Le XI congrès de la Ligue communiste révolutionn ire (LCR, section française de la Quatrième interantionale) s'est déroulé du 16 au 19 Juin à Saint-Denis en présence de 150 délégués et de nombreux observateurs d'organisations françaises ou étrangères. Citons notamment le Pari communiste français (PCF) présent pour la première fois, les Verts, I' Alternative rouge et vert (AREV), Lutte ouvrière (LO), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), le Parti des travailleurs au Brésil ou les messages du Parti PDS allemand, du Parti de refondation communiste en Italie, de la Gauche unie espagnole, du Parti communiste cubain etc. Cinq plate-forme étaient en présence. L'enjeu du congrès étant de poursuivre ou d'arrêter la politique unitaire de la majorité sortante visant à aider à construire en France une nouvelle force anticapitaliste en s'appuyant notamment sur les courants sortis du PCF ou du Parti socialiste et sur la gauche des verts. Cette position recueillit 52 % des mandats. Une tendance d'amendements à ce projet de thèse, selon laquelle ce projet risquerait d'aboutir à renoncer à la construction de la LCR et d'un parti révolutionnaire au profit d'une force nouvelle composée de courants hétéroclite sur un programme réformiste, a obtenue près de 5 % des voix. La tendance B obtint 26 % des voix. Enfin la tendance Démocratie et révolution qui s'est battue pour qu'on revienne au Front unique ouvrier pour battre la droite et qui se plaignait du manque de démocratie dans la LCR a rassemblé 9 %, 7 % allant à un regroupement de camarades de l'ancienne majorité qui estimait insuffisante les analyses sur l'Europe et reprochait à la direction sortante d'enjoliver la situation politique et de trop précipiter les initiatives de recompositions. La majorité du congrès a décidé, pour les prochaines élections présidentielles de se battre pour une candidature unitaire de la gauche critique et des verts progressistes. Le congrès décidant qu'en cas d'échec de cette démarche, Alain Krivine serait alors candidat de la LCR, la récolte des signatures de maires commencent dès maintenant.
Si les effectifs de la Ligue n'ont pas grossi, le congrès, par contre, a fait apparaître que la LCR connaissait dans ses rangs un développement significatif du nombre de responsables d'organisations de masse (associations, syndicat). Le succès de la marche nationale contre le chômage et le rôle qu'y ont joué les mili-
Nouvelles du Monde tants de la Ligue ont fait de cette initiative un des centres du débat, sans parler, bien sûr, de ce que fut l'intervention de la Ligue lors des mobilisations d'Air-France, ou de celle sur l'école. Enfin, la présence de nombreux délégués jeunes atteste des progrès accomplis ces derniers mois dans ce secteur surtout après le travail dans la lutte contre le CIP et du nouveau tremplin que va représenter, à la rentrée, la fusion des deux organisations de jeunesses, aujourd'hui encore séparées après la dernière crise. Par contre le point noir de ce congrès aura été sans doute le recul de la féminisation : au moins de 30 % de femmes dans la LCR et encore moins dans le nouveau comité central. Situation de crise qui a poussé une forte minorité du congrès à refuser de ratifier le nouveau comité central. Un vote en effet, était intervenu exigeant qu'aucune instance nationale ne soit renouvelée sans un chiffre supérieur de femmes. Ce qui ne s'est pas réalisé. Le congrès s'est conclue par une intervention de Alfonso Moro pour le secrétariat de la Quatrième internationale. B