Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AMERIQUE LATINE

Contre la répression ! Nahuel Moreno et Rita Strasberg libérés

Inprecor n° 35, 5 octobre 1978 · p. 6-7 · 921 mots

Femmes Brésil France État espagnol

Nahuel Moreno et Rita Strasberg Ilbérés

Le 19 septembre les camarades Rita Strasberg et Nahuel Moreno ont été libérés par le gouvernement brésilien. Ils avaient été arrêtés le 22 août à Sao Paulo avec 18 militants bré siliens de la Convergence socialiste (1), une militante nord-américaine et un militant por-

La libération des camarades a été arrachée par une campagne qui s'est développée rapidement dans toute une série de

Au Brésil même, un meeting rassemblant environ a eu lieu à l'Université catholique , peu après leur arrestation, et le Comité brésilien pour l'amnistie avait organisé un autre meeting avec la participation de 6000 personnes. La Commission pour la paix de l'archevêché de Sao Paulo a dénoncé cette arrestation et une position analogue a été prise par un certain nombre de députés et de sénateurs fédéraux.

Des bulletins de syndicats des banques, de métallos et d'autres, ont pris position pour la libération des camarades ar-

Haut-commissaire Nations-Unies pour éviter que les prisonniers soient soumis à des tortures de mauvais traitements. A l'échelle internationale, il y l'Assemblée mexicaine, Assemblées du Venezuela, de Colombie et du Pérou et d'un certain nombre de dirigeants ouvriers boliviens.

Felipe Gonzales, secrétaire

Parti socialiste espagnol, Mario Soares, dirigeant du PS portugais et de nombreux députés espagnols de l'UCD, du PSOE et du PCE se sont prononcés pour leur libération. C'est le cas aussi de députés soautrichiens, français et italiens.

En Angleterre, Amnesty International a mille signatures pour la libération des prisonniers. En France, une campagne a également eu lieu avec la participation de

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représentants des syndicats, du mouvement étudiant (MAS, UNEF) et s'est étendue à différentes villes, notamment Marseille, Nice, Lyon, Paris.

A Paris, le vendredi 15 septembre a eu lieu une réunion unitaire suivie d'une conférence de presse avec la participation des organisations suivantes : FEN, PS, Union départeIl faut sauver Anna-Maria Piffaretti

Anna-Maria Piffaretti, syndicaliste et militante féministe active, a rejoint les rangs des milliers de «disparus», victimes de la répression que fait sévir la junte depuis deux ans et demi en Argentine.

Le 28 juin de cette année, elle a été appréhendée par des membres du personnel en uniforme de la police fédérale au Sanatorium de Güemes où elle exerçait la profession de nutritioniste et de diététicienne. Jusqu'à ce jour, les autorités policières fédérales refusent reconnaître qu'elle soit détenue et les autorités judiciaires n'ont pas répondu à l'habeas corpus présenté immédiatement.

En avril 1978, elle travaille au Sanatorium de Güemes à Buenos Aires et au dispensaire de son quartier, à Ituzaingo.

Toutes les activités d'AnnaMaria Piffaretti ont été guidées par un but qui a marqué sa vie : la lutte pour la libération des femmes.

Déjà, dans ses premières années à l'Université, elle avait embrassé la cause féministe et elle n'a cessé, aussi bien à la Faculté, qu'au syndicat, qu'à l'hôpital, à l'usine ou dans la vie quotidienne, de lutter sans concession pour son indépendance et pour la libération réelle des femmes.

Ainsi, elle a participé à la formation de groupes féministes, fait des interventions à la mentale CFDT, UD-FO, MAS, UNEF, MRG, OCI, LCR, OCT, CCA, PSU, Comité international contre la répression, Comité Chili, Cercle Bernard Lazare.

Le Comité US pour la justice envers les prisonniers politiques latino-américains (USLA) a appelé au soutien de toutes les victimes de la répression du gouvernement Geisel pour exitélévision (en utilisant sa profession de diététicienne) sur les tâches domestiques, les enfants, les femmes travailleuses; elle a écrit dans différents journaux et, lorsque la dictature a supprimé tous les droits démocratiques, elle a poursuivi le même but en défiant sans hésitation les dangers de la répression qui l'atteint aujourd'hui.

Récemment, le gouverement des trois commandants, tentant de former un mouve ment féminin contrôlé par lui pour appuyer sa polique, a réalisé un congrès dans la ville de Cordoba. Anna-Maria Piffaretti a critiqué ce congrès en s'opposant à sa réalisation d'abord et à ses conclusions ensuite. Elle est intervenue concrètement contre ce congrès par la parole et des écrits et en organisant des réunions.

Maintenant, elle est « disparue». Pour la sauver comme pour sauver les centaines d'autres syndicalistes et militantes qui ont été enlevées ou arrêtées, une large campagne internationale est nécessaire.

ger la libération immédiate des militants de la Convergence socialiste et l'abandon de toute charge contre eux.

Huit camarades de la Convergence socialiste restent cependant encore en prison au moment où nous imprimons ce numéro d'Inprecor. Il faut continuer la campagne jusqu'à leur libération. Roberto Omar Ramirez arrêté et torturé Le 27 juin 1978 à 19 heures, Roberto Omar Ramirez été arrêté dans la rue. Son domicile a été perquisitionné par la police durant la nuit, et toutes sortes d'objets en ont été enlevés. Sa compagne a demandé l'habeas corpus, mais elle n'a à ce jour obtenu aucune réponse.

Roberto Omar Ramirez, qui a été horriblement torturé, a 46 ans. Il est marié et père de trois enfants, qui ont respectivement 17, 15 et 11 ans.

Il est architecte et a été professeur titulaire à la Faculté d'architecture et d'urbanisme de l'Université nationale de La Plata de 1971 à 1974.

Plusieurs de ses travaux ont reçu des prix, tant en Argentine qu'à l'étranger.

Il était délégué des professeurs d'architecture à l'Association des professeurs de l'Université de La Plata et membre du Conseil professionnel des ingénieurs de la Province de Buenos Aires pour la branche architecture.

Comme étudiant, puis comme professeur, il a participé à. toutes les luttes du mouvement étudiant de cette dernière décennie. Poursuivi pour ses idées politiques, il était passé dans la clandestinité en 1975.

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