Pour la première fois - à DEUX PARTIS DE DEUX part les périodes des deux guerres mondiales - la socialdémocratie danoise a formé un gouverement avec un parti bourgeois significatif. Après plusieurs semaines de négociations, un gouvernement de coation a été formé par le parti social-démocrate et le Venstre - le Parti libéral.
Ce gouverement ne se contentera pas de continuer simplement la politique des revenus pratiquée par des gouvernements social-démocrates minoritaires en collaboration avec plusieurs partis bourgeois plusieurs années durant. C'est une aggravation de la politique bourgeoise et de collaboration de classes de la social-démocratie.
La réponse immédiate fut une série de protestations massives des fédérations du parti social-démocrate, des entreprises et du mouvement syndical. Plus de 50000 syndiqués sur 1200000 ont arrêté le travail un jour ou davantage. 150 usines parmi les plus importantes furent paralysées.
D'innombrables protestations ont submergé la direction social-démocrate et le gouvernement. La pression de la base a été si forte que la direction social-démocrate de la Fédération syndicale nationale - Landsorganisationen (LO) - a été forcée de critiquer le gouvernement.
Danemark le gouvernement de coalition
La social-démocratie, majoritaire dans la classe ouvrière, cherchait un alibi pour justifier sa politique d'austérité. La formation d'un gouvernement de coalition avec le principal parti bourgeois du pays en fit office. CLASSES DIFFENRENTES :
Pour comprendre la formation de ce gouvernement et les protestations qu'il suscite, il faut examiner la nature des partis social-démocrate et libéral et leur histoire dans la politique danoise.
Le Parti libéral est l'un des principaux partis patronaux du Danemark. l'origine, représentait les gros fermiers. Mais depuis que l'agriculture a perdu de l'influence, il est devenu un parti bourgeois typique. Sa base électorale est avant tout la petite-bourgeoisie mais sa ligne politique consiste à soutenir la classe capitaliste. Par conséquent, il a des liens étroits avec plusieurs gros monopoles et avec l'organisation patronale danoise. La classe ouvrière perçoit également ce parti comme celui des patrons.
La social-démocratie réformiste typique. Sauf lors de courtes périodes, il a exercé le pouvoir depuis la Deuxième Guerre mondiale soit en coalition avec de plus petits partis bourgeois soit comme parti de gouvernement minoritaire, reposant sur le soutien de plusieurs partis bourgeois. A deux brèves reprises, il a formé un gouvernement minoritaire grâce au soutien d'un petit parti ouvrier réformiste, le Socialistik Folkeparti (SF) - le Parti du peuple.
Les ouvriers contre
Le parti social-démocrate repose largement sur la classe ouvrière danoise et le mouvement syndical qui, au niveau des directions, est entièrement dominé par le parti. Pour la majorité de la classe ouvrière, le parti social-démocrate est celui qui lui a permis de sortir de la crise des années 30 et qui a été à l'origine des réformes durant la prospérité des années 50 et 60.
Juste avant que la crise frappe le Danemark en 1974, le parti était sur le point de perdre une part considérable de son in-
Les trois autres partis ouvriers : le SF, le Parti communiste du Danemark (DKP), et le Venstresocialistere (VS) -parti socialiste de gauche -, devinrent plus influents. d'avantage qu'eux, le parti antiimpôts, le Fremskridst parti (Parti du progrès) gagna du ter-
Après le commencement de la crise, cette tendance s'arrêta. La classe ouvrière soutient - même si c'est sans enthousiasme -la social-démocratie. Non pas qu'elle désire ou soutient la politique des revenus mise en avant par le parti, mais parce qu'il semble à la majorité que le parti constitue la solution la plus sécurisante en temps de crise. Le parti profite encore des conséquences du boom économique.
Le parti a obtenu la grande majorité des votes ouvriers entre 35 et 40% de ceux de la population totale.
Cela ne s'est pas traduit, toutefois, par un accroissement du nombre d'adhésions. LA LUTTE CONTRE LA POLITIQUE DES REVENUS
Depuis 1974 une partie de la classe ouvrière danoise a créé une tradition de protestations et de luttes diverses contre les accords parlementaires, les lois et les gouvernements.
En mai 1974, le Parti libéral, au sein d'un gouvernement minoritaire, mit en avant quelques-unes des premières mesures d'austérité suggérées par la crise. Ces mesures, comparées à celles votées ultérieurement par le Folketinget - le Parlement danois - , n'étaient pas très sévères.
Mais elles provoquèrent de fortes réactions de la part des travailleurs. 200000 firent grève et le même nombre prit part à des manifestations à Copenhague, la capitale danoise. De plus petites manifestations eurent lieu dans de nombreuses autres villes du pays.
Plus tard, en 1974, il y eut d'autres grèves et d'autres manifestations contre le gouverne ment du Parti libéral, qui dut démissionner au début 1975. Après les élections législatives, la social-démocratie forma un gouvernement.
Le parti continua et aggrava la politique de crise. Il opéra des coupes dans le secteur social, la santé et l'éducation. D'importantes subventions furent accordées aux capitalistes.
Des limites étroites furent fixées aux négociations en vue d'un accord général qui eurent lieu entre LO et l'organisation patronale danoise.
Le dernier élément de la politique de crise consista à tracer le cadre législatif de l'accord général et à définir certaines limites aux hausses salariales, dès avant le début des négociations.
Cette politique des revenus encouragea le durcissement du patronat dans les négociations salariales locales. L'organisation patronale danoise soutint financièrement les patrons qui refusaient les hausses salariales. De cette façon un front se constitua composé des employeurs, des partis bourgeois et du gouvernement social-démocrate. C'est ce que nous appelons, au Danemark, le «front zéro» -zéro se référant à l'absence tode hausse de salaires.
Les gouvernements social-démocrates ont pu accomplir leur tâche sans rencontrer la même réaction que le gouvernement libéral de 1974.
Il a été beaucoup plus difficile de mobiliser contre ce que les travailleurs considèrent majoritairement comme un «gouvernement ouvrier » que contre un gouvernement ouvertement bourgeois. La propagande social-démocrate affirmant que la politique du parti et du gouvernement, les choses étant qu'elles sont, n'étaient qu'un moindre mal, a connu une réussite partielle.
Ceci a été possible également en raison du taux de chômage croissant qui affaiblit le potentiel de lutte de la classe ouvrière.
Le nombre des chômeurs atteint aujourd'hui les 200000.
A coup sûr, il y a eu des protestations et des grèves contre certaines lois social-démocrates en matière de politique des revenus, mais elles sont allées en décroissant. L'attitude trois autres partis ouvriers représentés au Parlement en est une cause. Ils n'ont pas été capables de mettre en avant une solution de rechange politique globale convaincante à la socialdémocratie. Au contraire, le DKP, bien plus influent dans les syndicats que SF ou VS, a tenté de contenir les mouvements et activités dirigés contre la politique des revenus.
Cette lutte contre la politique des revenus s'est surtout déroulée au niveau local. Il y a eu quelques grèves de longue durée pour de meilleurs salaires et contre les licenciements, et certaines ont été victorieuses.
Pour ce qui est des projets de nouveaux logements onéreux, les gens ont boycotté le paiement des loyers ou de leur
Les étudiants et les apprentis sont entrés en action pour protéger leur droit de regard sur l'enseignement et pour des subventions plus importantes.
Les parents ont protesté contre la mauvaise qualité des jardins d'enfants. Ils ont suspendu leurs paiements. A Copenhague, des parents et des chômeurs ont empêché six mois durant la démolition d'une crèche, mais à la fin, la force et la brutalité de la police l'emportèrent.
Ces actions et d'autres ont montré que des secteurs sont prêts à combattre la politique de crise. Mais ces luttes sont demeurées locales et isolées, avant tout parce que personne n'a mis en avant avec assez de force une perspective politique cohérente.
La politique bourgeoise de crise pratiquée par la social-démocratie, avec le soutien de partis bourgeois, n'a eu qu'un stagnation du niveau de vie réel, l'accroissement du chômage et l'affaiblissement de la classe ouvrière. LE GOUVERNEMENT DE COALITION-PRETEXTE D'UNE POLITIQUE BOURGEOISE
A la même époque, les crises parlementaires sont devenues plus fréquentes.
Au début de cet été, quatre partis bourgeois, parmi lesquels le Parti libéral, proclamèrent qu'ils allaient collaborer de façon plus étroite. L'objectif était de s'unir et d'augmenter leurs forces avant de négocier avec le gouvernement.
Le but avoué du Premier ministre, Anker Jorgensen, en commençant à négocier avec le Parti libéral était de scissionner ce bloc bourgeois.
Au même moment, il s'agissait de construire un gouverne ment fort pour les négociations
à venir sur les accords généraux du printemps 79. Le nouveau gouvernement de coalition contrôle juste un peu moins de la moitié des membres du Parlement. Par conséquent, il n'a besoin du soutien que d'un ou deux petits partis bourgeois pour avoir une majorité pour ses propositions.
Dès les négociations ultra-secrètes qui durèrent trois semai nes entre les deux partis, il était clair qu'un tel gouvernement de coalition signifiait l'aggravation de la politique de crise bourgeoise. Anker Jorgensen cherchait un alibi pour cette aggravation : la coalition en fit office.
Auprès des membres du parti et du reste de la classe ouvrière, il peut donc justifier les attaques contre la classe ouvrière en se référant aux partenaires du gouvernement.
Cela se confirma lors de l'élection du gouvernement, à la fin août. Aucune des revendications définies par les syndicats (LO) ou d'autres organisations (Union nationale des locataires) ne figurait dans le programme gouvernemental, bien entendu; celles relatives, par exemple, à une fiscalité plus juste ou à la politique du logement. Aucune mesure contre les spéculateurs. Au contraire, le programme gouvernemental prévoit une augmentation générale des impôts indirects (TVA) de 18 à 20% ou plus. Il comprenait aussi le gel des prix, des impôts et des salaires, alors que chacun sait que seule la non augmentation des salaires sera effectivement appliquée.
A part cela, ce programme, pour l'essentiel, ne fait que prendre la suite de celui du gouvernement précédent, agrémenté de quelques vagues déclarations d'intention.
Le gouvernement se compose de 14 ministres social-démocrates et de 7 libéraux. LES SYNDICATS DECLARENT LA GUERRE AU GOUVERNEMENT
L'annonce publique de la formation du gouvernement et de son programme engendra immédiatement de vives réactions du mouvement syndical. Des résolutions de protestations arrivèrent des entreprises et des syndicats de tous les côtés du pays et de toutes les branches.
Dès le lendemain, les travailleurs d'un chantier naval se mirent en grève dans la ville de Frederikshavn. Dans les deux jours suivants, ils furent imités par tous les chantiers navals du penhague, les postiers et beaucoup d'autres, notamment dans l'industrie métallurgique, suivirent l'exemple.
Des manifestations furent organisées dans plusieurs villes. Le sentiment antigouvernemental était si fort que même les fédérations intersyndicales domipar la social-démocratie participèrent aux manifesta-
Cependant, elles ne consacrèrent pas leurs ressources ni leur influence à mobiliser et les dirigeants syndicaux social-démocrates profitèrent des manifestations pour signifier aux manifestants de cesser leurs syndicats nationaux, ceux des peintres et des électriciens, tinrent leur congrès pendant les grèves. Les plus hauts dirigeants social-démocrates de mais également de durcir le contenu de leurs résolutions...
Même le président de LO, Thomas Nielsen, s'est démarqué du gouvernement. Et partout dans le mouvement syndical les rapports traditionnellement étroits entre la social-démocratie et LO ont été mis en question.
Les protestations ont été diverses et fonction des forces politiques plus ou moins influentes suivant l'endroit : réformistes social-démocrates, réformistes DKP/SF, centristes ou révolutionnaires.
La plupart des résolutions adoptées par les meetings de protestation présentent des revendications portant sur la fiscalité, le logement et mettent en avant l«OD» comme une compensation aux sacrifices déjà subis afin que la classe ouvrière ne supporte pas seule les conséquences de la crise. «OD» signifie Okonomist Democrati (démocratie économique) et est un projet social-démocrate impliquant la formation d'un fond central géré par LO destiné à cogérer les entreprises . Lemouvement syndical est ainsi censé, localement et centralement, acDanemark. Les éboueurs de Co- croître son influence sur les décisions et la gestion de l'entreprise.
Le résultat réel sera un apport supplémentaire de capital provenant des travailleurs qui seront liés à « leur» propre firme. On aboutirait à une baisse considérable de la solidarité et de la combativité ouvrière.
Quelques soient leurs différences, la plupart des résolutions ont en commun une dissociation de l'idée même du gouvernement de coalition entre le Parti libéral et le Parti socialdémocrate sans que beaucoup d'importance soit accordée au programme du gouverement en tant que tel. Ce point de vue pénètre profondément désormais les rangs des syndicats social-démocrates. conférences sur la libération des femmes
Alexandra Kollontai
plus de vigueur oppositionnelle de SF, soutenant le gouverne-
IMPORTANTE SCISSION AU SEIN DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE
Dans le parti social-démocrate lui même des critiques sévères ont été faites et des protestations se sont élevées. Dans la seconde ville du Danemark, Arhus, une réunion de toutes les instances de direction locales et régionales, des conseillers municipaux, des parlementaires, s'est démarqué avec force du gouvernement. Deux directions locales ont démissionné et de nombreux membres ont quitté le parti.
Des militants ouvriers social-démocrates tentent de construire un nouveau parti ouvrier : le Reform Parti (le Parti des réformes) qui s'engage à pratiquer une politique social-démocrate. Mais ce projet n'a aucune chance, concurrençant trois partis ouvriers réformistes et un centriste. Les critiques émises au sein de la haute hiérarchie du parti portèrent davantage sur la procédure utilisée que sur le fond politique - former un gouvernement avec le Parti libéral. Pour ce qui est des parlementaires, un seul d'entre eux vota contre les premières mesures du nouveau gouvernement. Pour cette raison, les syndicalistes social-démocrates discutent à présent de placer davantage des leurs dans le groupe parlementaire de leur parti.
Quelques soient les carences des actions entreprises par des militants syndicaux et social-démocrates, actions qui n'aboutirent pas à un règlement définitif avec la coalition, les événe ments liés à la formation du gouvernement ont provoqué la plus importante scission au sein de la social-démocratie depuis que communistes et syndicalistes ont quitté le parti au début du siècle. Jamais auparavant, autant de social-démocrates n'avaient déclaré la guerre à un gouverement à participation social-démocrate.
Cette scission se produit au fil d'une ligne de classe classique : plus l'on se rapproche de la base, plus les réactions de refus sont vives. Et la bureaucratie syndicale a fait montre de que la bureaucratie d'Etat ou l'appareil du parti.
Quoiqu'il en soit, il ne peut être exclu que le parti et le gouvernement tiennent bon, au moins juqu'aux négociations générales du printemps 79. Aucune force assez considérable n'existe à la gauche de la socialdémocratie capable de mettre en avant une alternative politique réelle au gouvernement de coalition et de mobiliser la classe ouvrière et ses alliés potentiels contre la collaboration de classe. LES AUTRES PARTIS OUVRIERS
Comme il a été mentionné, il existe trois autres partis ouvriers qui sont représentés au Folketinget. Pendant la crise ils ont souvent formé un front commun, mais inconsistant, au Folketinget contre la politique bourgeoise. C'est pour cela qu'ils sont considérés par la majorité comme une aile gauche dans la politique danoise.
Le SF est un parti réformiste. Il a été fondé en 1958 par une scission de droite du Parti communiste officiel. Son but déclaré est de tirer la social-démocratie vers la gauche en participant à des négociations sur les princila social-démocratie. Une aile de ce parti, malgré cela, participe à des activités de masse dans différents mouvements.
Le DKP est le parti stalinien danois pro-Moscou. C'est parti clairement réformiste qui
«l'eurocommunisme». C'est lui le plus influent dans les syndicats après la social-démocratie. Ce parti est majoritaire dans bon nombre de directions syndicales locales, il est minoritaire au sein des directions syndicale au plan national, et ne dirige que le syndicat des marins.
VS est un parti centriste. Né en 1967 en tant qu'aile gauche de SF. La raison était l'attitude ment minoritaire social-démocrate et votant une attaque contre les compensations automatiques à la hausse des prix. Ce parti combine l'opportunisme au Parlement avec une attitude ultra-sectaire au sein du mouvement de masse envers la social-démocratie et la majorité de la classe ouvrière qui la soutient.
Ces trois partis ont réagi au gouvernement de coalition de classe en formant une autre coalition de classe. Ils ont publié, avec un petit parti bourgeois, le Retsforbundet, une résolution dont il ressort, pour l'essentiel, que ces quatre partis contrôlent, avec la social-démocratie, une majorité au Parlement.
En promettant de soutenir certaines des propositions social-démocrates non reprises dans le programme gouvernemental; en opposant leur projet «d'une majorité différente» à celle formée par la social-démocratie avec les principaux partis bourgeois; en mettant sur pied leur propre formule de collaboration de classe, les partis en question totalement coupés de l'opposition naissante social-démocratie et n'ont fait que présenter une «alternative» qui n'a rien d'une alternative réelle. Leur résolution évite quelques-uns des problèmes essentiels de la classe ouvrière, tout simplement parce que le cas contraire aurait engendré de sérieuses divergences entre eux bourgeois libéral. L'exemple type est celui de la lutte contre le
De plus leur résolution ne dépasse jamais la dimension parlementaire et par conséquent il ne sera même pas possible d'atteindre les objectifs modestes et divers sur lesquels ces partis sont tombés d'accord.
Ceci fut très clair dès la conférence de presse au cours de laquelle la résolution fut présentée. Le président du Retsforbundet déclara que son parti était fortement hostile à toute action extra-parlementaire.
A part cela, les trois partis et leurs membres participent aux manifestations et aux grèves contre le gouvernement, sans toutefois leur donner de perspective politique ou organisationnelle.
VS a démontré son incapacité totale à mettre à profit les possibilités mises en évidence au sein de la social-démocratie depuis la formation du gouvernement. VS consacre la majeure part de sa propagande à montrer que rien de substanciel n'a été changé par la participation du Parti libéral au gouvernement. Les mouvements sociaux doivent continuer leurs luttes, affirme VS, contre la politique des revenus et l'austérité en n'accordant aucune attention spéciale au type de gouvernement en place. LA REPONSE DES REVOLUTIONNAIRES
En revanche, la Ligue socialiste révolutionnaire - Revolutionaere socialisters forbund (RSF) - a présenté une claire réponse lutte de classe. RSF est la section danoise de la IVe Internationale.
Elle a déjà obtenu des succès en présentant ses propositions, même si sa taille et sa force l'empêchent d'avoir une influence décisive sur le développement de la mobilisation.
La RSF a expliqué ce qu'est le Parti libéral, comment la direction social-démocrate va utiliser la coalition, et pourquoi cela ne signifie rien de bon pour la classe ouvrière.
Dans une résolution du Comité central de la RSF, quelques-unes des revendications soulevées dans les syndicats et dans d'autres mouvements sont mentionnées, et la question est posée : quelles perspectives existent pour ces revendications, si le Parti libéral est au gouvernement ? Cette résolution dit par exemple: «Il existe, à juste titre, un grand mécontentement à propos des impôts. La classe ouvrière paie 80% des impôts, alors que les employeurs, les requins de l'immobilier et autres spéculateurs ne paient qu'une petite fraction de ce qu'ils soutirent aux travailleurs danois.
«Nous nous demandons si une loi fiscale plus juste a beaucoup de chance d'être mise en œuvre tant que le Parti libéral est au gouvernement. Pourquoi ce parti accepterait-il de taxer la classe sociale qu'il représente, c'est-à-dire la classe capitalisPOUR UN GOUVERNEMENT OUVRIER
Comme solution de rechange au gouverement de coalition, la RSF met en avant la revendication d'un gouvernement composé par les quatre partis ouvriers. Mais comme le montre la résolution : «Nous savons que rien ne sera réglé uniquement parce que les partis ouvriers formeront un gouvernement. Nous devons exiger que ce gouvernement mette en œuvre une politique qui soit dans l'intérêt de la classe ouvrière, et nous devons être prêts à entrer en action pour lui faire faire cela. Ou alors ce ne sera pas le gouvernement ouvrier dont nous avons
Men souscription les congrès de la quatrieme internationale pages, avec une introduction pour chahistoriques et les biographies de personnalités et militants cités. Parution: fin novembre 1978.
La résolution définit les revendications qui doivent constituer une politique ouvrière. C'est les mêmes exigences que la RSF met en avant et soutient dans les syndicats et autres mouvements de masse : - la revendication pour une semaine de travail de 35 heures sans déduction de salaire ni augmentation des cadences.
Cette revendication gagne de plus en plus de soutien dans les syndicats. Récemment le président du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie a déclaré que cette revendication devait être soulevée dans les négociations pour un accord général. • Le paiement de la partie de l'ajustement des salaires l'augmentation du coût de la vie qui a été gelée. Cette partie a été volée aux travailleurs par une loi d'août 1977.
Au lieu que les employeurs donnent cette somme directement aux travailleurs, c'est l'Etat qui a touché cet argent et l'a versé au fonds de retraite des travailleurs.
Un paiement immédiat s'élèverait à 6000 couronnes danoises (1200 dollars US).
C'est la revendication la plus répandue dans les syndicats actuellement. Pour le 40e anniversaire de la fondation de la IVe Internationale Un volume, format 13,5 x 21 cm, de 420 que conférence ou congrès, des notices
- L'amélioration de l'ajustement des salaires à l'augmentation du coût de la vie, afin que celle-ci soit compensée à 100%, ce qui est une revendication pour l'échelle mobile des salaires. - Des propositions pour une amélioration de la situation des chômeurs. - 40000 nouveaux appartements par an. Ceci est une promesse électorale du parti social-démocrate, que ce parti n'a pas réalisée. - Pas d'augmentation des loyers. • Arrêt des préparatifs à la production nucléaire au Danemark. - Suppression de la circulaire ministérielle interdisant les piquets de grève lors des grèves ouvrières et d'autres luttes.
Un certain nombre d'autres revendications sont mises en avant, concernant certains groupes et la défense des droits démocratiques. Ces derniers ont été sérieusement attaqués pour réprimer les luttes contre la politique des revenus.
La RSF explique dans sa résolution qu'une telle ligne ne sera pas acceptée comme allant de soi par les employeurs. Ces revendications touchent à la propriété privée, et beaucoup d'entre elles ne pourront pas être réalisées tant que la chasse au profit est la force déterminante dans la société.
C'est pourquoi le gouvernement ouvrier doit être prêt à mettre en œuvre un vaste programme de nationalisations, comprenant entre autres les compagnies qui n'accepteront pas les revendications des ouvriers, ainsi que l'ensemble du secteur du bâtiment et de l'industrie de la construction. LA POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE DANS LES USINES
Cette ligne politique a été explicitée par le journal bimensuel de la RSF, Lutte de classe - et par un petit fasciscule distribué à 20000 exemplaires. Elle reproduit les parties les plus importantes de la résolution du Comité central.
Des membres de la RSF ont présenté cette plate-forme dans les usines, dans les syndicats, dans les quartiers et dans différents mouvements où ils travaillent.
Aussi bien Klassenkampen que le fasciscule ont été reçus favorablement à beaucoup d'endroits, et les membres de la RSF ont été soutenus dans plusieurs de leurs propositions. On rencontre une certaine aversion, néanmoins, dans les autres mouvements que les syndicats, envers l'idée d'inclure dans leur plate-forme une position sur la question du gouvernement.
Mais sur certains lieux de travail des membres de la RSF ont pu gagner la majorité à leurs propositions.
Par exemple un délégué d'atelier représentant 115 ouvrier d'une grande usine de porcelaine, Bing & Grondahl, à Copenhague, a obtenu le soutien de ses camarades pour une résolution dont les revendications essentielles sont identiques à celles exposées précédemment.
La résolution appuie la proposition d'une journée nationale de protestation pour le 3 octobre. Cette proposition a été mise en avant pour la première fois par les syndicats de Fredericia, une ville de province. Elle est maintenant soutenue par d'autres parties du mouvement syndical. FAIRE DU 3 OCTOBRE UNE JOURNEE DE PROTESTATION
Les protestations directes n'ont duré que quelques jours. Au bout d'une semaine, toutes les grèves et les manifestations se sont arrêtées.
La tâche actuelle est de préparer une forte manifestation pour le 3 octobre, où de plus grandes parties encore de la classe ouvrière manifestent et blier.
fassent grève contre le gouvernement. Cette journée doit être aussi une préparation des mobilisations nécessaires pour les négociations sur l'accord général.
A la prochaine occasion, la confrontation décisive entre le gouverement de coalition et la classe ouvrière aura lieu. Le gouvernement essaiera d'une façon ou d'une autre d'empêcher que la classe ouvrière n'obtienne la moindre amélioration, et une certaine répugnance est largement répandue dans les syndicats contre tout étalage d'autorité de la part d'un gouvernement auquel participe le Parti libéral.
Mais les dirigeants au sommet de LO sont social-démocrates et ne sont absolument pas intéressés à mobiliser la classe ouvrière contre le gouvernement. Ils essaieront de réduire les revendications avant même qu'elles soient présentées aux employeurs, et ils seront de même prêts à se rendre à leur avis.
Une proposition gouvernementale est celle de négociations tripartites entre le gouvernement, les syndicats et les employeurs. Ils veulent que ces négociations décident de l'issue des accords généraux. De cette façon, ils vont priver le mouvement syndical de ses droits à négocier et à agir.
LO a dit non à ces négociations lorsqu'elles ont été présentées par le gouverement, mais quelques jours après ils se rétractaient déjà.
La RSF voit comme l'une de ses tâches dans la période à venir de soutenir et d'encourager un courant oppositionnel dans la social-démocratie, de renforcer l'hostilité au gouvernement, et de garder la volonté d'actions à venir, comme on l'a déjà montré.
Cela doit être fait en répandant l'idée d'une solution de rechange au gouvernement de coalition, et en faisant du 3 octobre une expérience que le gouvernement et la direction des syndicats ne pourront ou-