l'éparpillement des voix, la perte d'hégémonie de la Démocratie-Chrétienne
(DC) et la montée des Ligues lombardes. Le contexte économique italien est certain nombre de grandes entreprises ont connu des revers importants dans
Des secteurs importants de la bourgeoisie, qui ont vu leur marge de manœuvre se réduire ces dernières années, critiquent vivement le vieux système politique clientéliste italien, qui constitue désormais, selon eux, un fardeau économique trop lourd. Ils voudraient le remplacer par des instruments moins coûteux, plus flexibles, plus aptes à satisfaire leurs besoins actuels et à imposer de nouveaux
La DC malmenée
Les élections du 5 avril 1992 en Italie ont surtout été marquées par sensiblement le même que celui des autres pays d'Europe occidentale — un leur tentative de s'affirmer à l'échelle européenne, alors que la petite et moyenne industrie souffre de faiblesses structurelles.
sacrifices aux masses.
Franco TURIGLIATTO
LES PARTIS qui ont gouverné pendant une très longue période, ont subi une usure et un discrédit profonds. Les tendances centrifuges se multiplient et il devient de plus en plus difficile de former des gouvernements de coalition. La situation est assez paradoxale : d'un côté, la grande bourgeoisie se trouve au sommet de son hégémonie idéologique ; de l'autre, elle ne parvient pas, par l'intermédiaire des partis traditionnels, à traduire cette hégémonie sur le terrain politique et à maintenir le consensus social.
La crise de la Démocratie-Chrétienne et de sa gestion du pouvoir s'exprime, en partie, par l'essor de forces réactionnaires et racistes. Celles-ci se développent dans une situation de défaite et de recul social, politique et idéologique de la classe ouvrière. Le mouvement ouvrier s'est considérablement affaibli en tant que force sociale et politique : il n'est plus capable de créer autour de lui une polarisation politique suffisante et d'apparaître comme une alternative crédible.
Ainsi, le mécontentement et l'indignation provoqués par toutes les injustices, les tracasseries et la corruption du système sont exploités par la démagogie et la xénophobie des Ligues lombardes, qui représentent un véritable danger pour la société italienne et de nouvelles défaites pour la classe ouvrière.
La DC a perdu des électeurs surtout dans le Nord du pays, aussi bien dans la petite et moyenne bourgeoisie que dans les couches populaires, qui ont reporté leurs voix vers les Ligues. Son maintien, dans le Sud, ne compense pas ce recul.
La montée des Ligues
Mais, il est difficile de remplacer la DC dans son rôle dirigeant. Le Parti républicain italien (PRI), qui, surtout après sa sortie du gouvernement, s'est efforcé d'apparaître comme le porte-parole des intérêts de la grande bourgeoisie n'a pas augmenté son score traditionnel (inférieur à 5 %).
Le Parti libéral italien (PLI) n'a pas davantage réussi à changer le rapport de forces en sa faveur : il n'a enregistré qu'une petite avance (0,7 %) et il a payé le prix de sa présence prolongée au gouvernement. Quant au Parti socialiste italien (PSI), frappé par les scandales, il a régressé, sans atteindre son objectif de devenir le premier parti de la
C'est donc la droite, voire l'extrême droite, qui ont profité de l'échec de la DC, en obtenant près de 15 % des voix. D'abord, le Mouvement social italien (MSI) — l'héritier avoué du fascisme italien, qui a fait élire à la Chambre des députés la petite-fille de Mussolini —, a mené une campagne violemment raciste et s'inspirant de principes autoritaires (il a applaudi sans réserves les attaques réactionnaires du président Cossiga contre la Première République). L'existence d'une organisation fasciste assez structurée, dont la bourgeoisie pourrait se servir dans les affrontements sociaux, constitue un danger qu'il ne faut pas minimiser.