Inprecor 1974–2004

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HAÏTI

Clinton insiste

Inprecor n° 392, juin 1995 · p. 36 · 333 mots

États-Unis

HAÏTI Clinton insiste

Le 31 mars, Bill Clinton était venu passer quelques heures en Haïti. Peu après, il envoyait une lettre au président Aristide. Il l'exhortait à doubler les effectifs de la nouvelle force de police, que des instructeurs essentiellement nord-américains ont commencé à former en Haiti. Jusqu'à présent, il était prévu seulement 3 500 à 4 000 policiers. Bill Clinton estime qu'il en faut au moins 7 000. Selon l'ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince. il a proposé que les policiers supplémentaires suici vimés durant quatre mois aux EtatsUnis. Dans l'objectif de contrôler le nouvel appareil de répression, les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que le maximum de policiers soient formés directement chez eux. Le porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis a précisé que cette proposition n'était pas une réponse à la déclaration du président Aristidedu 28 avril. Ce jour là, il annonça à la presse : «Premièrement, l'armée a été démantelée.

Deuxièmement, il n'y aura pas d'armée de mille cinq cents membres [comme cela •était prévu]. Troisièmement, le prochain parlement se prononcera à ce sujet après que lui aie donné mon avis Le peuple dit qu'il ne veut pas d'armée, et je suis d'accord avec lui. L'armée d'Haïti n'a rien fait de bon pour nous. C'était une force d'occupation».

Aristide a fait cette déclaration fracassante après avoir lu la publication de sondages portant sur l'avenir de l'armée. En fait, il n'a pas le pouvoir légal de décider à lui seul la suppression de l'armée. Il faudrait pour cela que le prochain parlement, qui sera élu cet été, amende la constitution.

Bill Clinton proposait dans sa lettre que les nouvelles recrues haitiennes commencent leur entraînement en Alabama dès le ler juin. Aristide et son gouvernement n'ont pas indiqué s'ils lui avaient donné une réponse. Cependant, il faut noter qu'une semaine après s'être dit publiquement intéressé par la proposition américaine, le secrétaire d'Etat haitien chargé de la formation de la police a été amené à démissionner de son poste «pour raison de santé». •

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