Inprecor 1974–2004

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POLOGNE

Le diktat du FMI

Inprecor n° 375, décembre 1993 · p. 9 · 464 mots

Économie mondiale Pologne

tembre. Les conditions posées par le FMI et acceptées par le gouvernement de Mme Suchocka illustrent bien la doctrine monétariste. Le FMI ne se limite pas à exiger la limitation de l'inflation, il indique égalementla façon d'y parveni r : le montant des allocations familiales ne doit pas dépasser la somme dépensée en 1992, il faut limiter les pensions d'invalidité et les préretraites et baisser de 5 % les salaires réels dans le secteur public. De plus, le gouvernement polonais doit aligner les taxes sur le pétrole sur celles d'Europe occidentale (ce qui signifie une très forte augmentation du prix) et limiter les subventions aux prix de l'énergie électrique et thermique, de l'eau chaude et des loyers. Les crédits bancaires au secteur publique doivent être limités à la somme de 70 500 milliards de zlotys au cours de l'année et les crédits préférentiels offerts à l'agriculture et à la construction à 19 500 milliards de zlotys. La somme des emprunts souscrits par les banques polonaises à l'étranger ne doit pas dépasser 1,25 milliards de dollars. Cette restriction des crédits conduit à ce que la privatisation soit l'unique moyen de modernisation de l'industrie dans de nombreux cas. Et s'il fallait mettre les points sur les "", le FMI considère (dans un rapport rendu public par le FMI le 22 septembre 1993) que le rythme des privatisations, en particulier des banques et des institutions financières, est encore trop lent. du PNB. Et ce, en réduisant les dépenses sociales et plus généralement les dépenses gouvernementales, en Pologne déjà plus basses que dans la plupart des pays européens ! Ainsi les conditions du FMI sont fondées sur l'a priori hautement discutable que l'inflation polonaise est le produit de la pression des bas revenus. En fait, il s'agit non d'imposer une politique anti-inflationniste, mais plus simplement d'exercer une pression sur les bas revenus afin que les revenus du capital permettent d'accélérer l'accumulation capitaliste primitive D'autres conditions posées par le FMI ne cherchent d'ailleurs même pas un tel voile idéologique : la taxe sur les importations devra être diminuée de 6 à 3 % en 1994 et supprimé en 1995 (alors que le déficit croissant du commerce extérieur est un important facteur inflationniste !). Comme les droits de douane constituent le seul moyen protectionniste — la Pologne n'emploie pas les moyens protectionnistes non tarifaires (par exemple les normes), si répandus dans les pays impérialistes — il s'agit là d'imposer les meilleures conditions de vente des produits importés. Enfin le transfert à l'étranger des profits ne doit pas être limité *

Le diktat du FMI

Le FMI a accepté la politique économique polonaise à la veille des élections du 17 sep-

Enfin le déficit budgétaire, limité à 5 % du PNB en 1993 doit être réduit en 1994 à 4,5 %

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