Qui va gouverner ? Les résultats des élections du 5 avril 1992, en Italie, révèlent des tendances assez semblables à celles d'autres pays d'Europe occidentale. La gauche recule, de certains partis tradil'ancienne majorité gouvernementale a été battue, aucune solution alternative ne se des-
_'ensemble des forces d'opposition de gauche, qui avait obtenu 30,8 % des voix, à la Chambre des députés en 1987, n'obtient plus que 26,4 % — par rapport aux élections régionales, le recul est moins sensible. Mais, dans les deux cas, le bilan est encore plus négatif si on ne compte pas dans l'opposition, le Rete (le Réseau), nouvelle formation politique assez hétérogène, dont les personnalités les plus connues sont l'ancien maire démocrate-chrétien de Palerme, Leoluca Orlando, et l'ancien maire communiste de Turin, Diego Novelli.
Le Parti démocratique de la gauche (PDS. ancien Parti communiste italien - PCI) a perdu 10,5 % de voix par rapport à 1987 et 7 % par rapport à 1990. Les Verts subissent aussi un échec par rapport à 1990. L'aspect le plus positif pour la gauche est le résultat obtenu par le Parti de la refondation communiste (PRC) qui, avec 5,6 % des suffrages pour la Chambre des députés et 6,5% pour le Sénat, récupère non seulement une partie des voix de l'ancien PCI et la plupart de celles de l'ancienne Democrazia Proletaria (DP), mais reçoit également le soutien d'électeurs de gauche qui s'abstenaient auparavant.
Qui va gouverner maintenant ? La situation est d'autant plus délicate que les deux chambres réunies devront élire le nouveau président de la République, au plus tard en juillet 1992. Cette élection est devenue plus importante après la présidence de Francesco Cossiga, marquée par un glissement de facto
De grandes manœuvres sont en cours et personne ne saurait dire où elles vont aboutir. Mais, il paraît assez plausible, pour 'instant, qu'une majorité favorable à un changement du système électoral — non proportionnel — se réalise, et de nouvelles élections sont envisagées afin de permette la formation d'un gou-
Un tel projet ne se fera pas sans conflits ni déchirements, dans une situation sociale précaire, ce qui devrait provoquer de profonds déséquilibres et une instabilité politique croissante, au moins pendant une certaine pé-