit la possibilité de fonder un parti puissant indépendant de l'appareil, regroupant des gens unis par des idéaux nobles, des buts honnêtes et une amitié vraie. Ce sera le Parti de la liberté, de la vérité, de la moralité et de la justice » (21). Le point de référence idéologique de cette initiative est le nouveau programme dessiné pour le PCUS (socialisme, démocratie, progrès), rédigé par la réunion plénière de juillet 1991. Dans plusieurs journaux soviétiques, on a même lu que Mikhail Gorbatchev « en tant qu'individu et non que président » avait exprimé son soutien à ce projet lors d'une conversation avec l'un de ses dirigeants, le député du peuple Anatoli Denisov.
La déclaration initiale de ce parti a été soutenue par certains leaders régionaux du PCUS, par exemple l'ancien premier secrétaire du Parti de Ninji-Novgorod, et par quelques députés. Lors de la conférence de fondation des 26 et 27 octobre, la majorité des 324 délégués semblait être constituée d'anciens fonctionnaires qui occupaient des fonctions de base ou intermédiaires dans le PCUS et de seulement 12 % d'ouvriers (22) ; l'âge moyen des délégués dépassait 40 ans. Le tableau général n'était guère encourageant : il y a eu des discussions sans fin sur le nom du nouveau parti ; il a finalement été baptisé Parti socialiste des travailleurs (PST), alors que plusieurs délégués de l'aile conservatrice du PCUS avaient demandé, position à la politique de retour au capitalisme.
vatisations, inflation, bradage de la propriété nationale, chômage, etc le centre-ville leur appartenait encore et que tout n'avait pas été vendu à l'étranger. en vain, que le terme communiste soit requ'il prenne ses distances avec le passé totalitaire du PCUS, il veut apparaître comme l'un de ses successeurs (23).
Les dinosaures
One désarment pas
Plusieurs forces de l'aile conservatrice du PCUS ont annoncé leur intention de former des partis communistes basés sur sa tradition bureaucratique. Ces tendances ont trouvé un pôle de ralliement dans le Parti communiste russe, créé vers juin 1990, mais elles sont restées politiquement sur la défensive pendant une longue période. A Moscou, leur principale activité politique après le coup de force semble avoir été de tenir un rassemblement permanent devant le musée Lénine pour demander sa préservation. Certains des courants conservateurs flirtent aussi avec le chauvinisme grand-russe, ainsi le
20) Nezavissimaïa Gazeta, 24 octobre 1991. La majorité des députés du Soviet suprême russe (dont Boris Eltsine) étaient membres du PCUS quand ils ont été élus, en mars alors la dissolution du Parlement et la tenue de nouvelles élections.
21) Pravda, 3 octobre 1991.
22) Ces chiffres ont été donnés lors d'un rapport oral de la commission des mandats, 26 octobre 1991.
23) Dans la plupart des républiques non russes, des partis créés à partir du PCUS et des partis communistes républicains ont aussi été formés. Début septembre, l'ancien PC du Kazakhstan a été rebaptisé Parti socialiste du Kazakhstan, alors que Nursultan Nazarbaïev démissionnait de son poste de pre-
=
Un 7 novembre pas comme les autres...
Le 7 novembre 1991, pour la première fois depuis 1918, l'Union soviétique n'a pas célébré
Le maire de Moscou, Gavril Popov, avait interdit tout rassemblement dans le centre-ville, également présents en nombre, avec notamment la participation de nombreux adolescents
Les manifestants ont ensuite pris la direction de la Place Rouge dans une atmosphère de
Dans ce cortège, des jeunes vendaient le premier exemplaire d'Inprecor en russe (voir Inpre-
David Seppo
15 novembre 1991
Parti libéral-démocratique populiste de droite, dirigé par Sirinovski, prétend avoir accueilli un nombre considérable de militants droitiers déçus du PCUS (24).
Les néostaliniens de la Plate-Forme bolchevique du PCUS (fondée à la mi- juillet 1991) et de la société Unité, toutes deux dirigées par Nina Andreeva, ont convoqué un congrès à la fin de l'année, pour « revoir les décisions prises par le
20e Congrès du PCUS, en refaisant un
20e Congrès » et créer un « parti vraiment bolchevique » (25) ! Un autre courant conservateur, l'Initiative communiste
(ancien Congrès pour l'initiative de Léningrad), bénéficie sans doute d'un appui plus large que les troupes de Nina Andreeva, mais il est loin des « 4 millions de communistes » qu'il prétendait représenter lors de son Ile Congrès, en juin 1991 ;
il a aussi annoncé la fondation d'un nouveau parti se présentant comme le successeur du PCUS : « A la fin novembre, ils ont prévu de tenir un congrès de fondation du nouveau parti. Ses buts fondamenmier secrétaire. Les 26 et 27 octobre, un Parti socialiste d'Ukraine, comprenant des parties de l'ancien PC d'Ukraine, a été créé lors d'un congrès à Kiev. Selon la Pravda du 28 octobre 1991 : - Le fondement idéologique du Parti repose sur le socialisme scientifique. Le Parti socialiste d'Ukraine veut re prendre toutes les expériences enrichissantes du PCUS et du
PC d'Ukraine, de l'héritage spirituel du peuple ukrainien et de la pensée intemationale social-démocrate. »
24) La montée du mécontentement et du chauvinisme a été illustrée par le fait que, lors de l'élection présidentielle de Russie, en juin 1991, Sirinovski a réussi à obtenir la troisième position (après Eltsine et Rijkov) avec sa rhétorique chauvine de droite.
25) Kommersant, 16 septembre 1991.
taux semblent être la lutte contre "la montée contre-révolutionnaire" et la reconstruction d'un système socialiste en URSS - envisageant la suprématie de la propriété publique des moyens de production, la coexistence de mécanismes de planification et de marché dans l'économie, le pouvoir aux soviets organisés sur la base de la production, et le maintien de l'Union sous forme de fédération.
» Cependant, en pratique, cette organisation soutient toutes les initiatives favorables à un retour au "socialisme", identifié avec l'ancien système, ou à tout acte visant à la reconstruction de l'ancien régime bureaucratique. Des importants éléments de la politique concrète de l'Initiative communiste sont : le soutien inconditionnel des dirigeants, clairement partisans de la politique de la "main de fer" (le général Makachov et d'autres) et la défense de l'unité de l'URSS — par tous les moyens, y compris des méthodes violentes. Cette organisation s'illustre aussi par un antisémitisme avoué et par une tendance à s'allier à des organisations néostaliniennes et chauvines. Après le coup de force, l'Initiative communiste n'a pratiquement pas revu
La Plate-Forme marxiste fait des petits
Le coup d'août 1991 et ses conséquences ont accéléré l'éclatement inévitable de la Plate-Forme marxiste. Trois tendances différentes sont sorties de ce regroupement — deux d'entre elles ont déclaré leur intention de fonder de nouveaux partis communistes, alors que la troisième (l'aile gauche) a soutenu le projet de Parti du travail (27).
«La première tendance, dirigée / ir Alek Prigarine, a appelé à la formation d'un comité d'organisation pour un nouveau parti communiste — l'Union des communistes. Les conceptions programmatiques de base de ce comité d'organisation sont proches des idées de l'Initiative communiste, mais avec certaines "circonstances atténuantes" — c'est-àdire sans chauvinisme ni néostalinisme. Cependant, au sein de ce groupe, persiste l'idée de "refonder" le socialisme en utilisant des méthodes bureaucratiques. Cela différencie fondamentalement les partisans de Prigarine des autres courants.
» La seconde tendance qui a émergé de la Plate-Forme marxiste est dirigée par Anatoli Kroutchkov. Elle appelle aussi à la formation d'un comité d'organisation pour un nouveau parti communiste — le Parti des communistes. Son principe fondateur est qu'une option socialiste viable et une perspective communiste présupposent le développement de la démocratie (le pouvoir du peuple) dans l'économie, la politique, et les relations nationales.
» La troisième tendance, dirigée par Alexandre Bouzgaline et Andreï Kolganov, soutient l'Initiative pour un parti du travail. Nous nous retirons du conseil de coordination de la Plate-Forme marxiste, parce que le mouvement s'est, en réalité, beaucoup éloigné de ses conceptions programmatiques initiales et s'est transformé en une des forces néoconservatrices du pays, surtout en ce qui concerne l'importante question des relations entre les nations. Bien que nous appuyons fondamentalement les conceptions programmatiques du groupe de Kroutchkov, nous pensons que la formation d'un nouveau parti communiste — qui, de plus, se poserait en successeur du PCUS (une telle idée apparaît dans les déclarations du groupe de Kroutchkov) — conduirait à la formation d'un groupe fermé et sectaire, isolé du mouvement de masse socialiste, malgré les intentions louables de ses initiateurs. A cause de cela, nous avons commencé à organiser le groupe d'initiative des communistes favorables à un parti du travail » (28).
Avec le décret du 6 novembre, qui interdit le Parti communiste en Russie, Eltsine a essayé de résoudre l'imbroglio juridique concernant les propriétés du PCUS, tout en espérant se débarrasser d'un pôle potentiel d'opposition. Mais, étant donné le degré de chaos économique, ainsi que la perplexité et la division évidentes au sein du camp libéral, il pourrait bientôt être confronté à des défis bien plus sérieux — comme l'ont indiqué la manifes-
Station des syndicats du 23 octobre et la petite, mais significative, manifestation du 7 novembre (voir encadré en page 8). La peur des libéraux Un journal libéral a rapporté avec inquiétude certaines des demandes de l'un des groupes issus du PCUS : « Ils demandent au pouvoir de garantir le droit au travail, le droit de se battre, la protection contre le chômage, des soins médides informations fiables, et le droit de voyager librement. A côté de cela, le document contient aussi certaines opinions programmatiques nouvelles qui selon les orthodoxes - sauveraient le pays à la fois du capitalisme et de la stagnation : le contrôle ouvrier, la réintroduction de la planification dans des mesures drastiques contre l'inflation » (29). Les partisans d'Eltsine risquent d'être confrontés de plus en plus souvent à ce type de revendi-
Dans cette conjoncture, il serait précipité de prévoir lesquels des nombreux groupes et partis qui émergent aujourd'hui des ruines du PCUS gagneront un certain écho — en dépit de la faillite politique du PCUS. Cependant, la construction d'un mouvement large, vraiment démocratique, et socialiste passera certainement par un renouveau des luttes et des mouvements sociaux et surtout du mouvement ouvrier dans les républiques de l'ancienne Union.
12 novembre 1991
Les dessins qui illustrent cet article sont extraits de Klassekampen, quotidien de gauche norvégien.
26) Alexandre Bouzgaline et Andrei Kolganov, "La structure des forces de gauche en URSS après le putsch d'août", article non publié, Moscou, octobre 1991. Le général Makachov est un gros bonnet conservateur, ancien commandant du district militaire de la Volga et de l'Oural, qui s'est présenté à l'élection présidentielle de Russie au printemps 1991, recueillant environ 4% des voix. 27) Voir Inprecor n° 338 du 11 octobre 1991. 28) Alexandre Bouzgaline et Andrei Kolganov, bidem.
29) Nezavissimaĩa Gazeta, 24 octobre 1991.