En tant que force sociale, l'extrême droite est dans le désarrois le plus total. Pourtant, nombre des dizaines de milliers de Blancs militairement entraînés et dévoués peuvent facilement constituer des petites cellules et poursuivre des campagnes sporadiques d'attentats à la bombe et d'assassinats. Quoi qu'il en soit, les Blancs des quelques 200 petites villes dirigées par le Parti conservateurs (CP, d'extrême droite) ont été profondément divisés sur la question de la participation aux élections d'avril 1994. Des «conseils de citoyens» droitiers devaient formellement remplacer les gouvernements locaux du CP tels qu'ils existaient. Mais plus d'une douzaine de «conseils» ont rompu avec le CP et ont à la place rejoint le Front de la liberté (VF) du général Constand Viljoen, dans sa tentative de prouver, par les élections, qu'il y avait un nombre significatif de Blancs soutenant un Volkstaat (un Etat pour les Blancs les plus arrieres).
La stratégie du VF a été dénoncée par le dirigeant du CP, Ferdi Hartzenburg et par le dirigeant néo-nazi Eugene Terreblanche - le CP a fait une tentative de dernière minute pour se raccrocher au train de Vilioen mais en a été vertement empêché par ce dernier. Le VF, l'ANC et le gouvernement sortant ont ensuite conclu un accord mettant en place un processus pouvant éventuellement conduire à un Volkstaat.
Pourtant, nombre d'extrémistes de droite sont convaincus que l'ANC ne permettra jamais l'instauration d'un homeland afrikaner et considèrent Viljoen comme un naif, voire un traitre, dans ses tentatives de règlement négocié. Les partisans du VF insistent pour leur part sur la futilité de l'approche militariste de Terreblanche, prenant comme exemple les dommages causés au combat de l'extrême droite au Bophutatswana en mars 1993, lorsque ses troupes ont battus en retraite au cours de ce qu'ils avaient annoncé comme devant être un safari de chasse aux «Caffres» (nom par lequel les racistes sud-africains désignent les Noirs).