Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BRESIL

Déclaration du PT sur le Chiapas

Inprecor n° 389, mars 1995 · p. 20 · 312 mots

Mexique Brésil

Le gouvernement mexicain a rompu unilatéralement les accords réalisés avec les Zapatistes au Chiapas et a lancé une offensive militaire contre le mouvement indigène et paysan, qui depuis plus d'un an dénonce les conditions de misère d'une grande partie de la population de même que la fraude électorale et la corruption gouvernementale qui sévit aussi bien dans la région que dans le pays tout entier.

L'offensive militaire coïncide avec la publication d'un rapport réservé de la Chase Manhattan Bank qui exige la destruction du Chiapas comme condition pour la concession d'un prêt au gouvernement mexicain par les EtatsUnis, le FMI et la Banque mondiale. Ce fait même renforce l'idée que le prêt inclut des clauses secrètes, parmi lesquelles le contrôle total du pétrole mexicain et la suppression de toute contestation sociale et politique qui puisse menacer les intérêts des spéculateurs internationaux au Mexique.

Face à ces graves événements, le Parti des Travailleurs confirme sa solidarité avec le peuple mexicain et toutes ses organisations populaires oppositionnelles dans leur lutte contre le projet néolibéral imposé par une série de gouvernements corrompus et autoritaires. Nous faisons appel à l'opinion brésilienne et internationale pour qu'elle exprime sa solidarité avec le peuple mexicain dans cette situation difficile et qu'elle exige le retrait immédiat des forces militaires du Chiapas, la reprise des pourparlers dans le but de trouver une solution négociée, de même que le respect sans condition

La crise mexicaine fait apparaître le visage le plus cruel du projet néolibéral qu'on s'efforce de vendre comme un modèle pour toute l'Amérique latine, y compris le Brésil. C'est pourquoi on peut affirmer que ce qui est en train de se passer au Chiapas nous concerne tous. La conscience démocratique du Brésil ne peut pas se taire. C'est le moment d'agir.

Sâo Paulo, 12 février 1995

* Pariti des travailleurs au Brésil

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