Le 20 août 1993, China Daily annonçait que les entreprises d'Etat devaient recevoir les pleins pouvoirs de décision d'ici à la fin de l'année. Le but est que les secteurs chroniquement déficitaires soient concurrentiels suivant les normes du marché en 1998. Pourtant, comme le souligne notre correspondant, Ossi Rask, les directeurs d'entreprise et les fonctionnaires locaux ont déjà pris les choses en main. Leur but n'est autre que la ruée sur le profit personnel. Ossi RASK*
L a Chine possède désormais
June « économie socialiste de marché », « une percée inouïe pour la théorie économique socialiste... », « La contribution théorique déterminante de Deng Hsiao Ping constitue une révolution dans le marxisme... ». C'est ainsi que les poètes de la cour louaient le Parti communiste chinois lors de son 14ème congrès..
Le visiteur étranger ne peut que rire du gouffre qui sépare cette prose de la réalité observable. Mais les Chinois, eux, ne rient pas. Quelque chose tourne mal, il est certain que cela a à voir avec le slogan officieux des petits bureaucrates : « Plus il y a
La Chine est un pays de 1,2 milliard d'habitants et son parti unique compte 45 millions de membres. Les dirigeants de ce parti gouvernent un quart de l'humanité. En 1992, le produit national brut (PNB) a augmenté de 12,8 % et de 14 % au cours du premier trimestre 1993 - chiffre qui mérite d'être comparé aux 1, 3 ou 4 % de croissance des pays membres de l'Organisation pour le coopération et le développement économique (OCDE).
Dans le même temps, l'inflation a dépassé 10 % à la campagne. Dans les 35 plus grandes villes chinoises, l'inflation est estimée à 17 % ou plus, et la tendance est plutôt à la hausse. L'inflation vient de la liberté nouvelle pour les entreprises d'augmenter leurs profits en augmentant les
CHINE prix : « Etre le premier à devenir riche », pour paraphraser Deng Hsiao Ping. Le contrôle des prix a été graduellement levé depuis 1979 et "le marché" détermine maintenant le prix de 80 % des produits. Le prix des céréales, du riz et des autres denrées industrielles de bases provenant de la campagne sont toujours fixés par le gouvernement. Lorsque les produits de la campagne atteignent la ville, ils sont vendus à un prix qui n'a plus rien à voir avec ce qu'à payé le premier bureaucrate de la chaîne de distribution.
S'enrichir le premier
L'inflation découle également de l'ouverture au marché mondial. A partir du ler juin 1993, le gouvernement a supprimé le contrôle des prix sur le "marché au troc" (1). Dans les trois semaines suivantes, le yuan a perdu plus de 30 % par rapport au dollar US, bien qu'il se soit alors stabilisé. Ainsi, une personne opérant sur le marché extérieur n'acceptera des yuans qu'à un taux de plus en plus élevé. pour pouvoir en tirer quelque chose lorsque le moment de changer sera venu, avec le risque qu'elle n'accepte plus de yuans. Entre 20 et 40 % de l'ensemble des dollars de Hong Kong circule en Chine continentale.
Enfin, inflation et "croissance" proviennent de crédits incontrôlés. Les banques locales et les compagnies d'Etat se prêtent et s'empruntent mutuellement de l'argent, prélevé sur des fonds publics ou étrangers, sans permission et à des taux d'intérêts qui peuvent être jusqu'à trois ou quatre fois ceux de la banque centrale.
Dans la mécanique de précision, des compagnies d'Etat ont émis des actions avec des facilités d'achat pour la direction, une autre recette populaire pour faire de l'argent dans la chasse au profit. D'autres ont mis sur pied des compagnies à Hong Kong et les ont utilisées comme boîtes aux
Des officiers de l'armée ont également été impliqués. La température a été prise parmi les cadres du parti-Etat : les gens sont impatients de transformer ou de diviser le capital de l'Etat et de le privatiser, ils cherchent des raccourcis pour pouvoir considérer les entreprises, institutions et fonds comme les leurs. La banque Standard Chartered rapporte que les "camarades" sont les principaux investisseurs et agents étrangers sur le marché des changes de Hong Kong.
Pourtant, la question qui préoccupe le marché des changes de Hong Kong est de savoir si Pékin va réussir, ou veut, discipliner les couches inférieures de la bureau-
* L'auteur remercie les publications révolutionnaires Sprout et October Review, basées à Hong Kong, pour le soutien qu'elles lui ont apporté.
1) Terme le plus souvent utilisé dans la presse locale pour désigner les différentes formes de change monétaires prévalant actuellement.
cratie, arrêter le valse du crédit et le pillage d'argent dans ses caisses. Répondre par l'affirmative serait mauvais pour le marché des changes. "Camarades" investisseurs
La bureaucratie chinoise est également devenue le premier investisseur étranger sur le marché de l'immobilier à Hong Kong. Depuis la guerre du Golfe, la valeur de l'immobilier à Hong Kong a grimpé de
En Chine du Sud, les champs qui étaient jusqu'alors plantés de riz et d'autres céréales sont maintenant aplanis pour y réaliser des projets immobiliers : hôtels, bureaux, résidences estivales, terrains de golf. Ces terrains n'attendent que l'arrivée d'invités étrangers. En fait, il s'agit surtout d'attendre : la spéculation, la corruption, le fait d'être à proximité et de se faire payer l'aide qu'on apporte sont des réflexes naturels chez la bureaucratie.
Il y aura une forte "croissance" dans l'immobilier, dans l'industrie du loisir et dans les biens de consommation durables ; des profits juteux seront réalisés ou du moins sont attendus. Par contre, dans l'agriculture, l'infrastructure, l'industrie de transformation des matières premières et l'énergie, il y a peu de profit à retirer et la croissance y sera faible. Le capital s'échappe du premier secteur vers le second du nord au sud. Les chemins de fer ne peuvent répondre qu'à 60 % de la demande, l'électricité est souvent coupée dans beaucoup de villes. Dans le textile et le raffinage du pétrole, un tiers des capacités de production reste inemployé.
Entre Gwongzhou et Hong Kong, les usines se succèdent sur des dizaines de kilomètres, et ça et là, les bulldozers aplanissent les anciennes rizières. En juin 1993, le ministère de l'agriculture a déclaré que la quantité de terres arables destinées à la plantation de céréales d'été serait diminuée de 167 500 hectares. Des économistes officiels ont calculé que, cette année, la surface consacrée aux céréales serait réduite de 1,33 million d'hectare par rapport à 1992. Le printemps 1993 a connu plus de 200 soulèvements de paysans contre les autorités locales.
Il ne s'agissait pas toujours de petits incidents : en mai, dans le comté de Renchou, dans le Szechouan, plus de 10 000 paysans ont assiégé le siège des autorités de la région. Des villages entiers se sont révoltés contre leurs administrateurs. De violents litiges au sujet de la propriété de la terre sont autant d'indices de cette tension croissante. Les forces de polices établissent des rapports sur des sociétés secrètes rurales et sur des "empires paysans féodaux" qui seraient établis.
De nombreuses cellules de crise ont été mises en place à Pékin. La campagne est toujours la base économique de la Chine, donc le tremplin de la "croissance".
Le gouffre entre le niveau de vie de la bureaucratie et celui de la majorité du peuple se creuse ; elle est engagée dans une quête effrénée d'argent rapide et de capital spéculatif ; elle cherche le moyen de devenir une classe dominante "pour de vrai" ; il est donc décisif pour elle de mettre la main sur la plus grande part possible du surproduit agricole.
De l'or à la campagne
Il y a de l'or dans les poches de la paysannerie, pas parce que les paysans sont riches ; au contraire, il n'y a pas plus pauvre dans l'échelle sociale. Mais ils sont 800 millions et ils travaillent. Le vol de la campagne reste impuni faute d'autorités supérieures pour le sanctionner. On peut aujourd'hui parler d'"'économie de fief" où le patron du parti local a déjà commencé à protéger "son marché", avec éventuellement force barrages routiers et péages aux points de jonction et sur les routes importantes pour surveiller les flux entrants et sortants de marchandises. La notion de "seigneur de la guerre économique" décrit bien la situation du bureaucrate, du niveau de la province à celui du village, faisant ce qu'il veut, court-circuitant le gouvernement central et les autorités supérieures, disputant le contrôle de sphères d'influence à ses collègues.
Le résultat de ces forces centrifuges croissantes - la fragmentation, la vague de spéculation et la prétendue croissance — est une pénurie d'argent, et ceci bien que la quantité d'argent en circulation ait augmenté de 30 % au cours des trois dernières années. Elle a augmenté de plus de 50 % sur les quatre premiers mois de 1993 seulement, s'il faut en croire les statistiques gouvernementales — pourtant, les chiffres de la presse varient.
Pour les paysans cela signifie : paysan vend du riz ou une autre céréale au magasin d'Etat, le paiement ne se fait plus en yuans, mais en coupons de papier blanc sur lesquels est portée la somme contre laquelle il devront être échangés "plus tard". C'est sans intérêt en période d'infla-
• des "coupons verts" — lorsque les millions de paysans qui ont décidé d'aller trouver un travail à la ville envoient de l'argent, le destinataire ne reçoit qu'un morceau de papier vert. Et lorsqu'il essaye de changer le chèque postal : « Il n'y a plus assez de monnaie à la poste pour l'instant. Nous vous payerons la somme qui vous est due ultérieurement. » Là encore, cela ne présente aucun intérêt.
La valse des coupons
Mais il y a d'autres formes de vol qui comprennent:
• De nouveaux impôts et taxes sont prélevés sur les enfants mis à l'école, les routes, les engrais, les outils, les semences, etc., « de façon à contribuer au développement local » — entendez le projet hôtelier local des bureaucrates ou leur nouvel achat en bourse à Hong Kong.
• la terre est vendue, de gré ou de force, et est utilisée pour des projets immobiliers. Après quoi les paysans n'ont plus rien d'autre que leur force de travail à vendre.
« Je ferai couper la tête à ceux qui émettent ces coupons "blancs" "verts" », s'écriait le vice-Premier ministre Zhu Rongji lors d'une réunion de crise à la fin de juin. Depuis, il est devenu le nouveau chef de la banque centrale à la gestion scandaleuse.
« Quarante cinq nouvelles taxes qui ont été introduites au niveau local sont illégales et devront être immédiatement abolies » selon une autre prise de position du gouvernement. « Ceux qui sont coupables doivent être punis ! L'imposition des paysans ne doit pas excéder 5 %. » Ce qui ferait un peu moins de la moitié du taux d'imposition réellement pratiqué en 1992. Zhu Rongji sera un protagoniste de la lutte de pouvoir de l'après-Deng.
Son combat pour redéfinir le système bancaire est un bon exemple du dilemme qui l'habite. Début juillet 1993, à son nouveau poste à la banque centrale, il a signalé que 100 milliards de yuans prêtés illégalement devaient être remboursés par les agences locales avant le 15 août suivant. Une semaine avant l'expiration du délai, la rumeur circulait que cet objectif ne serait pas atteint — et il ne l'a pas été ! Mais Zhu n'ose pas s'attaquer aux dirigeants des Zones économiques spéciales (ZES), des protégés de Deng Hsiao Ping et premiers responsables du chaos dans lequel le même Deng a laissé l'économie. Pas un mot n'a été dit concernant la mise en jugement des hauts fonctionnaires de banque corrompus.
Pourtant, des menaces venues d'en haut" avaient alimenté de nouvelles spéculations sur un possible tournant à 180°. Des références aux anciens empereurs et à leurs mauvais conseillers, dans des magazines, en juin, ont été interprétées comme des attaques voilées contre la voie au capitalisme de Deng. Il y a également eu des attaques ouvertes. Des infarctus et la grip-
pe chez des vieillards octogénaires sont des indicateurs économiques dans la presse financière.
La hiérarchie est toujours en place, même lorsque la machine ne fonctionne plus très bien. Peut-être ne reste-t-il déjà que deux attitudes possibles : "ne rien faire" et la panique totale ! Quelle action réelle pourrait d'ailleurs découler de la panique totale ?
En août, Pékin a proclamé que 1 0000 des douze cents zones économiques clandestines du Sud, ouvertes illégalement par les bureaucrates locaux, avaient été fermées. D'autres seront fermées si elles ne se soumettent pas au droit de regard du gouvernement. Début août, il y a eu de terribles explosions et des incendies à Shengzhen, au cœur de la région des réformes de Deng. Le 13 août, 15 travailleurs ont été déclarés tués, et beaucoup d'autres portés disparus. Pour la première fois, le porte-parole du gouvernement local reconnaissait que les mesures de sécurité étaient inadaptées. « La soif du profit a été placée avant la vie humaine » commentait le journal de la province Nanfang Daily. Et d'ajouter que les incendies prouvaient que la sécurité industrielle avait été sacrifiée dans la course effrénée à la croissance économique que vit la Chine.
Les autorités locales prétendent avoir arrêté des "douzaines " de personnes ayant tenté de profiter du chaos pour commettre des crimes. Les fermetures n'interviendront pas sans une attaque en règle contre la ligne de Deng qui a, la première, établi les ZES, qui a torpillé le monopole sur le commerce extérieur et a entamé la chasse à l'or centrifuge et la compétition pour les investissements étrangers au sein de la bureaucratie. Ceux qui n'ont pas de "relations" doivent se contenter de la campagne et ne pas se faire remarquer pour l'instant. Avoir des "relations" ou pas
L'épée de Damoclès est donc maintenue, mais elle ne remet jamais réellement en cause le fait que les bureaucrates sont au-dessus des lois et tendent, de plus en plus, à faire ce qu'ils veulent de "leur" argent — une ligne de conduite qui a ses racines dans une histoire millénaire.
La métamorphose — de bureaucrate en capitaliste — est envisageable au niveau personnel. Mais comment cela va-t-il se passer à une échelle plus large ? Le bureaucrate est à la fois un auxiliaire corrompu, un spéculateur et un négociant. En tant que chercheur d'or individuel, le bureaucrate fait éclater le marché en petits morceaux, ce qui ne constitue pas une bonne base pour le capitalisme. Le cadre du parti peut tirer profit de ses relations verticales et horizontales, de sa position personnelle dans le réseau bureaucratique, dans le "Parti des Princes". Si le bureaucrate rompt avec sa hiérarchie, qu'aura alors à lui offrir un capitaliste américain, ou tout autre investisseur étranger cherchant un bon placement ? Il n'y a pas d'opposition aux réformes de marché en tant que telles. La peur du centre et les réactions parmi les dirigeants du Parti découleraient plutôt de menaces, ce qui a donné au Parti une grande part de sa légitimité — peut-être la seule qui lui reste : le parti a unifié la Chine et a maintenu son
« La direction centrale ne peut pas nier que le principal coupable de la surchauffe de l'économie est le nombre galopant d'entreprises liées à des cadres supérieurs, des officiers de l'armée et leurs rejetons » affirmait un des nombreux analystes (2). Il y a 100 000 millionnaires en Chine aujourd'hui. Quelques 10 000 d'entre-eux portent le même nom de famille que les dirigeants vétérans de la longue marche, même s'ils sont plus jeunes d'une ou deux générations. Le fils d'un vétéran (qui est en chaise roulante depuis la révolution culturelle) est devenu un symbole de la corruption depuis qu'il a transformé la Ligue chinoise des handicapés en entreprise d'importation de voitures et de réfrigérateurs japonais. Les fils et les petits-fils d'un autre sont tous engagés dans la spéculation financière à Hong
Du socialisme réel...
Mais il existe d'autres développements capables de réintroduire le capitalisme réel en Chine. A Hong Kong, Taiwan, Singapour et dans toute l'Asie du Sud-est — la bourgeoisie qui a fui la Chine en 1949, ainsi que ses enfants, a déjà commencé. Ils sont responsables pour 75 à 80 % des capitaux investis en Chine dans les 12 derniers mois. Le régime indonésien s'est plaint d'une baisse des investissements dans son pays et de la déloyauté des riches chinois, trop "patriotes"
En mai 1989, c'est un Li Peng nerveux qui était venu faire un discours à l'usine sidérurgique de San Gong, dans les faubourgs de Pékin. Des tracts de l'Association des travailleurs libres affirmaient alors : « Nous soutenons le combat des étudiants contre la corruption, mais nous exigeons également... » Aujourd'hui, la bureaucratie est confrontée à des exigences d'une toute autre nature. Cette aciérie a été cotée en bourse à Hong Kong avec huit autres grandes entreprises d'Etat. Ce sont les investisseurs qui posent maintenant des revendications — pour des profits accrus. Mais, ceci n'a plus rien d'étrange pour la bureaucratie ; la loi sur les faillites qui existe depuis plusieurs années a commencée à être appliquée. En novembre 1992, les 3 000 travailleurs d'une grosse usine textile ont été licenciés et la faillite a été prononcée par un tribunal.
Lorsque les industries d'Etat ont émis des actions, elles ont été vendues surtout à des intérêts étrangers. Moins de la moitié des entreprises est aujourd'hui propriété d'Etat.
...au capitalisme sauvage
C'est de cette façon que la pression s'exerce sur la classe ouvrière urbaine traditionnelle, et à cela vient s'ajouter la puissante pression du million de ceux qui fuient la campagne. Le "bol de riz de fer"
le surnom de l'ancienne sécurité de l'emploi dans la fonction publique — est en train de s'effriter. Plus de 20 % de la force de travail des compagnies d'Etat peut être désormais constituée de tra-
Pourtant, dans leur vol direct, les administrateurs des villes sont plus prudents. Les coupons blancs et verts de la campagne ont leur contrepartie citadine avec le coupon rouge. Lors du paiement des salaires, 20 % sont traditionnellement prélevés par la direction pour les "investissements". Le coupon rouge néanmoins, promet des intérêts et un remboursement à
Toutes les oppressions semblent à première vue brisées. Pourtant, il y a toujours des milliers de prisonniers politiques — des écrivains et des intellectuels -et des centaines de condamnés à mort sont exécutés publiquement au terme de procès arbitraires. Mais ce qui s'est passé au printemps montre que les autorités sont sensibles à la pression des masses : en juin, plus d'un milliers d'étudiants ont, par leurs mobilisations, réussi à stopper un projet routier contesté. En avril, les protestations des étudiants de la ville de Loudi, dans le Hunan, ont contraint la police à relâcher un professeur qui avait été passé à tabac par des policiers sur le chemin de son travail, puis accusé de violences contre la police. Le tribunal l'a relaxé en référence aux « émeutes de Pékin de 1989 » dont tout le monde craint la répétition. En juillet, des centaines de travailleurs ont fait grève pendant plusieurs jours dans une usine pékinoise. Ils protestaient contre un transfert de leur lieu de travail dû à la privatisation partielle de l'entreprise. Dans tous ces cas les autorités ont négocié.
2) South China Morning post, 23 juin 1993.