La rafle de Paris epuis le 21 mai 1992, plus de 300 familles africaines campaient sur l'Esplanade de Vincennes, aux portes de
Paris, exigeant un logement décent. Ce camp a duré plus de cinq mois dans des conditions matérielles très difficiles et a subi, à ses débuts, un véritable blocus policier pour empêcher toute amélioration sanitaire. Il symbolise pourtant la crise du logement qui sévit, notamment en région parisienne
- depuis trois ans, ce genre d'occupations se multiplient, en plein cœur de Paris et en proche banlieue. Le gouvernement socialiste est incapable de résoudre la crise du logement — les loyers flambent sans aucune restriction depuis 1981 ; la construction de logements sociaux a été fortement ralentie ; la spéculation foncière, par contre, va bon train.
Dans la seule région parisienne, il y a plus de 300 000 sans-logis ou mal logés — alors que plus de 300 000 logements vides ont été recensés ! Une loi permettant à l'Etat de réquisitionner ces locaux vides existe depuis 1945, mais elle n'est guère appliquée.
( oncernant le conflit de Vincennes, un "accord" avait été signé en
• de garanties pour l'ensemble des dossiers et exigeait, en contrepartie, la levée immédiate du camp. Depuis, les autorités avaient fermé la porte à toute négociation. Le Front national (FN) battait le pavé parisien exigeant le démantèlement du camp — son appel semble avoir rencontré de l'écho au sein des pouvoirs publics. C'est ainsi que, le 29 octobre, les forces de police ont procédé à l'évacuation brutale du camp, sous des prétextes
"humanitaires", prétendant que les familles allaient être relogées de façon transitoire. Tout cela s'est fait dans la plus grande confusion — des centaines de personnes n'ont pas été relogées et errent tous les soirs dans les rues de Paris à la recherche d'un endroit pour dormir ; les solutions de fortune imposées aux familles sont souvent indécentes - un ancien bâtiment d'hôpital insalubre avec 75 lits, par exemple, est proposé à 205 personnes qui préfèrent camper devant plutot que de s'y installer ; les hôtels ou foyers réservés par la préfecture n'attendaient souvent pas les arrivants, etc. Un comité de soutien unitaire organise, depuis mai, la solidarité autour de la lutte, avec des associations travaillant sur le logement, il continue la mobilisation pour exiger des pouvoirs publics le relogement urgent et décent des centaines de personnes qui sont à la rue depuis l'évacuation policière et un logement définitif pour tous les campeurs de Vincennes.
presse et de l'opinion publique. En etiet, a quelques jours de la a rafle qui a servi à évacuer le camp a soulevé l'indignation de la
/ grande opération médiatique de "charité" organisée par le gouvernement socialiste pour la Somalie dans toutes les écoles de France, celuici a choisi la force au lieu du dialogue pour tenter de casser une lutte et se débarrasser d'un problème structurel qui concerne aujourd'hui non seulement les populations immigrées mais de nombreux Français qui n'ont pas de revenus suiffisants leur permettant de se loger dans le secteur privé.
n un peu plus de onze ans, le pouvoir socialiste français aura fait
H les plus sales besognes — austérité; déreglemente dans les pire s guerre impérialiste ; ses ministres ont trempé dans les pires affaires de corruption : la liste est longue. A quelques jours de l'anniversaire de la Nuit de cristal, il ne manquait qu'une rafle en plein Paris ! *