Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETATS-UNIS

Le renouveau syndical des Teamsters

· Inprecor n° 382, juillet-août 1994 · p. 32-34 · 3 256 mots

Syndicalisme Stalinisme

Plus de 80 000 camionneurs et employés des industries connexes aux transports (teamsters) sont entrés en grève le 6 avril 1994 contre les entreprises de transport regroupées au sein du syndicat patronal TMI (1) - environs 40 000 autres teamsters dépendants de la Convention nationale des transports (NMFA) étaient représentés dans des négociations et ne pouvaient donc se joindre à la grève. Ce fut la plus grande grève des transports depuis 1976 et elle a conduit à la paralysie totale des entreprises concernées. Allan MICHAEL

C ette grève constituait égale-

ment un test pour la nouvelle direction syndicale des Teamsters (2), dirigée par Ron Carey (3), élue en 1991 après des années de lutte pour la démocratie au sein de ce syndicat, longtemps contrôlé par une bureaucratie mafieuse.

La Convention nationale des transports, qui concernait jusqu'à 400 000 travailleurs à son apogée, a été élaborée au début des années 60 et constituait depuis le fondement de la puissance du syndicat des teamsters. Dans le rôle de modèle pour les autres accords concernant les teamsters, cette convention a été largement supplantée par l'accord négocié au sein du United Parcel Service (UPS) (4), mais elle reste importante du fait du rôle stratégique des transports routiers dans l'économie américaine dominée par la production «juste à temps» (5).

Les conventions de branche sont très peu répandues aux Etats-Unis. Par exemple, dans l'industrie automobile, le modèle des négociations traditionnelles conduit à des accords séparés avec les trois grands constructeurs, même si l'un de ces accords est considéré comme un modèle, que le syndicat tente d'imposer aux autres constructeurs. Dans le cas des

ETAT-UNIS teamsters, la convention de branche était le résultat de l'irrésistible ascension du syndicat au cours des années 60.

Un acquis historique

Le dirigeant mythique du syndicat des Teamsters, Jimmy Hoffa, a alors contraint les entreprises de transport à accepter une convention unique en menaçant de grève les compagnies réfractaires tout en permettant aux autres de travailler (6). Dans cette convention, les salaires des ouvriers ainsi que leur couverture sociale ont été uniformisés d'une entreprise signataire à l'autre. De plus le caractère national du

1) Le Trucking Management Inc.(TMI) est l'un des trois syndicats représentants les employeurs à la table de négociations de la Convention nationale des transports (NMFA).

2) L'International Brotherhood of Teamsters (IBT) est le syndicat des camionneurs et des travailleurs des industries connexes. C'est l'un des principaux syndicats d'Amérique du Nord, avec 1,5 million d'adhérents. Après avoir été, à la suite des grèves victorieuses de Minneapolis en 1934, un des fer de lance du syndicalisme radical aux Etats-Unis, ce syndicat a été mis sous la coupe d'une bureaucratie liée à la mafia sous couvert de la répression anticommuniste. En 1976 une tendance radicale - Teamsters pour un syndicat démocratique (TDU) — a vu le jour et, après des années de bataille contre la bureaucratie syndicale, est parvenue en 1991, en alliance avec Ron Carey, à changer la direction du syndicat. La bureaucratie mafieuse — dite «vieille garde» - s'est alors repliée dans les syndicats locaux et tente de paralyser la nouvelle direction syndicale.

3) Ron Carey, fils d'un ouvrier de l'UPS a commencé à travailler au sein de cette entreprise. Elu en 1968 à la tête contrat a fixé des salaires et une couverture sociale standard au niveau national.

Enfin, l'accord salarial de branche a également conduit à imposer un accord sur les retraites. Dans le passé, il y a eu d'autres accords de branche (notamment dans la sidérurgie), mais la plupart d'entre eux ont été remis en cause au profit d'accords d'entreprises, plus classiques.

Certaines entreprises de transport connaissent actuellement des difficultés financières. La dérégulation des transports, depuis 1980, a conduit au renforcement des plus grosses entreprises — qui ont une ampleur nationale - et à la destruction des petites entreprises régionales. d'un syndicat local des Teamsters, il a gagné une réputation de permanent syndical honnête et dévoué dans un syndicat gangrené par la mafia. En 1991, avec le soutien de la tendance TDU il a été élu président du syndicat international au cours d'une élection placée sous le contrôle du gouvernement afin d'empêcher la fraude mafieuse.

4) UPS est la plus grande entreprise de livraison des Etats-Unis.

5) Le système «juste à temps» est basé sur une réduction maximale des stocks. Il s'agit de ne produire que ce qui est strictement nécessaire dans l'instant.

6) Jimmy Hoffa, qui fut un organisateur des syndicats des Teamsters au cours des années 30, sous la direction de Farrell Dobbs (cf. infra), a monté dans la hiérarchie syndicale en s'appuyant sur ses liens avec la mafia. L'AFL-CIO a expulsé le syndicat des Teamsters lorsque Hoffa en est devenu le président en 1957. Emprisonné en 1967 pour ses liens avec les organisations criminelles, il fut amnistié par Richard Nixon en 1971. Il a disparu en 1973 alors qu'il tentait de reprendre le contrôle du syndicat.

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Les grandes entreprises ont investi dans des filiales au sein desquelles le syndicat est absent, et y transfèrent les parts de marché au détriment des entreprises fortement syndiqués. Les holdings des transports ont ainsi réalisé des bénéfices substantiels alors que les secteurs contrôlés par les syndicats sont entrés en crise. La Convention nationale des transports arrivait à échéance le 31 mars 1994 et les employeurs n'ont pas voulu engager de négociations sérieuses sur son renouvellement, et ce jusque dans les derniers jours. Finalement, ils ont exigé trois concessions majeures :

• le droit illimité de recourir aux chemins de fer (au travers du transport par conteneurs ou du chargement des camions sur les wagons plate-formes). En principe, le recours aux voies ferrées n'est permis qu'en cas de surcharge des transports routiers. On estime qu'une telle mesure conduirait à la suppression de 10 000 emplois de chauffeurs routiers ;

Tentative de précarisation

• le droit d'embaucher à temps partiel pour un salaire inférieur au salaire minimal de la branche. Les entreprises de transport expliquent que cela est nécessaire pour faire face à la concurrence de l'UPS, qui emploie 52 % de sa main-d'œuvre à temps partiel et tente de s'imposer sur le marché des transports. Cette concessions conduirait rapidement à miner le statut des camionneurs, en les transformant en une force de travail sous-payée, employée en majorité à temps partiel et sans protection sociale;

• l'abolition de la procédure «de conflit immédiat». Cette dernière, introduite par Farrell Dobbs (7) à l'époque de la direction révolutionnaire des Teamsters de Minneapolis, au cours du premier accord régional de branche dans les années 30, a été imposée par Jimmy Hoffa dans la Convention nationale des transports des années 60. Elle permet au syndicat d'appeler à une grève nationale en cas d'impasse dans les négociations, sans recourir à l'arbitrage (ce qui est la procédure classique dans les conflits du travail aux EtatsUnis). Même si elle n'est jamais employée, cette procédure renforce le syndicat. Aujourd'hui, alors que la direction des Teamsters est devenue plus militante, les employeurs cherchent à limiter ses moyens.

En présentant de telles exigences, les patrons ont poussé à la polarisation dans un moment critique. Ils se croyaient en position d'imposer la négociation à leur conditions. et ont choisi de rendre la grève inévitable sachant que la moindre démonstration de faiblesse du syndicat leur permettrait d'en finir avec la Convention nationale. Mais leurs exigences sont apparues à ce point déraisonnables, que toutes les tendances du syndicat s'opposèrent à leur proposition finale. La bataille, dont l'enjeu apparaissait au début limité à la question de filialisation et au maintien d'un accord de branche, fut alors perçue comme une question de vie ou de mort pour le syndicat.

A la fin de la première semaine de grève, les patrons sont revenus à la table de négociations, sans toutefois vouloir reculer sur leurs trois exigences. La solidarité syndicale est restée forte alors que des failles se dessinaient chez les patrons. Nombre de petites entreprises faisant partie du TMI voulaient sortir de la grève et pressaient pour parvenir au plustôt à la fin des négociations, et étaient peu inclinées à laisser s'évaporer leurs profits alors que les exigences patronales allaient surtout profiter aux grandes firmes.

La solidarité des grévistes est restée élevée jusqu'à la fin du mouvement, le 29 avril 1994, date où un accord a été conclu. La grève a été rythmée par des manifestations massives, des sit-ins dans des endroits stratégiques, et des distributions de tracts aux teamsters des entreprises sans droit syndical. Bien que les médias aient sans cesse répété que la grève n'avait pas d'effets sur le commerce, les entreprises de transport ont en fait subi de lourdes pertes. Des Etats comme l'Alaska et Hawaï, qui dépendent des camionneurs pour le transport des produits de première nécessité depuis les ports, ont demandé au gouvernement fédéral de faire pression pour un accord.

Victoire syndicale relative

Le syndicat est ainsi parvenu à faire échec à l'exigence patronale sur le temps partiel, préservant ainsi des milliers d'emplois à temps plein et disposant d'une vraie couverture sociale. En ce qui concerne les salaires et la couverture sociale, les résultats vont bien au-delà des propositions patronales d'avant la grève et l'accord final introduit également nombre de clauses garantissant la sécurité d'emploi. Certaines revendications démocratiques historiques furent également obtenues, tels le maintien du droit à l'ancienneté pour les travailleurs qui quittent leur poste pour accomplir un mandat syndical. Plus important, les changements dans la procédure de conflits permettent aux salariés de préserver leur emploi durant un audit disciplinaire, à la seule exception de certaines fautes lourdes. Cette procédure fondée sur le principe de «la présomption d'innocence jusqu'à la preuve de la culpabilité» était une des revendications centrales du mouvement en faveur de la réforme des Teamsters.

L'accord final n'a cependant pas permis de remettre en cause les concessions accordés aux employeurs par le passé et ces derniers ont gagné sur la possibilité de recourir aux chemins de fer (28 % des transports pourront désormais s'y faire, contre 10 % auparavant). Le syndicat a également perdu le droit de recourir à la grève en cas d'impasse dans un conflit.

La question l'élimination de la clause des heures supplémentaires réservées pour les dockers a été très controversée. Pour qu'une entreprise portuaire puisse embaucher des travailleurs temporaires, elle doit assurer une semaine de 40 heures à ses dockers à plein temps. L'accord prévoit qu'une fois cette condition remplie, plutôt que de payer des heures supplémentaires à ses employés, elle puisse faire des embauches temporaires. Certains travailleurs ont estimé qu'ils devaient avoir un droit automatique à effectuer en priorité des heures supplémentaires, d'où leur opposition à l'accord.

Echec aux patronat

L'accord signé le 29 avril 1994 a été soumis, comme c'est la règle, à un référendum syndical. Les résultats de ce référendum ont été connus le 5 juin 1994 : 67 784 ont voté en faveur de l'accord, contre 15 729, ce qui donne un taux d'approbation de 81 %. En 1991, l'accord avait été approuvé par 67 % des syndiqués et seulement par 37 % en 1988. Depuis 1988, pour qu'un accord entre en application, il suffit qu'il soit approuvé par 33 % des votants.

Le résultat du 5 juin 1994 constitue une surprise en même temps qu'il met en lumière certaines tendances. Il témoigne, d'une part, du désir de reprendre le travail et montre, de l'autre, que l'accord final correspond aux attentes des militants de base, engagés depuis longtemps dans des luttes contre le temps partiel et en défense de la couverture sociale. Malgré l'opposition de secteurs de la «vieille garde», l'accord a été approuvé dans la très large majorité des syndicats locaux.

La bataille menée par l'IBT étant en premier lieu une lutte défensive et n'a pas

7) Farrell Dobbs, fut un des dirigeants de la grève historique de camionneurs de Minneapolis en 1934 - qui s'est transformée en grève générale à l'échelle de la ville — et un des fondateurs du syndicat des Teamsters. En 1934, il a rejoint le mouvement trotskiste et quitta en 1940 le syndicat pour devenir secrétaire syndical du Parti socialiste des travailleurs (Socialist Workers Party). Il en a été le secrétaire national entre 1953 et 1972 et est resté membre du parti jusqu'à sa mort, en 1983

8) Le mouvement réformateur a remporté en 1991 la direction de l'IBT.

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• conduit à inscrire des gains significatifs dans l'accord. Néanmoins, les employeurs, qui comptaient tirer profit des divisions politiques au sein du syndicat pour arracher des concessions importantes, ont dû reculer, essentiellement du fait de la force du sentiment de solidarité parmi les militants de base du syndicat. L'IBT a produit une vingtaine de bulletins de grève qui sont devenus une source d'information pour les grévistes. Les militants du mouvement réformateur (8) se sont intégrés dans les réseaux d'information, assurant une diffusion directe des informations là où les bureaucrates locaux ne le faisaient pas.

Le résultat de la grève reflète les rapports de force dans une branche où la puissance syndicale commençait à faiblir. Les entreprises sans droits syndicaux - y compris celles qui sont contrôlées par des firmes partie-prenantes de l'accord avec l'IBT - fleurissaient sans rencontrer d'opposition voire un effort organisé de la part de l'ancienne direction des Teamsters. A ce titre, la grève d'avril 1994 a le mérite d'être au moins un premier pas vers la démonstration du fait qu'un syndicat peut être efficace contre les patrons.

Retour aux luttes fractionnelles

Immédiatement après la fin de la grève les luttes entre les fraction pro-Carey et anti-Carey ont repris. Les permanents syndicaux opposés à la direction Carey ont dénoncé la grève comme une «folie» et «une perte de temps et d'argent» dont les résultats étaient insignifiants. Certains ont même appelé à voter contre l'accord Néanmoins la base syndicale était en général favorable à l'action et satisfaite de son résultat, comme l'a montré le vote.

Au début de sa présidence Ron Carey avait tenté de coexister avec la fraction antiréformatrice qui lui était hostile. Ces tentatives de la nouvelle direction ont conduit de nombreux militants à douter de la capacité de Carey à réaliser les transformations structurelles nécessaires pour respecter le mandat réformateur — qui incluait l'élimination de la bureaucratie, une attitude ferme face aux employeurs et l'obtention d'une procédure de conflits plus équitable.

Les couches dirigeantes opposées aux réformes, appelées «vieille garde» par les réformateurs, représentent la continuité avec l'ancien régime. Certains d'entre eux ont été impliqués dans le crime organisé et les violences contre les dissidents. D'autres sont simplement habitués au mode vie confortable que permettent leurs hauts salaires, les retraites complémentaires cossues, l'absence de contrôle de la base et les relations conviviales avec les patrons. Nombre des membres les plus corrompus de la «vieille garde» ont été relevés de leurs fonctions syndicales par la justice, dans le cadre de l'enquête sur la plainte pour le racket déposée par le gouvernement fédéral américain contre l'IBT. Lors de l'élection de la direction la quasi totalité des fonctionnaires du syndicat, au contre Carey, même si certains ont ensuite décidé de faire la paix avec la nouvelle

Lorsque celle-ci a pris ses fonctions, elle a découvert des finances syndicales en piteux état. L'érosion des adhésions, le coût de la défense contre la plainte fédérale pour racket et la mauvaise gestion généralisée avaient mis le syndicat en délicatesse avec le fisc. Les tentatives pour sortir de la crise par une augmentation des cotisations et une réorganisation se sont heurtées à une rébellion ouverte des permanents locaux et régionaux. Bien qu'elle ait perdu le référendum syndical sur l'augmentation des cotisations, la direction Carey a mis en place un plan visant à redresser la situation financière, s'attaquant tout d'abord aux couches bureaucratiques pléthoriques, comme les célèbres Conférences régionales. Ces dernières, mises en place au cours des années 30, reflétaient alors le caractère régional du système de transport et servaient à gérer les accords régionaux. Elles sont depuis devenu le facteur principal d'enrichissement des fonctionnaires syndicaux et des foyers d'opposition aux réformes démocratiques.

Signe de combativité

En février 1994, la direction Carey a appelé à une grève nationale contre l'UPS. teamsters avec 165 000 travailleurs sous contrat -, est aussi l'une des entreprises qui réalise les plus grands bénéfices. Malgré le fait que les négociations avec le syndicat venaient juste de s'achever en octobre 1993, l'UPS a décidé de manière unilatérale de doubler le poids limite de ses paquets (de 30 à 70 kilos), à partir du 7 février 1994. Il s'agissait là d'une modification importante des conditions du travail, qui aurait due être négociée avec le syndicat. D'où l'appel à la grève de la direction Carey, pour prévenir de «la menace imminente contre la santé et de la sécurité des travailleurs». L'UPS a immédiatement demandée et obtenue une décision de justice visant à empêcher la grève.

La direction des Teamsters a passé outre cette décision (et outre la clause antigrève dans la convention collective), ce qui a été perçu comme preuve peu commune de combativité de l'IBT. La grève a été surtout suivie dans le Nord-Est, où les syndicats locaux de New York, du nord du New Jersey, de Pennsylvanie et du Massachusetts, acquis à la direction Carey, ont arrêté le travail. Les syndicats dirigés par l'aile réformatrice dans les autres Etats, y compris en Floride et en Géorgie, furent capables de donner à la grève un caractère national et en fin de compte environs 70 000 travailleurs ont arrêté le travail pendant le 7 février. La grève a contraint l'UPS à accepter un accord transitoire sur le poids des paquets et à ouvrir des négociations en vue d'une solution définitive. Les syndicats locaux contrôlés par la «vieille garde» se sont pourtant déchaînés, exigeant des excuses pour le nom respect de la décision de justice et annonçant la fin prochaine du syndicat.

C'était la première grève nationale appelée par la direction Carey et elle a été très importante pour regagner la confiance des militants mécontents de l'accord signé auparavant avec l'UPS. Durant ces événements, le courant réformateur TDU a joué son rôle de porte voix politique de la base militante du syndicat et de direction des grèves. Pour ce qui est de la bataille interne, la TDU, dont le mensuel Convoy Dispatch est diffusé à environ 100 000 exemplaires, dénonçait la propagande de la «vieille garde» et assurait la circulation du matériel publié par la direction de l'IBT

Les syndicats dirigés par des militants de la TDU ont été à l'avant-garde des grèves contre l'UPS et contre le TMI. La direction de la TDU, qui compte plusieurs vice-présidents de l'IBT, a pris en charge le débat sur la crise financière du syndicat et a appuyé les propositions de Carey visant à supprimer les conférences régio-

Carey et les autres dirigeants réformateurs de l'IBT devront faire face à la réélection de la direction en 1996. Diverses personnalités de la «vieille garde», dont le fils de Jimmy Hoffa, James Hoffa Junior, représentant des Teamsters de Detroit, ont lancé une campagne démagogique pour bien se placer dans la course à la direction syndicale. Bien que ce dernier soit l'archétype du bureaucrate de la «vieille garde», ne disposant pas de base propre, il compte sur l'héritage paternel, qui reste une figure historique légitime aux yeux des syndiqués. Les récentes luttes ont fait apparaître clairement le rapport des forces ; le mouvement réformateur a su surmonter de sérieuses difficultés. La direction de Ron Carey et de la TDU ont institué de solides fondations pour la lutte et la mobilisation, des bases qui pèseront dans la bataille en cours pour gagner les cœurs et les esprits des syndicalistes. *

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