Nous publions ci-dessous une déclaration commune adoptée par les cellules des sections italiennes et espagnoles de la IVe mobile en Espagne, est une société mixte dont une partie des actions est détenue par un holding public de l'Etat espagnol.
Une autre partie se trouve dans les mains du groupe italien Fiat, et une partie dans les mains d'actionnaires privés (essentiellement parts qu'il détient, au groupe Fiat. Cette négociation fait partie d'un plan Fiat de réorganisation de sa production et de ses ventes à l'échelle européenne et mondiale, dans le cadre du processus de restructuration de toute l'industrie automobile, menaçant l'emploi
IVe Internationale de Fiat/Turin et de Fiat/Barcelone se sont rencontrés pour lancer un appel commun à la coordination des
Italle - Espagne
Gruppi communisti revoluzionari et de la Liga
Document
Internationale des entreprises Fiat de Turin et Barcelone.
espagnols).
de dizaines de milliers de travailleurs.
luttes syndicales.
La vente de la SEAT ā la FIAT
Déclaration commune des cellules des comunista revolucionaria (IVe Internationale) La firme Seat, la plus grande entreprise de l'industrie autoRécemment, le gouvernement espagnol a négocié la vente des
C'est dans ce contexte que les représentants des cellules de la
Les Gruppi communisti révoluzionari et la Liga munista revolucionaria (Sections italienne et espagnole de la IVe Internationale) des usines Fiat et Seat adoptent la déclaration suivante sur l'opération de vente de la Seat à la Fiat : 1. Du point de vue des intérêts des travailleurs, il est faux d'affirmer que la vente du secteur public de la Seat à la Fiat, qui donnera une majorité des tions et le pouvoir décisionnel à cette dernière, soit une solution à la crise que connaît au jourd'hui la Seat. 2. Les conséquences suivantes découleront de cette opération de vente pour les travailleurs de la Seat, des usines affiliées de la Fiat : POUR LES TRAVAILLEURS DE LA SEAT
Dans la mesure où la logique de toutes les multinationales est le profit maximum, la Fiat augmentera la productivité de la Seat - actuellement 12,3 automobiles par travailleur -, au niveau de la productivité de la Fiat, en la calculant sur la même base annuelle d'heures de travail par ouvrier (à la Fiat le montant annuel d'heures par
ouvrier est de 1657, alors qu'il est de 1920 à la Seat). Elle passerait appriximativement à 19 automobiles par an pour chaque travailleur.
Pour atteindre cette productivité, la Fiat devra logiquement moderniser les installation en introduisant les robots et les transferts. Ceci aura pour conséquences - à moins de procéder à des mesures radicales de réduction de l'horaire de travail et des cadences - le risque de faire perdre leur emploi à environ 30 ou 40% des ouvriers.
Même si, dans l'immédiat, il ne s'agit que d'une mise en chômage technique (durant un à deux ans pour environ 10000 ouvriers, selon des informations fournies par les responsables du secteur automobile des Commissions ouvrières après des réunions avec les dirigeants de la Fiat), il n'existe aucune garantie que par la suite, l'ensemble des ateliers soient réorganisés sans licenciements. Il ne faut pas oublier que pour maintenir une productivité qui permette de retirer les mêmes profits avec les ateliers actuels, il faudra aug menter la production globale de 40 à 50%.
Cette augmentation de la production globale rencontrera de grandes difficultés pour trouver des débouchés soit sur le marché intérieur, soit sur le international, donné que les perspectives du secteur automobile sombres par suite de la situation et de la stabilisation des marchés des pays développés, de l'augmentation prochaine prix du pétrole, de la diminution de la valeur d'usage de l'automobile, de l'aiguisement de la concurrence entre les multinationales du secteur dans le cadre de la crise toujours plus profonde de l'économie capi-
D'autre part, le processus de diversification de la production afin d'engager la main-d'œuvre excédentaire à des production différentes de l'automobile - comme l'a fait la Fiat en Italie - sera totalement rejeté par cette dernière car, comme elle l'a annoncé, ses plans immédiats dans le secteur de l'automobile visent à une spécialisation dans une gamme réduite de modèles et à produire sur une large échelle afin de réduire les coûts au minimum.
CRITIQUE COMMUNISTE no 25
Actualité de Léon Trotsky
Interviews de Ernest Mandel,
Pierre Broué, Y van Craipeau,
Jean Ellenstein.
Articles de Pierre Frank,
Michel Lequenne, Alain
Brossat, Jean-Marie Vincent,
Carlos Rossi, Rodolphe Prager et Jean-François Godchau. POUR LES TRAVAILLEURS DES INDUSTRIES LIEES A LA SEAT
Une des conditions posées par la Fiat lors des contacts préliminaires avec les représentants de l'INI (Entreprises du secteur public espagnol) pour l'acquisition de la Seat est de pouvoir importer sans tarif douanier les fournitures et le matériel que la Seat achète actuellement à des usines espagnoles affiliées. Si cette situation est acceptée, elle aura pour conséquence de mettre en danger postes de travail parmi les 250000 que comptent ces usines. Même le chômage technique appliqué actuellement à la Fiat aura un effet de boule de neige sur les industries affiliées, y entraînant également le chômage technique et même la fermeture d'usines, comme cela est arrivé l'année passée - bien que la mise au chômage technique n'ait duré que 18 jours.
POUR LES TRAVAILLEURS DE LA FIAT
Si la Fiat acquiert la majorité de la Seat, les possibilités d'utiliser à plein la stratégie des multinationales seront très grandes. Dans l'immédiat, elle pourra faire pression sur les travailleurs de la Fiat pour neutraliser leurs mobilisations durant les négociations des prochains contrats. Par la suite, elle cherchera à démanteler toutes les conquêtes économiques, sociales, syndicales qui lui crééent des problèmes. 3. L'expérience du mouvement ouvner international montre qu'il est beaucoup plus difficile de lutter contre une multinationale (voir les exemples Silma Bosch, Singer, Innocent-Leyland) que contre une entreprise à capital national, privé ou public. Dans tous les cas c'est la multinationale qui peut imposer son contrôle à tel ou tel pays et non vice-versa (voir l'exemple d'ITT au Chill).
C'est pourquoi, selon nous, les mesures suivantes seraient nécessaires pour trouver une solution à la crise de la Seat : a. élargissement du capital du secteur public jusqu'à ce qu'il devienne majoritaire, pour engager le processus de nationalisation sous contrôle ouvrier dont les délais
Get les rythmes seraient déterminés par l'évolution du secteur; Cahiers de la Toupe
Le prix du «réalisme» syndical
b. poursuite de la collaboration technologique entre la Fiat et la Seat sur le modèle des accords passés entre la Fiat et des pays comme la Pologne, la Yougoslavie, etc.; centralisation et augmentation des moyens techniques humains et matériels par l'Etat afin de doter le pays d'une capacité technologique autonome; c. financement par l'Etat de la diversification de la production dans le cadre d'un plan de production qui fourisse les produits industriels aujourd'hui importés. d. nationalisation sous contrôle ouvrier des entreprises affiliées les plus importantes et intégration de celles-ci à la Seat afin de créer une base minimum, matérielle et technologique, permettant de commencer le processus de diversification de la production. e. un plan de secteur de l'automobile qui corrige et élimine les effets négatifs que la concurrence irrationnelle entre multinationales créée sur l'emploi;
1. niveau de production, ventes interes et exportations;
2. Intervention de l'Etat sur les entreprises qui ne respectent pas les conditions du plan; f. 35 heures de travail hebdomadaire sans réduction de salaire, ce qui, à la Seat, permettrait de réabsorber entre 20 et 25% de la main-d'œuvre potentiellement excédentaire; 4. Tous les travailleurs concernés, de la Seat et de la Fiat, doivent participer aux négociations entre l'INI et la Fiat, à travers et avec leurs organisations syndicales de classe, comités d'usine et conseils. 5. La position des centrales syndicales UGT et Commissions ouvrières qui se sont prononcées sans avoir ouvert un réel débat parmi les travailleurs et parmi les syndiqués eux-mêmes affaiblit l'unité et la force des travailleurs justement par rapports aux prochaines négociations avec la Fiat et l'INI.
D'autre part, l'acceptation d'une majorité Fiat par l'UGT et, sous une forme plus voilée par la direction des Commissions ouvrières - même si dans ce cas, on parle «d'intégration à la Fiat » tout en maintenant un secteur public similaire à l'actuel -, ne fait que renforcer les arguments de la multinationale et de ceux qui veulent liquider le secteur public (gouvernement
Suarez, UCD).
6. Enfin, la direction
Fiat maintient un silence significatif face aux travailleurs italiens, et en particulier de la Fiat, sur l'opération d'acquisition de la
Seat - dont l'accord, pas encore définitif, sera bientôt conclu.
C'est pour cela qu'il est plus que jamais nécessaire de coordonner les centrales syndicales des deux pays et les comités et conseils d'usine respectifs. Cette coordination ne doit pas seulement satisfaire l'objectif d'une plus grande information ou organiser des manifestations de solidarité formelle, mais elle doit surtout permettre d'élaborer un plan commun de défense des intérêts communs de la classe ouvrière des deux pays et de commencer à coordonner les actions et les mobilisations pour la défense des postes de travail et des conquêtes acquises dans tous les domaines par le mouvement ouvrier.
19 octobre 1978
INSTITUT LEON TROTSKY
Le volume III des œuvres (septembre 1933 - avril 1934)
vient de paraître. Inprecor en publiera prochaînement quelques «bonnes feuilles».
Le no 1 des Cahiers Léon Trotsky va paraître incessamment.
112 pages. 20 F ou abonnement annuel (3 numéros : 50 F)
à envoyer aux EDI, 29 rue Descarte, 75005 Paris.
Sommaire du premier numéro :
Pierre Broué : Quelques proches collaborateurs de Léon
Trotsky; Georges Breitman : Quand le journal de Hitler imprimait une lettre de Trotsky; Léon Trotsky:
A propos de la philosophie du surhomme; etc.