Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Document extrait d'une résolution politique de la LMR du Nicaragua

· Inprecor n° 35, 5 octobre 1978 · p. 5-6 · 1 245 mots

Nicaragua Syndicalisme

EXTRAITS D'UN

MANIFESTE POLIQUE

DE LA LMR

Nous publions des extraits d'un manifeste diffusé par la LMR (Ligue marxiste révolutionnaire) lors de la grève générale de janvier et qui reflète les lignes fondamentales de son orientation.

Dans le contexte actuel, le proletariat, sans s'éloigner la lutte démocratique, doit approfondir cette lutte en la poussant plus loin que ne le projette la bourgeoisie, en prenant la dide cette lutte et en la caractérisant de son point de vue de classe. Cela signifie qu'il faut renverser la dictature de Somoza non par des manœuvres diplomatiques, mais par la lutte révolutionnaire. Il faut transla grève générule bras croisés en une mobilisation active des masses, en une grève générale révolutionnaire! Nous lançons un appel aux partis ouvriers : qu'ils rompent avec la bourgeoisie et qu'ils approfondissent la grève générale !

Il faut exploiter les possibilités qu'offre la grève générale pour poser devant les masses le problème du pouvoir. Si on se limite à appuyer la grève géné rale proclamée par la bourgeoi sie, on renonce à l'indépendance de classe. Il faut donner au prolétariat une ligne politique et organisationnelle qui le place à l'avant-garde de la lutte démocratique.

La LMR appelle à la formation immédiate de comités de grève. La grève générale, en fait, rend illégal le régime de la dictature et ouvre une dynamique pour son renversement effectif. A la base de la grève, il y a l'unité de tous les ouvriers des entreprises, syndiqués ou non; il est nécessaire de transformer cette unité en une unité active par la formation de comités de grève qui soutiennent et développent la grève générale en la prenant dans leurs mains.

La tâche fondamentale de l'heure est de donner aux comités de grève en formation un programme d'action. Dans la

Document mesure où la grève actuelle se transforme en grève générale révolutionnaire, elle doit réaliser l'unité non seulement entre ouvriers syndiqués et non syndiqués, mais aussi entre ceux qui travaillent et les chômeurs.

Il n'est pas possible d'approfondir le mouvement de grève actuel sans en arracher la direction à la bourgeoisie. Cela veut dire qu'il faut délimiter concrètement la base du compromis avec la bourgeoisie, en rendant possible le développement futur de la lutte par l'adoption d'un programme d'action pour les masses.

Le compromis tactique avec la bourgeoisie pour le renversement de la dictature somoziste n'est acceptable d'un point de vue révolutionnaire qu'à condition que le financement de la grève par les capitalistes n'implique pas que les capitalistes en prennent la direction. d'autres termes, à condition que les fonds de la caisse de grève soient utilisés par les comités ouvriers de grève centralisés. C'est pourquoi la ligne de démarcation politique entre un compromis révolutionnaire avec la bourgeoisie et la collaboration de classes se concrétise dans des mots d'ordre appelant à la formation immédiate de comités ouvriers de grève qui contrôlent les fonds de la grève.

De même que nous démasquons l'opportunisme de toutes les organisations de gauche qui participent au comité naaccord avec l'armée nationale. Le Parti conservateur et l'UDEL ont lancé des appels en demandant que Somoza démissionne et que l'Assemblée nationale (qui est somoziste) désigne une exécutif avec l'armée. Cela correspond à une institutionalisation du somozisme. L'Assemblée nationale est le produit du pacte antidémocratique, de la marginalisation politique complète, non seulement des masses travailleuses, mais aussi des partis petits-bourgeois. Elle ne représente que le somozisme.

Exigeons la dissolution de lAssemblée nationale et la convocation d'une Assemblée nationale constituante !

La convocation d'une véritable Assemblée constituante représente en fait l'abolition de toutes les lois et des décrets anti-ouvriers et anti-socialistes, qui devront, toutefois, être abolis même formellement.

Les comités de grève centralisés, seuls, peuvent permettre. la formation de milices ouvrières et paysannes qui garantissent les conditions de liberté politique pour les masses, leur participation effective à l'Assemblée constituante. Cet objectif doit être avancé dès maintenant dans les usines en grève et dans les services dans le but de soutenir l'insurrection ou le renversement révolutionnaire de la dictature. Voilà l'objectif de la grève générale.

Nous ne pouvons naturellement prévoir si les choses iront dans cette direction. Si les comités de grève ne se forment pas et si Simoza est renversé par l'armée réactionnaire, nous deurons appeler à la dissolution de l'Assemblée nationale et à la démocratisation de la Garde nationale par la dissolution du corps des officiers et par l'élection des officiers par les cadres infé-

Nous lançons un appel aux partis ouvriers afin qu'ils présentent des candidatures ouvrières unitaires pour la formation d'un gouvernement révolutionnaire sur la base des revendications suivantes : Amnistie complète ! Etablissement des relations diplomatiques avec Cuba et alliance avec Cuba pour l'indépendance du Nicaragua ! Occupation du Bureau de la Sûreté! Abolition du secret commercial! Nationalisation des banques ! Plan économique ouvrier contre le chômage et les bas salaires !

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Partido socialista de Nicaragua (Parti socialiste du Nicaragua). C'est en réalité le Parti communiste, la plus ancienne des organisations de gauche, fondée en 1939. Il suit une orientation pro-soviétique. Il est actuellement divisé publiquement. Une fraction, dirigee par Domingo Sanchez S., exerson contrôle bureaucratique sur les quelques syndicats qui existent dans le pays et qui sont regroupés dans la CGT-I (Confédération générale des travailleurs indépendante). Une autre fraction, dirigée par Natan Sevilla, a maintenant le contrôle du parti, tout en étant minoritaire. Partido comunista de Nicaragua (Parti communiste). C'est le nom adopté par une fraction exclue par le congrès du PSN en avril 1967. Il s'agit d'une fraction très petite, dépourvue de toute influence et de toute intervention dans le mouvement ouvrier. Elle a une orientation pro-Moscou, tout en n'étant pas reconnue par les bureaucrates du Kremlin. Amérique latine contre la répression !

LES PRINCIPALES ORGANISATIONS POLITIQUES

DU NICARAGUA Frente obrero (Front ouvrier) C'est une organisation d'orientation maoïste, qui s'appelait auparavant Movimiento de Accion popular (Mouvement d'Action populaire). Elle n'a pas d'influence dans le mouvement ouvrier ni dans le mouvement étudiant (malgré la formation de CLEU - comités de lutte des étudiants universitaires). Frente Sandinista de Liberacion nacional (Front sandiniste de libération nationale). Le front est divisé actuellement en trois tendances. La première s'appelle tendance «guerre populaire prolongée» : elle prône la guérilla dans la montagne. Elle a traversé une période très difficile, dans laquelle son objectif principal était l'accumulation de cadres. La deuxième tendance s'appelle «tendance prolétarienne» : elle est en faveur d'un travail dans le mouvement des masses et pour la construction d'un parti révolutionnaire de la classe ouvrière. Certains de ses membres ont revendiqué des actions de sabotage dans les entreprises. La troisième tendance est la «tendencia tercerista», qui s'est formée avec la perspective de jouer un rôle de médiation entre les deux autres tendances. C'est cette tendance qui a pris l'initiative des coups les plus spectaculaires à partir d'octobre 1977. Elle a établi des liens avec l'opposition bourgeoise au régime de Somoza.

La tendance prolétarienne a organisé pour son le Front étudiant révolution-

(marxiste-léniniste); prolongée» a organisé le Front étudiant révolutionnaire (guerre populaire prolongée), qui lepuis des années contrôle l mouvement universitaire. Liga marxista revolucionaria (Ligue marxiste révolutionnaire). La LMR est une organisation se réclamant de la IVe Internationale. Elle est le résultat du travail développé par des militants expulsés du FER et qui avaient formé auparavant l'organisation HLRP la revolucion popular - Vers la révolution populaire). a eu un vote au Parlement portugais exigeant notamment la libération du militant

Antonio Sa Leal, dirigeant du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT). Il y eut aussi une prise de position de

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