Décrivant les lectures possibles des résultats des élections mexicaines d'août 1994, le sous-commandant Marcos de l'EZLN a présenté comme suit celles qui sont l'apanage des médias se voulant «honnêtes» (voir son article en p. 13) :
«Les plus fragiles (en moral comme en terres) y lisent une défaite et en cherchent les coupables, du coin de l'œil, près d'eux, parmi leurs semblables. Ou encore, les décalés du discours (qui aspiraient à conseiller les vainqueurs et se retrouvent à critiquer les perdants, et distribuent sans la moindre pudeur, les étiquettes propres à classer l'inclassable : "réformistes en armes", "révolution désarmée") lisent l'échec en termes de stratégies, tactiques, médiations, conjonctures, conjectures, postures et impostures. Tout bien pesé, la défaite tient à ce qu'on a pas suivi leurs conseils. Ou encore les plus velléitaires lisent le désenchantement. La défaite vient de ce qu'on a fait confiance au peuple. Ou encore les plus frustrés lisent l'inutilité des luttes. Ils perdent espoir face à un peuple qui refuse, d'après eux, d'être racheté par de si brillants rédempteurs. Mais aussi, ailleurs au sous-sol, il y a ceux qui refusent une lecture facile, la paresse de s'interroger. Leur lecture s'éclaire du doute, du désir sincère de comprendre pour comprendre la lutte, d'expliquer pour expliquer la lutte, de connaître pour connaître la lutte.»
En ce début de l'année - que nous vous souhaitons meilleure que la précédente — Inprecor (qui continue.. ayant accru de moitié le nombre de ses abonnés, qui vous remercie pour votre aide et espère faire mieux l'an prochain...) vous dédie cette réflexion, qu'il croît valable sous d'autres cieux et à propos d'autres événements. Nous espérons être à la hauteur du sous-sol décrit par Marcos...
La rédaction