ISRAEL Plus qu'une opération électorale
Derrière les déclarations tonitruantes sur le « meurtre injustifiable de trois soldats », les porte-parole de la classe dirigeante israélienne ont eu du mal à cacher leur honte : trois ou quatre Palestiniens réussissent à pénétrer dans un camp militaire, et, avec des armes blanches, à venir à bout d'une douzaine de soldats, dont certains étaient armés, faisant trois morts et deux blessés, puis à se retirer sans dégâts, avec les armes prises à leurs victimes. Cette opération a démontré, une fois de plus, les problèmes opérationnels et psychologiques de l'armée israélienne, tant du point de vue professionnel que sur le plan de l'esprit combattant.
La réaction immédiate de l'aviation n'a donc surpris personne — même s'il est loin d'être certain que le gouvernement ait pesé, avant coup, toutes les conséquences de l'assassinat du cheikh Moussawi et de sa famille. L'histoire se souviendra de ce mois de février 1992, quand, face au courage de jeunes civils mal armés s'attaquant à un camp militaire, une des meilleures aviations du monde se venge, en assassinant lâchement un dirigeant politique, sa femme et son enfant de cinq ans...
L'assassinat de Moussawi ne pouvait que provoquer une riposte des hezbollahs. Pendant quatre jours, ils ont bombardé le Nord de la Galilée, faisant une victime, des dégâts notoires et paralysant, de fait, tout le Nord d'Israël. Et, une fois de plus, l'armée israélienne envahissait le Liban, y semant la mort et la destruction.... pour protéger la Galilée, évidemment.
C'est la population civile, et pas les commandos du Hezbollah, qui a été, une fois de plus, la victime des forces armées israéliennes, et d'un point de vue strictement militaire, les résultats de l'invasion sont des plus douteux pour les Israéliens. Alors s'agit-il seulement d'une opération électorale, pour sauver la face et montrer que Tsahal a encore les moyens de riposter ? Une telle analyse oublierait de prendre en compte les négociations israélo-arabes en cours et les objectifs du gouvernement Shamir dans ces dernières (voir Inprecor n° 340 du 8 novembre 1991).
Dans ces pourparlers, Shamir s'est laissé piéger par son propre plan et se trouve à la table des négociations bien malgré lui. Depuis plus de six mois, il cherche sans arrêt des prétextes pour faire échouer le processus négocié, en espérant, bien entendu, que ce seront les délégations arabes que l'on blâmera.
L'invasion du Liban avait, entre autres, le même objectif que la décision de déporter douze activistes palestiniens ou de coloniser le quartier de Silwan, en plein centre de Jérusalem arabe, à savoir de conduire les Syriens à claquer la porte et à refuser de continuer à négocier avec un gouvernement qui se moque autant d'eux que de la légitimité internationale mois, les provocations visaient les Palestiniens.
L'extrême droite ayant quitté le gouvernement afin de pouvoir faire de la surenchère dans le refus et l'intransigeance, Shamir doit réussir à prouver que, loin de s'être fait piéger, son plan lui a permis de ne faire aucune concession, tout en faisant porter le blâme de l'échec des négociations au campa problème de Shamir, c'est qu'il a en face de lui des régimes arabes
— et à leur traîne, la direction palestinienne — qui ont décidé d'ignorer ses provocations et de fermer les yeux devant les atteintes continuelles des autorités israéliennes aux droits des Palestiniens et des peuples de la région.
En ce sens aussi, l'invasion du Liban a été un échec pour Shamir. La délégation syrienne est venue a Washington, et avec elle l'ensemble des délégaoccupés. * m rait pas les droits de l'homme".
Monde la levée de ce blocus !
vieillards de Cuba. » *
/¡ Cuba sì !
— il y a deux tions arabes. Il est douteux que cette décision console les familles des victimes de l'agression israélienne, que ce soit au Liban ou dans les territoires
Michel Warshawski
----- photo credits and running heads -----
monde n