Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COTE D'IVOIRE

Faillite d'un pays modèle

· Inprecor n° 346, 14 février 1992 · p. 33-35 · 2 953 mots

Économie mondiale France

"Pays modèle": aux yeux de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI), la Côte d'Ivoire a mérité ce titre à deux reprises. Dans les années 60 et 70, pour son ouverture aux investissements étrangers et sa croissance basée sur ses exportations agricoles. Dans les années 80, pour son zele à appliquer les programmes de stabilisation et d'ajustement de la BM et du FMI (1). A elle seule, cette succession devrait faire réfléchir... D'autant plus que dix ans après la signature du premier programme d'ajustement structurel (PAS), « les dernières mesures énoncées par les autorités ivoiriennes ne sont qu'une répétition très minutieuse des programmes établis à l'origine » (2). Un cas d'école, done, pour étudier l'impact durable de la politique du FMI.

Jean-François MARQUIS

S FMI et de la BM, l'état des

lieux actuel est édifiant. A d'Ivoire s'élevait à 16,5 milliards de dollars, presque le triple de ce qu'elle était en 1980. Le service de cette dette, la plus élevée per capita de toute l'Afrique, représentait 63,8 % des revenus d'exportations, les paiements effectifs s'élevant à 29,5% (3). De 1980 a 1989, le produit national brut (PNB) par habitant — si la précision des statistiques est discutable, généralement les estimations sur ce point sont faussées à la hausse — a diminué tous les ans, à l'exception de 1985. La chute est de près de 20% pour la période 1987à 1989 (4). Les investissements, qui s'élevaient à 18 % du PNB en 1980, n'en représentaient plus que 6 % en 1987 (5). La production industrielle progressa de 11,7 % par an entre 1973 et 1980 ; elle a diminué de 2,4 % entre

De 1981 à 19487, le pouvoir d'achat des fonctionnaires a baissé d'un cinquième (7). L'appauvrissement est généralisé. Les revenus des planteurs de cacao et de café (principales cultures de rente de la Côte d'Ivoire) ont chuté de 75 % au cours des deux dernières années (8). Le chômage frappe un tiers de la force de travail. Entre 1980 et

1984, la consommation par habitant de poisson et de viande a reculé de 20 % (9) ; et le glissement de la consommation vers des produits vivriers de moindre prix confirme cette tendance croissante. Les investissements dans la santé et l'éducation ont diminué en moyenne de 2,8 % par an depuis 1978, alors que la population, dont 70 % a moins de 20 ans, croît au rythme de 4,4 % par an (10). Au-delà du problème de la répartition des biens, l'effondrement du marché de l'automobile — 71 % depuis 1980 — est un indicateur de la relation appauvrissement/crise du transport.

Ce constat de catastrophe économique et sociale concerne un pays qui « s' administre avec une docilité à bien des égards remarquable la purge des programmes d'ajustement prescrits par les bailleurs de fonds, le

1) John Loxley, "The IMF, the World Bank, and Sub-Saharan Africa : Policies and Politics", in K. J. Havnevik (éd.), The IMF and the World Bank in Africa, Uppsala, 1987.

2) Marchés Tropicaux du 21 septembre 1991.

3) Africa South of the Sahara, London, Europe Publication, 1991.

4) Michael Hood, Economics of Africa, London, 1991.

5) Africa confidential du 22 avril 1991.

6) Africa recovery, juin 1991.

7) Nghia Nguyen Tinh et Harmut Schneider, "L'emploi en période d'ajustement : le cas du secteur moderne en Côte d'voir", in Revue Tiers Monde, avril-juin 1991.

8) Africa confidential du 22 avril 1991

9) Gilles Durufié, L'ajustement structurel en Afrique, Sénégal, Côte d'voire, Madagascar, Paris, Karthala, 1988.

10) Marchés Tropicaux du 21 septembre 1991.

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COTE D'IVOIRE FMI en particulier », et auquel la Banque mondiale applique « sans doute » le programme « le plus élaboré » de tous ceux mis en uvre en Afrique noire « pour tenter de modifier en profondeur l'environnement économique intérieur » (11). Les limites d'une eroissance

Il est aujourd'hui de bon ton de désigner du doigt l'incurie et la corruption des "élites" du tiers monde, qui auraient conduit leurs pays à la banqueroute. Grande découverte... de l'évidence. Dans un pays dont le président depuis 30 ans, Félix Houphouët-Boigny, a fait construire une nouvelle capitale dans son village natal de Yamoussoukro et y a fait ériger une basilique estimée à 280 millions de dollars (12) inaugurée par le pape, la symbolique est aussi ajustée. Les dénonciateurs, souvent tardifs, oublient cependant un peu vite que Félix Houphouët-Boigny, ancien ministre d'Etat du général de Gaulle, et que son Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'unique jusqu'en 1990, sont largement des produits de la colonisation. Ils n'ont jusqu'à ce jour jamais perdu l'appui de la France, l'ancienne puissance tutélaire, y compris de la France mitterrandiste et social-démocrate. « La principale garantie de la sécurité de l'Etat a continué de résider dans une base militaire française, et dans de fréquentes manceuvres conjointes franco-ivoiriennes. » De même, le modèle de croissance économique, qui aboutit à la crise de la fin des années 70, a été mis en place « juste avant l'indépendance et pendant les deux décennies qui l' ont suivies » (13).

Durant les années 60 et 70, les produits agricoles ont continué à représenter plus de 80 % des exportations de la Côte d'Ivoire. Même si des efforts de diversification ont eu lieu, le café et le cacao, qui font vivre 400 000 exploitants et leurs familles, sont restés les deux principales cultures de rente (78 % des exportations agricoles en 1982) (14). La fragilité découlant de cette dépendance vis-à-vis de deux produits fut mise en évidence dès le recul, en 1978, de leurs cours sur le marché mondial : la crise de l'économie ivoirienne éclata immédiatement.

La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CAISTAB), autre héritage colonial, contrôle la commercialisation de ces deux cultures. Elle est le véritable cœur du régime ivoirien. Payant aux planteurs un prix fixé d'avance, elle ne leur a pas transféré la totalité de la hausse des cours mondiaux du café et du cacao qui eut lieu durant les années 70. Cette période a donc impliqué une forte croissance pour les exportateurs dont la marge est garantie, mais aussi 'accumulation de fonds importants dans les coffres de la CAISTAB (15). C'est adossé à ces revenus que l'Etat ivoirien s'est lancé dans un vaste programme d'investissements (22 % du produit intérieur brut — PIB — en 1977) et d'endettement — la dette extérieure à long terme passant de 26 % du PIB en 1975 à 55 % en 1981 (16). Au passage, quelques détournements de fonds sont opérés, et aboutissent en partie dans des coffres de banques occidentales (les helvétiques étant mieux cotées que le cacao).

En outre, la Côte d'Ivoire est restée marquée par le type de polarisation sociale qui a été consolidée et remodelée par le pouvoir colonial. En 1986, les 10% les plus riches de la population accaparaient officiellement 36 % des revenus (17). Les riches planteurs de café ou de cacao, souvent absentéistes, forment l'ossature historique de cette "élite" ivoirienne. Leur contrôle de l'Etat et de la commercialisation de ces deux cultures ont été les leviers de leur enrichissement. La communauté libanaise joue également un grand rôle commercial. A l'opposé, les 20 % les plus pauvres devaient se contenter de 5 % des revenus (18), chiffre de la BM qui, comme les études de cas l'ont montré, sousestime en ce domaine la réalité. Parmi ces plus défavorisés, il faut compter en premier lieu les travailleurs migrants, notamment burkinabés, qui, depuis l'époque coloniale, fournissent la main-d'œuvre extrêmement peu payée sur laquelle reposent les cultures du café et du cacao. Ces immigrés représentent plus du quart de la population de Côte d'Ivoire (19). Inégalités et développement

Cette polarisation sociale, ave sa distribution des revenus, sa typologie de demande (modèles de consommation) et d'offre (type d'investissements) liée à la "mondialisation", a eu de lourdes conséquences sur les possibilités de développement économique.

Une partie des investissements — dont le quartier du Plateau à Abidjan, le Manhattan africain, est le symbole — ont été effectués pour des infrastructures qui profitent aux "élites" ivoiriennes et aux maîtres d'œuvre européens. Elles vont à l'opposé des besoins de développement du pays, sans même parler des besoins sociaux élémentaires de la majorité de la population.

Les tentatives 'industrialisation par substitution aux importations se sont heurtées au caractère étriqué du marché intérieur. De même, les exportations agricoles, contrôlées par des firmes étrangères, ont donné naissance à très peu d'industries de transformation de ces produits, et n'ont enclenché aucun processus cumulatif d'industrialisation ; sans même parler d'industrialisation appropriée au type de pays et de la population.

La concentration des revenus a accru les importations de produits de consommation... et favorisé la fuite des capitaux. Dans les années 70, jusqu'a 7 % du PIB était transféré sous forme de revenus privés à l'étranger, une grande moitié étant imputable aux Ivoiriens et Libanais (20). Ces deux phénomènes ont contribué à alourdir le déficit extérieur du pays.

L'enlisement

Avec la baisse du prix des matières premières, la Côte d'Ivoire s'est retrouvée fortement endettée sans que ses investissements aient permis l'émergence d'un nouveau sec teur susceptible de dégager les devises nécessaires au paiement de la dette. La contrainte du recours au FMI et à la BM était inscrite dans le modèle de développement proposé par le Nord et adopté par les "élites" ivoiriennes. Un accord fut signé avec le FMI en 1981, et régulièrement prolongé depuis. Avec la BM, trois prêts d'ajustement structurel ont été conclus en 1981, 1983 et 1986. Un quatrième est en négocia-

Comme l'indiquent les quelques chiffres cités plus haut, l'application, dix années de suite, de la potion du FMI n'a abouti qu 'à « une gestion de l'enlisement où, de refinancement en refinancement, l'austérité s'accroît, les coûts sociaux de l' ajustement s'élèvent et le pays désinvestit, entamant progressivement sa capacité productive et organisationnelle et compromettant, du fait de la compression des dépenses d'éducation et de santé, son capital humain » (21). L'évolution des prêts effectifs avec garantie publique des banques commerciales — ils ont chuté de 634 millions de dollars en 1980 à 22 en 1988 et 1 en 1989 — indique leur confiance dans les remèdes du FMI pour générer une nouvelle croissance (22). Ces banques commerciales sont — après avoir récupéré une partie de leurs prêts et provisionné les créances irrécupérables (en déduisant la provision de leurs bénéfices et en payant moins d'impôts) — des juges pratiquement plus sévères de la faisabilité des projets du FMI/BM que les néo-convertis à ces institutions.

Comment expliquer cet échec, payé au

11) Gilles Duruflé, op. cit.

12) International Herald Tribune du 10 février 1989.

13) G. Duruflé, op.cit.

14) Ibidem.

15) Richard Crook, "Politics, the Cacao Crisis and Administration in Côte d'voire" in Journal of Modern African Studies, 28, 1990

16) Marchés Tropicaux, op. cit

17) Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 1990, Washington, 1990.

18) Ibidem.

19) Africa South of the Sahara, op. cit.

20) Ibidem.

21) Ibidem.

22) World Debt Tables, 1990-1991.

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prix fort par les Ivoiriens ? Afin de dégager les surplus nécessaires au remboursement de la dette, le FMI et la BM ont misé sur le développement des exportations (agricoles et industrielles), ainsi que sur des mesures d'austérité. Dans un premier temps, les choix de la BM (revalorisation des prix aux producteurs, amélioration des infrastructures routières, bénéficiant de la majeure partie de ses prêts, etc.) ont certes stimulé la production de café et de cacao. Mais le marché de ces deux produits est durablement excédentaire, non seulement suite à l'arrivée de nouveaux producteurs (la Malaisie, pour prendre l'exemple du cacao), mais aussi parce que les mêmes remèdes sont appliqués à d'autres exportateurs importants (comme le Ghana voisin). Sans oublier que, pour le cacao toujours, la production ivoirienne est telle (35 % du marché mondial) que sa croissance peut suffire à déséquilibrer le marché. Le résultat de cette politique a donc été l'effondrement des cours dès 1986. Dès lors, en 1989, une crise financière sans précédent éclate en Côte d'Ivoire. Et, à la demande expresse du FMI, est imposée une dévalorisation du prix payé aux producteurs (de 400 francs CFA le kilo pour les deux plantes à 200 francs pour le cacao et 50 francs pour le café) (23).

Les autres cultures d'exportations n'ont pas pris le relais : la saturation du marché ne les épargne pas. Seule, l'industrie du bois, après un long déclin, a connu une certaine reprise, sous l'impulsion d'un programme de la Banque mondiale. Or, ce « projet "d'exploitation forestière viable" (...) a des chances d'aboutir à une accélération de l'abattage des arbres et du déboisement » dans un pays où la forêt tropicale est passée, en moins de 30 ans, de 15 millions d'hectares à 1 seul (24). On constate une première fois le fossé entre les scénarios de sortie de crise combinés du FMI et de la BM et la réalité. C'est la faisabilité de cette politique qui est systématiquement mise en question par la crise réellement existante et croissante.

L'alibi du privé

L'industrie, qui aurait dû être stimulée, selon les programmes, par la libéralisation des échanges, des primes à l'exportation et les privatisations, n'a pas connu meilleur sort. Les investissements publics, qui s'effondrent, ne peuvent plus jouer le rôle d'entraînement qu'ils avaient à l'égard des capitaux privés. Vu le contexte de déflation généralisée et durable (crise), les investisseurs privés ne sont guère enclins à prendre le relais : « Dans les conditions actuelles, l'appel au dynamisme de l'investissement privé (dont on voit mal d' où il pourrait venir) n'est au mieux qu'un artifice pour masquer le désinvestissement du secteur public » (25).

D'ailleurs, les partisans du FMI peuvent-ils citer un seul cas d'industrialisation d'un pays sans que l'Etat ait joué un rôle de premier plan ? Seules, quelques multinationales de l'agro-alimentaire (comme Unilever et Nestlé) ont profité des nouvelles conditions pour étendre leurs opérations. Mais ce sont des implantations qui sont loin d'avoir un effet d'entraînement sur le reste de l'industrie. Par contre, elles renforcent leur contrôle sur ce secteur décisif de l'économie ivoirienne.

Quant aux mesures d'austérité, qui contribuent à la déflation, elles sont souvent justifiées par la BM avec l'argument fallacieux de rééquilibrer les revenus en faveur de la campagne, plus pauvre, aux dépens des villes privilégiées. Le nouveau Premier ministre, A. D. Ouattara, ancien responsable du département Afrique du FMI, a refusé toute mesure contre la fuite des capitaux. Elle est pourtant estimée à des montants impressionnants, puisque la Banque centrale de l'Afrique de l'Ouest (dont il était aussi le directeur) l'établit à 750-900 millions de francs suisses par an, pour les pays qu'elle

Mais les "Ivoiriens fortunés" ne sont qu'une infime minorité des 46 % de la population vivant en ville, dont 2,5 millions (23 %) à Abidjan (27). Or, la structure des revenus y est encore plus inégalitaire que dans le reste du pays : à Abidjan, les 10 % les plus riches concentrent 42 % des revenus. A l'opposé, le chômage frappe d'abord en ville, de même que les hausses de prix ont des répercussions plus brutales dans cette économie davantage monétarisée. II n'est dès lors pas surprenant que des enquêtes sur le terrain indiquent une sérieuse croissance de la pauvreté à Abidjan dès 1980 (28).

COTE D'IVOIRE

D'autre part, comparer les salaires des fonctionnaires (par exemple dire que les enseignants gagnent autant que leurs collègues espagnols) est aberrant. Il existe en

Côte d'Ivoire toute une chaîne de droits et d'obligations reliant les salariés du secteur moderne à leur communauté d'origine, qui impliquent d'importants transferts, notamment vers la campagne. Avec la baisse des revenus de 35 % entre 1980 et 1988, des enquêtes ont montré que 40 % des fonctionnaires d'Abidjan ont des obligations supérieures à leur revenu total (29).

On comprend dès lors que l'annonce, en février 1990, du nouveau paquet d'austérité imposé par le FMI, impliquant des baisses de salaires de 11 % à 40 % dans la fonction publique, ait provoqué les plus sérieuses manifestations depuis l'Indépendance. La répression a sévi. Mais le régime a dû reculer un peu et effectuer une timide ouverture.

Dix ans après la signature de son premier accord avec le FMI, la Côte d'Ivoire est donc plus que jamais étranglée par sa dette. En 1988 et 1989, ses transferts nets négatifs vers la

BM se sont élevés à 298 millions de dollars (30). La dépendance de la Côte d'Ivoire s'est renforcée. A l'égard des multinationales du commerce, comme la française Sucden ou Phibro, qui se disputent le contrôle du cacao ivoirien (31). Et à l'égard de la BM qui « en vient à intervenir directement pour remodeler selon ses vues les choix nationaux dans des domaines aussi cruciaux que l'éducation, l'insertion dans l'environnement international ou le rôle de l'Etat dans le développement » (32).

Et aucune des conditions minimales d'un redémarrage n'est en voie de réalisation, elles ne font pas partie des objectifs du

FMI : annulation de la dette et mise à disposition de nouveaux crédits ; revalorisation du prix des matières premières ; création d'un réel marché intérieur, national et régional, susceptible de servir de base à une coopération productive...

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La Brèche

Novembre 1991

23) Africa confidential du 22 avril 1991

24) Lester R. Brown, L'Etat de la planete 1991, Paris, 1991.

25) G. Duruflé, op. cit.

26) Financial Times du 17 octobre 1990.

27) Africa South of the Sahara, op. cit.

28) Claudine Vidal, "Quand les petits deviennent des pauvres in Politique Africaine, septembre 1990.

29) Marie-France Jarret et François Régis Mahieu,

"Ajustement structurel, croissance et répartition : l'exemple de la

Côte d'Ivoire" in Revue Tiers Monde, janvier-mars 1991.

30) World Debt Tables, 1990-1991.

31) Agefi du 17 septembre 1991.

32) G. Duruflé, op. cit.

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