BOSNIE Nouvelles d'International Workers Aid En quatre semaines, le prix des œufs a été divisé par six à Tuzla : on peut maintenant acheter 35 œufs avec un billet de dix deutsche mark. Et pourtant, des œufs au menu, cela reste un luxe rare ! La population est sortie de l'hiver sans argent et sans guère d'espoir. Régulièrement, des obus s'abattent sur la ville, faisant plusieurs morts. Quant à la réouverture de l'aéroport, on n'en parle plus. Un avion des Nations unies s'est envolé précipitamment après avoir été pris pour cible.
Lorsque les premiers camions d'International workers aid ont fait leur répapparition dans les rues de Tuzla après quatre mois d'hiver, des enfants leur ont crié : «Vous êtes revenus, bienvenue !». Depuis, plusieurs camions ont fait aller-retour entre Split et Tuzla pour apporter des biens (farine, sucre, huile) entreposées sur la côte dalmate. Elles sont distribuées par le syndicat de la mine de Kreka, la plus importante de Tuzla. Ce syndicat étudie la possibilité d'affréter des camions pour participer au transport des marchandises.
Des membres du convoi ont été reçus à la mairie, à la radio et à la télévision. Ils ont donné une conférence de presse. Le syndicat des enseignants souhaite étabir des contacts analogues à ceux qui ont été pris avec le syndicat des mineurs. Un des membres du convoi a eu de nombreuses discussions avec des partis politiques de Tuzla.
Il a également rencontre le Forum des citoyens, qui disait avoir 8 000 membres à sa création, en février 1993 ainsi que l'Assemblée consultative serbe et le conseil des croates bosniaques. Il s'agit d'initiatives importantes visant notamment à préserver le caractère multi-ethnique de Tuzla. Le Forum des citoyens voudraient disposer d'une radio et d'une télévision indépendantes. Il a établi des contacts avec des structures analogues d'autres villes de Bosnie.
Le premier mai, une délégation d'International workers aid a réussi à se rendre à Sarajevo. Elle avait été invité à participer au rassemblement syndical. •