Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Les oppositions successives

Inprecor n° 379, avril 1994 · p. 24 · 382 mots

France

Les oppositions qui se sont affirmées ces dernières années l'ont fait autour de l'exigence de renouvellement, qu'elles ont déclinée sous des termes différents. Ce furent d'abord, en 1988, les rénovateurs, qui soutinrent aux présidentielles la candidature de Pierre Juquin, ancien membre du bureau politique. Ils furent les derniers à être officiellement exclus. Se refusant à les suivre dans cette scission, les reconstructeurs, autour de Claude Poperen, ancien membre du bureau politique et longtemps responsable aux entreprises, très respecté dans le parti, constituèrent une nouvelle opposition. Celle-ci disposait de fortes implantations militantes et électorales dans la Haute-Vienne, département de l'ancien ministre Jacques Rigout, dans le Doubs, forte fédération ouvrière, dans la Sarthe...

Progressivement ses animateurs s'autonomisèrent et quittèrent le parti. Avec les rénovateurs ayant résisté à l'échec de la campagne Juquin, ils constituèrent l'ADS (Alternative, démocratie, socialisme). La troisième vague est constituée par les refondateurs, derrière les anciens ministres Charles Fiterman, Jacques Ralite, Anicet le Pors. Ils jouis sent d'une influence importante dans certaines couches du PCF, en particulier parmi bon nombre d'élus et de maires des• grandes villes qui se revendiquent de ce courant, ainsi que parmi de nombreux syndicalistes. Les refondateurs se sont organisés en fraction publique de facto, militant au sein d'une organisation pluraliste dénommée Refondations, disposant d'un journal, organisant leurs propres réunions et prenant leurs propres initiatives politiques... Charles Fiterman, qui est lontemps apparu comme le numéro 2 du parti, a annoncé lors du 28ème congrès qu'il renonçait à toute responsabilité au sein du parti. A travers ces oppositions successives, la contestation est apparue remonter toujours plus haut dans l'appareil directionnel, influençant des zones de plus en plus vastes et profondes du parti.... De son côté, la direction s'est montrée de plus en plus conciliatrice, ne prenant plus de mesures disciplinaires. Ni non plus d'initiatives politiques pour chercher à résorber les divergences politiques. D'où un modus vivendi passif qui s'est instauré. Il semble que cette situation ait fini par créer des clivages parmi les refondateurs Certains, derrière Charles Fiterman, décidant de rompre avec une situation sans perspective, d'autres, en particulier des élus, préférant conserver le label PCF en vue des prochaines échéances électorales. Les refondateurs n'ont pas mené de bataille lors du congrès, et se sont vus partiellement marginalisés dans la direction qui en est issue.*

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