Flandre, Anvers et Gand, ont fait grève et sont descendus massivement dans la jeunesse, dont le Vlaams Blok dit qu'elle est avec lui, ne choisit pas le camp du jeunes montrent que c'est par les mobilisations de masse qu'il faut changer les
Inprecor a rencontré Nadine Peeters, étudiante à Anvers, 21 ans, porte-parole
(JGS), organisation de jeunesse du Parti ouvrier socialiste (POS), section belge
Partout dans l'Etat espagnol epuis les assassinats racistes du narocain Hassan El Yahahaqui, et de la dominicaine Lucrecia Perez, la riposte s'organise dans l'Etat espagnol.
• Plus de 6 000 personnes ont répondu à l'appel de la Commission de défense des immigrés de l'Aragon et de SOS-Racisme, à Saragosse, contre la loi sur les étrangers.
• Le 27 novembre, à Santander, une manifestation de 1 500 personnes déposait une gerbe sur la plage.
• Les rassemblements et les manifestations antiracistes et antifascistes se succèdent à Madrid. Suite à l'assassinat de Lucrecia Perez, dans le quartier résidentiel d'Aravaca, ou avait été commis le meurtre, 3 000 personnes se rassemblaient le 15 novembre. Le 17 novembre, 5 000 personnes se donnaient rendez-vous devant la Maison d'Amérique.
Environ 15 000 manifestants défilaient dans les rues de la capitale, le 21 novembre ; e lendemain, 5 000 autres manifestaient contre la loi sur les étrangers.
Le 29 novembre, un rassemblement avait lieu après l'assassinat du marocain Hassan El Yahahaqui ; une centaine de professeurs et d'étudiants du secondaire des quartiers résidentiels madrilènes, Aravaca et Pozuelo de Alarcon, où avaient eu lieu les assassinats, défilaient.
• A Séville, la campagne Iguales en Derecho (Egaux en droits), qui organise régulièrenent des activités de solidarité avec les immigrés qui traversent le détroit de Gibraltar (voir Inprecor n° 363 du 19 novembre 1992), a organisé une manifestation de 400 personnes pour dénoncer l'assassinat de Lucrecia. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, des mobilisations sont prévues dans toute l'Andalousie.
• A Barcelone, le 15 novembre, 2 000 personnes répondaient à l'appel du collectif d'immigrés marocains Aberroes pour manifester leur solidarité avec les Maghrébins qui traversent Gibraltar et contre l'assassinat de Lucrecia. Le 29 novembre, 60 000 personnes reprenaient les rues de la capitale catalane.
• A Valence, le rassemblement désormais rituel en solidarité avec les immigrés qui traversent le détroit, est devenu, le 22 novembre, une manifestation contre le meurtre de Lucrecia.
• A Majorque, dans les îles Baléares, une messe de solidarité a rassemblé 300 personnes.
• En Euskadi, le 28 novembre, avec le soutien d'organisations politiques et syndicales, une manifestation rassemblait 3 000 personnes, à Gasteiz. A Pampelune, 7 000 personnes prenaient la rue le 21 novembre ; le 22 novembre, 500 autres se rassemblaient à Bilbao et à Donosti. *
Correspondants de Pagina Abierta
Les jeunes contre le Vlaams Blok
Mardi 24 novembre 1992, un an après ce que la presse flamande appelle le
"dimanche noir" (1), les lycéens et étudiants des deux plus grandes villes de rue. Ce succès était inattendu : 10 000 manifestants dans chacune des villes.
Pour la lutte antiraciste et antifasciste, il s'agit d'un pas important. Cette parti qui fait 10,4 % des voix en Flandre et presque 25 % à Anvers. Les rapports de force.
et animatrice du comité organisateur AJOKAR (Comité antiraciste des jeunes anversois), et membre de la direction nationale de la Jeune garde socialiste de la IVe Internationale.
INPRECOR : Comment expliques- tu ce succès énorme ?
Nadine PEETERS : Tout s'est passé très vite. Depuis longtemps, le Vlaams Blok préparait une fête pour commémorer le premier anniversaire de sa percée électorale.
Cette fête apparaissait comme une provocation, elle devait se dérouler dans la commune anversoise de Borgerhout, où habitent beaucoup d'immigrés maghrébins.
Le mouvement unitaire qui s'est créé suite au 24 novembre 1991, pour réagir au racisme et à la crise sociale, a décidé d'organiser une manifestation et une fête. Sous le nom de "Anvers Tout à fait différent" se sont regroupés le mouvement des citoyens
Charta 91, le Front antifasciste, l'union des syndicats et de nouveaux mouvements sociaux : Hand in hand (Main dans la main), leur section jeune Color Team et le comité de quartier antiraciste de Borgerhout.
Avec les lycéens et les étudiants nous avons décidé alors d'appeler le matin à une grève avec manifestation dans la rue, en suivant l'exemple de Gand, où elle se préparait déjà.
La majorité des jeunes sont prêts à se mobiliser contre le racisme et l'extrême droite. On avait déjà vu cela, au lendemain du 24 novembre, lorsque les étudiants de
Louvain et de Gand, les jeunes d'Anvers étaient descendus dans la rue.
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• Donc il y avait une volonté de lutter. On ne pouvait que s'attendre à une bonne initiative?
Oui, et la nôtre tombait à pic. Il y avait eu les agressions néonazies en Allemagne et dans l'Etat espagnol (Voir l'article en p.7). De plus, à Anvers, un militant des Jeunesses socialistes, qui collait des affiches pour la fête unitaire, a failli se faire tuer par un groupe de fascistes. Il n'a pu être sauvé que par une intervention chirurgicale. Quelques semaines auparavant, les fascistes avaient attaqué deux foires du livre, où se vendaient deux ouvrages sur le Vlaams Blok.
Tout cela a poussé les jeunes à réagir. Cette manifestation lycéenne est la plus grande qu'Anvers ait connue, depuis 1973, lors des manifestations contre Vanden Boeynants, le ministre qui voulait supprimer le sursis pour le service militaire.
• En Belgique, il existe plusieurs réseaux scolaires. Ont-ils tous participé?
Traditionnellement, l'enseignement officiel [de l'Etat national, maintenant fédéralisé, ndlr] était toujours en pointe dans les actions lycéennes. Or, cette fois-ci, les élèves de l'enseignement privé, catholique, ont, pour la première fois, participé en
1) Sur les élections du 24 novembre 1991, voir Inprecor n° 342 du 6 décembre 1991.
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masse. On a vu des cortèges de lycéennes en uniformes bleus, chanter des chansons antiracistes et crier leur refus du Vlaams Blok.
• Des structures antiracistes soutenaient votre action?
Nous avons reçu énormément de soutien. Dès notre première réunion, des représentants de Charta 91, du Front antifasciste et de Hand in hand sont venus nous aider. Le syndicat socialiste de l'enseignement, la Centrale générale des services publics (CGSP)-enseignement d'Anvers, nous a aussitôt aidés, par le vote d'une motion de solidarité et par une circulaire aux établissements scolaires, demandant de ne pas pénaliser les jeunes qui quitteraient les cours pour manifester.
• ( Quelles étaient les revendications de votre plate-forme?
Il s'agissait d'une plate-forme correcte et simple : pour la tolérance et la démocratie (mots d'ordre repris au mouvement Hand in hand), pour l'égalité des droits, contre le racisme et le fascisme, contre le Vlaams Blok, pour qu'on n'oublie jamais le 24 novembre 1991.
Nous avons diffusé 20 000 tracts dans une quarantaine d'écoles. Nous expliquions que nous voulions faire grève car les lycéens, comme les immigrés, n'ont pas le droit de vote, et la grève est le seul moyen de se faire entendre.
• En marge de la manifestation, une minorité de jeunes a cassé le
"fameux" lieu de rencontre de l'extrême droite. Il y a eu aussi des voitures et des vitrines endommagés.
La presse a évidemment parlé de jeunes, voire d'immigrés, violents.
C'est vrai, il y a eu de la casse. Le comité le déplore, mais il faut garder le sens des proportions. Le fait dominant reste que 10 000 jeunes ont manifesté contre le racisne et le fascisme, d'une façon ludique et combative à la fois. De plus, les jeunes — il ne s'agit pas uniquement d'immigrés — qui ont participé à la casse, subissent quotidiennement les provocations de l'extrême droite dans les quartiers d'Anvers. Il s'agit aussi de jeunes qui subissent la crise et ne voient pas d'issue. Pour eux, à juste titre, les politicards sont des trompeurs qui n'apportent aucune réponse. La qualité de l'enseignement est sacrifiée à la politique d'austérité. Il n'y a pas d'emploi, à part les boulots précaires. En fait, il s'agit du boomerang bien connu qui revient à la face des autorités. Fondamentalement, il n'y a rien de différent avec le South East de Los Angeles (2), ou avec les banlieues en France. La poudrière a été créée par les autorités.
• Le maire socialiste d'Anvers a juré que les organisateurs devront payer tous les dégâts. Qu'alles-vous faire?
Nous refusons de payer quoi que ce soit. Nous sommes les organisateurs d'une manifestation de jeunes contre la montée du racisme et du fascisme dans une ville où les responsables politiques se sont avérés incapables de répondre aux besoins sociaux de la majorité de la population. Ils ont fait le lit de l'extrême droite. Nous ne l'acceptons pas. Il faut organiser une large solidarité dès maintenant. Trois personnalités anversoises, dont une élue marocaine des Verts, ont d'ores et déjà lancé avec notre comité un appel à la solidarité pour qu'on ne paye pas les frais. Il faut avoir une démarche spécifique en direction des travailleurs. Dans le cadre des assainissements budgétaires, tant au niveau national qu'au niveau de la ville, les accusations lancées contre les jeunes pourraient constituer un prétexte pour rendre plus difficile une riposte syndicale.
• Quelles sont les perspectives, après ce succès ?
Le 24 novembre, nous avons décidé et annoncé que notre comité AJOKAR allait continuer. Nous avons appelé à former des comités AJOKAR dans chaque école. Nous voulons mobiliser pour les échéances antiracistes au niveau européen et en Belgique dans le cadre de structures unitaires.
Propos recueillis par Vincent Scheltiens
30 novembre 1992
2)Voir Inprecor n° 3V52 du 8 mai 1992.
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