Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EUROPE

Le bateau prend l'eau

· Inprecor n° 351, 24 avril 1992 · p. 3-5 · 3 063 mots

France Italie Grande-Bretagne Allemagne

On peut d'ores et déjà souligner quatre aspects des récents scrutins : la fragilité

Le bateau prend l'eau

Après les élections parlementaires de Belgique en novembre 1991

(1), les quatre élections générales qui ont eu lieu, en ce début

1992, dans les principaux pays impérialistes d'Europe —

Allemagne, pour les parlements des Länder Scheslwig-Holstein et

Bade-Wurtemberg ; cantonales et régionales en France ;

législatives en Grande-Bretagne ; et au Sénat et à la Chambre en

Italie — donnent des indications significatives sur la situation politique. La prudence est néanmoins de mise : les élections constituent toujours un "baromètre", et ceci est particulièrement vrai dès lors qu'une partie significative de l'électorat est nerveuse, volatile et en mouvement. Mais des convergences transnationales, indéniablement à l'œuvre, apparaissent aussi dans des sociétés qui comportent des institutions étatiques et sociales, solidement enracinées.

croissante de la démocratie parlementaire ; la percée électorale de mouvements réactionnaires, populistes ou fascistes ; l'impasse profonde de la social-démocratie ; et, enfin, les balbutiements de l'alternative à gauche.

François VERCAMMEN

Tous ces aspects renvoient à un facteur fondamental : s'il est indéniable que le capitalisme a réussi à maîtriser sa crise avec l'aide des appareils réformistes du mouvement ouvrier, il faut cependant constater qu'il en paye un prix élevé. Quinze années

— en particulier, depuis 1980-1981 - ont usé et miné, dans la durée, tous les instruments classiques de domination, d'encadrement et de légitimation de l'ordre bourgeois.

Ce pilotage à vue, qui épouse étroitement les rapports de forces sur le terrain et dont l'intelligence vantée est directement tributaire du recul du mouvement ouvrier et de l'absence d'une riposte d'ensemble organisée de sa part, a encore et toujours reporté la confrontation brutale et frontale. Jusqu'où ?

Voilà la question qui se pose, au-delà des élections qui viennent d'avoir lieu.

Les partis gouvernementaux reculent ;

les partis d'opposition n'en profitent guère ou pas du tout — l'exception britannique infirme cette constatation ; mais elle devra être relue à partir de celle-ci (voir l'article en p. 6). La rente de situation qu'apportait une cynique "cure d'opposition" a disparu. Le discrédit des partis traditionnels comme pivots du système est général. Il frappe surtout les plus forts : Démocratie-Chrétienne

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NHAC!

en Italie (voir l'article en p. 8) et en Belgique, et social-démocratie en France (2) — partis-gouvernementaux attitrés de la dernière décennie, si ce n'est depuis 1945. Mais aussi l'opposition : la social-démocratie belge a failli rater sa rentrée gouvernementale en 1987, après un passage à vide de sept ans et le Parti travailliste vient d'échouer après treize ans d'opposition. La socialdémocratie allemande ne voit plus comment s'y prendre (voir les articles en p. 12 et 13). Les partis bourgeois en France ne profitent pas du recul sans précédent d'un parti socialiste qui tombe à son niveau de 1971 et font leurs plus mauvais scores depuis 1958. L'Italie, de son côté, connaît une fragmentation sans précédent des partis traditionnels.

Avee ou sans proportionnelle ?

Avec la montée des votes blancs et des abstentionnistes, ainsi qu'avec la percée des écologistes et des mouvements populistes, la représentativité des partis traditionnels ne concerne plus que 65 %, voire 50 % de la population en âge de voter. Ces chiffres indiquent en Europe, que le feu orange clignote, voire le feu rouge, pour le régime parlementaire.

Le débat à propos du système électoral révèle un souci qui hante la bourgeoisie européenne face à ses ouailles, et aux turbulences venant de l'Est : une réforme autori-

CRISE taire du système parlementaire qui garantirait la stabilité de l'Etat et de la société, mais qui écarterait toute idée (provocatrice, en l'occurrence) d'une solution fasciste.

Mais l'issue n'est ni facile ni rapide. Car il est tout aussi dangereux de priver de "ses" élus une partie importante d'électeurs, par le refus de la proportionnalité entre nombre des électeurs et nombre de sièges parlementaires - France, Grande-Bretagne (3) — que de permettre, alors que la crise sociale perdure et s'aggrave, l'expression réelle de l'opinion publique — en Italie, en premier lieu —, de lui donner accès aux médias et de "voter utile" pour des parlementaires qui, sans être des révolutionnaires, ne sont pas (encore) prêts à jouer le jeu stérile du parlementarisme.

Le débat sur le principe même de la proportionnelle — en Grande-Bretagne —, de la dose de proportionnelle à "instiller" — en France —, ou de la hauteur de la barre de voix à introduire - en Italie - trahissent une idée de base : il s'agit de neutraliser l'effet "subversif" (!) du suffrage universel et de la démocratie représentative sur le fonctionnement de l'exécutif (le gouvernement). La campagne personnelle du président Cossiga pour une "nouvelle République" plus autoritaire est, à cet égard, très explicite.

Renforcer la capacité exécutive de l'appareil d'Etat face à la société : voilà le fil conducteur. Car ce n'est pas la force de frappe matérielle et juridique — énormément accrue ces vingt dernières années — qui lui manque. C'est sa cohérence et sa force d'intégration qui se désagrègent.

Dans tous nos pays, le débat sur le sys-

1) Voir Inprecor n° 342 du 6 décembre 1991.

2) Voir Inprecor n° 350 du 10 avril 1992.

3) Système uninominal à deux tours en France, ou pire, uninominal à un seul tour, en Grande-Bretagne ; dans les deux cas avec un découpage sur mesure des circonscriptions

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= EUROPE tème électoral s'insère dans une problématique plus vaste : quels instruments politiques et quel prix à payer pour maintenir, voire recréer, une cohésion sociale et politique mise à mal ?

La montée de la "bête immonde"

Simple vote de protestation ou dissidence politique et sociale durable ? La percée électorale généralisée — sauf en GrandeBretagne — des mouvements populistes et fascistes constitue une modification importante dans la situation politique. Avec des moyennes nationales qui oscillent désormais autour de 10 %, ces forces incarnent déjà une lutte pour le pouvoir politique dans les grandes villes comme Marseille, Anvers, Milan, etc., avec des scores de 25 % ou plus ! Elles révèlent à leur manière — et à leur profit — la profondeur de la crise sociale et morale. Prenant place dans les institutions "démocratiques", elles sont un facteur permanent du rapport de forces, tant sur le plan des institutions étatiques à tous les niveaux, que dans la société. De pays en pays, la nature de ces mouvements diffère, même s'ils se nourrissent tous du même terreau : détresse sociale, insécurité, inquiétude existentielle, et, en l'absence d'une issue solidaire, un sauve-qui-peut des plus démunis que le discours populiste capte, à défaut d'une perspective décidée et convainquante du mouvement ouvrier. Ce qui est l'expression crispée d'une frustration sociale chez les laissés-pour-compte — punir "ceux d'en haut" — est rejoint par un souci raisonné d'ordre et d'élitisme parmi les couches moyennes plus aisées.

Si c'est la peur de l'immigré, bouc émissaire de tous les maux, qui hante les premiers, les seconds sont obnubilés par le réflexe égoïste de leur prospérité - souvent relative - qui leur semble menacée. Les premiers citeront les chiffres d'immigrés, les seconds les chiffres d'impôts et de transferts sociaux dans le budget de l'Etat. Nationalisme, sous-nationalisme ou localisme donnent une base idéologique et démagogique à ce magma confus. En insistant sur la « priorité à notre peuple », Le Pen, en France, les Ligues en Italie, les Republikaner en Allemagne parviennent à exprimer efficacement un sentiment diffus mais largement répandu dans toutes les couches de la société. On ne saurait sous-estimer le ballon d'oxygène que cette ouverture soudaine a donné à des noyaux fascistes-nazis longtemps isolés dans leur nostalgie.

Même s'ils se trouvent partout — sauf en France, où Le Pen est nettement plus avancé — au début de leur organisation en véritable parti, ils possèdent un triple atout. D'abord, ces organisations disposeront désormais des moyens matériels que leur procure la présence dans les institutions étatiques du capitalisme moderne, qui sont sans commune mesure avec ceux des forces antifascistes militantes.

Ensuite, elles ont gagné, par les élections, une aura de légitimité démocratique, au moment où tous les autres partis établis sont fortement discrédités. Les noyaux fascistes expérimentés sont rejoints pas une nouvelle génération de dirigeants fascistes, souvent jeunes et dans l'"'air du temps". Ils parviennent à mener une guerre civile dans les catacombes de la société, à l'abri d'un discours soft et d'une ligne unitaire sur des "revendications transitoires", eux qui proposent des solutions "raisonnablement droitières" sur l'immigration, la sécurité, le logement, le système d'éducation ou celui de sécurité sociale, la lutte contre la corruption, la mise au pas du pouvoir financier et politique "occulte" et illégitime des mutuelles et des syndicats, l'unité européenne, le rejet de l'impérialisme américain, etc.

Ainsi, et enfin, ils entrent de fait en résonance avec une nouvelle aile droite, produite par le durcissement général de la politique bourgeoise, qui se développe au sein des partis bourgeois traditionnels en crise.

L'inquiétante percée des mouvements d'extrême droite ne doit pas masquer une autre constatation : le déclin électoral et la crise non-annoncée des grands partis sociaux-démocrates.

Onze ans de gouvernement "socialiste" en France ont mené le Parti socialiste (PS) au bord du précipice (4). Treize ans d'opposition "socialiste" en Grande-Bretagne, alors que le gouvernement conservateur porte le chapeau d'une politique d'austérité brutale sans égal en Europe, depuis 1945, ont conduit le Parti travailliste à une défaite politique cuisante.

Les roses se fanent...

Dans les deux cas, la direction socialdémocrate a violemment affronté et décontenancé sa propre base, afin de gagner la confiance du grand capital : le PS pour pouvoir rester au gouvernement ; les travaillistes pour y accéder. Dans les deux cas, l'impasse stratégique est fatale. Car, poussée jusqu'au bout, la "culture de gouvernement" - en France — ou la rupture avec le mouvement syndical -en Grande-Bretagne — semblent aussi suicidaires que le retour aux sources "anticapitalistes" et "lutte de classes" — fût-ce à la sauce réformiste - semble impossible. On pourrait dire que les deux expériences sont exceptionnelles par leur pureté chimique : le régime politique et le système électoral y favorisent ment de longue durée. Mais même là où l'alternance rapide et les coalitions gouvernementales ont l'art de brouiller constamment le bilan politique, le déclin électoral de la social-démocratie est engagé. En Allemagne, le Parti social-démocrate (SPD) recule de manière spectaculaire. Dans le Bade-Wurtemberg — le Länder le plus riche, avec ses 10 millions d'habitants — il obtient 29,4 % des suffrages, son plus mauvais score depuis 1968 — l'Union démocrate-chrétienne (CDU) atteignant 36,9 % recule de 9,4 %. Dans le Schleswig-Holstein, le SPD dégringole de 54,8 % à 46,2 %. En Italie, le petit recul du Parti socialiste italien (PSI) - - 0,6 % - rend mal compte de son échec politique. Car la perte d'environ 25 % de son électorat dans le Nord accentue son clientélisme méridional et surtout stoppe net le rêve de Craxi qui

4) Sur les dix ans de gouvernement "socialiste" en France, voir Inprecor n° 330 et n° 344 du 10 mai 1991 et du 17 janvier 1992.

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voulait reconstruire le paysage politique autour de sa personne.

C'est une énorme et désagréable surprise et une véritable déception politique pour la social-démocratie européenne. Ses dirigeants avaient rêvé, à la fin des années 80, que l'histoire les appelait. L'épuisement de la désastreuse politique néolibérale — à commencer par les Etats-Unis — solliciterait rapidement et facilement leur rentrée dans le jeu de la concertation. A l'Est, la perestroïka mettait l"économie de marché socialement corrigée" aux postes de commande et semblait pousser Gorbatchev dans les bras de la Ile Internationale. L'avenir appartenait à la rose, de l'Atlantique au Pacifique ! Mais la social-démocratie fut à son tour emportée par l'impossible réforme indolore de la bureaucratie (post)-stalinienne et par le discrédit du "socialisme réellement existant". A partir de là, le bilan politique des partis socialistes face à la crise capitaliste ressurgit avec force : la social-démocratie n'a ni réussi ni voulu combattre celle-ci, au contraire, elle s'y est pleinement associée — au nom du moindre mal, au nom d'une issue européenne — que ce soit au gouvernement ou dans l'opposition.

Le goût des "affaires" et de la coruption

Appelée à briser la résistance des travailleurs, elle a semé la démoralisation, dont elle est à son tour devenue la victime. Sur dix à quinze ans, ce bilan, plus ou moins clairement perçu par les travailleurs, mine désormais la place de la social-démocratie au sein du mouvement ouvrier traditionnel. Il lui barre, de surcroît, l'accès au secteur le plus généreux de la jeunesse.

Si une partie de sa base populaire, dégoûtée et désemparée, s'en va souvent vers la droite populiste ou extrémiste, les jeunes et les nouvelles couches salariées ne sont pas, pour autant, spontanément attirés par un parti "moderniste", c'est-à-dire sans avenir et sans espérance, sans alternative globale et sans propositions concrètes et pointues. Sans générosité aussi, car dans le discrédit profond qui le frappe, un facteur ne saurait être oublié. Plus intégrée que jamais dans les rouages du capitalisme, la couche dirigeante des partis socialistes a pris goût à l"argent facile". A côté des "affaires" spectaculaires et des excès illégaux (vols, fraude, etc.), la corruption de fait a créé une couche de "parvenus socialistes" dont le train de vie en temps de crise et d'austérité populaire, apparaît comme insupportable à sa base, à qui elle est censée expliquer les dangers du "corporatisme syndical" et de l'égoïsme revendicatif...

S'il y a bien débats, contradictions, conflits et exceptionnellement une polarisation "gauche-droite" au sein de la socialdémocratie, il faut constater qu'une véritable recomposition consistante en son sein se fait attendre. La principale contradiction opérationnelle semble plutôt se situer entre le Parti socialiste, de plus en plus happé par l'Etat bourgeois, et le mouvement syndical ; plus directement sous la pression de la classe ouvrière et des mouvements sociaux.

La faiblesse de la gauche révolutionnaire dans les élections est déconcertante. Elle reflète, bien entendu, le rapport de forces au niveau international, entre les classes et, entre révolutionnaires et réformistes au sein du mouvement ouvrier. Mais elle nous interpelle vivement, dès lors que les partis communistes se rétrécissent, que la social-démocratie est en perte de vitesse et que les Verts se nichent avec force sur le flanc gauche de celle-ci.

L'alternative en friche

Il y a donc une ample recomposition politique en cours. Mais elle a lieu sur un fond de recul des luttes, du mouvement ouvrier traditionnel et de la conscience de classe socialiste. En même temps, la crise prolongée du capitalisme, désormais seul maître à bord de la planète, engendre un mécontentement énorme qui ne parvient pas à se matérialiser.

Le spectaculaire taux de participation aux récents scrutins — dans des pays où le vote n'est pas obligatoire — en France, Italie ou Grande-Bretagne et, dans une moindre mesure, en Allemagne — indique la limite de la "dépolitisation" et de '"individualisme", dès lors que les gens perçoivent un véritable enjeu qui semble à leur portée. De même, le score des Verts va bien au-delà d'un problème écologique, du vote protestataire, et du projet néoréformiste des dirigeants de ce mouvement. C'est un symptôme, parmi d'autres, d'une large et persistante aspiration à un changement de la vie et de la société. Pour le percevoir, il faut prendre en considération la forme qu'il adopte dans une période où la révolution mondiale recule et où le projet socialiste est discrédité ou insaisissable à l'échelle des masses.

C'est dans ce cadre qu'il faudra analyser les résultats fragmentaires mais positifs qu'obtiennent les listes à gauche de la social-démocratie.

Le résultat du Parti de la refondation communiste (PRC) italien est spectaculaire : avec 5,6 % à la Chambre et 6,5 % au Sénat, il gagne une fraction parlementaire de 55 membres (35 et 20). Du coup, le PRC se trouve projeté sur la scène politique nationale, avec, de surcroît, une implantation capillaire à la base et une forte présence dans les institutions étatiques élues. Défendant la continuité "communiste" (Togliatti, Berlin-

EUROPE guer) du vieux Parti communiste italien (PCI) par rapport à la base de celui-ci, le PRC continue à défendre une perspective "communiste" face à la société et dans la classe ouvrière. Il s'oppose à la social-démocratisation du Parti démocratique de gauche (PDS, l'ex-PCI), ce qui l'éloigne aussi de la peu recommandable social-démocratie italienne. Le PRC est en rupture avec l'establishment de l'ancien PCI — ce en quoi il diffère du PC français (PCF) de Marchais. Sa dynamique va, jusqu'à présent, nettement à gauche — malgré son hétérogénéité actuelle —; il n'est donc pas comparable aux refondateurs ou aux rénovateurs en France. La question est de savoir comment et sur quel axe ce parti "ancien-post-stalinien", hétérogène et confus, réussira à se stabiliser dans des circonstances tout à fait exceptionnelles aujourd'hui en Europe.

En France, Lutte ouvrière (LO) a obtenu une moyenne de près de 2 % — avec une pointe de 3 % en Seine-Maritime — sur l'ensemble de la trentaine de départements où elle se présentait. Témoignant de la permanence de la gauche révolutionnaire, cette capacité d'organisation a, une fois de plus, été mise au seul service de LO. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale) avait présenté quelques listes à des endroits significatifs de son implantation. La pointe de 5,57 % dans les Vosges (Gérardmer) — liée à l'activité d'un membre de la LCR, adjoint au maire pour les questions d'environnement — et d'un autre militant de cette organisation, Raymond Vacheron, avec 6 % dans la ville du Puy (et une moyenne de 3 % en Haute-Loire), est intéressante à plus d'un titre. La proposition de la LCR d'une grande coalition à gauche allant des Verts à la gauche révolutionnaire s'est heurtée à des refus sectaires en cascade : LO, les Verts, les dissidents du PCF. Ces derniers, de leur côté, ont marqué des points : dirigées par des personnalités locales "historiques" et nettement à l'écart du PC, leurs listes Alternative-Démocratie-Socialisme (ADS), limitées en nombre, ont obtenu des scores allant de 7,2 % à 12,4 %, battant chaque fois le PCF !

Ces résultats ne changent rien à un tableau globalement très négatif. Mais analysés en détail, ils permettent de scruter une décantation embryonnaire à gauche de la social-démocratie. Et de voir comment une tactique politique, y compris sur le terrain électoral, peut contribuer à ce que la gauche révolutionnaire sorte de sa marginalité en renforçant ses liens avec le mouvement réel de la société. *

19 avril 1992

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