Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TUNISIE

La LTDH menacée de dissolution

Inprecor n° 351, 24 avril 1992 · p. 28 · 462 mots

Maghreb

Après avoir férocement réprimé le mouvement intégriste, le régime de Ben Ali s'est attaqué à la gauche révolutionnaire (voir Inprecor n° 344, 347 et

349 des 17 janvier, 28 février et 27 mars 1992) et semble vouloir désormais s'en prendre aux associations démocratiques, et en particulier à la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), coupable, à ses yeux, d'avoir dénoncé les violations des droits de l'homme commises par les services du ministère de l'Intérieur — notamment, dans deux communiqués en date des 14 juin et 12 décembre 1991.

Le gouvernement a fait adopter par la Chambre des députés, le 24 mars 1992, des amendements à la loi sur les associations.

La nouvelle législation prévoit l'interdiction du cumul des responsabilités dans une association et un parti politique, ce qui contraindrait certains des responsables de la LTDH, élus par son congrès, et par ailleurs dirigeants d'organisations politiques, à "démissionner". De surcroît, une association ne sera plus libre de choisir ses membres en fonction de ses propres critères d'adhésion — en d'autres termes, la LTDH ne pourra plus refuser l'adhésion de ses membres au parti au pouvoir.

aurait été privé par la justice de ces droits civiques, ce qui est le cas de nombreux militants, qui ont été emprisonnés dans les geôles de Bourguiba ou de Ben Ali. Faute de se soumettre à cette loi, la LTDH risque tout bonnement la dissolution.

Cependant, le conseil national de la LTDH vient de dénoncer sans hésitation la nouvelle loi, et son président,

Loncef Larzouki, a affirmé, dans une conférence de presse, qu'il entendait

« refuser de fonctionner sous cette loi », la jugeant anticonstitutionnelle.

« Aucune loi ni justice ne peuvent imposer à une association son mode de fonctionnement ou ses formes d'adhésion. »

Un collectif - regroupant, outre la LTDH, des associations de femmes, de journalistes, d'étudiants, d'avocats, etc. — vient de se mettre en place ; un comité pour la défense de la LTDH s'est constitué à Tunis à l'initiative d'intellectuels et de militants du mouvement démocratique et

- dont Omar Mestiri, de gauche

Hechmi Ayari, Renda Laalilbi, Sadri Khiari, etc. — et un autre à Kairouan.

Mais, dans la situation de répression de la Tunisie, de telles structures restent fragiles et le pouvoir multiplie menaces et pressions.

darité internationale pour soutenir le mouvement démocratique et la gauche tunisienne face au régime antidémocratique de Ben Ali. *

Envoyez vos télégrammes de soutien à la LTDH (fax : 216 1 793 874)

et des télégrammes de protestation au président de la République

(Palais de Carthage, Tunis).

D'autre part, la vie associative est, dorénavant, interdite à quiconque

ARTICLE 8 DE LA CONSTTOTION

Cette nouvelle offensive démontre la nécessité d'une campagne de soli-

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monde

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