Un répit transitoire janvier 1992, les partis menacés de suspension. Si le spectre de la dictature intégriste semble s'éloigner, celui de la dictature militaire se précise ; et la fenêtre démocratique ouverte par la révolte d'octobre 1988 continue à se refermer (voir Inprecor n° 344 du 17 janvier ce coup qui frustre le FIS de la victoire. impuissance face à l'armée. « Prenez patience, jeûnez, priez, l'heure n'est pas venue... » C'est le discours que tient le FIS. Le pouvoir est à l'offensive, pressant les intégristes pour les pousser à la faute, arrêtant leur chef actuel pour une déclaration appelant les soldats à la voie de Dieu... tique, mais il leur faut démanteler le FIS ou, au minimum, le réduire. Au passage, ils veulent remodeler le paysage politique pour se doter d'un parti à même de rivaliser avec le FIS. Le Front de libération nationale (FLN) sera peut-être enterré, le Front des forces socialistes (FFS) contenu, le FIS laminé. gné qui est représentatif ? Quel crédit peut leur donner le personnage de Boudiaf, chef historique du FLN, importé à la hâte de son exil marocain, pour jouer les sauveurs de la nation à la tête du comité d'Etat ? vont bientôt sonner. Le FIS, ou plutôt l'intégrisme, est le vainqueur moral de ce coup qui le légitime comme représentant du peuple. La direction du FIS apparaît peut-être impuissante à changer le cours des choses, mais, dans quelques mois, quand la situation évoluera et mettra en évidence l'incapacité du pouvoir à résoudre les problèmes économiques, qui d'autre que l'intégrisme pourra se prévaloir de représenter le peuple démuni ? *
Abdelkader Hachani, leader provisoire du Front islamique du salut (FIS), arrêté le 22 Les militants du FIS sont les plus inquiets et toute la jeunesse vit avec une colère sourde Aucune réaction n'est à attendre du FIS qui a pris, en juin 1991, la mesure de son En fait, il semble que les militaires tiennent à maintenir un semblant d'ouverture poliMais quelle crédibilité peut avoir leur conseil consultatif quand les urnes ont déjà désiIl est clair que le pouvoir dispose d'un répit temporaire et que les échéances sociales
Alger, 23 janvier 1992