racisme » était partagée par l'immense majorité de la population, y compris au première loi contre les Gitans fut promulguée sous les Rois catholiques, au XVe
Gitans, immigrés...
Il y a peu de temps encore, l'idée que dans l'Etat espagnol « il n'y a pas de sein de la gauche. On oubliait, bien sûr, près de 500 ans de marginalisation, d'exelusion et de racisme dont souffraient et souffrent toujours les Gitans (la siècle).
Cette complaisante conscience collective s'est pourtant vue modifiée ces dernières années, avec l'émergence de certains phénomènes.
Pace TORRES
Ainsi, en 1990, on a connu une augmentation des réactions xénophobes et racistes contre les
Gitans (expulsion de certains villages et villes, refus de scolarisation de leurs enfants, harcèlement et violences diverses, etc.). De plus, la véritable psychose anti-drogue, développée par les médias et par l'administration (qui sert à légitimer des législations antidémocratiques et répressives comme la récente loi sur la sécurité urbaine) a conduit à une identification entre les Gitans et le trafic d'héroïne.
La présence chaque fois plus importante d'immigrés du tiers monde, principalement maghrébins, sud-américains et d'Afrique noire a développé des réactions bien connues dans d'autres pays européens où existent depuis plus longtemps des communautés étrangères : « Ils occupent des postes de travail », « Ils sont sales », etc. Les immigrés sont aussi accusés du développement de la délinquance (en particulier les ressortissants d'Afrique noire, accusés d'organiser le trafic d'héroïne).
En outre, on assiste à la montée générale des idées réactionnaires et conservatrices, alimentées par le statut même des minorités ethniques : la pauvreté, la marginalisation
(et la délinquance qui en est souvent le corollaire) dont souffrent ces groupes ethniques tendent à en faire des cercles fermés, qui renforcent la xénophobie et le racisme.
L'augmentation du racisme et des manifestations xénophobes ont provoqué une sensibilisation et une préoccupation croissante dans les milieux les plus progressistes
ETAT ESPAGNOL de l'Etat espagnol. Cette sensibilisation n'a pas encore donné lieu, pour le moment, à un mouvement antiraciste organisé. Il existe, cependant, diverses initiatives et, comme pour beaucoup d'autres questions, la réalité change selon les régions de l'Etat espagnol.
On peut, en résumé, signaler différentes expériences dans le mouvement antiraciste naissant.
Un mouvement naissant
Ainsi, il existe des organisations qui développent un travail de solidarité et d'aide aux immigrés. Elles sont de divers types : chrétiennes de base (comme les Communautés chrétiennes populaires) ou plus proches de la hiérarchie (comme Caritas, Justice et Paix, etc.), et syndicales (les Commissions ouvrières, en particulier). Avec le processus de régularisation des immigrés sans papiers, s'est développé un travail plus large — divers partis de la Gauche alternative (1) ont participé à des plates-formes unitaires, dans lesquelles un des thèmes était l'antiracisme.
D'autre part, une activité antiraciste de la part d'organisations gitanes est aussi en train d'apparaître. Dans divers endroits, sont nés des groupes qui portent le nom de SOS-Racisme — à Barcelone, à Grenade, en Euskadi, etc. Toutefois si ces groupes portent le même nom, ils n'ont pas de liens entre eux. Leur composition est très diverse (militants de la coalition Gauche Unie-Parti communiste espagnol, IU-PCE, à Barcelone ; plus large ailleurs : chrétiens, Gauche alternative et indépendants qui se rassemblent pour une action de solidarité avec les immigrés) ; ils organisent surtout un travail de propagande et d'explication, d'entraide et de soutien aux immigrés.
Il y a quelques mois, une plate-forme s'est constituée pour 1'"Egalité des droits"
au niveau de tout l'Etat espagnol, à l'initiative de l'Association pour les droits de l'homme, à laquelle se sont associées des organisations chrétiennes, de Gitans, etc. Elle s'est fixée pour but de développer une action sur différents terrains (institutionnel, opinion publique, revendicatif, etc.) qui s'oppose « au racisme et à la xénophobie » affirmant « le droit à l'identité propre ».
Les diverses initiatives ont trouvé un écho relativement important dans la presse et une certaine sympathie auprès de la population. La préoccupation face à une situation qui se dégrade et le refus du racisme ont augmenté — mais c'est encore surtout le fait d'un secteur socialement minoritaire.
Il est difficile de savoir comment se développera le travail antiraciste et, notamment, si ces divers groupes peuvent donner naissance à un mouvement plus coordonné et plus cohérent ou s'ils continueront à travailler de façon dispersée et sans coordination. *
Barcelone, janvier 1992
1) Organisation issue de la fusion du Mouvement communiste et de la Ligue communiste révolutionnaire dans /'Etat espagnol. Voir Inprecor n° 341 du 22 novembre 1991.