Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PEROU

Nous appelons les travailleurs à prendre le pouvoir

· Inprecor n° 35, 5 octobre 1978 · p. 8-18 · 9 147 mots

Pérou et Bolivie Argentine et Chili Syndicalisme

Nous luttons pour que des assemblées populaires fonctionnent de façon assemblée populaire nationale composée de délégués des ouvriers, des

Hugo BLANCO

Le texte suivant est celui du discours fait par Hugo Blanco lors d'un rassemblement de 15000 personnes à Taena, au Pérou, le 25 août 1978.

Tacna est une ville située à la frontière du Pérou et du Chili où Hugo Blanco fut jugé et condamné en 1966 après la lutte de

Applaudissements, cris : « Hugo Blanco au pouvoir !».

Camarades, nous nous revoyons pour la première fois depuis 1966. C'est alors que j'ai connu Tacna. Aujourd'hui c'est ma seconde visite. Lorsque je suis venu ici pour la première fois, j'avais les menottes aux poignets (cris : «non!») j'étais entouré par les forces de répression. Je ne pouvais pas dans les rues à cette époque car j'étais enfermé dans une prison, que J'ai eu la chance de pouvoir revisiter aujour-

(Rires et applaudissements.)

Cette fois-ci encore, j'ai été accueilli avec affection par la ville de Tacna.

Et pourquoi avions-nous été amenés ici pour y être jugés? Pourquoi la presse aux ordres - qui n'était pas alors aussi contrôlée qu'aujourd'hui - a-t-elle dit que nous étions des assassins?

Pérou

Nous appelons

permanente, pour qu'elles soient centralisées par une grande des soldats, des habitants des bidonvilles, des employes les instituteurs, des pecheurs, des pens commerçants, des marchands ambulants. la vallée de la Convencion. C'est la première fois qu'il y retournait depuis cette date. Dans cette ville d'un peu plus de 100000 habitants, le FOCEP est arrivé en tête lors des élections de juin, recueillant dans la ville et ses environs 35% des votes. Selon la presse locale, ce meeting est le plus grand jamais tenu à Tacna.

Les paysans de la Convencion, comme les paysans de tout notre pays, avaient été écrasés sous le poids de l'oppression pendant des siècles, au service des grands propriétaires fonciers. Ils avaient travaillé des années pour apporter du profit à d'autres. A la Convencion, on donnait aux paysans un lopin de terre à cultiver pour eux-mêmes, et en échange, ils devaient travailler deux semaines pour le propriétaire foncier sans recevoir un centime de salaire.

Et quand un bout de terrain qui avait été donné à un paysan commençait à produire du café, du thé ou des fruits, le propriétaire le chassait du terrain et gardait les caféiers, les cacaoiers et les arbres fruitiers. C'était ainsi que l'on vivait dans la province de la Convencion.

Et qui avait donné la terre aux propriétaires fonciers ? Quelques-uns d'entre eux étaient des étrangers et, comme le disaient les paysans de la Convencion, ils n'avaient pas apporté la terre dans des paquets sur leur dos. Il n'y avait aucune raison que la terre leur appartienne.

La terre était là avant que les propriétaires fonciers ne soient nés. Et elle avait été rendue productive par les paysans qui la travaillaient, ou par leurs parents ou grand-parents. Il n'y avait pas de raison pour que les propriétaires fonciers prennent possession de la terre. C'est comme s'ils avaient pris possession de l'air que nous respirions. C'est comme s'ils avaient pris possession des routes ou de la mer. Ils n'avaient pas fabricette terre, et n'avaient donc pas le droit de la posséder.

Néanmoins, ils utilisaient la terre pour réduire les paysans à l'esclavage. Et ce n'était pas tout. Les paysans subissaient beaucoup d'autre formes d'exploitation.

Par exemple, les femmes et les enfants devaient travailler aussi, sans être payés, pour les propriétaires fonciers. Ceux-ci n'autorisaient aucune école sur leurs haciendas. Certains ne laissaient pas les paysans porter de chaussures, disant que les chaussures étaient seulement pour les patrons. Il est arrivé qu'un propriétaire ait pris les chaussures d'un paysan parce qu'il avait eu l'audace de payer une institutrice pour apprendre à lire à ses enfants.

A une autre occasion, le même propriétaire, le fameux Romainville, qui était le proprié-

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taire de l'hacienda où travaillait le syndicat auquel j'appartenais, a ordonné à un paysan de chercher un cheval pour porter six arrobas (150 livres) de café. Et comme le paysan ne pouvait pas trouver de cheval, il est revenu pour dire : «Papa, je n'ai pas pu trouver de cheval». Il devait appeler le propriétaire «papa». (cris : «A bas!», «A bas!», «A bas les propriétaires fonciers !»).

Le propriétaire lui a dit: « Ah, tu n'as pas pu trouver de cheval? Alors mets-toi à quatre pattes»; et il a ordonné au contremaître de lui mettre un bât et un mors et de le charger de six arrobas de café, et il a dû se traîner à quatre pattes à travers le patio.

C'est ainsi que les propriétaires fonciers traitaient les paysans. Ces messieurs éminents, les familles les plus nobles du pays, les hommes qui ressortent dans les pages de la société, c'est cette moralité qu'ils possèdent.

Et que faisaient les camarades du paysan que l'on traitait de cette manière ? Ils regardaient tremblants et apeurés; ils n'osaient pas dire un mot. Ils n'osaient pas protester.

A une autre occasion, pour une infraction mineure, un autre paysan a été déshabillé et pendu nu à un manguier pour être fouetté par un contremaitre. Et comme le contremaître n'arrivait pas à s'animer assez pour faire le travail avec l'enthousiasme voulu par le propriétaire, le propriétaire lui-même le fouet, en disant: «Tu es un idiot, on ne peut même pas te faire confiance pour un travail comme celui-ci. Regarcomment on fait.»

Il a commencé à fouetter le paysan, attaché à larbre les bras et les jambes, et a continué pendant toute la journée De temps en temps, le propriétaire faisait une pause, sortant son mouchoir pour s'essuyer le front, et puis continuait à le battre en présence de tous les camarades paysans, qui n'osaient pas ouvrir la bouche pour protester et sont restés muets de peur et tremblants.

Mais tout a une fin sur cette terre. Et la peur de ces paysans a eu une fin aussi. Un jour, ils se sont réunis pour crier très fort. Et c'était justement les paysans de cette hacienda, les paysans du syndicat de Chaupimayo qui ont élevé leur voix le plus fort. Aujourd'hui, le nom de Chaupimayo est connu dans le monde entier : il est associé au courage et non à la couardise dont nous avons souffert autrefois. (Applaudissements; cris : «BravO !»).

Voir aussi les interviews de Hugo

Blanco dans « Inprecor», numéros

32, du 6 juillet, et 34 du 21 septembre et les interviews de Hugo

Blanco et Ricardo Napuri dans

«Rouge » des ler et 2 septembre.

Tous les paysans de la vallée de la Convencion se sont unis. Au début, il y avait peu de paysans. Au début, c'était seulement les paysans de huit ou neuf haciendas. Ils ont commencé à s'organiser, à former des syndicats, à présenter des listes de revendications. C'était la même histoire que celle à laquelle nous sommes tous habitués. Formulaire no 5, formulaire no 6, l'inspecteur du travail, le juge, le greffier, le notaire, la Cour supérieure, la Cour suprême, etc., etc. (rires). Toujours la même histoire... (encore des rires).

Alors, quel a été le résultat ceci ? Le même que toujours (rires). Le propriétaire foncier a commis des abus contre les paysans, et quand les paysans en ont appelé à la justice, ce sont eux qui ont fini en prison. Les propriétaires ont pris la terre des paysans et le fruit de leur travail.

C'est ce qui arrive toujours; ce que vous venez de dénoncer, par exemple, à propos de votre policier local. Ou ce que l'on en vient à dénoncer maintenant bitel zoLa justice, les ge des paysans de autorités du travail, la PIP (Police des investigations du Pérou, la police politique), la garde civile, tous faisaient le sale boulot des patrons. Tous piétinaient la loi, et non seulement la loi mais aussi les paysans, qui étaient comme les esclaves des propriétaires fonciers.

Et la presse, bien sûr, disait du mal des agitateurs, qui étaient supposés perturber la production, et disait du bien des propriétaires, qui étaient supposés travailler pour la renommée de Cuzco et augmenter la productivité de notre terre.

Mais les paysans se sont fatigués de tant de paperasse. Ils se sont fatigués de se plaindre aux juges et aux tribunaux et d'être ceux qui se retrouvaient en prison. Ils ont commencé à tenir des meetings comme celuici. Ils ont commencé à se servir des microphones pour chanter leur vie et leurs propriétaires, et parler de tous les crimes qui avaient été commis contre les paysans.

Un propriétaire a été dénoncé pour avoir maltraité des paysannes, les avoir violées, et noyé ses enfants illégitimes dans la rivière. Il s'appelait Marquez. Je le dis aujourd'hui comme je l'ai fait alors. Il n'a pas osé me poursuivre pour diffamation, et si cela avait été une fausse accusation, il l'aurait certaine ment fait.

C'était le genre d'actes barbares que commettaient les propriétaires fonciers de la Convencion, et on les a dénoncés dans des meetings comme celui-ci. Les paysans ont commencé à se sentir forts, ces paysans qui n'ont pas pu voter lors des dernières élections parce qu'ils ne sont pas censés posséder de conscience civique.

Mais ils ont suffisamment de conscience civique pour en finir avec cette exploitation. Ces paysans n'ont pas besoin de savoir parler l'espagnol, ils n'ont pas besoin de savoir lire et écrire. Ils ont commencé à dénoncer ces crimes dans notre langue, le quechua, qui est la lan-

Cuzco.

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Alors, ces paysans ont commencé à se sentir forts, parce qu'ils ont vu qu'ils étaient innombrables. Ils ont vu qu'ils n'avaient pas à rester à genoux. Ils ont vu qu'ils pouvaient lever la tête. Ils ont vu qu'ils pouvaient dire la vérité en quechua. Ils ont vu qu'ils n'avaient pas besoin de savoir lire et écrire. Ils ont vu qu'ils n'avaient pas besoin d'un formulaire no 5, ou 6, pour dire leurs vérités aux exploiteurs. De les dire n'a pas résolu les problèmes, mais cela a commencé à faire bouger les choses vers une solution, car les paysans ont commencé à sentir leur pouvoir.

Nous allons voir cela se répéter beaucoup d'autres fois, camarades.

Comme il y a eu des dénonciations ici, nous allons faire beaucoup d'autres rassemblements. De cette tribune ou de celles des bidonvilles, vous-mêmes, les travailleurs et tous les exploités, vous allez dire ouvertement les abus que l'on vous inflige. Nous allons continuer d'exposer ces injustices, nous allons tous commencer à prendre conscience. Et cela a commencé là-bas (à Chaupimayo).

Que s'est-il passé ensuite dans la vallée de la Convencion ? Les grèves ont commencé. Toute la province s'est trouvée paralysée, parce que les paysans s'étaient sentis forts en tenant des meetings. Et quand les paysans ont marché dans les rues, tout a dû être fermé. Personne ne circulait sur les routes. Personne ne traversait les ponts. Des piquets de grève avaient été constitués par les paysans dans toute la province, qui s'assuraient que tout était fermé. Des hommes et des femmes montaient la garde dans ces piquets, sous les lourdes pluies qui tombent à la lisière de la jungle.

Quand quelqu'un disait «pauvres paysans, comment vos affreux dirigeants vous font-ils rester ici, debout sous la pluie? », ils ont répondu : «Nous avons passé des années ici sous la pluie, travaillant pour les propriétaires fonciers. Nous sommes encore ici sous la pluie, mais maintenant cela leur fait respecter nos droits, et alors nous pouvons rester ici sous la pluie toute l'année». (Applaudissements, cris : «Bravo !»).

Les exploiteurs infligent des souffrances aux travailleurs de mille façons différentes. Mais les travailleurs ne sont plus intimidés par cette souffrance; au contraire elle les pousse à se révolter. Ainsi, aujourd'hui le peuple péruvien meurt de faim, et il préfère mourir en combattant que mourir de faim (Applaudissements, cris: « Bravo !», « Hugo Blanco au pouvoir!»).

C'est comme cela que la lutte a continué. Plus nous luttions, plus on nous faisait de concessions, plus nous remportions de victoires, plus l'organisation paysanne croissait, jusqu'à ce que ces quelques syndicats que nous étions deviennent une fédération d'environ 150 syndicats composés des travailleurs de 150 haciendas, et de beaucoup d'autres travailleurs du reste du département de Cuzco et autres départements.

Qu'est-il arrivé alors ? Nous avions demandé justice année après année, réclamant aux autorités de faire un décret pour que les paysans travaillent moins de jours pour les propriétaires fonciers. Et alors, un jour, le syndicat qui représentait précisément ces paysans les plus exploités, ces gens que j'avais vus trembler lorsque le propriétaire fouettait l'un de leurs frères toute la journée, qui avaient regardé un de leurs frères se traîner à quatre pattes comme une bête de somme, ce syndicat a commencé la réforme agraire de la Convencion. Ce n'était pas comme la réforme agraire Belaunde, de Velasco, de Beltran, ni d'aucun de ces messieurs. Non !

La réforme agraire a été réalisée par les paysans eux-mêmes. Ils ont décidé de ne pas retourner travailler pour le propriétaire foncier. Ils ont décidé que chacun d'entre eux possédaient la terre qu'il travaillait, et qu'ils ne donneraient pas au propriétaire un seul jour de travail ni même un centime, puisque ce n'était pas lui qui avait amené la terre.

Puis les paysans ont décidé de cultiver la terre que le propriétaire avait laissée en friche. Ce n'était plus pour le propriétaire qu'ils allaient s'occuper des caféiers et de toutes ces cultures, mais pour entretenir une école, pour construire une fosse septique, et pour aider les familles des dirigeants emprisonnés. Et enfin, ils allaient cultiver la terre pour acheter des fusils pour se défendre contre la répression. C'est pour cela qu'ils sont retournés travailler la terre. (Applaudissements, cris : « Bravo!», « Vive la classe ouurière !», « Vive les travailleurs !», «A bas l'impérialisme yankee !», «A bas!», «A bas ses laquais !».)

Les paysans ont aussi décidé de répartir toute la terre laissée improductive, et que personne ne travaillait. Pourquoi personne ne travaillait-il cette terre ? Parce qu'elle avait un propriétaire, et que celui-ci ne travaillait pas, car ces messieurs ne travaillent jamais. Et alors, les paysans ont décidé de la répartir entre tous ceux qui désiraient la travailler.

C'est cette réforme agraire qu'ont réalisée les paysans de la Convencion et de Lares. C'est mon syndicat, le syndicat de Chaupimayo, qui a commencé, mais cela s'est étendu à toute la vallée de la Convencion et de les propriétaires fonciers n'allaient pas soutenir cela. Le gouvernement n'allait pas soutenir cela. Les capitalistes du pays n'allaient pas soutenir cela, et encore moins les impérialistes.

Les capitalistes et le gouvernement ne s'inquiétaient pas beaucoup de cette poignée de propriétaires fonciers - cela ne les gênait pas qu'ils disparaissent - mais leur problème était que s'ils laissaient les paysans de la Convencion mener à bien leur réforme agraire en paix, et prendre la terre qu'ils travaillaient, tous les paysans du Pérou allaient faire de même. Les ouvriers des usines l'apprendraient, prendraient aussi les usines et mettraient les patrons dehors. Parce qu'ils étaient dé-

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jà en train d'apprendre qu'ils n'avaient pas besoin de patron, que nous pouvons très bien nous débrouiller tranquillement sans patrons (Applaudissements, êt cris : « Bravo ! »).

C'est pour cela que les forces de répression sont intervenues. Les propriétaires fonciers étaient comme fous. Ils ont commencé à porter des armes et se sont mis à menacer les paysans. Les paysans qui avaient été menacés sont venus à la fédération des paysans pour se plaindre. Ils nous ont dit : «Camarades, on nous menace». Et ceux de la fédération des paysans leur ont dit : « Voyez, camarades, allez vous plaindre au poste de la garde civile».

Les paysans sont allés au poste de la garde civile et on leur a dit : « Espèces de rustres, les patrons ont le droit de vous abattre comme des chiens, puisque vous avez pris leur terre et ne voulez pas travailler pour eux.».

Alors les paysans sont retournés à la fédération. Ils sont revenus pour dénoncer toute cette affaire. L'assemblée des délégués de la Fédération des paysans de la Convencion a décidé que puisque les propriétaires menaçaient de tuer les paysans, alors que ceux-ci avaient réalisé la réforme agraire de façon totalement pacifique et sans aucune effusion de sang, et puisque la garde civile, qui se dit au service de l'ordre public, ne voulait pas maintenir la paix, le seul recours laissé aux paysans était d'assurer eux-mêmes leur défense.

A l'assemblée générale des paysans de la Convencion et de Lares, il a été décidé d'organiser un comité d'auto-défense armée pour repousser les attaques des forces répressives. On m'a donné la responsabilité d'organiser ces comités de défense (Applaudissements et cris de « Viva !»

Je n'ai pas fait cela par manque de respect pour la démocratie, comme ces messieurs ont l'habitude de le dire. Je n'ai pas fait plus qu'accepter un mandat qui m'a été donné par les mastravailleuses. La démocratie signifie accepter la volonté de la majorité et non celle du militaire qui est installé au sommet, sans que nous sachions pourquoi.

Ainsi, ce n'est pas nous qui sommes totalitaires. Mais le problème, c'est que les militaires ne se contentent pas d'attaquer l'économie populaire ni de nous attaquer matériellement. Ils assassinent même le dictionnaire. Ils ne savent plus ce que signifient les mots.

LE VOLUME II

DES OEUVRES DE TROTSKY EST PARU numéros 28 et 29 a présenté l'Institut Léon Trotsky et son projet de publication de

Trotsky 1933-1940 (EDI). Nous avons mai des «bonnes feuilles» du to-

Ce deuxième tome qui concerne la période de juillet à octobre 1933 traite notamment des problèmes posés par la décision de quitter l'IC pour s'orienter vers la construction de la IVe Internationaen regroupant autour

«bolchevik-léniniste» les organisations « socialistes de che » ou « centristes » n'appartenant ni la Ile ni à la Ille Internationale.

(EDI - 29, rue Descartes, 75005 - Paris)

Ils nous appellent totalitaires, alors que personne ne leur a donné le droit de s'installer au sommet. A cette époque c'était déjà un militaire qui était au pouvoir, exactement comme aujourd'hui, un militaire à qui personne non plus n'avait dit de s'installer là.

Alors, la chose la plus démocratique existante était le mandat que je tenais des masses paysannes pour organiser des comités de défense afin de les protéger contre les attaques violentes et antidémocratiques d'une dictature militaire que personne n'avait élue. Ainsi, nous nous sommes prononcés pour la démocratie, pour les droits du peuple, contre une dictature militaire. C'est ce que nous avons fait. C'est cela notre grand crime.

Le grand crime était de ne pas nous laisser tuer en restant assis (rires). Ils ont ouvert le feu sur nous, et ceux qui ont survécu au massacre sont allés en prison - pour attaque contre les forces armées. C'est ainsi.

Plusieurs camarades sont en prison aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas été tués. C'est cela leur crime (rires).

Avec quelles armes nous sommes-nous défendus ? Ils disent que nous avons eu des fusils de Russie, de Cuba, de Mars, de Sature, je ne sais pas d'où (rires). Ce n'est pas comme cela que ça s'est passé.

Les paysans qui vivaient en lisière de la jungle avaient des pistolets et des carabines 22 Long rifle pour se défendre contre les animaux sauvages de là-bas. Et comme sont apparus des animaux encore plus sauvages, ils ont commencé à se défendre (rires et applaudissements, cris de « Bravo !» et «Ouvriers, paysans, au pouvoir!»).

Il y a plus, camarades. On construisait une route par là-bas, et un chef d'équipe de ce projet a sympathisé avec nous. Nos camarades sont allés lui demander de nous donner de la dynamite, et il nous en a donné. Comme nous ne savions pas nous en servir, il est venu nous montrer.

Les paysans s'occupaient encore du bétail des propriétaires fonciers. Qui avait élevé ce béviande.

Alors, les paysans ont décidé de commencer à goûter la viande qui était le fruit de leur travail. Ils ont commencé à confisquer le bétail de façon organisée, et à vendre la viande à bas prix à leurs compagnons paysans. Et ils ont utilisé l'argent de la vente pour acheter des armes afin de se défendre contre l'attaque de la répression (Applaudissements, cris de «BravO !»).

Mais dans le sud du Pérou, il n'y avait pas de fusils à acheter. Bien avant, le gouvernement et la presse, tous les journaux et magazines de l'oligarchie avaient

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commencé à crier «guérillas à la Convencion, guérillas à la Convencion», bien qu'il n'y ait rien de ce genre. Alors, ils ont interdit la vente des armes dans tout le sud du Pérou. Mais les capitalistes ne pensent qu'aux profits, et non à se soutenir en tant que classe. Ils ne sont pas comme nous. Parfois, ils ont une solidarité de classe, mais cela ne dure pas longtemps. Comme ils disent, « les affaires sont les affaires».

Alors, lorsque les marchands d'armes ont lu dans la presse de Lima « il y a des guérillas à la Convencion et pour cela la vente des armes a été interdite dans le sud du Pérou », ces commerçants se sont dit : «Quelle bonne affaire ! Il y a des guérillas à la Convencion, il est interdit de vendre des armes, nous pouvons monter une contrebande fabuleuse » (rires).

avec l'argent qu'ils avaient obtenu en vendant le bétail confisqué aux propriétaires fonciers, ce bétail qui était le fruit de leur travail, les paysans ont commencé à acheter des fusils. D'autres avaient des parents qui étaient techniciens et fabriquaient des feux d'artifice, et qui ont donné de la poudre aux paysans.

Enfin, les paysans ont obtenu des armes des propriétaires fonciers eux-mêmes. Les propriétaires avaient des fusils pour tirer sur les paysans. Mais ensuite, lorsque les paysans se sont organisés et ont commencé à mener une puissante lutte de masse, les propriétaires ont pris peur et se sont enfuis, laissant les armes chez eux. Tout ce que les paysans ont eu à faire a été d'entrer et de les prendre. C'est comme cela que les paysans se sont armés.

Je vous explique ces choses, camarades, pour que vous ne croyiez pas les mensonges qui prétendent que l'on nous a envoyé des armes de l'étranger, de Russie, de Cuba, de Chine ou je ne sais où.

Personne ne nous a rien envoyé de l'étranger. C'est le peuple qui, de mille façons, en ayant conscience qu'il devait se défendre, a fait fonctionner sa cervelle, a fait fonctionner sa loi : le peuple qui veut lutter trouve les moyens de lutter. C'est ce qui s'est passé au Vietnam. C'est ce qui s'est passé chez les paysans de la Convencion.

La résistance n'a pas été très longue , elle n'était pas à une très grande échelle, ce n'était pas une grande chose. C'était un commencement. Mais ce commencement était un symbole, car il a montré que lorsque le peuple s'organise, 1l trouve la taçon de se défendre contre la répression. Là-bas il a été démontré que les paysans de la Convencion et de Lares étaient capables d'arrêter la répression, car même si beaucoup d'entre nous ont été faits prisonniers, car même si d'autres camarades ont été tués, de toutes manières nous les avons stoppés et aujourd'hui la terre est encore entre les mains des paysans.

Ainsi, il a été démontré que cela pouvait être fait, et que nous pouvions le faire. Le problème est qu'à cette époque, cela ne s'est passé que dans une seule province. Qu'est-il arrivé dans le reste du Pérou ? Dans les autres parties du pays, il n'y a pas eu ce type d'organisation ni ce type de lutte. Mais quel était l'état d'esprit dans tout le

Nous croyions qu'il ne se passait rien dans le reste du pays. Plus tard, lorsque j'étais en prison, et les quelques fois que j'ai été en liberté au Pérou, car ils ne me laissent venir dans mon pays que pour des vacances (rires, applaudissements, cris le «Bravo .»), lal appris que nous avions été soutenus dans tout le pays.

J'ai appris que dans le reste du pays,, ils avaient bloqué une pour nous soutenir, que des actions de sabotage avaient eu lieu dans les plantations de sucre en solidarité avec nous, et qu'il y avait eu des meetings et des manifestations à Lima pour nous soutenir.

que s'est-il passé? Pourquoi nous ont-ils laissés combattre seuls et être écrasés dans la province de la Conven- ment le FOCEP.

cion, s'ils étaient tous avec nous ? Parce qu'il n'y avait pas d'organisation. Que pouvaient faire les paysans du Nord, ceux du Centre, ou les ouvriers de Lima? Que pouvaient-ils faire pour nous aider pendant que nous combattions? Par quel moyen leur soutien et leur solidarité pouvaient-ils nous rejoindre ? Que pouvaient-ils nous donner ?

Ce qui manquait était l'organisation. C'était parce qu'il n'y avait pas de parti qui puisse organiser les travailleurs à travers tout le pays que la Convencion est restée isolée cette fois-là. Nous apprenons par l'expérience, camarades. C'est pour cela que nous devons construire le FOCEP dans tous les coins du Pérou, afin d'avoir un instrument qui puisse nous unir tous, comme un seul poing, afin de pouvoir combattre comme nous le devons - comme nous luttons aujourd'hui et comme il sera nécessaire de lutter ensuite (Applaudissements et cris de « Bra-

C'est cela qu'est le parti pour nous - l'organisation tous les travailleurs dans leurs luttes vers la prise du pouvoir et vers le socialisme. Pour nous le parti n'est pas uniquement une organisation qui sert à faire de la propagande électorale, à proposer sa liste aux élections, à faire en sorte que ses candidats deviennent membres de l'Assemblée constituante ou que le camarade Hugo Blanco devienne président dans les années 1980.

Non, pour nous, ce n'est pas cela le parti. Pour nous, le parti, c'est l'organisation qui va nous unir, comme le système nerveux unit le corps entier. Le parti sera le système nerveux qui unira les travailleurs de tout le Pérou - ouvriers, paysans, employés, marchands ambulants, instituteurs, vendeurs sur les marchés, etc.

Le parti les unira tous, et dirigera leur lutte contre l'ennemi commun. C'est cela qu'est le parti, c'est pour cela qu'il faut construire le parti. C'est à cela que sert le FOCEP et c'est à cela que servent les partis qui for-

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(Je me réfère spécifiquement aux partis du FOCEP, parce que c'est un front qui inclut différents partis qui ont quelques divergences. Mais nous sommes tous d'accord pour former un large front dans lequel nous travaillons ensemble, pour lutter afin que les travailleurs prennent le pouvoir et pour construire le socialisme. Pour cela, nous n'avons pas de divergencamarades, point, nous sommes en meilleure position que dans les années 60. Parce que nous sommes déjà en train de construire l'organisation qui aidera les travailleurs à prendre le pouvoir. C'est. une des leçons que nous avons tirées de l'expérience des années

Et quel rôle a joué Tacna dans ceci ? Pourquoi nous ont-ils amenés à Tacna ? Il n'y avait pas d'haciendas ici. Le siège de la zone militaire n'était pas ici non plus. Le siège de la zone militaire, c'était Arequipa. J'ai été emprisonné à Arequipa pendant des années sans être jugé. Pourtant la loi disait qu'ils devaient me juger dans les six mois. Mais ils m'ont gardé en prison là-bas plus de trois ans. Les événements étaient survenus à Cuzco, et le procès aurait dû y avoir lieu, ou au moins à Arequipa.

Mais ce qui est arrivé, c'est que ces messieurs avaient peur. Ils étaient au courant que le peuple de Cuzco et le peuple d'Arequipa savaient déjà la vé-

Ils savaient que s'ils nous jugeaient dans une de ces villes, cela aurait signifié une lutte de masse pour nous soutenir. C'est pourquoi ils nous ont emmenés à Tacna, parce qu'à Tacna on ne connaissait rien du problème. Ils avaient menti au peuple de Tacna, comme ils avaient menti à tout le peuple du Pérou, lui disant que nous étions des tueurs assoiffés de sang. La seule chose qu'ils ne lui avaient pas dite était que nous mangions des bébés crus (rires, applaudissements).

Ils ont dit que nous avions fait du mal aux éminents propriétaires qui travaillaient leur terre, que nous avions empêché la production et je ne sais quelles autres histoires. Ils nous ont roulés dans la boue. Lorsque nous sommes arrivés ici, nous avons écouté toute cette propagande.

Ils voulaient se donner le luxe de faire un procès public dans la grande salle. Ils n'auraient pas pu le faire à Cuzco ou à Arequipa, parce que la salle aurait été remplie de gens qui connaissaient la vérité. Alors, ils se sont dit: «Eh bien, nous pouvons le faire à Tacna. Nous allons montrer à la presse internationale que nous n'avons pas peur de faire un procès public, puisque les gens d'ici ne savent rien de ce qui s'est pas-

Et le public de Tacna est ve nu regarder les assassins, pour voir à quoi ressemblait tueur (rires). Ils ont commencé à écouter le procès. Mais les gens de Tacna ne sont pas stupides. Les militaires pensaient qu'ils l'étaient, mais ils se trompaient. Ce qu'ils ont fait s'est retourné contre eux (rires, cris de « Bravo !»).

Les gens de Tacna ont regardé le procès pendant une semaine. Ils nous ont écoutés détous les crimes qui avaient été commis, ils ont entendus tous les abus dont nous avions été victimes, ils ont vu pourquoi nous avions agi ainsi, ils ont compris ce qu'avait été notre lutte. Et le peuple de Tacna nous a donné raison.

Il nous a montré sa solidarité de mille manières. Chaque jour on nous a apporté quinze litres de lait à la prison. On nous a apporté tant de fruits et de pain que nous ne pouvions pas tout manger. On nous a apporté des vêtements. L'unique jour où nous avions droit à de la visite, il y avait une queue le long de deux pâtés de maisons, de gens qui voulaient nous voir. ce que nous pouvions faire était d'embrasser chacun et pas plus, parce qu'il y avait une queue le long de deux pâtés de maisons.

Même deux gardes civils ont pris le risque de venir nous voir, bien qu'ils aient dû montrer leurs papiers et ont certainement souffert de représailles.

Mais pour que ces policiers font aussi partie du peuple, pour que vous le sachiez, maintenant qu'il n'y a plus de danger, je vais vous dire ce qu'ont fait les gardes républicains qui nous gardaient. Quand je me luis levé pour dénoncer les officiers de police, disant que c'était eux les assassins et pas nous, quand je me suis levé en pleine audience pour dire cela, les gardes m'ont tiré en arrière pour me faire asseoir. Quand l'officier s'est approché, ils m'ont dit : «Ecoute, assieds-toi, assieds-toi!». Et l'officier est parti, ils m'ont dit:

Hugo, envoie les paître» applaudissements, cris de «Bravos !»).

J'ai dénoncé les officiers comme assassins et lâches, parce qu'ils envoyaient de pauvres gens comme nous se faire tuer et nous tuer, alors que les galonnés restaient tranquilles en sécurité. Et on dit qu'ils sont les grands défenseurs de la patrie, les héros, les braves... Ces braves qui ne sont bons qu'à ordonner à la police et à l'armée de tirer sur le peuple sans armes (applaudissements).

Alors, bien sûr, les policiers de la garde civile aimaient m'entendre dire la vérité sur ces officiers corrompus qui les foulent aux pieds eux aussi, jour après jour. Ils font partie du peuple, camarades, les gardes civils et les gardes républicains.

Alors, camarades, c'est comme cela qu'a été le procès de Tacna, c'est ainsi que s'est manifestée la solidarité du peuple de Tacna. Le dernier jour, lorsque nous avons crié : «Tierra o muerte!» (La terre ou la mort), le peuple nous a répondu: « Venceremos!» (Nous vaincrons !).

Comme l'a dit le camarade Navarte, ce peuple de Tacna, qu'ils voulaient voir devenir la des combattants de la Convencion, est devenu le sauveur et le libérateur des paysans de la Convencion. Et pour cela nous respectons le peuple de Tacna, car nous savons qu'il n'est pas du tout stupide.

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(Ici une partie du discours a sauté pour des raisons techniques : il a fallu changer la bande du magnétophone).

Nous avons l'exemple du Chili. Les impérialistes yankees et les autres impérialistes ont commencé à boycotter le Chili. Ils ont commencé à ne plus investir au Chili, à ne plus vendre de machines au Chili, à ne plus acheter les produits chiliens, afin de mettre le pays en crise et de discréditer le gouvernement de gauche.

Et qu'ont fait les capitalistes à l'intérieur du pays? Qu'ont fait les propriétaires fonciers? Les propriétaires fonciers ont commencé à ne plus cultiver la terre, pour mettre le pays en crise. Les capitalistes ont empêché la production. Parfois ils ont enlevé des pièces importantes des machines, pour qu'elles ne puissent plus fonctionner. Ils ont arrêté d'acheter des matières premières, pour créer des pénuries, qui discréditeraient le gouvernement de gauche.

Qu'ont fait les gros commerçants et les propriétaires des compagnies de transport ? Ils ont paralysé le transport et le commerce pour ruiner le pays et le gouvernement d'Allende.

Qu'ont fait ces messieurs les capitalistes et ces messieurs les propriétaires fonciers avec leur argent ? Comme le prix des produits de première nécessité avait baissé au Chili sous le gouvernement Allende, ces produits ont été stockés par les gros capitalistes et les gros commerçants. Ils n'ont pas laissé le peuple accéder à ces produits. Ils les ont vendus au marché noir à des prix trois ou quatre fois plus élevés que les prix officiels. De cette façon, les capitalistes chiliens et les capitalistes internationaux ont commencé à ruiner le Chili et à discréditer le gouvernement de Salvador Allende.

Et qu'a fait le peuple chilien ? Comment ont répondu les travailleurs chiliens à cette attaque des capitalistes ? Ils ont répondu de la meilleure manière qu'ils pouvaient.

Quand les propriétaires fonciers ne voulaient pas cultiver la terre, les paysans l'ont prise pour la travailler eux-mêmes.

Quand les capitalistes ne voulaient pas faire fonctionner les usines, ou ne les faisaient fonctionner que deux ou trois jours par semaine, les ouvriers ont pris les usines, les ont contrôlées et ont maintenu la production eux-mêmes.

Quand les propriétaires des moyens de transport se sont arrêtés de travailler, les travailleurs ont pris les véhicules et les ont fait circuler eux-mêmes.

Quand les gros commerçants ont paralysé la distribution, les habitants de ce que l'on appelle les bidonvilles et les pueblos jovenes (nouvelles villes - euphé misme du gouvernement pour désigner les vastes zones de bidonvilles qui se développent dans les banlieues de beaucoup de villes péruviennes), ces habitants ont organisé eux-mêmes le commerce. Les ouvriers leur apporté directement denrées afin qu'ils puissent les distribuer sans passer par l'intermédiaire des gros commerçants. Et les paysans ont fait de même : ils ont apporté direcproduits champs aux bidonvilles.

Les habitants organisés de ces zones étaient ceux qui savaient le mieux le nombre de personnes dans chaque famille du bidonville. Ils savaient donc comment distribuer le sucre, le riz, le lait, et tous les produits qui manquaient. De cette manière, commencé à répondre efficacement au boycott capitaliste, sur le plan de l'agriculture comme sur celui de la distribution des produits agricoles, sur le plan de l'industrie comme sur celui des produits manufacturés et sur le plan du transport.

Et qui faisait tout cela ? Les travailleurs de la campagne, les travailleurs des villes, les habitants des bidonvilles. Ils montraient à tout le Chili que le pays pouvait vivre tranquillement sans patrons, que les patrons n'étaient bons qu'à user la patience du peuple, et que la meilleure garantie contre une quelconque crise était que les travailleurs prennent en mains la production et la distribution.

Et quand des bandes fascistes se sont organisées, ou des bandes patronales, des bandes armées par les patrons pour attaquer les ouvriers qui avaient pris les usines, quand des bandes organisées par les propriétaires

Sont attaqué les paysans qui avaient pris la terre, quand la police a commencé à attaquer les ouvriers qui geaient les usines, qu'ont fait les ouvriers et les paysans ?

Ils ont fait la même chose que les paysans de la Convencion et de Lares en 1962. Ils ont décidé de se défendre eux-mêmes contre cette répression. Ils ont commencé à s'armer, à former des comités d'auto-défense armée contre cette répression, parce que, comme je l'ai déjà dit, quand le peuple prend conscience qu'il doit se défen-

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dre par les armes, il sait comment s'armer, il n'a pas besoin que quelqu'un lui envoie quoi que ce soit. Et c'est comme cela qu'ils ont commencé à se défendre. Et les soldats et les marins aussi étaient contre leurs officiers.

Et que s'est-il passé? Pourquoi le peuple chilien a-t-il été écrasé ? Malheureusement, la direction qu'il avait, les dirigeants de l'Unité populaire, ceux du Parti socialiste et ceux du Parti communiste, n'avait pas une vision révolutionnaire.

Ils faisaient confiance aux militaires, pensant que ceux-ci allaient respecter la démocratie au Chili. Ils faisaient confiance aux capitalistes et aux impérialistes, pensant que ceux-ci allaient respecter la démocratie.

Ils disaient : « Eh bien, camarades, quand nous aurons élu une majorité de gauche dans les deux chambres du Parlement, nous construirons le socialisme. En attendant, camarades, s'il vous plaît, tranquilisez-vous, restez calmes. Ne prenez pas les usines, car cela troublerait les capitalistes progressistes. Ne prenez pas la terre, ils se mettraient en colère et feraient un coup d'Etat.

«S'il vous plait, ne mettez pas sur pied ces organisations d'auto-défense armée. Si vous le faites, ces militaires démocrates et patriotes vont se mettre en colère et faire un coup d'Etat. S'il vous plaît, ne les énervez pas.»

«Les militaires patriotes vont nous défendre. Ils vont garantir le processus démocratique au Chili. Ils vont faire respecter la vonlonté de la majorité. L'armée a toujours été respectueuse de la loi et du Parlement. Vous pouvez avoir confiance en elle.»

C'est ce que disait la direction de l'Unité populaire aux masses qui la suivaient. Et c'est ainsi que les mains du peuple étaient liées.

Et quand le peuple a commencé à organiser des tribunaux populaires pour remplacer le système judiciaire pourri, Allende et toute la direction de lUnité populaire ont tonné contre cela.

Bien sûr, ces dirigeants n'ont pas fait cela par méchanceté. Ils ne l'ont pas nécessairement fait parce qu'ils étaient des traitres. Ils l'ont fait parce qu'ils pensaient que cela devait se faire ainsi. Mais c'était leur opinion, et non celle de Pinochet, et non celle des militaires. Et que le peuple, qui faisait face à cette crise de la meilleure façon possible, a eu les mains liées par sa propre direction.

Cela a ouvert la voie au coup d'Etat de Pinochet, soutenu par les capitalistes et les impérialistes, et soutenu aussi par une classe moyenne désespérée qui, voyant que la gauche ne présentait aucune solution réelle pour le Chili, a appuyé la droite.

Nous aussi, nous avons tiré la leçon de cette expérience, camarades. Et nous vous promettons que nous n'allons pas faire la même chose au Pérou. Nous vous promettons que jamais les dirigeants du FOCEP, les dirigeants des partis révolutionnaires ne vont vous dire : « Faites confiance aux officiers patriotes, faites confiance aux bons capitalistes qui sont avec l'impérialisme». Cela, nous ne le dirons jamais.

Nous vous dirons toujours : «Ne faites confiance qu'à vous-mêmes. Ne croyez pas que les usines vont bien fonctionner et être au service du peuple si elles ne sont pas entre les mains des ouvriers et dirigées par eux.

«Ne croyez pas que les terres vont être au service du Pérou si elles ne sont pas sous le contrôle des paysans eux-mêmes.

«Ne croyez pas que la distribution et l'économie nationale tout entière vont bien fonctionner si elles ne sont pas entre les mains des travailleurs.

« Ne croyez pas que les tribunaux vont vraiment rendre la justice s'ils ne sont pas aux mains des travailleurs eux-mêmes, si les travailleurs et les habitants des bidonvilles n'élisent pas leurs tribunaux et si le peuple entier réuni en assemblée n'élit pas son propre tribunal, et s'il ne peut pas changer les juges quand il considère que c'est nécessaire parce qu'ils ne remplissent pas leurs fonctions». Ce n'est qu'en cela que nous avons confiance (applaudissements et cris : « Bravos /»).

Ainsi, camarades, nous voyyons que ce processus qui s'est développé à la Convencion, que ce processus qui s'est développé au Chili, commence aujourd'hui à se développer dans tout le Pérou. Et nous devons tirer les leçons positives de la Convencion et les appliquer dans notre lutte. Nous devons aussi tirer les leçons positives données par le peuple du Chili et les appliquer à notre lutte. D'autre part, nous devons aussi surmonter les mauvaises expériences de la Convencion et du Chili pour ne pas les répéter.

Nous avons besoin d'une organisation qui puisse conduire les travailleurs au pouvoir. Il n'y en a pas eu à la Convencion, et c'est pour cela que la lutte •est restée isolée. C'est pourquoi nous devons construire le FOCEP.

Nous avons besoin d'une organisation politique qui ne dise pas aux travailleurs, comme l'a fait l'Unité populaire, de ne pas se mobiliser, de ne pas prendre le pouvoir, mais de faire confiance aux militaires et à la voie parlementaire.

Et c'est pour cela que nous devons dire : le FOCEP ne sera pas comme l'Unité populaire. Il ne dira pas au peuple de faire confiance aux officiers progressistes et au Parlement. Il leur dira de ne compter que sur leur propre organisation, leur propre lutte et leur propre force.

Nous avons déjà vu ce dont le peuple péruvien est capable. La junte militaire lui a imposé le couvre-feu. Elle a suspendu ses droits constitutionnels. Elle a supprimé la liberté de la presse. Elle a mis en prison des centaines de personnes et a exilé beaucoup d'entre nous en 1976. En juin 1976, elle a piétiné les quelques droits qui restaient au peuple. Le peuple a souffert cela pendant un an.

Alors, en juillet 1977, malgré la suspension des garanties constitutionnelles, malgré le couvre-

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feu, malgré la manque de liberté de la presse, malgré les centaines de prisonniers, malgré les exilés, et malgré toutes les menaces de licenciments, ce peuple péruvien a su Sa lutte a culminé lors de l'héroïque grève du 19 juillet. Cette action courageuse a marqué une nouvelle étape dans la lutte du peuple péruvien, elle a marqué de la révolution socialiste au Pérou. Avec cette grève générale, une ère nouvelle a commencé au Pérou. En effet, elle a forcé la dictature militaire a reculer et l'a obligée à lever le couvre-feu, à mettre fin à la suspension des garanties constitutionnelles, et à rendre un peu de liberté à la presse.

Le peuple a continué à combattre, et bien que 5000 personnes aient été renvoyées de leur travail, le peuple n'a pas été intimidé et a continué à combattre. Il y a eu une autre grève générale, et puis encore une autre. Par ces luttes le peuple a gagné aussi la libération des prisonniers politiques et la liberté de revenir pour les exilés.

Si je vous parle de cette manière et aussi librement, ce n'est pas par une quelconque générosité de la dictature militaire. Ce n'est pas parce que la dictature militaire est devenue démocratique, ni parce qu'il y a quoi que ce soit de démocratique dans la majorité de l'Assemblée constituante. La majorité de l'Assemblée constituante a gardé le silence sur les abus commis par la junte militaire.

Si aujourd'hui nous parlons ainsi, c'est parce que vous avez gagné ce droit. Et de la même manière que vous avez conquis ce droit, vous allez en conquérir beaucoup plus, avec le reste du peuple péruvien. Tout dépend de votre esprit de lutte et de votre organisation. C'est l'exemple, c'est la leçon que nous avons tirée du 19 juillet et des luttes qui ont suivi.

C'est aussi le peuple qui a obligé la junte militaire à organiser des élections pour l'Assemblée constituante. C'est vrai que le peuple n'a pas demandé l'Assemblée constituante au régime. Mais les dictateurs savaient que ce que le peuple péruvien haissait le plus, c'était la dictature militaire. pour tromper le peuple, ils lui ont donné un caramel, en disant : «Oui, oui, les copains, nous partons, ne vous inquiétez nous partons en 1980. D'abord nous vous offrons des élections pour •l'Assemblée constituante, puis il y aura des élections en 1980 où vous pourrez choisir un président, celui qui vous plaîra; il y aura des députés et des sénateurs, nous partons et tout va s'arranger.».

Ils ont dit cela pour tromper le peuple péruvien, pour que le peuple ne continue pas luttes, ne continue pas ses grèves, ne continue pas ses débra-

Mais heureusement, le peuple péruvien ne s'est pas laissé tromper. Le peuple péruvien a continué à lutter et il lutte encore. Il n'est pas impressionné par des histoires d'assemblées constituantes et d'élections.

Et alors, en pleine campagne électorale, quand la junte a eu l'effronterie de décréter le train de mesures économiques du mois de mai, la classe ouvrière a répondu par la plus grande grève générale dans l'histoire de ce pays, la grève des 22 et 23 mai de cette année (applaudissements et cris de « Bravo !»).

Cela a été une lutte héroïque, qui n'a pas encore été décrite dans toute sa dimension. Aucun d'entre nous ne sait encore quelle ampleur elle a eu. Chaque jour nous apprenons qu'il tous les coins du Pérou les 22 et 23 mai, dont nous n'avions jamais entendu parler. En dépit du manque de communication entre les différents secteurs de la population, en dépit du fait que la presse est contrôlée et que la radio parle de tout sauf de ce qui se passe au Pérou, en dépit de tout cela, la vaillance du peuple péruvien apparaît de mille manières actuellement.

Je ne sais pas si vous savez, par exemple, qu'à Morococha, les mineurs ont fait reculer les forces de répression, la dynamite à la main (applaudissements, cris de « Bravo !»).

Peut-etre ne savez-vous pas que nos frères de la police d'Arequipa ont refusé de tirer sur le peuple et ont présenté une liste de revendications demandant que personne n'ait un grade supérieur à celui de major et que les officiers soient élus par la troupe et non envoyés d'en haut. A cause de cette attitude courageuse de nos camarades de la police d'Arequipa, leurs dirigeants sont aujourd'hui en prison, et nous devons tous lutter pour leur libération. En effet c'est pour nous qu'ils sont en prison, ils sont nos héros, nos frères, et s'ils sont en prison, c'est qu'ils n'ont pas tiré sur nous (applaudissements, cris de « Bravo !»).

La presse contrôlée ne parle pas de ces choses-là, car la junte militaire a peur. Parce que ceux qui nous écrasent ne sont qu'une poignée d'exploiteurs. Jusqu'à présent ces exploiteurs ont utilisé l'armée pour nous écraser et nous massacrer afin de continuer à nous exploiter.

qu'arrive-t-il? Cela va prendre fin un jour. En effet, quand la classe ouvrière. et la paysannerie sont unies et sont fortes, et font des grèves comme celles des 22 et 23 mai, alors les policiers voient qu'il y a là un pouvoir, que ce pouvoir est celui de leurs frères, et ils n'ont plus peur; ils arrêtent de tirer sur nous et commencent à tirer sur ceux sur lesquels ils doivent tirer (applaudissements, cris de «Bravo !»).

Camarades, la fin de nos exploiteurs a commencé. Elle a commencé le 19 juillet 1977, et cette lutte continue.

Et comme je l'ai dit, si nous pouvons parler ici, ce n'est pas à cause du proiet de loi sur l'immunité parlementaire, ce n'est pas parce que la junte a un quelconque respect pour l'Assemblée constituante ni même parce que l'Assemblée constituante a un quelconque respect pour elle-même; en effet, elle n'er. a pas.

Et comme l'ont déjà dit mes camarades parlementaires de gauche, cette Assemblée consti-

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tuante a refusé de résoudre les problèmes du peuple. Elle s'agenouille et rampe devant la junte; ceux qui avaient tant parlé contre la dictature militaire, ne veulent plus ouvrir la bouche contre celle-ci aujourd'hui. Alors, ils ne peuvent être porteurs d'aucune espérance.

De cette tribune, mes camarades ont aussi parlé d'autre chose. Ils ont parlé de ces fronts de défense des intérêts du peuple qui surgissent en beaucoup de points du Pérou. J'ai eu la chance de voir cela dans le département de San Martin. J'ai pu voir deux villages dont l'un a élu son maire et l'autre son maire adjoint. Et ils luttent pour les imposer. Ils luttent pour les défendre contre le maire adjoint et le maire imposés d'en haut par la dictature militaire.

C'est cela le genre de gouvernement que nous voulons, des gouvernements élus par le peuple, des gouvernements qui, dans chaque village, dans chaque recoin du pays, représentent la volonté des ouvriers, des paysans et des habitants des bidon villes.

Le camarade Cuentas a parlé aussi des congrès populaires de Chimbote et de Moquegua. J'ai aussi eu la chance de voir ce que sont ces assemblées populaires, camarades. Ce sont des organismes formés de délégués des ouvriers, de délégués des paysans, de délégués des bidonvilles et de délégués des employés.

Ces organismes commencent déjà à réaliser des choses. Nous luttons pour que ces assemblées populaires fonctionnent de façon permanente, pour qu'elles soient centralisées par une grande assemblée populaire nationale composée de délégués des ouvriers, des paysans, des soldats, des habitants des bidonvilles, des employés, des instituteurs, des pêcheurs, des petits commerçants, des marchands ambulants.

Nous luttons pour que cette assemblée populaire, formée de tous ces travailleurs, venant de tous les coins du pays, soit le gouvernement de ce pays.

Une manifestation de paysans dans la région de Tacna

Nous ne voulons pas qu'Hugo Blanco soit au pouvoir. Nous voulons que les travailleurs soient au pouvoir : les délégués des ouvriers, des paysans, des bidonvilles doivent être au pouvoir, dans une assemblée composée par eux tous. Et quand le peuple n'a plus confiance dans un des délégués qu'il avait choisi, quand ce que fait un délégué ne plaît pas au peuple, celui-ci doit pouvoir simplement changer et mettre un autre à sa

Car au Pérou il y a des millions de gens qui peuvent se représenter eux-mêmes et représenter leurs frères. Le camarade Hugo Blanco n'est pas indispensable, pas plus qu'aucun autre camarade. Dans chaque usine, dans chaque syndicat paysan, dans chaque bidonville, nous en verrons des exemples.

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C'est cela le type de gouvernement que nous voulons, c'est cela que nous appelons gouvernement des travailleurs, c'est cela que nous appelons gouvernement ouvrier et paysan. Et ce gouvernement est le seul qui sera capable d'assurer que les richesses du peuple pérúvien appartiennent enfin à celui-ci.

Et seul ce gouvernement sera capable de garantir que tous les travailleurs aient la possibilité de travailler, car nous pourrons tous travailler. Comme vous le savez, on a parlé d'une assemblée des marchands ambulants; le problème des marchands ambulants a pris des proportions gigantesques à Lima, et il existe dans tout le Pérou.

Les chômeurs n'ont pas d'autre solution pour gagner leur vie que de vendre des choses

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dans la rue. Et ces messieurs les maires ont l'insolence et l'effronterie, exactement comme la dictature militaire, d'interdire certaines zones à ces marchands ambulants, alors que la junte n'est pas capable de donner du travail à la moitié du peuple péruvien, alors que la moitié du peuple péruvien n'a pas la possibilité de travailler, car elle ne trouve pas de travail.

Comment ce monsieur le maire peut-il avoir l'impudence de dire qu'il y a des zones où les marchands ambulants n'ont pas le droit de vendre ? A Lima, les camarades du FOCEP ont aux camarades marchands ambulants: « Camarades, tant que la junte militaire ne vous garantit pas de travail régulier, vous avez le droit de vendre vos produits à l'intérieur de l'Assemblée constituante et du Palais du gouvernement.». (applaudissements. cris de « Bravo !»).

Alors, camarades, gouvernement forme gués des ouvriers et des paysans, de délégués de tous les travailpourra dire: les usines être dirigées par les ouvriers, pour servir les intérets du peuple; la terre sera aux mains des paysans, pour servir les intérêts du peuple; toute l'économie sera dirigée par l'ensemble de la classe des travailleurs, et ce sont nous, les délégués des travailleurs, qui dirons où l'on doit construire une usine et où l'on va faire une route. Nous dirons que notre argent ne doit pas être dépensé pour la répression, ne doit pas servir à acheter le whisky des millionnaires. On doit le dépenser pour construire des écoles dans les bidonvilles, des hôpitaux, etc. C'est cela le gouverement des travailleurs que nous voulons.

Ce gouvernement ne donnera pas un centime aux capitalistes, car ils nous ont déjà suffisamment volés. Ce gouvernement ne donnera pas un centime aux propriétaires fonciers. Ce gouvernement ne paiera pas la dette extérieure, car cet argent ne nous a pas été prêté à nous, il a été prêté à Morales. Laissonsle le rembourser, il n'y a aucune raison que ce soit nous qui payions (applaudissements, cris de « Bravo :»).

jà nous en aller, car nous avons à inaugurer le comité de soutien au FOCEP, puis à partir pour Cuzco où se tient un congrès national des paysans. Je membre du Comité exécutif de la Confédération des paysans et je dois y être présent. Mais il ne manquera pas d'y avoir d'autres occasions, je l'espère, de vous rencontrer et de discuter avec vous de toutes les choses dont nous devons parler.

Pendant douze ans on nous a séparés, camarades. Mais grâce à la lutte, aux luttes de tout le peuple péruvien,, nous pouvons être ici aujourd'hui. Et j'espère que vous ne les laisserez pas nous séparer de nouveau. Cela dépend uniquement de votre force et de votre détermination, camarades; de même que c'est grâce à beaucoup de force et de

CRITIQUE

COMMUNISTE

Camarades, nous devons dé- détermination que je suis ici, et de même que c'est grâce à votre volonté que je suis vivant et que je suis libre.

(Applaudissements, cris de « Bravo !» et « Hugo Blanco au pouvoir!»).

Vive le gouvernement des travailleurs ! (cris de « Viva !»). Vive le socialisme ! (cris de « Viva!»). Camarades, il y a un meilleur slogan que « Hugo Blanco au pouvoir!». C'est « Lutter, vraincre, les ouvriers au pouvoir ! ». Je vous demande de reprendre ce slogan et maintenant « A bas la junte militaire!».

(Cris de «A bas!», applaudissements, beaucoup de cris, et reprise du slogan « Lutter, vaincre, les ouvriers au pouvoir!»).

----- photo credits and running heads -----

communiste-numéro 24-septembre 78-1

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